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SOPROP/Nord-Kivu
"Solidarité
pour la Promotion sociale et la Paix" asbl
Rapport
du premier trimestre de l'an 2OOO
Titre:
Les Libérés continuent à grincer les dents,
I.
INTRODUCTION
"
Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de
sa personne " DUDHO art. 3.
Par
cet article 3 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme,
nous avons voulu introduire ce rapport par ce que celui-ci fait appel
à la prise de conscience d'humanité vis à vis de responsabilités
et des devoirs des individus et du pouvoir qu'il soit public ou privé,
et des autorités civiles ou militaires, des civils entre eux.
Ignorer
que tout individu a droit à la vie, c'est s'ignorer soi-même car,
sans distinction de race, de couleur, de sexe, de religion, de statut
social, nous avons été crées et en naissant nous avons acquis des
droits et des devoirs vis à vis de la société qui, dignement, nous
garantissent la vie.
Voilà
pourquoi, la Solidarité pour la Promotion sociale et la Paix "
SOPROP ", veut encore une fois vous faire-part de ce rapport à
ce premier trimestre de l'an 2OOO, montrant qu'à l'Est de la République
Démocratique du Congo (RDC), la vie souffre toujours des multiples
violations des droits humains.
D'aucun
se pose la question : Comment peut-on expliquer qu'un peuple dit libéré
grince continuellement les dents au lieu de pousser des cris de joie ?
Difficile à comprendre ! Mais pas impossible pour un œil vigilant et
averti. Et c'est de notre rôle de vous avertir pour qu'ensemble
puissions prévoir l'avenir qui bien que déjà chaotique, puisse
faire renaître l'espoir.
Le
début du troisième millénaire, le premier trimestre de l'an 2OOO du
programme annuel de SOPROP n'a pas été heureux pour la population
Nord-Kivussienne car des violations des diverses catégories se sont
poursuivies et on les a vus s'accentuer. Passant dans des nombreux
villages de la Province du Nord Kivu, les activistes de SOPROP ont
remarqué que beaucoup des paysans ont abandonné leurs activités,
leurs maisons, leurs biens pour aller se concentrer dans des grands
centres, du fait de nombreuses violations qui se font à leurs
endroits par l'armée du RCD/RWANDA et les milices. Le territoire de
Masisi en paie le plus lourd tribu.
Des
personnes innocentes continuent d'être massacrées, assassinées,
torturées, enlevées, tracassées, intimidées, mutilées, arrêtés
et détenues illégalement, violés, traités indignement, leurs biens
pillés, ...
La
misère que vit la population dans les territoires occupés (selon la
masse populaire ), libérés
( selon le RCD ) a attirée une attention particulière pour SOPROP.
Le non-paiement des salaires, le pillage des récoltes des paysans par
l'armée et les milices, l'insécurité généralisées sont les
principales causes de la baisse du niveau de vie.
Enfin
dans ce rapport, l'œil vigilant de SOPROP a été braqué sur les
lieux de détention et les conditions des prisonniers en général.
Voilà
en bref de quoi traite notre rapport, nous vous souhaitons une très
bonne exploitation pour sauver la vie de ces peuples qui se sentent
aujourd'hui isolés et complètement oubliés.
ABREVIATIONS
UTILISEES DANS CE RAPPORT
-
SOPROP
: Solidarité pour la Promotion sociale de la Paix.
-
DUDHO
: Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.
-
RDC
: République Démocratique du Congo.
-
RCD
: Rassemblement Congolais pour la Démocratie.
- A.P.R.
:Armée
Patriotique Rwandaise.
- D.G.M.
:
Direction Générale de Migration.
- A.N.R.
:
Agence Nationale des Renseignements.
-
R.T.N.C.
: Radio, Télévision Nationale Congolaise.
- P.I.R.
:
Police d'Intervention Rapide.
-
N.Z.
: Nouveau Zaïre (monnaie).
-
F.C.
: Franc Congolais.
-
S.N.C.C.
: Société Nationale du Chemin de fer au Congo.
-
I.S.I.G.
: Institut Supérieur d'Informatique et de Gestion.
-
Q.
: Quartier.
-
AV.
: Avenue
-
M.
: Monsieur.
-
CEPAC
: Communauté des Eglises Pantécotistes de l'Afrique Centrale.
- C.B.K.
:
Communauté Baptiste au Kivu.
- N.B.
: Nota Benes.
II.
SITUATION ET CONDITIONS DANS DES LIEUX
DE DETENTION DANS LA VILLE DE GOMA
Enquête
effectuée le O3 mars 2OOO
La
Solidarité pour la Promotion sociale et la Paix " SOPROP
"asbl, lors de sa tournée dans les cachots dans la ville de
Goma/RDC a constaté avec amertume que les conditions carcérales au
lieu de s'améliorer se sont encore empirées. Des milliers des gens
croupissent dans les centres de détention dans des conditions
inhumaines extrêmement déplorables. Il sied de signaler plusieurs de
ces personnes se sont vues arrêtées, il y a des mois et des mois et
non jamais été entendues par un tribunal indépendant et impartial
qui pourrait décider sur leur sort. Ceci va à l'encontre de
l'article 1O et 11 de la déclaration universelle des droits de
l'homme (DUDHO).
Quelques
caractéristiques communs aux cachots visités
-
Bastonnade exagérée des détenus
-
A l'arrivée d'un nouveau détenu, il est sérieusement battu par ses
collègues au vu des autorités de la prison.
-
Entassement des prisonniers dans des cellules ( 2,5m², 40 personnes,
voir cachot nommé Bureau
II et Chien méchant)
-
Les détenus mangent une fois par jour (le soir et très sommairement)
-
Les latrines sont trop sales dégageant des odeurs nauséabondes
insupportables
-
Pas d'éclairage
Pour
la Prison centrale MUNZENZE, on peut rendre visite aux prisonniers
chaque dimanche moyennant un petit pourboire. Pour beaucoup des
cachots, des visites ne sont pas faciles sauf à certains membres de
famille, juristes et quelques religieux. Le pourboire est d'usage régulier
pour la facilitation de la visite.
N.B.
: Au cachot de l'Etat major, on n'accepte pas la visite des juristes.
Beaucoup
des cas des maladies dans des cachots. Certains reçoivent des
assistances de SOPROP et des religieux, d'autres non, faute des
moyens. Parfois, on refuse la sortie des prisonniers malades pour les
soins. Il faut recourir aux avocats.
Liste
et emplacement de ces cachots (visités)
*.
La prison centrale MUNZENZE située dans le camp militaire voisin du
centre pour handicapés physiques dans le Q. MURARA/GOMA.
*.
Le cachot de l'Etat major dans le camp KATINDO situé près de
l'Office des routes, dans le Q. KATINDO /droit.
*
Le cachot de l'A.N.R. en face de l'école Henri Cassin vers le port
SNCC.
*
Cachot " Chien méchant " appelé ainsi par ce que sur son
portail est dessiné un chien symbolisant même la torture qui s'y
passe. Toutefois, ce lieu fut une habitation Privée d'un civil.
*
Le cachot de la gendarmerie situé près du bureau de la REGIDESO
(eau), dans la limite du Q. Birere et la ville.
*
Le cachot de l'Auditorat militaire.
*
Le cachot de la 8ème circonscription militaire en face de
l'entreprise SUPERMATCH ( Rond point BRALIMA ).
*
Le cachot Bureau II ( où se passe la plus grande torture avec Chien méchant).
*
Le cachot situé dans l'ancien camp des Gardes Civiles vers l'aéroport
international de Goma, Q. KAHEMBE.
III.
CONJONCTURE SOCIALE
Dans
la partie occupée ( selon la masse populaire ), le niveau de vie ne
cesse de dégringoler. La paupérisation de la population au plus bas
niveau de l'échelle, fait que cette dernière soit mécontente et ne
veut pas du tout sentir la présence des militaires Rwandais et
Ougandais. Par ce que, estiment-ils ceux-ci sont à la base de
situation difficile que traverse les Congolais en général.
Pour
preuve, les journées villes mortes (Bukavu et Goma) du 14/02/2OOO ont
été des signes éloquents exprimant l'aspiration de la population.
Les prix ne sont pas stables sur les marchés, cela est dû à la monté
du prix du carburant et l'instabilité du taux de dollars. Il y a
aussi une multiplication des taxes qui n'avantagent pas les commerçants.
Les
fonctionnaires
Article
23 de la DUDHO
"
Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à
des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la
protection contre le chômage "
-
Le taux de chômeurs a sensiblement augmenté, beaucoup de services
ont fermé leurs portes.
-
Beaucoup de jeunes, surtout à l'intérieur de la province sont enrôlés
de force au sein des services militaires.
Rappel
de quelques extraits de la DUDHO " Tous ont droit, sans aucune
discrimination, à un salaire égal pour un travail égal " ;
" Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et
satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille, une existence
conforme à la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par
tous aux autres moyens de protection sociale".
Pourtant
les enseignants ne sont pas payés depuis le O2 août 98 en dépit des
déclarations de ceux-là qui prétendent se battre pour le rétablissement
de leurs droits. Il faut aussi signaler qu'ils ne l'on jamais été
d'une manière satisfaisante depuis des dizaines d'années. Pour le
moment, les parents donnent une petite prime, mais eux aussi sont
maintenant à bout de souffle par ce qu'ils ne sont pas non plus épargnés
de la crise.
Les
fonctionnaires en général, sauf ceux qui travaillent dans des
services des Chefs Tutsi, ne sont pas payés. Leur situation est plus
grave par ce que eux ne reçoivent aucune prime de qui que ce soit. La
plupart, sont responsables des familles nombreuses, ils doivent non
seulement nourrir leurs enfants, mais aussi les scolariser.
Le
petit nombre des militaires congolais clochardisés restent payés
depuis la rupture avec la Capitale. Ce qui frappe l'esprit est que les
militaires Rwandais et Ougandais ont toujours des dollars en poche à
la fin de chaque mois ; Ils sont payés.
MASSACRE
Le
14 février 2000, en territoire de Masisi, Groupement Ufamandu I,
localité REMEKA, 15 personnes ont été massacrées par les
militaires du RCD positionnés à MIKONDO. Cela se passant la nuit :
Parmi
ces victimes, 12 cadavres seulement ont été retrouvés :
RUHITAMO,
vieux de ± 70 ans, Hutu, cultivateur, a reçu un coup de balle au
niveau de la poitrine.
NKERABIGULI,
adulte, marié et père de 9 enfants, Hutu est victime des coups de la
petite houe vulgairement appelée " Agafuni ".
RWANDIMBA
CHOMACHOMA, adulte de ± 39 ans, marié et père de 8 enfants, Hutu
cultivateur ; Il est (victime) tué par 4 coups de baïonnette au
niveau du tronc.
BANGEJEJE,
vieux de 75 ans, marié et père d'une famille de 18 personnes,
cultivateur Hutu.
NGIRABATWARE
GAHIMA, adulte de ± 40 ans, marié et père de 7 enfants, cultivateur
Hutu, a subi des coups par une petite houe.
NKUNDIBIZA,
jeune de ± 17 ans, d'ethnie Hutu, a reçu un coup de balle au niveau
de la tête.
BIZOZA,
jeune de ± 16 ans, Hutu, élève à l'Institut MULULU à KIBABI, a été
tué par 3 coups de baïonnette au niveau du tronc.
UZABAKIRIHO,
adulte de 41 ans, a été tué avec son épouse et ses 4 enfants.
Le
23 février 2000, vers 4 heures du matin à NYANZALE/Centre, les
affrontements ont eu lieu entre les militaires du RCD et les May-May,
incident qui a provoqué le massacre de 3 personnes y compris un réfugié
Rwandais, répondant au nom de MUSABYE et 2 Mamans blessées
gravement, hospitalisées à l'Hôpital Général de Goma.
Le
28 janvier 2000, les Interahamwe ont massacré plusieurs civils
innocents à LUKE dans le territoire de MASISI (à 97 km de la ville
de Goma : axe KIBABI). Ces civils ont été massacrés pour avoir été
soupçonné de collaborer avec le RCD (Rwanda). Ils sont :
MANIRAGUHA,
marié et père de 5 enfants ( cultivateur )
KIBUCOZO,
veuve et mère de 3 enfants
CYIMANIZANYE
, mariée et mère 6 enfants
MBONA
(vieillard)
NKUBABERA,
mariée et mère de 7 enfants
FURAHA,
mariée et mère de 3 enfants
MUKAMURENZI,
âgée de 18 ans, jeune élève
Pasteur
NKIRABAKUNZI (vieillard) avec ses 3 enfants, Pasteur de l'Eglise CEBZE
LUKE
SEHEREGE
(vieillard) avec ses 2 enfants
NYIRA
RIZIKI ( vieille femme)
KIBUGOLO
; une veuve, mère de 7 enfants.
Suite
du massacre de KILAMBO ( 5 février 2000 )
LEONARD
(famille BALINDU), KITSA (famille BAHOTSA), JAURI (famille
BANYAKALIO), BATACHOKA (famille BAHUNGWE), 4 enfants de M. BATENDE,
TSUBA, KATENDERE, BABA LAIRE, SAMWERE, MAMA SAFARI, MUNGO
PHILIPPE, BALUME.
Massacre
de KILAMBO ( Noms déjà publiés ): VUMULIA, LUMOO, KIABARONGO, SIFA,
MAALA BATAHIRA, BWIRA, KATABANA, GEORGETTE BUNDE BUNDE, NDOOLE
LUANDA, WAMBA , PENDEZA, MIANITSE SHINDI Pierre de MASHANGO,
professeur à l'Institut KILAAMBO, RIZIKI, KASIWA, MIRIMO, DADA
MUTSINDU du village BONDE, TSII SHINDANO de MIERA, YVONNE KIKANDI,
FISTON ANUARITE
LUTEERWA
de KIHIRA (professeur à l'Institut KILAMBO), KAPALATA de KALORO (
Pasteur), BYANIRO ( Père de Pierre MIANITSE SHINDI de KISHEE),
AUGUSTIN MIHIO, chef de localité à l'intérim de KISHONDJA.
Massacre
du O7 janvier 2OOO sur la route KIBATI-MIKUMBI par des hommes en
uniforme non encore identifiés ( déjà publiés)
EMILIANE,
SHEMUHOMBO, MWAO, KISEMBE, KADOGO
Blessés
BALENGEKE
(femme de SHEMUHOMBO), NYAMUKOBYA (femme de M. LAURENT)
MUNIHIRE,
LUMOO, NYA ALADO BIENTOT (nom populaire) enfant
ASSASSINAT
En
date de 21 février 2000, Territoire de MASISI, M. RUHONYORA, âgé de
25 ans, de l'ethnie Hutu, marié et père de 3 enfants, cultivateur, a
été assassiné par les militaires de l'A.P.R., positionnée à
NGUNGU à son domicile à 17 heures 30'.
En
date du 23 février 2000, Territoire de MASISI, M. RWAMENYO, âgé de
27 ans, de l'ethnie Hutu, marié et père de 2 enfants, commerçant, a
été aussi assassiné par les militaires Rwandais basés à Ngungu,
à 19 heures.
En
date du O3 février 2000, Territoire de Rutshuru, M. TSONGO, âgé de
23 ans de l'ethnie NANDE, célibataire, Aide Chauffeur congolais, a été
assassiné par les militaires Rwandais positionnés à KIRUMBA
(vers TONGO), à 5 heures du matin.
Le
19 février 2000, Territoire de Rutshuru, le nommé GACHURUZI, âgé
de 40 ans, de l'ethnie Hutu et commerçant congolais, a été assassiné
avec toute sa famille ( femme et 3 enfants) par les militaires Tutsi
(RCD), sa maison a été aussi incendiée. Son adresse, c'est tout près
de la station de Rutshuru ( 75 Km de la vile de Goma vers le Nord).
En
date du 19 février 2000, M. BYUNVUHORE MASETSA, un Hutu adulte,
voisin direct de GACURUZI, a été assassiné par les militaires de
l'A.P.R. qui sont positionnés à RUTSHURU, à 21 heures. La cause de
cette mort n'est pas encore connue. Personne ne peut en parler, ne
peut oser lever son doigt
si on veut la vie.
En
date du O9 février 2000, à 19 heures 30' à BUHIMBA (12 Km de GOMA)
dans la commune de Goma, l'Abbé MUNYANSHONGORE ISIDORE, né à 1936,
prêtre, professeur au Grand Séminaire de BUHIMBA vers MUGUNGA
(l'ancien camp des réfugiés Hutu) a été assassiné par 2 hommes en
uniforme bien armée non
autrement identifiés. Son camarade, prêtre Désiré, a réussi à
lui ravir une arme.
Le
10 février 2000, à 19 heures 50', M. Romain MULIRO a été tué par
les soldats du RCD, d'une balle au cou. Revenant de chez son voisin,
devant son domicile, il sera arrêté, puis tué, il est domicilié du
Q. MABANGA, AV. OSSO, à 100 m de la paroisse " Notre Dame
d'Afrique " ; de profession de NYUMBA KUMI (agent civil de sécurité
contrôlant 10 maisons). Ces assassins lui réclamaient de l'argent.
La réaction des autorités a déçu la population du Quartier,
jusqu'au point de bouder le véhicule envoyé par la MAIRIE pour suppléer
à l'enterrement en scandant des slogans hostiles au pouvoir en place.
Le
10 février 2000, la nuit, M. BAHIZIRE MADAR, habitant le Q. HIMBI a
été aussi assassiné par les militaires du RCD. Il est marié et père
de beaucoup d'enfants qui restent aujourd'hui sans soutien.
En
date du 19 février 2000, à KISHEE, M. KANDA KAITSI, âgé de ± 24
ans, marié et père d'un enfant, originaire du village BUKOMBO, situé
à ± 90 Km de la ville de Goma (15 Km de la cité Masisi détruite),
a été tué par des soldats de l'A.P.R. en opération sous prétexte
qu'il appartenait au mouvement May-May, qui supporte très mal la présence
des soldats Rwandais dans le territoire de Masisi.
En
date du ___ janvier 2000, M. HESHUA à HABULA/ Groupement LUBERIKE,
Zone de WALIKALE a été assassiné par les Interahamwe dans le "
BITARA " (une cachette pour les paysans, généralement dans
leurs champs) de HABULA. Il est marié
et père de 3 enfants.
Le
26 février 2000, M. MUSIKI KAMATE, habitant de la cité de KIWANJA (
à 75 Km de Goma ), vieux très influent du milieu, a été tué par
les soldats du RCD (Rwandais selon certaines sources), sur l'axe
Goma-Rutshuru. Selon les sources concordantes, il venait du tribunal où
il avait un dossier avec une famille Tutsi. Il est âgé de 6o ans,
marié à Maman Patrice, commerçant(Président du Comité des Commerçants
de la Zone de Rutshuru, de l'ethnie NANDE vivant le Grand Nord de la
Province Nord Kivu).
Le
28 février 2000, M. MUFUNSHA ARUTURI de père ARTHUR, de mère ELIZA,
de 32 ans, marié et père de 5 enfants, du village BUHAMA,
collectivité OSSO, Groupement BANYUNGU, territoire de Masisi ; a été
assassiné par les interahamwe à Ndondo dans le groupement WALOWA
YUNGU, territoire de Walikale. Il venait de NTOTO (Walikale) pour
acheter de l'huile pour des fins commerciales.
Le
28 février 2000, M. KODEJENE KIYOA de père KIYOA, de mère
MUHAMBIKWA, d'âge : 28 ans, a été tué par les interahamwe à
Ndondo dans le groupement WALOWA YUNGU/Walikale. Il venait lui aussi
de Ntoto pour des fins commerciales.
Le
11 février 2000, M. BALUME KASOLE, habitant à MALEHE (chez KASOLE) a
été fusillé par un soldat d'autodéfense populaire à KIBIRIGA,
groupement KAMURONZA. Le motif qui circule entre la population fait état
d'un conflit de terre qui a fait que ce garçon soit tué. Il est de
la tribu Hunde, âgé de ± 28 ans.
Le
18 février 2000, un certain vendredi soir à BINJA, dans la zone de
RUTSHURU, collectivité de BWITO, M. MATATA BAMENYA, âgé de 38 ans,
marié à KAHINDO, père de 3 enfants, de profession agriculteur a été
tué par des miliciens Hutu. La raison n'est pas bien connue mais
selon des rumeurs, son appartenance dans la tribu Hunde (très menacée
et par les miliciens Hutu et par l'A.P.R.) y a été pour beaucoup.
En
date du 18 février 2000, toujours à BINJA, dans la zone de
Rutshuru, collectivité de BWITO, M. MUKUMBWA BAMENYA,petit frère
de MATATA, a été tué par les miliciens Hutu. Il est âgé de 27
ans, père de 4 enfants, marié successivement à KABIRA (décidée au
mois de décembre 99) puis remarié à BAUMA. Il est de la tribu Hunde
et de profession agriculteur. Selon certains témoignages, il a été tué avec son grand frère (précédent) pour le même motif.
Le
13 mars 2000, M. KAPFUMBA Déo, âgé de 53 ans, marié et père des 8
enfants, habitant du village BUHAMA/NYASIONDO (90 Km de Goma),
groupement BANYUNGU, collectivité OSSO/Banyungu, a été tué par des
interahamwe. Le motif est de collaborer avec les militaires Rwandais
en acceptant d'être dans l'autodéfense.
En
date du 18 mars 2000, Jean Pierre MUHIMA SALUMU, chef local du village
BUHAMA, a été aussi tué par les interahamwe pour motif qu'il
soutient le mouvement RCD. Il est âgé de 47 ans, marié et père
d'une grande famille (6 enfants).
Le
18 mars 2000 à KAUTU près du village NYABIONDO (90 Km de la ville de
Goma), M. KINGI ZEBEDEO a été lâchement
tué par des miliciens Hutu opérant dans ce milieu. Il a 17 ans, élève
à l'Institut Nyabyondo (1ème) membre de l'équipe d'autodéfense du
village. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il a été ciblé par
ces combattants.
Le
01er mars 2000, à LUHINZI (MIANDJA) dans le territoire de Masisi, Ms.
SHAMBA (marié), MUKYE KABIRI (marié) et MILEKEYABO (marié et père
de 6 enfants) ont été tués par les interahamwe les accusant de
collaborer avec les militaires Rwandais.
Le
12 février 2000, à NYAMYUMBA, dans le
groupement Ufamandu I en territoire de Masisi, les militaires
du RCD en position de Ngungu ont assassiné 2 messieurs pendant qu'ils
cultivaient derrière leurs maisons. Il s'agit de : KANYARUKIRO
Michael, adulte de 42 ans, marié et père de 7 enfants, Hutu
Cultivateur a reçu 2 coups de balle au niveau de la poitrine. NTEZI
Evariste, âgé de 3o ans, marié et père de 4 enfants, cultivateur
de l'ethnie Hutu a été victime d'un coup de balle au niveau de la tête.
N.B.
: Leurs familles sont dispersées et ce village n'est plus habité.
-
Le 18 mars 2000 vers 17 heures à GATUNA dans le groupement BASHALI
MOKOTO en territoire de Masisi, M. HABINEZA Emmanuel, de l'ethnie
Hutu, âgé de ± 38 ans, a été assassiné d'un coup de balle dans
le ventre par un soldat Tutsi du RCD en position de Kitchanga (93 Km
de Goma).
N.B.
: Cas d'atteinte à l'intégrité
physique.
Au
cours du mois de mars 2000, un certain KATANGILA Edwards, adulte de ±
39 de l'ethnie TEMBO, cultivateur originaire de KACHAYI en groupement
UFAMANDU I, dans le territoire de Masisi, s'est rencontré avec les
militaires Rwandais sous ordre de KANYAMAHORO (commandant) à 400 m de
GASAKE, ce dernier donnant l'ordre à ses gardes de tabasser ce pauvre
citoyen. L'ordre fut exécuté et le malheureux trépassa.
ARRESTATIONS
ET DETENTIONS ARBITRAIRES
Le
13 janvier 2000, à Butembo, 4 personnes ont été arbitrairement arrêtées
et ont été détenues illégalement dans des conditions extrêmement
difficiles par les militaires ougandais. Elles avaient été suspectées
d'apporter soutient au May-may. Parmi ces personnes, nous citons : *
SIKULI VASAKA MAKALA (Commissaire de Zone de LUBERO) ;
*
KYOKORO M. Secrétaire administratif
de la cité de Butembo (déjà publié dans le rapport du 4ème
trimestre 99).
Le
28 janvier 2000, à Ngungu (Sud-Est du territoire de Masisi, Ms.
KAANYAMA, KARUFANDI, MASOKORA, BAFUNDI tous de l'ethnie TEMBO ont été
par des militaires Rwandais sous prétexte qu'ils ont des enfants dans
le mouvement May-may. Il faut signaler que ces messieurs fuyaient le
combat entre les milices et pensaient qu'à Ngungu ils pouvaient être
protégés par les soldats. Malheureusement ! !
Le
14 février 2000, lors de la journée ville morte organisée par la
population mécontente de la présence de l'A.P.R. sur le territoire
congolais, plusieurs ont été arrêtées à arbitrairement et détenues
illégalement aux lieux suivants :
- Cachot bureau II
-
Bureau de la sécurité civile (cachot " Chien méchant ")
-
Bureau de sécurité (BIZIMA KARAHA).
Parmi
les détenus, SOPROP a identifié les suivants :
-
Docteur PALUKU
-
M. SONGE (Administrateur de l'Hôpital Général de Goma).
- Georges BABA NEJE
-
Docteur MUMBERE
-
KAMBALE BAHATI (Directeur du Centre des Chauffeurs mécaniciens).
-
Honoré KABUNGA (Comptable au Fonds de Promotion de l'Industrie "
F.P.I. ").
-
Elvis (Commerçant)
-
Vincent KITOKO : Vice-Chef de Département chargé des renseignements.
N.B.
: Plusieurs personnes ont été arrêtées, surtout des commerçants
qui par après ont vu leurs magasins cadenassés par des militaires
sous ordre des autorités rwandaises.
-
En date du O1er mars 2000 à 13 heures, M. HANGI BININI, Directeur de
l'ONG BED a été arrêté à son bureau de service sis dans le
quartier la Corniche (avenue) près de la grande barrière/Goma. Selon
des sources proches de la victime, le fait d'avoir travaillé semble
-t-il avec une visiteuse blanche, a été la cause de cette
arrestation qui a durée plus de 48 heures. Pour le moment, il a été
libéré mais interdit d'aller au-delà de la ville de Goma ; donc il
est toujours prisonnier. Il est de la tribu Hunde, âgé de 45 ans, père
des nombreux enfants.
ATTEINTE
A LA LIBERTE D'EXPRESSION DE PRESSE ET D'OPINION
Le
25 février 2000, les autorités du RCD ont ordonné au procureur général
de la république, d'ouvrir un dossier contre M. OKA KIBELBEL, éditeur
du journal " Les coulisses " pour avoir édité des sujets déplaisants
au mouvement RCD. Il s'agit entre autres des sujets suivants :
Le
RCD hypothèque la RDC pour 6O ans pour une somme de 6O millions des
dollars américains.
Terrain
spolié par les autorités du RCD au bord du lac KIVU à Goma alors
que ce terrain avait déjà été cédé.
Pour
le moment, sa sécurité ici à Goma n'est pas rassurante.
En
date du 2è février 2000, M. BWENIBWE LUBANGO, chef coutumier de la
cité de Kitchanga (à 93 Km de Goma vers le Nord-est du territoire de
Masisi) a échappé in extremis aux tentatives d'assassinat par des
soldats de l'A.P.R. suite aux vérités (selon lui) qu'il leur tient
toujours à propos de la guerre que subit les Congolais injustement en
général et en particulier de l'extermination dont sont victimes les
autochtones de Masisi. Il est âgé d'à peu près 70 ans, responsable
d'une grande famille et d'ethnie Hunde. Pour le moment, il réside
dans la ville de Goma mais craignons pour sa sécurité.
Depuis
1999, M. Alexandre MUSHUNGANYA NGABO, journaliste à la RTNC/GOMA et
au journal " Temps présent " est insécurisé par le
RCD/Rwanda. Le O9 février 2000, il a été convoqué par le
commandant PSRS officier de police judiciaire pour s'expliquer sur
certains articles dont il est auteur dans le journal " Temps présent
" et aussi sur certaines questions qu'il avait posées au
Gouverneur de la Province du Nord Kivu, M. Léonard KANYAMUHANGA
GAFUNDI lors d'une interview (Pourquoi le Gouverneur était allé en
mission de pacification et de réconciliation entre ethnie en tenue
militaire alors qu'il n'est pas militaire ?)
Certains
de ces articles
"
La Communauté NANDE de BENI (territoire) et de LUBERO (territoire)
tire à boulets rouges sur KABILA, WAMBA et sur le RCD " Temps présent
N° 13 décembre 1999, p. 10.
"
Plus de 2 millions de dollars américains sont revendiqués par
le comité de l'hôtellerie /GOMA auprès du RCD " Temps présent
n° 13, décembre 1999, p. 15.
EXPROPRIATION
DES BIENS
Dans
la nuit du 16 janvier 2000 des hommes armés jusqu'aux dents ont fait
irruption dans la maison de M. EGIDE SALUMU,
emportant une somme importante d'argent, une radio, un poste téléviseur,
des bagues de mariage et beaucoup d'autres choses. M. EGIDE est un échangeur
d'agent marié, habitant
le quartier MABANGA, AV. MUTONGO II.
Depuis
l'arrivée des soldats Rwandais et le RCD jusqu'aujourd'hui 7 mars
2000 (jour où l'information nous est arrivée), des nombreuses
familles à l'intérieur de la province souffrent, leurs champs sont
spoliés par des civils rwandais sous appui des certains Chefs
coutumiers corrompus par les fortes autorités rwandaises. C'est le
cas des familles ; LUANDA KABANSHA, SHABUNYERE et KABALI qui ont été
de leurs champs et sont allés se réfugier dans la cité de SAKE (27
Km de Goma). Ceci se passe dans le groupement KAMURONZA/Territoire de
Masisi, sous la responsabilité du chef Primo BAUMA KYAMBALI à l'intérêt
des civils rwandais qui sont bien protégés par des militaires.
Dans
le mois de février 2000 à LOASHI, groupement BIIRI, territoire de
Masisi, il y a eu pillages répétés des interahamwe, le cas le plus
frappant est celui de M. Sylvain KONONGO qui a vu même sa maison détruite.
ATTEINTE
A L'INTEGRITE PHYSIQUE
En
date du O5 février 2000, territoire de Masisi, M. MAHATANI âgé de
33 ans, de l'ethnie Hutu et de la nationalité congolaise, a reçu 3
coups de machette dans la tête par des hommes armés en uniforme non
encore identifiés. Cela se passe à NYAMITABA (à ± 90 Km de Goma).
Le
21 février 2000, territoire de Masisi, M. RUHONYORA, âgé de 25 ans,
de l'ethnie Hutu, marié et père de 3 enfants, cultivateur, a été
assassiné par les militaires de l'APR. basés à Ngungu à son
domicile vers 17 heures 30'(cas d'assassinat)
Le
28 janvier 2000, Mademoiselle NYIRAMANA KIBUGULO (rescapée du
massacre de LUKE), fille de KIBUGULO, orpheline de père et de mère,
âgée de 18 ans, a reçu un coup de poignard dans le vendre, par
miracle, elle n'était
pas morte. Elle avait été acheminé rapidement à l'Hôpital Général
de Goma où elle subit des soins. Selon des sources concordantes, les
interahamwe, auteurs du massacre de LUKE (territoire de Masisi) sont
responsables de cette violation.
En
date du O7 février 2000 à MAFUO, groupement BUABO, zone de Masisi,
les interahamwe ont pillé et blessé quelques personnes dont les noms
suivent :
MISHONA
Timoteo, marié, père de 11 enfants, cultivateur. Il a été fusillé
sur le bras gauche et sur la mâchoire inférieure.
WATWELE
âgé de 12 ans, fils de MISHONA, victime d'un coup de machette dans
le bras.
Ces
2 personnes sont soignées au Centre de Santé de BUABO.
Le
15 janvier 2000, à MUHEMBA, Groupement BUABO, M. GAKURU SEKIFUKO âgé
de 45 ans, marié et M. NTAUKISA NGARUKIYA marié aussi, ont été
blessé sérieusement par des interahamwes après avoir été pillés
et torturés.
En
février 2000 à LWIBO dans le groupement BAPFUNA, un enfant de 7 ans
répondant au nom de LUKONGE Safari, fils de METODE Safari et de BANDU
Yvonne, a été blessé gravement par des militaires rwandais venus
affrontés les interahamwe qui occupaient le milieu.
En
date du O1er mars 2000, à 4 heures du matin, à LAMBULA précisément
à MIANDJA dans le territoire de MASISI, les interahamwe ont pillé,
blessé, voir même tué des personnes innocentes :
MATEBA
BIZIMANA ? ÄG2 DE 2' ans, célibataire, fils de BIBEREYEKO et de
KANYERA. Il a eu une blessure grave au coup causée du fait qu'on l'on
voulait l'égorger.
Ils
ont coupé la tête de M. HEZIRIZAZA, père de 6 enfants.
En
cette même date (O1er mars 2000) à LIHINZI (MIANDJA), dans le
territoire de Masisi, M. NTAGANDA KANAMA âgé de 65 ans, marié et père
de 4 enfants a été victime des coups de machette au cou et sur les
épaules par les interahamwe.
Le
16 février 2000, à KASINGA, groupement de NYAMABOKO I, M. BIINGINGO
et sa femme JABU (7 enfants) ont été victimes des coups de balle au
niveau du bassin (homme) et sa femme dans la cuisse par les
interahamwe accusés de collaborer avec les Tutsi.
En
date du O7 mars 2000 à LUIBO, groupement BAPFUNA, territoire de
Masisi, dans la nuit, 3 hommes en uniforme parlant Kinyarwanda et 2
May-may parlant Kihunde ont attaqué et blessé au moyen d'une arme
blanche, M. KYABUKUYE BAROKE âgé de 41 ans, marié et père de 9
enfants. Sa joue a été sérieusement touchée.
En
date du O1er mars 2000, à MAFUO, groupement BUABO, zone de Masisi, M.
MUTSINDU SHENGANITSE âgé de 54 ans, marié et père de 5 enfants a
été pris par des miliciens Hutu qui l'ont coupé moyennant une
machette, la main. Le motif c'est
que, selon les ont dits, qu'il collabore avec les Tutsi.
Vers
le début(1ème quinzaine) du mois de mars 2000, M. MATESO, âgé de
34 ans, marié et père de 2 enfants a été victime d'un coup de
machette au niveau de la jambe par les interahamwe qu'il a croisé à
BWIMA (territoire de walikale) quand il partait à NTOTO pour l'achat
d'huile de cuisine. Il est originaire du village BULWA dans le
groupement BUABO en territoire de Masisi.
Le
18 mars 2000, vers 17 heures à GATUNA dans le groupement BASHALI
MOKOTO en territoire de Masisi, M. HABINEZA Emmanuel, de l'ethnie
Hutu, âgé de ± 38 ans, a été victime d'un coup de balle dans le
ventre par un soldat Tutsi du RCD en position de Kitchanga. Cet
incident a un rapport avec le conflit qui oppose les 2 ethnies. Ramassé
dans un buisson par les agents de rapatriement volontaire des réfugiés
rwandais de l'axe NYAMITABA. Il est aujourd'hui interné à l'Hôpital
Général de Goma à partir de ce 21 mars 2000.
ENLEVEMENT
A
Ngungu, dans le groupement UFAMANDU I en territoire de Masisi, M.
KANYAMAHORO de l'ethnie Tutsi et commandant de la place, vient de
faire disparaître plusieurs réfugiés rwandais, notamment : MAZIMWE
Alphonse, adulte de 45 ans, Hutu originaire de la préfecture de
Gisenyi, commune de Rwerere, secteur MUHANDA , cellule BUHANDA. C'était
en date du O' avril 2000 quand il revint dans son pays natal avec
d'autres. Il a d'abord ravi sa machine à coudre et ses deux sacs de
pommes de terre.
En
date de 29 février 2000, M. KAMUZUNGU Léon, Hutu de 37 ans,
photographe, marié et père de 4 enfants, né à KAZINGA en
groupement de MIKARUBA dans le territoire de Masisi, a été arrêté
au marché de KARUBA, reconduit à Ngungu par le commandant précité(KANYAMAHORO).
Jusqu'aujourd'hui, il est porté disparu. Avant l'arrestation, son
argent 132$us et son appareil photo avaient été emportés.
Le
2O février 2000, M. HITIMANA Didace, de l'ethnie Hutu, âgé de 29
ans, marié et père de 2 enfant, cultivateur, originaire de NYAMYUMBA
en groupement UFAMANDU I, dans le territoire de Masisi, a été arrêté
au marché de Ngungu par le Commandant KANYAMAHORO. Il convient de
signaler qu'il avait été conduit à la position des militaires situés
au sommet de la colline de Ngungu où il a reçu 2 coups de balle et
enterré ensuite par les militaires, selon les rumeurs.
En
date du O3 mars 2000, M. Paul UWISHAKIYE , d'ethnie Hutu, âgé de ±
42 ans, marié et père de 7 enfants, enseignant à l'Ecole Primaire
Catholique de LUFUFU en groupement UFAMANDU I, dans la territoire de
Masisi, a été arrêté au marché de BIASAKE par des militaires
rwandais sous ordre du commandant précité. Son sort n'est pas encore
connu mais on croit qu'il a été fusillé.
Le
12 mars 2000, Madame NABUKIRO Yola, veuve de l'ethnie TEMBO, âgé de
33 ans, originaire de REMEKA en groupement UFAMANDU I dans le
territoire de Masisi, a été victime des coups des fouets au niveau
de KAMUOBE.
N.B.
: Cas de torture.
TORTURE
ET TRAITEMENT INHUMAIN
-
Le 12 mars 2000, madame NABUKIRO
Yola, veuve de l'ethnie TEMBO, âgé de ± 33 ans, originaire de
REMEKA en groupement UFAMANDU I dans le territoire de Masisi, a été
victime des coups des fouets au niveau de KAMUOBE quand elle a croisé
des militaires rwandais qui venaient des opérations vers KATUUNDA.
L'ordre avait été donné par le commandant très fameux en violation
des droits de l'homme, M. KANYAMAHORO (Tutsi).
CONCLUSION
ET RECOMMANDATIONS
Voilà,
nous vous remercions d'avoir parcouru ce document qui vous retrace la
situation des droits humains au Nord Kivu. Il y a lieu de s'inquiéter
quand on voit que ceux-là qui s'appellent " rectificateurs
", " libérateurs " se comportent en bourreaux ne
sachant pas distinguer les combattants des civils innocents.
Nous
pensons que les choses ne devraient pas se passer ainsi car les
populations civiles innocentes doivent être protégées quelles que
soient leurs appartenances ethniques, religieuse, tribale...
SOPROP
/ GOMA
Equipe
Chargé d'Enquêtes
Didier Kamundu
Directeur de SOPROP
20, rue de Flesselles, 69001 Lyon
Tél & Fax: 33(04) 478 396 006
e-mail: kambat@aol.com
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