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FORUM
BARAZA LA KIVU
ORGANISME
À BUT NON LUCRATIF DES
RESSORTISSANTS
CONGOLAIS
ORIGINAIRES
DE LA RÉGION
CONGOLAISE
DU KIVU
DU CANADA
COMMUNIQUÉ
DE PRESSE
Préoccupé
par la situation déjà détériorée
qui se poursuit dans la région congolaise du Kivu sous l’occupation
rwandaise, FORUM BARAZA LA KIVU s’est réuni d’urgence, à Montréal, en
session extraordinaire, le samedi 12 février 2000 en réaction au
kidnapping de l’archevêque catholique de la ville congolaise de
Bukavu, son Excellence Mgr Emmanuel Kataliko, kidnapping opéré par
le pouvoir de tutelle détenu par le gouvernement rwandais sous le
couvert du mouvement rebelle connu sous l’appellation de
Rassemblement des Congolais pour la démocratie (RCD).
Des
sources sûres, notamment par voie téléphonique et d’agences de
presse, ont annoncé dès samedi matin, le 12 février 2000,
l’arrestation de Monseigneur Kataliko le jour même par les autorités
militaires du RCD à l’aéroport de Goma où l’avion à bord
duquel il voyageait faisait escale, avant de poursuivre son itinéraire
pour Bukavu, le port d’attache de l’archevêque.
Les
militaires qui ont procédé à l’arrestation de l’archevêque de
Bukavu ont contraint celui-ci à monter dans un véhicule pour une
destination inconnue. Depuis lors jusqu’au moment où nous rédigeons
ce communiqué, le prélat est porté disparu. Cette arrestation est
intervenue sur son chemin de retour alors que le prince de l’Eglise
revenait de Kinshasa où il avait été participer à une réunion de
la conférence épiscopale du Congo, dans la capitale du pays.
Forum
Baraza la Kivu
tient à attirer l’attention de l’opinion publique internationale
sur cette avanie pesrsistante dont le Rwanda fait continuellement
preuve avec fatuité à l’endroit de la population congolaise du
Kivu. Les accusations dont les autorités rwandaises et leurs hommes
du RCD accablent le prélat et l’ensemble de la société civile
congolaise rappellent, en tout point, la même stratégie que le régime
actuel de Kigali, alors mouvement rebelle, avait utilisée au Rwanda
en 1994 contre le pouvoir hutu pour justifier ses crimes. Autant il
clamait à l’époque que les autorités hutues avaient
inculqué à la population la haine contre les Tutsis, autant le RCD
et les éléments du FPR (Front patriotique rwandais :
gouvernement actuel du Rwanda) font aujourd’hui grief au clergé et
à la société civile congolais de semer de l’intolérance dans
l’esprit des autochtones congolais.
La
menace proférée par les Tutsis contre l’élite congolaise du Kivu,
dont l’archevêque de Bukavu, et rapportée le 11 février 2000 dans
une dépêche de l’agence Reuters, tout juste la veille de l’enlèvement
de celui-ci, s’inscrit dans ce scénario. Cette dépêche annonçait
que les autorités du RCD avaient déclaré l’archevêque de Bukavu persona non grata sous prétexte qu’il incite la population
congolaise à la haine contre les Tutsis.
Les
accusateurs n’ayant présenté aucune preuve à la base de laquelle
ils formulent leur réquisitoire, Forum Baraza la Kivu conclut que celui-ci n’est pas fondé. À
cause du précédent créé au Rwanda en 1994, FORUM
BARAZA LA KIVU craint, avec raison, que ce requisitoire n’ait été
conçu pour rééditer le même stratagème. Comme l’armée
populaire rwandaise (APR), mouvance tutsie, avait tué au Rwanda, en
1994, beaucoup de gens en disant que c’était l’oeuvre des soldats
hutus, BARAZA LA KIVU appréhende
qu’ils ne tentent actuellement au Kivu de faire passer, sur le dos
de la société civile congolaise, dont Mgr Kataliko, des massacres
commis par eux et ceux qu’ils pourraient projeter de commettre
contre la population, même parfois contre des éléments de leur
propre groupe.
Forum
Baraza la Kivu exprime
avec consternation sa déception devant le comportement de la
communaute internationale dont le silence à l’égard des forfaits
auxquels se livrent les éléments du RCD est de nature à les
conforter dans leurs actes criminels qu’ils ne cessent de poser. À
ce propos, il n’est pas inutile de rappeler l’assassinat par eux
de l’archevêque Christophe Munzihirwa, le prédécesseur de Mgr
Kataliko, ainsi que les massacres des prêtres, des religieuses et des
populations, notamment plus de 800 personnes à Kasika, plus de 1000
à Makobola et on en passe.
L’appel
que lance Baraza la Kivu ce jour se veut une interpellation de la communauté
intenationale pour qu’elle assume ses responsabilités en usant de
son pouvoir pour sauver
l’archevêque de Bukavu, Mgr Emmanuel Kataliko, d’une part ;
et d’autre part, pour venir en aide à la population congolaise du Kivu qui est carrément
abandonnée à elle-même.
Fait
à Montréal, le 14 février 2000
Pour
le Forum
Baraza la Kivu
Pasteur
Paluku Kivikwamo
Coordonnateur |