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Re: "Mémoire de Thambwe Mwamba à Emile Irunga."

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Mastaki L. Bayange

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Vas-y bon "petit Cochon", raconte-nous comment on vit chez vous... Mais, moi, la vie des Cochons, petits, gros et gras, il semble que je la connais; c'est la crasse. Ce qui m'intéresserait plus, et là je sais petit Cochon que tu risques de ne pas me satisfaire, c'est comment on vous produit et qui décide du "rôle", du rang d'un chacun de vous...

Mastaki L. Bayange


Mémoire l'intention du Rassemblement congolais pour la démocratie 

Le Rcd et son leadership 
(Par Me Alexis Thambwe-Mwamba)


En âme et conscience, j'ai pris l'option d'être un leader politique du Rcd pour pouvoir changer l'ordre politique en République démocratique du Congo. J'assume pleinement les conséquences politiques de cette décision de ma part, et je ne regrette rien. Néanmoins, je me pose la question de savoir si ce combat aboutira à des résultats valables pour le mouvement qui a envoyé au sacrifice suprême plusieurs de ses enfants. Et là, je n'arrive point à avoir la réponse et je me sens fortement troublé.

Dans la lettre de d'émission que j'ai adressée en date du 8 avril 2000 au président de notre mouvement, j'ai promis de préparer, pour les membres tant du Bureau politique que du Collège des Fondateurs un mémoire explicatif de ma décision. Voici ce mémoire . Je l'adresse sous forme d'interpellation au Président du Rcd.

Monsieur le président du Rcd

Vous trouverez-ci après les raisons pour lesquelles, vous ne pouvez être le chef de file du Rcd.

1) Faux départ;

Lorsque vous battiez campagne pour devenir chef de notre mouvement, vous avez promis à l'armée de mettre tout en en place pour mobiliser des moyens importants dont elle avait besoin, en vue de conduire la guerre. Vous avez fait valoir qu'alors que vous n'étiez que chef de département de la démocratie santé, vous aviez pu obtenir de la Belgique, une aide humanitaire de FB 30.000.000. Vous avez menti, Monsieur le Président. Ce n'est pas vous qui avez négocié cette aide.

Faisant l'interim du Pr Lunda Bululu, votre prédécesseur, le Pr Wamba dia Wamba, ami personnel du ministre belge (secrétaire d'Etat) à la coopération de l'époque, Monsieur Reginald Moreels, m'avait instruit (moi Thambwe Mwamba), de préparer une requête au gouvernement belge, en vue d'obtenir de lui une aide humanitaire d'urgence pour les populations de l'Est du Congo, victimes de notre guerre. C'est moi qui ai rédigé cette requête, et les Fb 30.000.000 accordés par la Belgique en médicaments, produits sanitaires, etc, ont été accordés à la suite de cette requête. Les produits en question ont été envoyés par l'entremise des Ong. C'est moi qui vous ai remis la réponse donnée par le gouvernement belge pour que vous puissiez profiter de votre déplacement en Europe en vue d'accélérer l'envoi. Vous vous êtes targué d'avoir obtenu ce don.

Non Monsieur le président. Vous n'avez rien fait pour avoir ce don. L'idée était de Wamba dia Wamba. Elle a été concrétisée par moi. Vous n'avez fait que le travail d'agent convoyeur. Vous avez menti à l'armée en lui donnant ce cas comme l'exemple de votre capacité de faire face aux problèmes de la guerre. L'armée a cru en votre capacité de mobiliser les moyens . Depuis lors, elle doit s'être rendu compte que tout cela n'était que mirage.

2) Pétrocom;

Vous vous souvenez certainement de ce dossier. $ 300.000 versés entre vos mains. Vous avez prétendu n'avoir reçu que $ 200.000. Un de vos conseillers aurait détourné le reste. De retour du premier périple que vous avez eu à effectuer en Amérique, j'ai trouvé un message virulent dudit conseiller. Je vous ai fait écouter ce message, et pendant que vous l'écoutiez, j'ai vu le trouble profond sur votre visage. Le message disait clairement ceci: «Non, je ne suis pas un escroc, comme on voudrait le faire croire. J'ai donné tout tout l'argent au président». J'aurais pu garder un doute, si après mon départ, vous n'aviez pas pris le téléphone pour vous plaindre auprès dudit conseiller en lui disant que vous pensiez règler ce problème en famille avec lui et vous ne compreniez pas les raisons pour lesquelles il avait jugé utile de me laisser ce message compromettant pour vous. Alors Monsieur le président; qui a détourné les $ 100.000. Je croyais pourtant que dans votre esprit, seuls les mobutistes étaient des voleurs.
Le président a donc détourné peu de sous, destinés à un mouvement en guerre, lequel
mouvement n'a pas beaucoup de moyens. Est-ce que vous vous sentez fier Monsieur le président?
Vous souhaitez évidemment que cet incident soit oublié au plus tôt. N'est-ce pas Monsieur le président?

3) Affaire Grenada;

Habile joueur vous avez voulu dans cette affaire, mettre deux fers au feu. Vous connaissez
certainement le sens de cette expression. D'un côté, vous avez vilipendé Mishiki et ceux qui sont partis à Grenada en jurant vos grands dieux que vous n'en saviez pas. D'autre part, vous avez envoyé votre seul confident suivre l'opération au cas où il y aurait malgré tout quelques retombées. De cette façon, si l'affaire tournait mal, vous n'y étiez pour rien, et en cas d'hypothétique succès, vous pouviez malgré tout en engranger quelques retombées.
A la radio (Rfi ou Bbc), vous avez dit que c'étaient des aventuriers, mais en même temps, vous ne vouliez point que ces aventuriers profitassent seuls des fruits éventuels de leur balade.
Trouvez-vous cela digne, Monsieur le président?

4) Audience auprès du président Dos Santos;

Vous m'aviez demandé d'organiser une rencontre avec le président Dos Santos. Connaissant les bonnes relations entre le président angolais et un de ses homologues africains auprès de qui j'avais des entrées, j'ai utilisé cette voie pour essayer d'obtenir l'audience. Connaissez-vous la réponse qui a été réservée par les Angolais? Non, vous ne la connaissez pas parce que j'au hésité à vous la communiquer. Néanmoins, j'ai montré à quelques membres du mouvement la réponse que j'avais reçue. Pour les Angolais, il n'est pas question de traiter avec vous. Vous n'étiez à leurs yeux qu'un vulgaire escroc. Vous auriez détourné l'argent, qu'à l'époque, ils avaient mis à votre disposition pour une opération que devaient effectuer les gendarmes katangais. Ainsi, vos problèmes d'argent ne datent pas de l'histoire Petrocom.

5) Cas de Mgr Kataliko;

Lorsque la mesure de bannissement avait été prise, vous et moi étions à Bruxelles. Lorsqu'après avoir été saisi de cette question par Rome, je vous ai fait le rapport, dans votre hôtel, vous avez textuellement dit ceci: «Ces connards ne font que des bétises , chaque fois que je m'absente. Je vais casser cette mesure dès l'arrivée». A votre arrivée, vous avez fait un un message au peuple congolais, message qui semblait aller dans le sens de lever la mesure injuste qui frappe l'Archevêque de Bukavu. Mais très vite, probablement parce que menacé vous même, vous avez fait un virage extraordinaire. Sans honte. Est-ce là le comportement d'un chef?

6) Rencontre de Kampala avec M. Richard Holebrooke;

Après l'audience nous accordée à Kampala par l'Ambassadeur américain aux Nations Unies, M. Richard Hoelbrooke, j'ai eu le courage de vous dire dans la voiture qui nous remenait à l'hôtel que Jean-Pierre Bemba avait été de vous trois (à savoir Wamba, Bemba et vous même) celui qui avait fait l'exposé le plus percutant devant l'Ambassadeur américain. Vous avez reconnu les faits en disant: «il est quand même intelligent ce mec...». Vous aviez avoué ainsi vos limites dans la capacité de convaincre. Vous vous souvenez de cette conversation je suppose. Elle s'est passé dans la voiture. Le vice-président Nyarugabo était témoin. Si dans une brève audience, vous avez fait piètre figure devant J.P. Bemba, comment ferez-vous demain dans le débat intercongolais, où vous aurez affaire à une forte partie sur tous les plans (capacité de négociations, capacité  intellectuelle,...)

7) Accord de Lusaka;

Vous avez dit récemment à quelqu'un que je manquais de vision politique, parce que je continuais à défendre les accords de Lusaka alors que le Rcd va gagner militairement la guerre. Je voudrais tellement vous croire, Monsieur le président. Mais de nous deux, je crois que c'est vous qui manquez de vision politique. Il n'y aura pas de victoire militaire. Il y aura peut-être partition de fait du pays si vous continuez à avoir une vison politique à courte vue . Moi, je crois dans les accords de Lusaka, et je vais continuer à les défendre.

8) Indiscipline;

Vous avez prétendu que la mesure de suspension prise par vous se justifie par l'indiscipline dont j'ai fait montre. Dites-moi, Monsieur le président, si vous aviez sanctionné un chef de
Département qui est passé outre une décision du Bureau politique, décision très lourde de
conséquences politiques. Vous savez que vous n'avez pas osé lever le petit doigt. Vous et moi savons pourquoi vous n'avez pas pu sanctionner. Alors, laissez moi rire quand
j'entends parler d'indiscipline.

9) Vous me reprochez d'avoir dépassé la durée de mon séjour autorisé; Plusieurs copains à vous sont partis pour des mois. Avez-vous pris une mesure de suspension?

10)Vous me reprochez d'avoir rencontré Me Mbuyu

N'ai-je pas systématiquement fait rapport écrit de toutes les rencontres du genre? Pourquoi n'avez-vous pas attendu pour voir si dans mon rapport, j'allais taire ma rencontre avec Me Mbuyu. Pourquoi ai-je signalé dans les rapports précédants des rencontres avec la même personne? Votre explication est cousue de fil blanc. Et vous le savez. Les Congolais ne sont pas dupes et votre proposition de la personne qui doit me remplacer démontrera très clairement ce que vous visiez.

Pour toutes ces raisons, Monsieur le président, j'ai cessé de croire en vous et je suis sûr que sous votre direction, le mouvement court vers la catastrophe. Votre incurie fait qu'à la date de ce jour le mouvement est divisé. Et ceux qui sont contre vous, sont largement majoritaires. En cas de réunion normale du Bureau politique, ils vous chasseront. Vous le savez, mais ne voulez pas l'admettre. Je vous prie de remettre une copie de ce mémoire à chaque membre du Bureau politique et du Collège des Fondateurs. Faute de le faire, le document sera publié intégralement dans la presse tant nationale qu'internationale, ce que je ne souhaite point faire.

Je voudrais ne plus avoir jamais l'occasion de vous écrire sauf en cas de provocation. J'ai encore tellement des choses à dire sur vous, si vous m'en donnez l'occasion.

Agréez, Monsieur le président, mes civilités.

Le 13 avril 2000
Alexis Thambwe Mwamba

Mastaki L. Bayange

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