| Ce troisième
anniversaire du régime de Kabila n'avait même pas été envisagé
publiquement par lui-même, car il annonçait une transition de deux
années.
Mais notre
opposition traditionnelle s'était cabrée et exigeait des délais
plus courts. Américains et Mandela estimaient de leur côté que ce
délai de deux années était raisonnable. Tous s'étaient trompés.
A l'époque
l'AFDL n'arrêtait pas de nous "libérer". Nous y croyions,
parce que nous le voulions. Pour une fois qu'on n'était plus sous la
coupe de Mobutu et des siens. Le pays venait de retrouver son nom de
Congo et pouvait respirer, espérer et prospérer.
Mais nous
avons hérité d'un Président qui ne s'occupe que de ce qu'il a
toujours fait toute sa vie, à savoir la guerre et la trahison. Il n'a
pourtant jamais gagné une seule guerre et il fait maladroitement ce
qu'il fait. Il n'est ni notre guide, ni notre bouclier.
Quel discours
peut-il tenir encore? En trois années, il n'a jamais fait le tour du
pays , ni pris un seul bain de foule.
Qu'y a-t-il
à commémorer cette année? Le pays est non pas seulement partagé,
mais il est hors de contrôle: nous avons un gouvernement qui puise sa
légalité dans le siège des institutions à Kinshasa. De leur
côté, les rebelles sont décriés et subjugués par leurs
commanditaires.
Pauvre Congo:
il n' y a pas de pilote dans ton avion.
Trois ans
après, Kabila a hérité ce qu'il y a eu de pis dans le régime de
Mobutu.
Les rebelles,
à leur début, dénonçaient trois maux de Kabila : la dictature, la
corruption et le népotisme. Qui peut douter aujourd'hui de la
réalité et de la justesse de ces accusations?
La dictature
est la pire de toutes, avec l'absence de politique et l'inconstance
des décisions. Le pays est géré comme un stand de marché, au jour
le jour. Kabila ne tient jamais parole, il trahit et emprisonne ses
amis.
La corruption
est la pire de toutes. Le système de Mobutu était une pyramide à
base élargie et dont les recettes remontaient des niveaux inférieurs
jusqu'au sommet de l'Etat. En retour, les gens du système
bénéficiaient des protections. La corruption de Kabila est l'absence
de système, les revenus sont gardés aux bas niveaux, ce qui crée
des potentats totalement hors contrôle.
Le népotisme
est érigé en méthode de gestion. Les choix des dirigeants de l'Etat
et des entreprises publiques se fonde sur la tribu et le copinage.
Notre armée compte des généraux qui n'ont jamais fait une école
militaire ni une carrière sous les drapeaux. Il est même des
ministres illettrés.
Le 17 mai
1997? Ce jour n'aurait pas dû se lever. C'est triste et déprimant.
Kadima
Gérard |