Compatriote Serge Mbiya : Ne
réveillez surtout
pas le chat qui dort. Laissez Lumumba tranquille ! |
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Pr. Jules de Tibeiro, Ph.D |
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Cher compatriote,
Bien que je sois très occupé en ce début de session à l'université,
je ne peux pas rester indifférent face à la diatribe que avez adressée la semaine dernière à notre compatriote Kazadi Corneille.
Permettez-moi de vous dire que c'est plutôt vous qui avez manqué de
finesse je dirais plutôt de courtoisie voire d'élégance.
Le fait que vous viviez en Russie ne vous donne pas le droit ipso facto de vous considérer comme la référence obligée sur la mémoire de
Lumumba dans ce pays. Vous êtes peut être mieux placé pour nous confirmer que Lumumba n'est pas encore passé aux oubliettes en
Russie. Mais vous n'avez pas certainement pas la religion de tout savoir ce qui se passe dans ce pays.
Je vous signale en passant que j'ai déjà effectué 3 visites dans ce
pays dont une avant l'effondrement de l'Union Soviétique et je connais un peu ce pays. Tout comme je savais déjà que l'Université
Lumumba était déjà débaptisée. Je viens encore d'en avoir la preuve
disons plutôt la confirmation en parcourant l'article "Ces africains qui ont choisi Moscou" pp. 56-62 de la revue Jeune Afrique (numéro
double 2033-2034- du 28 décembre 1999 au 10 janvier 2000).
Voila le paragraphe qui a attiré toute mon attention après avoir lu votre diatribe RIDICULE adressée au compatriote Corneille
Kazadi. "L'établissement inauguré le 5 Février 1960 sous le nom d'Université
Patrice Lumumba, a été rebaptisée, après l'effondrement de l'Union Soviétique, UNIVERSITÉ RUSSE DE
L'AMITIÉ DES PEUPLES"
Alors, cher compatriote, où était le sérieux dans votre article à ce
sujet. Cela me paraît doublement ridicule d'autant plus que Kazadi Corneille avait raison !!! Même s'il s'était trompé - Errare humanum
est - , était-il vraiment nécessaire de faire ce "numéro" en tablant
sur le fait que vous viviez dans ce pays dont les symptômes s'apparentent à ceux des pays du tiers-monde. Un pays quasi-sous
développé ... Fallait-il vraiment le rabrouer pour un détail de ce genre ?
Des deux choses l'une : Jeune Afrique ment, ce que je ne pense pas vu la notoriété de ce journal; ou bien c'est vous qui mentez, ce dont
je n'ai pas l'ombre d'un doute. Vivez-vous vraiment en Union Soviétique ? Etes-vous vraiment étudiant dans ce pays ?
Au fait, la mémoire de Lumumba, votre idôle, est-elle vraiment pertinente en ces moments difficiles que traverse notre pays ? Est-il
vraiment indispensable voire nécessaire de se ferrailer pour un individu dont le passé politique était certes élogieux mais douteux
sur certains aspects ?
Pour l'amour du ciel, je vous prie dans vos échanges de laisser Lumumba tranquille. Je reconnais qu'il fut un grand leader (même
physiquement) en son temps car il a été UN de ceux qui nous ont conduit notre pays vers l'indépendance. De là à en faire une
référence obligée par les temps qui courent, me paraît excessif.
Mobutu qu'on diabolise aujourd'hui a déjà été trop gentil d'en faire
un héros mais votre Lumumba, je ne suis pas près de le mettre au même niveau qu'un Mandela par exemple, une fierté pour l'Afrique.
Cher compatriote, IL NE FAUT PAS REVEILLER LE CHAT QUI DORT !. On sait que Lumumba a été un grand leader et on s'arrête là. Il ne faut
surtout le louanger car en exagérant, on peut remonter sur des détails peu glorieux et regrettables sur son passé. Des détails qu'on
se garderait bien de remonter à la surface aujourd'hui ...
Beaucoup de gens surtout en Russie, en R.D.C et ailleurs ne connaissent pas l'itinéraire
caillouteux marqué par des zones d'ombre du premier chef de gouvernement de notre
pays en 1960. C'est tout à son avantage car souvent ce dernier était loin d'être un tendre,
d'être un vrai démocrate. Sa brève gestion calamiteuse et scabreuse
en fait foi. On oublie souvent la "boucherie de Bakwanga". On oublie qu'il a fait preuve de malversations financières à l'époque coloniale
(1954) quand il était commis des postes à Stanleyville.
On oublie qu'il a été arrêté et inculpé deux ans plus tard (1956) à
son retour de Belgique pour faux, usage de faux et détournements de fonds, une récidive en fait ... Condamnation à deux
ans de prison, peine réduite à dix-huit mois en appel, avec douze mois de grâce.
Libéré en 1957, il entre au service d'une brasserie de Léopoldville,
dont il devient représentant commercial. Il sera encore arrêté pour
détournement de fonds.
Je ne cite pas les arrestations pour des raisons politiques comme celle du 16 Janvier 1960 où il fut condamné à six mois de prison
(Avril 1959) à la suite d'incidents violents qui marquèrent le congrès de son parti à
Stanleyville.
Je m'intéresse plutôt aux antécédents judiciaires dûs aux délits de
droit commun dont votre leader historique a été l'objet. Ce qui explique ma réticence à faire de lui le modèle des leaders
historiques de notre pays avant l'Indépendance (politique) . Ce qui n'est pas le cas pour des leaders comme Kasa-Vubu, Ileo, Bolikango,
Malula, etc..._
Je me demande parfois si les vexations de Lumumba datant déjà de la
période coloniale ont milité en faveur de sa carrière politique bâti
par la haine contre le colonisateur belge, une haine démontrée de manière éloquente au cours de son discours peu diplomatique à
l'adresse du Roi Baudouin au soir du 30 juin 1960. . Une haine qui va se diluer quelques heures plus tard par un discours glorieux à
l'endroit de la Belgique. Quelle contradiction... Une contradiction avec son souci d'obtenir la carte d'évolué durant la période
coloniale pour ne pas être concerné par la politique d'apartheid menée par le colonisateur belge etc.... La liste de telles
incohérences et contradictions n'est pas exhaustive hélas !
Même le président Kabila n'en veut pas. Car il n'a pas jusqu'ici réhabilité l'échangeur de Limété, repaire des voyous de la capitale.
Le Mze a d'autres soucis comme celui de soigner l'image de Tshala
Muana, la marraine de notre Franc Congolais que de réhabiliter votre leader qui continue à hanter le souvenir des nostalgiques
comme vous...
N'ayons pas honte de reconnaître que la popularité de Lumumba au pays
des Soviets n'est pas liée à l'affection que les dignitaires du Kremlin de l'époque nourrissaient à son endroit. Nikita Kroutchev
voulait tout simplement "narguer" les Américains au cours de la guerre froide. Un point un trait. Qu'on ne vienne pas nous raconter
des histoires à ce sujet, nous ne sommes pas naïfs à ce point.
SI LES SOVIÉTIQUES ÉTAIENT VRAIMENT SOUCIEUX DE L'EDUCATION ET DE L'INSTRUCTION DES ENFANTS CONGOLAIS, ILS CONSTRURAIENT PLUTÔT UNE
PETITE ÉCOLE PRIMAIRE À KINSHASA, À KATAKOKOMBE OU À LODJA pour perpétuer l'image de Lumumba !!!!!!
Vous qui vivez en Russie et connaissez bien ce pays, pourriez-vous avoir le courage de confirmer à tous nos compatriotes internautes le
surnom (officieux) donné par les Moscovites à la grande avenue qui longe cette fameuse Université à l'époque que cette université
portait le nom de notre illustre compatriote?. Car j'ai vraiment honte de le dire.
Sans rancune.
Pr. Jules de Tibeiro, Ph.D
Professeur Titulaire |
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