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Encore un coup foireux à la Gecamines?

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Pius Kiwele

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Puisque l’espace démocratique congolais n’est pas encore occupé par des institutions, c’est le droit de tout citoyen de s’exprimer directement, et non pas par la voie des représentants élus qui n’existent plus depuis 1965.

Je m’inscris donc en faux avec ce qui se trame à la Gecamines , mamelle de mon Pays. On veut engager la nation dans un financement de soixante millions de dollars, alors qu’il suffit de baisser la tête et de récolter une somme correspondate…

L’information court selon laquelle, la Gecamines serait redressée prochainement grâce à un emprunt de 60 millions de dollars auprès de deux banques dont la belge Belgolaise.

La particularité de ce financement est qu’il serait « conditionné » au départ du Zimbabwéen Billy Rautenbach au profit de la présence « éternelle » de Georges Forrest à la tête de la Gecamines.

C’est bien la première fois que des financiers sortiraient des garanties habituelles pour tabler sur des individualités. Dans quel monde de c… serions-nous donc , nous les « con »golais ?

Qu’est-ce qu’on veut nous faire encore « gober » ?

Georges Forrest  est  depuis six mois le tout  puissant Président de la Gecamines et il ne s’en cache pas. C’est sous cette carte de visite qu’il trône, photo à l’appui, en page d’ouverture du site « groupelavenir.com » , le journal kinois super-pro-gouvernemental. Le magnat belge est présenté comme « sponsor d’or » de ce groupe de presse qui comprend d’autres titres , comme le « Collimateur ». Il noyaute de fort près le Comité de Gestion de Gecamines au point que tout se décide désormais sans le moindre aval de Billy Rautenbach.

La preuve de ce que je dis vient d’être démontrée avec éclats : la présence du zimbabwéen n’a pas empêché la Gecamines de Forrest de réclamer et d’obtenir la rupture de la convention d’investissement de Billy Rautenbach. L’exécution se déroule tambour battant. Le Zimbabwéen n’a même pas eu le soutien de Harare. C’est un homme d’affaires tout court.

Ma première constatation est que le zimbabwéen, marginalisé, ne pourrait « nuire » aux affaires de Gecamines que Forrest gère directement et totalement.

La question est dès lors de savoir pourquoi il conditionnerait l’avenir de Gecamines à la présence d’un individu « menotté ». Et si les projets financiers de Forrest sont réels, ils devrait les mettre à exécution immédiatement et sans attendre ?

La réponse à cette question est que « si Billy ne gène en rien la Gecamines, c’est qu’il gêne des personnes et des intérêts autour de Gecamines ». Forrest et son éventail de sociétés en premier.

J’ai lu sur le Net-parlement de congo2000.com des interpellations du Gouvernement sur les actions de Forrest. Il y a de quoi avoir peur.

Il y a près de un mois, c’est congonline.com qui titrait « des questions embarrassantes pour le président de la Gecamines ». Il n’est pas inutile de reprendre ces interrogations fort troublantes récoltées par Philippe Mutamba . Que ce dernier accepte que j’en reproduise des extraits.

Première révélation : La Gecamines ne produit guère plus rien  , même dans les installations de Shituru , à Likasi , qui traitent près de la moitié de sa production . Les activités ont , en fait  été suspendues par des personnes qui avaient bloqué les opérations de façonnage aussi longtemps qu'un contrat en bonne et due forme ne serait pas signé avec le gestionnaire de l'usine , la Ridgepointe  , suspectée de tricherie . Plus grave , les mêmes gens ont bloqué la signature des documents qui étaient déjà prêts.  Cette tergiversation administrative aura coûté autant de production en moins et de manque à gagner pour la société par simple calcul politicien . Car dans des affaires comme la Gecamines , on dispose d’auditeurs compétents qui peuvent remonter dans le temps et redresser des situations anciennes , si cela est nécessaire . Mais on ne pouvait pas à la fois craindre la paralysie de l’entreprise et ordonner  l’arrêt des opérations à  Shituru.

« Congonline.com » a rapporté l’information selon laquelle le fameux contrat avait été finalement signé et que le traitement des minerais de Gecamines avait repris. Mais une semaine plus tard, il a même été annoncé que tous les contrats entre Gecamines et Ridgepointe  avaient été annulés par le Ministre congolais des Mines qui a mis fin aux opérations de Billy Rautenbach.

Seconde révélation : Les installations de Kolwezi , de loin les plus importantes et les plus modernes , seraient à l'arrêt par manque de fournitures attendues de  Likasi , essentiellement de la chaux qui étaient bel et bien dans les ateliers , et en quantité suffisante . L’arrêt de production proviendrait du manque d’autres réactifs chimiques qui tardent à venir , par les nouveaux circuits d'approvisionnements mis en place par le nouveau Président . Il a fait table rase des relations d’affaires de son prédécesseur , accusé de tricherie , mais il a été pris de court et n’a pu  rien mettre en place de immédiatement opérationnel. A cela s'ajoutent des problèmes de trésorerie.

Troisième révélation : Le Conseil d'administration avait décidé d'examiner à chaque réunion quelques projets de partenariats de Gecamines avec des tiers .

Le projet Melkior  a  suscité une spéculation de un million de dollars canadiens en royalties à payer à « Trillion » qui a laissé la place à Melkior . A cela s'ajoutent $ 290.000 en frais d'implantation du projet . Voilà un exemple patant de néocolonialisme : des apprentis investisseurs viennent en promenade chez nous et en repartent avec la carte de visite de la RDC , pour se faire rémunérer des années plus tard et prétendre à des royalties . Notre sol et notre sous-sol appartiennent à la République et de telles spéculations doivent être dénoncées. La Gecamines est déjà pauvre et ruinée , mais elle continue à engraisser de faux créanciers et des aventuriers.

Quatrième révélation : A fin novembre 1999 , le projet Luiswishi , en partenariat « fifty-fifty » entre EGMF ( Forrest) et la Gecamines avait généré $ 42 millions de recettes dont $ 28 millions ont été empochés par EGMF et seulement 9 millions par Gecamines et 5 millions par le transporteur ferroviaire SNCC.

Une documentation interne à la société montre que la Gecamines aurait perdu  $ 12,3 millions.

Le Président , Mr George Forrest est le patron de EGMF.

Cinquième révélation : un partenariat avait été conclu entre EGMF (20%) , Union Minière (20%) et Gecamines (60%) pour l'exploitation de la mine de Kasombo.

Les associés ont reçu respectivement $ 9,7 millions pour EGMF (soit 3 fois les revenus qui lui revenaient au partage) $ 1,4 pour Union Minière (soit la moitié méritée) et seulement $ 5,4 millions pour Gecamines (soit la moitié méritée).

La documentation interne démontre également que EGMF avait obtenu de Gecamines un rendement metallurgique de 60% de cobalt , alors que toutes les statistiques remontant à l’époque coloniale ne dépassent pas les 50% . Gecamines a dû fournir la différence de 10%  en prèlevant sur ses propres productions de cobalt.

La documentation estime la perte pour la Gecamines à $ 27 millions.

Sixième révélation : un autre partenariat lie OMG (51%) , EGMF(29%) et Gecamines(20%) pour l’exploitation des terrils ( c'est-à-dire , la colline des scories qui surplombe la ville de Lubumbashi). L’usine est en construction et pourra être inaugurée cette année.

La documentation révèle que "en octobre 1999 , et  avant la nomination de Mr Forrest à la Présidence de la société , la Gecamines avait demandé au finlandais OMG , qui aurait accepté , l'augmentation de sa participation au capital de l'association. et de passer au-délà des 20%.

Mais une fois au pouvoir , le nouveau Président aurait informé OMG que Gecamines n'était plus intéressée à  détenir plus de 20% dans le capital de l’association.

A la place , EGMF aurait sollicité un financement bancaire de $10 millions pour couvrir sa  propre participation au projet . Comme la banque européenne a exigé une garantie du finlandais OMG , c’est finalement la Gecamines elle-même , sur les directives de son Président , qui a fourni les fonds nécessaires à OMG .  La société aurait , à cet effet , consenti une ristourne de $ 7,8 millions à OMG sur des produits déjà livrés par le projet Luiswishi , plus d'autres décotes et termes préférentiels évalués à $ 15 millions sur les livraisons de cobalt.

Si l’on fait bien le total ,  c’est une enveloppe de près de 53 millions que le Président belge Forrest devrait justifier et remettre à Gecamines.

Je m’étais insurgé contre cette situation dans le Net-partlement de « congo2000.com ».

On comprend maintenant comment cet homme, après la faillite de Shabair, ait pu s’enrichir si vite, au point de se payer un jet Challenger au moment où le pays plonge en guerre et que toute l’économie s’effondre, à commencer par la Gecamines avec laquelle Forrest traite ses principales affaires.

Quand donc cesserons-nous d’être des « con »golais ? Au lieu d’être leurrés par des promesses, saisissons nous de tout l’argent de la magouille.

Je persiste et signe ,

Je m’appelle Pius Kiwele, rdcongo

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