| Allait-il y aller
ou pas ? Kabila peut en tout cas se féliciter d'avoir surmonté sa
peur d'attentant et sa politique de la chaise vide en faisant le
déplacement de New York.
Le vieux
maquisard a été accrédité comme seul et unique représentant
légal du Congo démocratique , réléguant les rebelles au-délà des
coulisses de la Maison de Verre et à l'ombre des projecteurs.
Plus
remarquable aura été l'absence totale de mobilisation des ONG
habituellement friandes de l'homme et au moment précis où ces
organisations ont acquis de la vigueur à la conférence de l'O.M.C.à
Seattle et où elles assiègent les rencontres de Davos , en Suisse.
Car contrairement au sommet franco-africain de Paris de 1998 , aucune
organisation des droits de l'homme n'a jeté l'opprobe sur Kabila et
n'a demandé son arrestation pour faits de "génocide" et
autres crimes contre l'humanité . Comme si le cas Pinochet ne leur
avait pas accordé des moyens nouveaux pour traquer les dictateurs.
Même Amnesty International qui avait fait sensation avec un rapport
publié le jour-même de l'invitation officielle de Kabila au Conseil
de Sécurité a cru bien faire d'éditer un second texte et de faire
ressortir davantage d'horreurs commises en zones rebelles. Il n' y a
même pas eu des manifestations à la canadienne où , à l'ombre du
sommet de la Francophonie de 1999 , des Africains dénonçaient
bruyamment les potentats Kabila , Kagame et Museveni , tous logés à
la même enseigne.
Kabila a
incontestablement ramené un bilan très positif de New York , mais
pour lui-même. Il reste à savoir ce qu'il en sera du Pays qu'il
dirige.
Yvette
Vanbelle |