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Pillages au Katanga Nr 2 : l'opérateur minier Nr 1 n'est autre que le Ministre-même

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Jean Kyalwe

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Résumé : La faillite de la Gecamines est due à la corruption interne et à un endettement fictif. Le cas de la banque Equator où a travaillé le gouverneur du Katanga, en Afrique du Sud, est révélateur des pratiques de Bruce Jewels représentant de la toute puissante banque asiatique HSBC. Après avoir organisé un endettement fictif de 30 miliions de dollars dans le projet Tilwezembe à Kolwezi , Bruce Jewels et le Gouverneur rappliquent avec la mine de Mindingi à Likasi.

Le Ministre congolais des Mines a innové en mettant en route une politique d'exploitation minière artisanale. Jusqu'ici , on connaissait des creuseurs d'or et de diamants. Mais le Katanga vient de dépasser le stade de la malachite et des croisettes de cuivre pour s'engouffrer dans l'ère du cobalt.

Mais le dossier Mindingi démontre , aux dires-mêmes de Gecamines que l'exploitation artisanale empêche désormais la réalisation de véritables investissements miniers. des habitudes sociales et économiques prennent racines , grâce à la politique minière actuelle.

La Gecamines avait certes des mines scandaleusement riches , mais elle avait des atouts grâce à de nombreux sites "stratégiques" comportant des concentrés naturels dits "hétérogénites". Ces sites étaient des "réserves" à ne toucher qu'en cas de catastrophes majeures.

Avec les "hétérogénites" le secteur minier katangais évolue désormais sans roue de rechange. Ce sont des minerais faciles à extraire: on passe directement à la métallurgie, sans broyeurs ni concentrateurs ."Mais la fête se terminera bientôt sans que le Pays ou le peuple y ait gagné quoique ce soit", dit-on dans les salons.

1)° - A Lubumbashi opère la société "EXACO" , dont les associés congolais sont des proches du ministre. Des creuseurs à mains nues envahissent les mines de Gecamines. Impossible de les en chasser. " Une fois, dit ce responsable Gecamines, nous avions pu mettre tout le monde dehors; mais le lendemain, c'est le Gouverneur en personne qui est venu réinstaller les creuseurs. Il semble que c'était un ordre ferme du Ministre des Mines lui-même. Cette cohabitation nous préoccupe au plus haut point , car nous avons des travailleurs péniblement payés et qui travaillent côte à côte avec des irresponsables qui s'empressent à remplir des sacs, à les faire peser et à empocher l'argent de EXACO. C'est de la surexploitation de l'homme par l'homme. Ces malheureux n'ont aucune couverture sociale. Il en meurt tous les jours..."

2)° -Une certaine presse s'était fait l'écho de ce que le fils-même du ministre des Mines avait conduit , en février dernier, une expédition armée pour prendre de force la mine de cobalt de Kabolela,dans le territoire de Kambove , district de Kolwezi. " Il y a autour de cette affaire une profonde implication de cet homme d'Etat. C'est très grave ce qui se passe. Même du temps de Mobutu, on ne se permettait pas tant... Tout d'abord, et dans un communiqué de presse, la MELKIOR Resources Inc. , canadienne, déclare avoir fait dépenser USD 290.000 pour obtenir des droits d'exploitation. A qui a été destiné tout cet argent? De même,on parle d'un ancien explorateur Trillion qui a été "ressuscitée" pour justifier le payement prochain de 1 million de dollars canadiens de "royalties" , pour rachat des droits miniers. Le Ministre gardien de nos mines savait pourtant que , au Congo , c'est l'Etat représenté par lui-même qui est propriétaire du sol et du sous sol. " confie un professeur de droit." Pourquoi tout cet argent est-il destiné à aller ailleurs?"

Le calendrier de l'affaire Melkior est révélateur:

- Par un arrêté Nr 259 , le ministre des Mines accorde à la filiale congolaise de Melkior, la S.M.K.K. une "autorisation personnelle de prospection pour deux ans". A cette date , la société bénéficiaire n'avait jamais été créée -- ni aujourd'hui d'ailleurs --- mais elle obtient des droits miniers.

Le professeur de droit précise que la SMKK devrait être une SARL , ce qui nécessiterait un décret présidentiel préalable pour lui octroyer la personnalité civile. Cela prend du temps, semble-t-il.

- Par arrêté Nr 275 du 18 décembre 1999 , le ministre remet à Gecamines la concession minière de Kabolela , riche en cobalt. Le texte précise que Gecamines a le droit exclusif, personnel et indivisible sur ce périmètre et a l'obligation de tenir des statistiques de sa propre production.

- Le même 18 décembre 1999 est émis un certificat de concession de Kabolela Nr 241, au nom de Gecamines , avec expiration le 17 décembre 2019.

- Mais le 24 décembre 1999, le titre de la Gecamines est remis, sans autres formalités, à la S.M.K.K., toujours inexistante. Fini la Gecamines. Bonjour S.M.K.K. a décidé le Ministre.

- dès janvier 2000, le Ministre des Mines enjoint à Gecamines de remettre le site à la S.M.K.K. , "société à créer" , précise-t-il, pour qu'elle démarre les opérations sur le terrain. Ceci signifie un saut par delà les droits de prospection pour l'exploitation immédiate.

- un communiqué de Melkior Resources précise que le Ministre des Mines a autorisé S.M.K.K. à exploiter des minerais bruts vers les pays voisins. Et l'on retrouve ainsi la marque de l'exploitation artisanale déjà en cours avec l'Exaco.

- le communiqué de Melkior annonçait que S.M.K.K. serait une joint venture entre Gecamines 40%, Cofiparinter 30% et Melkior 30%. Plus tard, cette association a prévu une participation de Swanepoel déjà citée dans le projet Twilezembe de Bruce Jewels et du Gouverneur du Katanga). La Swanepoel servait , alors, de "blanchisserie" pour faire des versements sur des comptes privés.

Dimanche soir, la chaîne gouvernementale de Kinshasa a diffusé, à l'ouverture du journal parlé du soir , des images d'une visite rendue au Gouverneur du Katanga par les représentants de la S.M.K.K. Ils ont déclaré que "maintenant que la C.M.G. de Billy Rautenbach est éliminée, nous pourrons commencer l'exploitation."

3)° - La veille, le Ministre des Mines martelait "CMG n'a jamais existé, CMG n'existe pas, CMG n'existera pas".Ces déclarations étaient faites à l'occasion ( images TV à l'appui) de l'installation du nouveau comité de gestion de la Gecamines présidé par George Forrest , tous sourires , assis à la gauche du Ministre.

Ensemble ils se sont rendus sur le site de construction de la future usine de traitement des scories dotée du deuxième four de cobalt le plus important au monde. La presse belge parle d'un investissement "personnel" de Mr Forrest de 110 millions de dollars. "En fait, Forrest n'a pas amené d'argent. Ce sont les congolais qui ont apporté les scories pour 20% et les finlandais de l'OMG qui payent tout avec une participation de 51%" précise un ingénieur de Gecamines. " Forrest ,avec son groupe, exécute les travaux de construction qu'ils facturent pour justifier leurs 29% du capital."

Un observateur a jugé"anormale" cette visite , qui serait la seconde, du Ministre des Mines. Aurait-il donc un intérêt personnel dans l'affaire ? Il paraît que si. Car contrairement à cette association 20%,29% et 51% , la société qui doit exploiter le terril , Société du Terril de Lubumbashi ,est une en réalité une association à quatre:

Gecamines 1%

Forrest 1%

OMG(Finlande) 1%

STL (Jersey) 97%

Ce quatrième larron est domicilié en Jersey et a été représenté par un congolais, Mr Kisola ... un autre proche du Ministre des Mines. "Je mettrais ma main à couper , dit notre informateur, que le Ministre a reçu des titres du détenteur de 29%. Allez-donc à Jersey, pour le savoir."

(A suivre)

Jean Kyalwe,

journaliste d'investigations.

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