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L'apartheid dans nos murs, ne soyons pas petits joueurs.

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Kabisa Ndoli

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Je suis rwandais. Que je me propose d'aborder le sujet suivant, cela ne devrait peut-être pas étonner personne. En effet, depuis six ans j'assiste impuissant à la réanimation de l'apartheid en AFRIQUE.
Pendant tout ce temps, j'ai appris à souffrir. Sans décrocher, j' accompagne de regard les étapes de la mise en application de ce système qui, en 1994 après la défaite en RSA, s'est déplacé plus au nord, en Afrique centrale, cette fois ci entre les noirs eux mêmes, au Rwanda et par après à l'Est du RDC. Kinshasa s'en libéré de justesse en Août 1998. Et, c'est par surprise que j'apprends sur l'Internet que le Président Kabila a dernièrement rencontré le Botha noir Kagame. Pour un moment , j'en ai ri. Et puis, je me suis senti quand même dans le devoir de donner l'avertissement suivant à la diplomatie Congolaise.

L'initiative diplomatique accomplie avec l'entremise du président kenyan ne devrait pas créer des illusions politiques, encore moins conduire au relâchement dans la lutte de libération du peuple congolais. Bien au contraire. Selon le schéma de guerre habituel de
l'armée de Kagame, le bon jour a sonné pour organiser la bataille décisive. C'est à cette étape de rapprochement diplomatique de dernier recours que Kagame a perpétré l'assassinat du Président rwandais en 1994. Ce type de négociation a encore une fois marqué la prise de Kigali au début de Juillet 1994 ou alors la chute de Kinshasa en mai 1997. Dis donc, vous en savez quelque chose là dessus. N'est-ce pas ? Je rappellerais ici que c'est encore à cette étape cruciale de volonté d'en venir à une solution que Kabila en échappait belle en 1998. Dernièrement encore, les soldats de Museveni ont fait les frais de
cette stratégie de guerre à Kisangani. 

Cette stratégie consiste en ces quelques principes du FPR, une organisation Tutsi que Kagame dirige d'une main de fer. Primo, les négociations servent à gagner la faveur de l'opinion internationale en jouant la carte humanitaire, le bon leadership et le témoignage de bonne volonté politique. Secundo, les négociations politiques mettent l'huile dans l'engrenage de la machine de guerre. En un mot, Kagame recule, au moyen des négociations pour mieux sauter et prendre le pouvoir politique, par la force et dans le sang.
Jamais, il ne négocie pas pour quelque autre nécessité. D'ailleurs, ceci lui va si bien que son armée qui a tué jusqu'à 10 fois plus que n'importe quel autre belligérant dans le génocide rwandais s'en tire toujours bien, du moins jusqu'à ce jour, avec en plus le titre de victime qu'il traîne partout comme la justification d'une domination sur tout les peuples de la région des Grands Lacs, y compris les Ougandais - hiiiiii ! 

N'oublions que le contexte politique actuel de la guerre du RDC se présente en deux paliers. Le premier concerne les récentes échauffourées entre Museveni et « his boys ». La seconde est liée aux pressions de la communauté internationale pour arrêter la guerre du Congo. Disons que la guerre entre alliés Kagame- Museveni à Kisangani au moment ultime de l'envoie des casques bleus au Congo était une manne pour la diplomatie congolaise. En fin, l'occasion se présentait où la RDC n'avait qu'à faire preuve d'un peu de patience pour voir ses belligérants prouver au monde entier les vrais mobiles de leur présence sur le sol Congolais. Malheureusement, je dois dire qu'elle fait quelque part un jeu de petits en se jetant un peu trop vite dans la querelle des frères. La délégation du gouvernement Congolais à Kampala et à Kigali le mois passé faisait preuve de courte mémoire de la part du gouvernement de Kinshasa plutôt que de jeu loyal pour tirer profit de l'opportunité diplomatique qui se présentait. En plus, un fait plutôt bizarre, la RDC semble poursuivre quelques missions chimériques sur la piste de Kagame. En effet, si un geste dans ce sens était vraiment nécessaire, Museveni était le mieux placé à garder dans le mire.
Du moins lui, il se montre plus ou moins acquis au principe de retirer les troupes envahisseurs du  Congo. Bien entendu, il y a le Président Moï tout excité de sauter sur l'occasion pour se venger sur son éternel ennemi Museveni. Il a aussi les alliés de la RDC qui souffrent quelque peu de l'enlisement dans cette guerre et de la désapprobation croissante de la communauté internationale. Le gouvernement du RDC a donc raison d'ajouter son poids dans les choix politiques sur son territoire occupé. 

Toutefois, en se jetant précipitamment dans les bras de Kagame, la RDC devrait bien savoir qu'elle ne joue pas la bonne carte diplomatique. Au contraire, il pourrait s'agir d'un piège. La première erreur en vue est que Kinshasa se verra très bientôt reconnaître les faux mobiles que les armées d 'occupation présentent à l'opinion internationale pour justifier leur présence en RDC. De grâce, qui est-il si aveugle pour ne pas voir que cette guerre ne vise que le pouvoir de Kinshasa et surtout sur le sous sol Congolais ! Si les interahamwe valaient bien le coup, on penseraient aussi la chanson de Banyamurenge à sauver, le principe de base du déclenchement de la guerre de 1996 !

Ajoutons que ces tractations de Kigali se passe justement au moment où la communauté internationale commençait à fouiller au fond du génocide rwandais et à se poser les questions sur l'assassin professionnel en la personne de Kagame. Vous, le camp Kabila, vous lui avez offert pour la première fois l'occasion de s'en sortir sur le génocide des réfugiés rwandais à Goma , Bukavu, Kisangani, Mbandaka et ailleurs au Congo. On prendra peut-être un petit moment pour écouter de nouveau les déclarations que des honorables congolais de Kinshasa opposaient aux témoignages claires et limpides du Haut commissariat de l'ONU pour les droits de l'homme. Pourtant, n'eussent été les amis Angolais, il apparaissait que Kagame ne tenait pas du tout à vous ménager dans la bataille d'Août 1998 ! Et voilà, pour prouver que l'histoire se répète, la RDC est une fois encore prête à lui offrir gracieusement une voie de sortie. Maintenant, le génocidaire Kagame est en tournée en Europe. Tenez-le, par ce que il a été capable de rencontrer Kabila, les naïfs diplomates européens le prennent pour un homme de paix. La RDC l'a réconforté dans son rôle de chef d'Etat. Seulement, il reste à savoir si son objectif premier n'est pas toujours de soumettre le CONGO. 

Pour un peu d'histoire, quand ce bonhomme a déclenché le massacre rwandais et engagé la bataille décisive de prise de Kigali en Avril 1994, il y avait au Rwanda, un territoire 90 fois plus petite que la RDC presque 2500 casques bleus. Il paraît qu'il n'y aura que le double en RDC dans les prochains jours. A mon avis, je pense qu'il y a toujours là une aubaine pour les maquisards de Kagame. Ils sont plus que jamais convaincus d'être nés pour régner sur la région des Grands Lacs. Je m'étonnerais de leur défaite au Congo, du moins si Kinshasa se paie encore dans les prochains jour le luxe de multiplier des erreurs de types relevés ci-haut.

Après la lecture de ces lignes, un novice de la politique des conquêtes militaires du FPR - l'aile politique de l'APR- pourra penser qu'il ne s'agit là qu'une tentative de sous-évaluation de la capacité de frappe de Kinshasa ou bien alors de cette dévalorisation de la force congolaise qui serait en train de prendre de plus en plus raciner chez les « hautains rwandais ». Hélas, j'ai envie de répéter à qui veut entendre que la majorité du peuple rwandais vit aujourd'hui un apartheid des plus dure imposé par les Tutsi du FPR. Pour être honnête, je dirais que les rwandais n'envient peut- être pas le sort des habitants de l'Est du Congo, mais le temps des grands Seigneurs qui règlent à leur guise la vie et la mort de leurs sujets, le temps de l'exclusion politique, économique et militaire est belle et bien de retour chez nous. 

Bien sûr, le FPR arrive toujours à trouver des marionnettes tirées de cette majorité pour couvrir ses bassesses d'exclusion et d'extermination des peuples dans la région des Grands Lacs. Kabila a refusé, avec plus ou moins de succès. Prof. Wamba a cru le contraire. Il s'est brûlé les doigts tràs rapidement, même s'il s'entête toujours sous un autre maître. Et puis, il y a ces défections journalières à Goma.
Alors, quand j'entends les déclarations d'un Ondékane ou, plus à distance, celles d'un Tchisekedi, je me demande parfois si jamais ils ont les yeux pour voir.

Je dois conclure ici cette correspondance. Tout en vous souhaitant de pousser vos analyses politiques au delà des simples déductions et bien loin des éventuelles passions qui ne manquent pas malheureusement au menu quotidien de toute pensée humaine, à commencer par la mienne, je voudrais vous dire : « Ne vous laissez pas avoir, la plus dure
bataille est pour bientôt.»

La soumission n'est guère un signe de paix.

Merci


Kabisa Ndoli

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