| Les signes
s'accumulent et ne pourraient tromper davantage.
A ce jour,
Kigali a capitalisé le fonds de commerce du génocide de 1994 au
point de justifier la violation des frontières internationales,
l'invasion armée en RDC et l'appui ouvert à la rébellion
congolaise, en violation de la règle sacro-sainte de "non
ingérence dans les affaires intérieures" des pays tiers. La
communauté internationale s'est replié derrière les accords de
Lusaka qui ne consacrent rien d'autre que la poursuite de la présence
militaire rwandaise, jusqu'à l'élimination du dernier rebelle Hutu
rwandais. Le dialogue inter-congolais ne sert à rien d'autre qu'à
soumettre à l'aval de Kigali , par rebelles interposés, les futures
structures et les futurs dirigeants du Congo démocratique.
Voilà que,
tour à tour--- et en désordre--- Nelson Mandela condamne
l'hégémonie Tutsi, et conditionne le retour à la paix par
l'application de la règle de "un homme une voix" pour le
Burundi. Les mêmes principes valent pour le Rwanda. Autant dire qu'il
faudra bien que le pouvoir revienne aux Hutu et que les Tutsis
bénéficient de la protection due à toute minorité. Sans plus.
Sur le plan
de la justice internationale, Kagame cesse d'être "victime"
du génocide, et l'on parle de plus en plus de son inculpation ou
celle de ses proches dans l'abattage de l'avion de Habyarimana et
d'avoir, de ce fait, provoqué le déchaînement des massacres. La
communauté internationale a reconnu ses "négligences" ,
mais les artificiers ont été les gens du Front Patriotique Rwandais.
Les mêmes
Tutsis se sont rendus coupables de génocides, crimes de guerre et
crimes contre l'humanité et leur place est aux côtés de leurs
congénères Hutus , à la barre du TPIR d'Arusha.
Ce décor,
une fois planté, on a appris toute une série d'assassinats
politiques à Kigali-même. Un remaniement ministériel controversé.
Et, maintenant, la démission du président Bizimungu qui passait pour
"une marionnette", la preuve vivante de la réconciliation
rwandaise.
Kagame, qui
dirigeait rééllement le Rwanda, vient d'accéder aux fonctions
présidentielles, soit-disant à titre intérimaire. C'est
l'hégémonie Tutsi qui apparaît au grand jour, désormais. Toute la
dialectique de ces dernières années s'écroule comme un chateau de
cartes.
De fortes
secousses internes ébranlent la citadelle rwandaise. Le discours
sécuritaire a volé en éclats, la nation-même rwandaise n'est plus
qu'une juxtaposition de tribus hostiles.
L'heure est
venu de laisser les congolais régler leurs propres problèmes.
Victor
Ngoy |