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Guerre en RDC: la citadelle rwandaise s'ébranle

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Victor Ngoy

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Les signes s'accumulent et ne pourraient tromper davantage.

A ce jour, Kigali a capitalisé le fonds de commerce du génocide de 1994 au point de justifier la violation des frontières internationales, l'invasion armée en RDC et l'appui ouvert à la rébellion congolaise, en violation de la règle sacro-sainte de "non ingérence dans les affaires intérieures" des pays tiers. La communauté internationale s'est replié derrière les accords de Lusaka qui ne consacrent rien d'autre que la poursuite de la présence militaire rwandaise, jusqu'à l'élimination du dernier rebelle Hutu rwandais. Le dialogue inter-congolais ne sert à rien d'autre qu'à soumettre à l'aval de Kigali , par rebelles interposés, les futures structures et les futurs dirigeants du Congo démocratique.

Voilà que, tour à tour--- et en désordre--- Nelson Mandela condamne l'hégémonie Tutsi, et conditionne le retour à la paix par l'application de la règle de "un homme une voix" pour le Burundi. Les mêmes principes valent pour le Rwanda. Autant dire qu'il faudra bien que le pouvoir revienne aux Hutu et que les Tutsis bénéficient de la protection due à toute minorité. Sans plus.

Sur le plan de la justice internationale, Kagame cesse d'être "victime" du génocide, et l'on parle de plus en plus de son inculpation ou celle de ses proches dans l'abattage de l'avion de Habyarimana et d'avoir, de ce fait, provoqué le déchaînement des massacres. La communauté internationale a reconnu ses "négligences" , mais les artificiers ont été les gens du Front Patriotique Rwandais.

Les mêmes Tutsis se sont rendus coupables de génocides, crimes de guerre et crimes contre l'humanité et leur place est aux côtés de leurs congénères Hutus , à la barre du TPIR d'Arusha.

Ce décor, une fois planté, on a appris toute une série d'assassinats politiques à Kigali-même. Un remaniement ministériel controversé. Et, maintenant, la démission du président Bizimungu qui passait pour "une marionnette", la preuve vivante de la réconciliation rwandaise.

Kagame, qui dirigeait rééllement le Rwanda, vient d'accéder aux fonctions présidentielles, soit-disant à titre intérimaire. C'est l'hégémonie Tutsi qui apparaît au grand jour, désormais. Toute la dialectique de ces dernières années s'écroule comme un chateau de cartes.

De fortes secousses internes ébranlent la citadelle rwandaise. Le discours sécuritaire a volé en éclats, la nation-même rwandaise n'est plus qu'une juxtaposition de tribus hostiles.

L'heure est venu de laisser les congolais régler leurs propres problèmes.

Victor Ngoy

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