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La compromission ne paye pas! Ce que je propose:

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Claude B. Ikoki

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Vous avez raison sur toute la ligne, Joseph Mankema. Pour combattre un système de l'intérieur, non seulement il faut pouvoir être à l'intérieur, mais encore faut-il qu'il y ait un système...Contrairement à ce qui a été présenté dans la méthode dite de la compromission, le cas du zaïre de mobutu ou de la RDC n'ont véritablement d'un système que le nom. Il s'agit plus d'un agencement confus des personnes et des pratiques où seule prévaut la loi de la jungle avec une composante majeure, vous l'avez épinglé, les liens cabalistico-traditionnelles du clan. Dès lors combattre un tel système éminemment impénétrable de l'intérieur relève plus de la spéculation qu'autre chose. Or le moment ne s'y prête pas...D'ailleurs, on ne peut s'empêcher d'observer que les zaïrois ont déjà expérimenté une telle méthode avec 25 ans de compromission dans le mobutisme ou le parti-état où nous nous sommes si bien "compromis" que nous en étions membres même avant la naissance! La compromission, voyez-vous, M. Assani, le mot parle de l (En raison de la longueur du paragraphe, la suite ne nous est pas parvenue - Congonline)

Très peu des zaïrois ont pu, après compromission, faire quelque chose contre le mobutisme...Très peu!
Un seul homme, après en avoir été l'architecte même, a tenté de le combattre de l'intérieur avec 12 autres...Les résultats, nous les connaissons : Ils en ont eu assez de se " compromettre ". Ils ont fait un premier pas dans la contestation, essentiellement non-violente, avec les résultats que nous connaissons : D'un seul homme, nous sommes passés à quasi toute une nation, à quelques hiboux près, qui a suivi avec les effets que nous avons vus. Seulement, ce n'était qu'un premier pas.
Aujourd'hui, il faut aller plus loin ! C'est ici que je relève une remarque très intéressante que vous faites, M. Assani, dans votre analyse, à savoir, à dictateur différent, méthodes différentes car Kabila est essentiellement un bagarreur.
Même s'il n'est pas question ici de se " compromettre " à nouveau dans des folies du style CPP et compagnie…

La lutte non-violente qu'a longtemps préconisée Etienne Tshisekedi a fait son temps. Elle a produit des résultats qui sont à tout le moins perfectibles. Dans les circonstances actuelles, elle ne nous sera d'aucune utilité. La nécessité s'impose de plus en plus pour adopter une approche radicale de lutte. Personnellement, je ne demanderai pas à Etienne Tshisekedi d'arrêter son périple actuel comme vous le demandez, M. Asani. Il faudra plutôt réorienter la nature de ces contacts. Dans la situation actuelle du pays, Tshisekedi devrait s'approcher davantage de l'option militaire prise par ses proches comme Jacques Matanda, il y a six ans. On connaît la réticence de l'homme face à une telle option mais force est de constater que nous n'avons plus le CHOIX ! A défaut de mener une telle option, il pourrait au moins lui apporter toute la caution morale qu'elle mérite. Car sa caution est essentielle dans une telle entreprise.
Les Zaïrois sont devenus aujourd'hui la risée de beaucoup, étrangers comme congolais…, quant à la bravoure avec laquelle ils sont prêts à se sacrifier pour la cause de leur pays. La vérité est qu'ils ne sont pas moins concernés par le sort de leur pays. Pour peu qu'ils aient un cadre viable de lutte avec une finalité précise, nombreux sont ceux d'entre-nous qui n'hésiteront pas à prendre les armes pour changer le cours des événements. C'est là que nous avons besoin de la caution même morale de quelqu'un comme Etienne Tshisekedi pour créer ce cadre viable qui nous fait défaut. 
Nous devons dépasser le stade de la lutte non-violente et franchir une nouvelle étape pour atteindre notre idéal de liberté, de justice et de démocratie. Après tout, il faut bien que les Congolais se libèrent eux-mêmes un jour. Le cas de force majeure qui s'impose doit amener Tshisekedi à reconsidérer sa position sur la question. 

Ce que je propose, c'est qu'il noue des liens de type nouveau, d'abord dans la région avec les amis naturels du Congo puis dans le reste du monde pour convaincre de la nécessité de le soutenir dans une telle démarche qui consistera dans un premier temps à entreprendre la lutte à son début : le départ de la dictature de Kabila. Fort d'un soutien massif de l'extérieur qui ne manquera pas de répondre (personne à l'extérieur ne veut de Kabila) et de l'intérieur qui n'a jamais laissé tombé Tshisekedi, le peuple Congolais (y compris les soldats de Kabila !!!) se débarrassera des CPP ainsi que de leur créateur ! Ce n'est qu'après que nous nous adresserons aimablement à nos " frères " ougandais, rwandais et autres burundais, s'ils sont disposés à affronter le peuple Congolais bien débout…

Avec un cadre viable, comme beaucoup, je suis prêt à faire une descente à Kin et à l'Est pour changer le cours des événements. Lorsque les circonstances l'avait exigé, j'ai été face aux mitrailleuses des escadrons de la mort de la DSP le 16 février 1992 à deux km du camp tshatshi ; ce ne sont ni " ces petits messieurs " de l'Est, ni les kadogos du Mzee national qui m'arrêteront ; pour peu, très peu, que je sois sûr que c'est pour une cause noble que je donne ma vie et non pour préparer le terrain à la folie des Yerodia et compagnie.

Claude B. Ikoki,
Ikoki@email.com
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