|
Ô douleur,
quand donc quitteras-tu mon coeur ?
Ô mon
coeur, gardes éternelles mes quinze soeurs enterrées vivantes !
Ô mes
soeurs, que jamais le souvenir de votre calvaire ne s’estompe !
Quinze étaient-elles,
Quinze à
être précipitées vivantes sous terre :
Quinze
innocentes, quinze martyres !
Ô douleur
dans mon coeur !
Ô douleur
pour mes soeurs !
Et vous
bourreaux, et vous coeurs de pierre,
Avez-vous
été portés à la vie par des femmes de chair ?
Ô
bourreaux, pourquoi le crime est-il votre ivresse ?
Pourquoi répandre
le sang d’innocentes congolaises ?
Pourquoi
souiller la terre hospitalière du Kivu ?
Ô
criminels sans frontières, diables sur terre !
Ô douleur,
ô mon coeur !
Ô douleur,
ô mes soeurs !
Ô douleur,
ô mes pleurs !
Le Kivu
saigne, le Congo se pleure, l’Afrique se recueille,
Et
l’humanité horrifiée ne peut en croire ses oreilles :
Est-ce donc
vrai que là-bas, à Mwenga, dans les marais et les forêts,
Des lâches
sans foi ont enterré vivantes quinze femmes !
Quelle loi
condamnera cette
barbarie, cet acte infâme ?
Le tribunal
de nos coeurs a déjà jugé le crime, le crime contre l’humanité.
Ô douleur
dans nos coeurs !
Ô malheur
de nos soeurs !
Ô fureur
de nos pleurs !
Volez au
ciel vous mes quinze étoiles
Partez en
paix vous pour qui se sont tues les cloches de l’Eglise,
Reposez en
paix vous qui êtes parties sans nos prières.
Que les ancêtres
vous accueillent, âmes martyres,
Que la
terre violée du Congo vous soit légère,
Et que
votre sang répandu arrose nos espoirs.
Que nos
bouches crient justice.
Justice
pour nos sœurs suppliciées !
Votre sœur
éplorée,
Catherine
Tshefu |