Au compatriote Kabeya Mukundji Odon |
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Alphonse Ndjate |
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Cher compatriote,
Entre le patriotisme et le fanatisme, il existe une frontière que nous devrions éviter de franchir.
Votre réaction à l'endroit de notre compatriote El Mahoya Kiwhongi m'a semblé légèrement excessive dans la mesure où vous vous en preniez à toute personne ayant porté l'uniforme sous Mobutu notamment les anciens de la Garde civile. Je crois pouvoir me rappeler qu'à sa création, il fallait disposer de certais prerequis pour être incorporés et la plupart de ces éléments suivirent un cursus universitaire au Maroc ou en Egypte.
Il est important de faire la distinction entre les responsables des atrocités auxquelles vous faîtes allusion pendant cette période et nos compatriotes ayant servi sous le drapeau.
Comme tout analyste objectif de cette période doit le savoir, les éléments qui se sont illustrés dans les massacres, enlèvements ou d'autres pratiques répugnantes n'étaient pas souvent nos compatriotes. Il s'agissait des légionnaires recrutés ou prêtés par Savimbi, Eyadema ou les Zoulous de Boutelezi. Mais les Commanditaires et Responsables de ces faits sont identifiables. Ils sont encore vivants quoique refugiés à l'étranger.
Personnellement, j'ai un souvenir édifiant du réflexe patriotique de nos compatriotes militaires pendant cette période: lors d'une manifestation au campus de Kinshasa, nous avions été sauvés par...nos compatriotes de la garde civile qui, heureusement, sont arrivés les premiers sur les lieux et nous ont mis en garde contre les légionnaires de la DSP, en faction, attendant l'ordre d'intervention. Lorsque ces derniers envahirent le campus, l'on assista à des scènes d'horreur insupportables.
Et pendant la guerre de Libération, en 1996, il y a lieu de reconnaitre que nos compatriotes militaires avaient également contribué à la chute de la dictature en refusant de combattre. Cultivons donc le patriotisme et non le fanatisme dans nos analyses.
Et que vive le Congo Libre.
Alphonse Ndjate |
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