Les investissements miniers et les dangers de la guerre. Cas de
Ridgepointe. |
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Fidèle Kitenge |
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Les autorités de Kinshasa ne semblent point tirer de leçons de l'environnement international: bien au-délà des droits de l'homme, la condition première pour leur propre survie et celle du Congo est la restauration de l'Etat de Droit, le respect à la parole donnée.
Aucune société n'a pu se développer dans la fourberie, mais uniquement sur la base du respect de la bonne foi. Nos lois napoléoniennes rappellent à qui l'aurait oublié que les contrats sont la loi des parties et doivent être exécutés de bonne foi. Même dans notre vie de tous les jours, nul ne pourrait acheter un beignet si , la fraction d'une seconde, la vendeuse n'accepte de vous laisser prendre le gâteau ou que ce soit vous qui la laissiez prendre vore argent: il n' y a jamais de simultanéité parfaite dans une telle opération. Et si l'on ne se faisait pas un minimum de confiance, chacun garderait ses beignets ou son argent. Aucune affaire ne pourrait se faire.
D'ailleurs , l'une des causes de la chute du Pays est que le Mobutisme a généré une culture de "mauvaise foi". Rien ne peut marcher désormais.
Mais revenons à Kabila .Il y eut les fameux accords de Lemera qui auront mis en place la coalition Tutsi-Kabila pour le renversement de Mobutu. Le peuple a applaudi des deux mains , croyant que le départ de l'homme de Kawele libérerait des chaînes et améliorerait toutes les conditions pour un redressement rapide et effectif dans tous les secteurs.
On dit que c'est l'irrespect de ces accords qui aura poussé l'Ouganda et le Ruanda à nous agresser durement et longuement. Le pays est morcellé, les familles séparées , l'économie paralysée. Bref , c'est le désastre.
Mais on a vu dans la suite des rebelles congolais, toute une série d'investisseurs miniers qui avaient été déçus par un Kabila qui n'avait pas tenu parole. Ces gens financent la rebellion contre la promesse de récupérer leurs droits, une fois le RDC ou le MLC seront à Kinshasa.
Dans ces conditions, on devrait n'avoir que fort peur des conséquences de ce que plusieurs appellent "divorce" mais que d'aucuns qualifient de "nationalisation" des activités de Ridgepointe au Katanga. Il y a eu précipitation inexpliquée. Mais précipitation est toujours mauvaise conseillère.
Toute personne au courant des affaires congolaises sait la négligence et l'incompétence des conseilleurs et autres "personnes de l'entourage". Ils ne maîtrisent pas les dossiers. ne prenent jamais le temps ou la peine de les lire. Quant à les analyser... c'est encore une autre affaire.
On ne peut que mettre en doute les compétences des juristes congolais habitués à corrompre et à être corrompus , plutôt que de fonder leurs talents sur une science implacable pouvant protéger le pays dans ces instances internationales. J'ai un neveu qui a fait toutes ses études de droit sans avoir jamais eu en mains le code des lois. Cette absence de culture juridique me fait peur, lorsqu'on traite d'échéances de dizaines d'années, de millions de dollars et d'implications internationales. La facture à payer risque d'être drôlement salée.
On sait peu des engagements et droits réciproques dans cette affaire de Ridgepointe , mais il est d'usage que le chef de l'Etat n'approuve que des conventions minières de portée internationale. Les clauses usuelles prévoient jusqu'à la renonciation de la souveraineté en cas de litige et le jugement par exemple à la chambre arbitrale de Paris.
Plus préoccupant est le fait que selon le Mail and Guardian , quotidien Sud Africain, la perquisition qui avait été faite dans les bureaux et la villa de Billy Rautenbach aurait permis de mettre la main sur des documents attestant la participation des autorités congolaises et zimbabwéennes à la création de Ridgepointe.
Au cas où ce serait une affaire d'état, on en déduirait que Kinshasa vient de poignarder la main de Harare sur laquelle se fonde la survie-même de Kabila.
On n'est pas loin soit du retrait des troupes de Harare, soit d'un retournement des alliances du genre "coup d'Etat".
Les alliés d'aujourd'hui vont-ils être frustrés comme ceux d'hier? Justement, le journal d'opposition zimbabwéen l'Indépendant , a relaté les déboires de la joint-venture Osleg-Comiex. Kabila aurait remis à ses alliés un site minier déjà vidé par des exploitations antérieures.
Ce sont là des "fautes" à ne jamais faire, Mr Kabila.
Fidèle Kitenge |
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