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Le prix de la rédemption

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Alphonse Ndjate

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Il ne suffit pas de de quitter le camp des assassins et de demander pardon pour redevenir patriote.
Z'Haidi Ngoma, Tambwe Mwamba, et tous ceux qui suivront doivent comprendre que la sincérité de leur revirement ne pourra se confirmer que quand ils pourront contribuer à éclairer l'opinion tant nationale qu'internationale sur l'ampleur des massacres qu'ils ont perpetrés, l'échelle de responsabilité au sein de leur groupe, les sources (extérieures ou intérieures) de financement de cette entreprise macabre, le rôle exact des congolais collaborateurs, la localisation des bases militaires de leurs parrains, les soutiens extérieurs de leurs parrains et le degré de leur apport personnel dans la destruction de leur propre pays.
C'est à ce prix seulement que le peuple congolais pourra commencer à examiner le bien-fondé de leur demande de pardon.
Quant à l'amnistie DECRETEE par le président de la République, elle nous semble juridiquement troublante. Il y a lieu d'ailleurs de se demander si cette mesure ne serait pas d'inspiration mobutiste. Cette mesure exceptionnelle doit légitimement être l'oeuvre des élus du peuple s'exprimant soit au moyen de la loi votée au parlement soit par référendum. Tant que le peuple, principale victime, ne sera pas consulté, il serait injurieux pour la mémoire de nos morts de faire foi à cette amnistie présidentielle. L'amnistie n'est pas à confondre avec la grâce présidentielle. Cette dernière n'intervient d'ailleurs que lorsque toutes les voies de recours sont épuisées. A ce jour, personne n'est encore jugée pour sa collaboration avec nos agresseurs.

Alphonse Ndjate

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