| L'actualité
congolaise pourrait être trompeuse avec le rendez-vous manqué de
Cotonou, le déjeuner Kabila-Kagame et la guerre rwando ougandaise à
Kisangani.
Est-ce par
pure coïncidence que des ministres se font arrêter, et non des
moindres?
Bemba, une
grosse pointure de l'ancien régime qui a payé de sa personne pour
siéger dans un gouvernement en guerre contre son propre fils. Tout
dernièrement, il amenait chez Kabila des représentants de sa
province de l'Equateur , et même la belle-soeur et co-épouse de
Mobutu.
Kibassa
Maliba, on l'oublierait presque, c'est le président de l'UDPS et dont
la présence au gouvernement de salut public servait pour le moins à
diminuer l'envergure politique de Tshisekedi, désormais réduite à
quelques irréductibles de sa tribu d'origine du Kasai.
Babi Mbayi
est un des ministrables de la fameuse "diaspora", à
l'exemple de Kabila lui-même venu de l'étranger pour nous libérer,
avec le trio Kakudji ,Mwenze et Mawapanga,
Voici que
s'ajoute à cette liste le super ministre d'Etat et ministre du
Pétrole Victor Mpoyo. Grand artiste de renommée internationale,
baroudeur tiers-mondiste et compagnon de tous les mouvements de
libération d'Afrique, il était le répondant de l'idéologie
lumubiste, de plus en plus difficile à déchiffrer chez Kabila.
Descendant d'une lignée régnante au Kasai, il exorcisait, s'il en
fallait, le nouveau régime du "diable" Tshisekedi.
Lorsque le
lion devient vieux et qu'il n' a plus de force pour chasser, il se
jette sur les plus faibles et les plus proches.
Car ce
nettoyage est rien de plus que suicidaire: décrié pour bloquer la
démocratisation et saboter le dialogue intercongolais, avec quelle
équipe Kabila se présentera-t-il?
C'est le
signe que désormais ces échéances ne comptent plus pour lui.
Le roi est
devenu dangereux : qu'il le veuille ou non , qu'il en soit conscient
ou non, Kabila règle ses comptes, ses derniers...
Jules
Mbiyangandu |