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SOS Kisangani

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Omer B. Ngay

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Chers Compatriotes (surtout vous qui habitez les USA, la France, la Belgique, le Canada, l'UK, l'Allemagne, l'Afrique du Sud, le Japon, la Chine, le Nigéria, la Zambie, le Kenya, et la Tanzanie)

Comme nous le savons tous, nos frères et soeurs de Kisangani sont en train d'être massacrés par les machines de guerre Ougando-Rwandaises. Nous n'avons peut-être pas les armes et équipements militaires nécessaires pour déloger les Ugandais et Rwandais de notre territoire. Nous pouvons cependant utiliser une autre arme : la presse.

Je suggère que là où vous vous trouvez, vous réunissiez une dizaine ou une centaine de signatures de compatriotes congolais et que vous écriviez une lettre au Président ou au Chef de Gouvernement de votre pays d'accueil, en réservant une copie à la presse locale. Rassurez-vous que la lettre soit publiée dans au moins deux ou trois quotidiens importants de la place. Si vous avez la possibilité de faire passer ce message à la radio ou à la télé, n'hésitez pas de le faire. Cotisons-nous pour acheter un peu d'espace dans de deux ou trois quotidiens, ou pour acheter quelques minutes à la télé ou à la radio pour faire passer notre message. Face au martyr des Boyomais (et des Kivuciens), n'épargnons aucun effort.

Voici grosso modo le contenu de la lettre : (des modifications appropriées devraient être faites selon que vous le jugez nécessaire) :

« Monsieur le Président (Le Premier Ministre) :

Nous, ressortissants Congolais résidant dans (nom du pays) aimerions vous exprimer notre indignation face au silence coupable que la communauté internationale affiche eu égard au martyr que l 'Ouganda et le Rwanda font subir à la population de Kisangani en République Démocratique du Congo.

Que ces deux pays aient occupé des territoires Congolais sous le prétexte de protéger leurs frontières, on pouvait encore avancer l'argument qu'ils voulaient assurer leurs intérêts légitimes. A plusieurs reprises, le Gouvernement Congolais ainsi que des particuliers ont relevé l'absurdité de cet argument sans que la Communauté Internationale ait réagi comme il se doit. Mais que ces deux pays se livrent maintenant à coeur joie à massacrer les populations de Kisangani, chacun avançant le prétexte de se défendre pour avoir été attaqué l'un par l'autre, nous trouvons cela inacceptable.

Comme vous le savez aussi, Mr. Le Président, malgré de nombreux appels de Mr Koffi Anan et d'autres leaders auprès des Présidents Ougandais et Rwandais de respecter les nombreux cessez-le-feu qu'ils ont pourtant signés, les populations de Kisangani ne connaissent aucun moment de répit. De tous les rapports publiés à ce jour, aucun ne fait mention de tués ou blessés dans les rangs de ces deux armées. On peut conclure qu'il s'agit d'un effort délibéré de la part de l'Ouganda et du Rwanda de commettre un génocide gratuit au Congo.

Au vu de cette situation, nous estimons, Mr le Président, que l'heure n'est plus à faire appel au bon sens des Ougandais et Rwandais et de les supplier de respecter le cessez-le-feu. Il faut des sanctions sévères capables de les ramener à la raison. Dans cette optique, nous faisons appel à votre Auguste Personne, pour que vous exigiez la tenue immédiate d'un Conseil de Sécurité extra-ordinaire devant imposer les sanctions suivantes à l'Ouganda et au Rwanda :

* Embargo immédiat de tout produit pétrolier à destination de ces deux pays. La Tanzanie et le Kenya pays par lesquels la grande partie des importations de ces deux pays passent devraient particulièrement veiller à cela.

* Suspension de tout vol commercial ou militaire à destination de ces deux pays. (On l'a fait contre la Libye pays sur lequel pesait seulement la présomption d'avoir commandité l'accident de Lokerbie qui a coûté la vie à environ 300 personnes. On devrait, à plus forte raison, le faire aussi face à l'Ouganda et au Rwanda pour lesquels il ne s'agit pas de présomption, mais de faits prouvés consistant à tuer et blesser délibérément des centaines de personnes dans un pays tiers.

* Interdiction à tout pays membre de l'ONU de vendre des armes à ces deux pays.

Ces sanctions devraient entre en vigueur immédiatement (le jour même où elles sont adoptées) et devraient rester en vigueur jusqu'au moment où auront retiré le dernier de leurs soldats du sol Congolais). Si le monde a été dur envers des actes de barbarie de l'Irak et de la Yougoslavie, on se demande pourquoi il faut être tendre envers ceux commis par l'Ouganda et le Rwanda.

Nous comptons Monsieur le Président sur votre sens humanitaire pour arrêter cette barbarie et ce banditisme de grand jour perpétré contre un peuple innocent. »

Patriotiquement vôtre :

Omer B. Ngay

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