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Conférence de presse de Monsieur Joseph Olenghankoy, Président national des Forces Novatrices pour l’Union et la Solidarité  « FONUS », tenue ce mercredi 15 mars 2000 en sa résidence de Binza-IPN

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Joseph Olenghankoy

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Mesdames, Messieurs ;

Distingués invités

C’est au nom de la liberté, de la démocratie et des droits de l’homme que nous prenons aujourd’hui la parole aux fins de partager avec vous quelques idées qui traduisent tout à la fois notre devoir en tant qu’homme politique et notre attachement aux intérêts du peuple congolais.

Aussi, nous saluons en ce lieu la présence très remarquée et remarquable des personnes invitées à rehausser de leur présence cette importance conférence de presse. De même, aussi étonnant que cela puisse paraître, nous rendons à cet instant précis un hommage solennel et mérité aux responsables des services spéciaux, particulièrement aux ceux de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR) et de la Police Nationale Congolaise (PNC) qui ont daigné dépêcher quelques agents déguisés et confondus avec l’assistance pour accomplir tout naturellement une mission, peut être obscure.

Mais nous pensons, bien au contraire, que cette présence quoique suspecte leur permettra de « convoyer » nos idées et de les transmettre fidèlement au dictateur. Comme autrefois, à l’époque d’une autre dictature, une présence pareille constitue toujours un moyen de transmission de la force de nos idées aux dictateurs.

Nous nous en voudrions de ne pas féliciter les journalistes, les responsables des Eglises du réveil spirituel, les dirigeants des structures de bases des F0NUS, les forces vives de la société Civile et la majorité silencieuse de notre peuple pour leur présence très significative. En effet, cette présence est l’expression de la détermination de tout un peuple, plus que jamais, décidé à affronter le nouveau dictateur qui lui a arraché sa liberté.

Mesdames, Messieurs,

Distingués invités,

Venons en au vif de notre propos de ce jour tout en précisant que nous aborderons plusieurs points dont notamment les droits et libertés des citoyens congolais, l’accord de Lusaka pour un cessez-le-feu en République Démocratique du Congo, le retrait de troupes étrangères, la présence de la MONUC, les conséquences de la guerre, la consultation nationale et autres.

I. DES DROITS ET LIBERTES DES CITOYENS

Un ancien Secrétaire Général de l’ONU, Mr. Boutros Boutros Ghali pour ne pas le citer, disait que les droits de l’homme sont la quintessence des valeurs par lesquelles nous affirmons que sommes une seule communauté humaine.

Cependant Monsieur KABILA n’a pas encore saisi la pertinence de cette pensée et il n’est un secret pour personne que le gouvernement qu’il dirige , plutôt que d’être garant ultime de la protection des droits de l’homme, passe pour l’auteur principal de leurs violations.

En combattant la dictature de Monsieur MOBUTU, notre souci, en ce qui concerne les droits de l’homme, était de conjurer le retour à la barbarie. Mais hélas, ce que nous ne voulions pas à aucun prix revient plus qu’à aucun autre moment dans le passé. Ainsi que vous pouvez vous en rendre compte, les droits les plus élémentaires sont méprisés. Ce qui constitue un démenti cinglant des déclarations de Monsieur KABILA faites à différentes occasion au pays et à l’extérieur.

Par des violations massives et spectaculaires des droits de l’homme sous le régime KABILA, certains compatriotes ont payé de leur vie, d’autres de leur intégrité physique, et d’autres encore de leur profession. Depuis   le 17 mai 1997, pas un jour qui ne nous parle des atteintes aux libertés le plus fondamentales, de l’intolérance et de ses excès.

Cette intolérance et ses excès se matérialisent par effacement de ses semblables consécutif au manque de respect qu’il a pour le respect de la vie humaine. L’effacement des hommes politiques corroborent aussi à l’évidence de l’intolérance d’un homme qui veut ériger un Etat où ses semblables sont réduit juste au rôle des « choristes » politiques qui doivent tout suivre.

Les cas de violations des droits de homme sont multiples,  et devant ces hommes, ces femmes, ces enfants qui souffrent dans leur corps et dans leur esprit de voir Monsieur KABILA et son gouvernement bafouer leur droit et leur dignité, il appartient aux ONG de droit de l’homme ici présente de tout mettre en ouvre pour actionner les mécanismes de plainte devant   le Comité de Droits de l’homme. Il vous appartient, chers militants de Droits de l’homme de pénétrer  les endroits les plus obscurs pour sauver les victimes du régime KABILA qui a tout perdu, même la sensibilité humaine. Et pourtant, on peut tout perdre dans la vie, sauf bien entendu la sensibilité humaine,  car le droit à la vie est le plus important ; il est la condition de tous les autres.

Mesdames, Messieurs,

Distingués invités,

Il n’est pas aisé de parler de soi, certes, mais de par  ma qualité d’homme politique de notoriété publique il est plus important de relever un cas de violation de droits de l’homme dont nous avons été victime, il y a de cela une semaine à peine.

Il vous souviendra qu’en date de 8 mars 2000, une grave atteinte était porté notre liberté d’aller et de venir garantie par nos textes de lois et réglementaires ainsi que différents instruments juridiques internationaux ratifiés par la RDC, particulièrement l’article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme qui stipule : « toute personne a le droit de quitter tout  pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays »

Ce jour là, proclamée journée internationale de la Femme, nous entendions rendre hommage à une autre femme, celle-là décédée, notre mère, en nous rendant à Brazzaville, réceptionner les matériaux devant servir à l’érection d’une œuvre de haute facture sur sa tombe, aux Cimetières de la Gombe.

Nonobstant toutes les formalités accomplies et l’information portée aux autorités du pays pour leur faire part de ce voyage, Monsieur Bernard Ndala , Administrateur d’uns de services spéciaux œuvrant au Beach va nous en empêcher d’effectuer la traversé .

En tant qu’homme politique éclairé et légaliste, nous savons que la paix durable n’a d’autre base que la justice qui repose sur des principes. C’est pourquoi, nous avons estimé opportun de porter plainte auprès des instances judiciaires compétentes pour atteinte aux droits garanties aux particuliers, infraction prévue et punie par l’article 180 du code pénal Congolais, Livre deuxième.

Ces faits sont mis à charge de Monsieur Bernard Ndala et des personnes non autrement identifiées sous son commandement et agents  de l’ANR et de la DGM de service à la date précitée.

L’indépendance de la justice que ne cesse de clamer Monsieur KABILA est un vain mot comme vous aller vous en rendre compte plus tard . J’atteste que le Magistrat qui aura la charge d’instruire ce dossier se rendra à l’évidence que cette indépendance est toujours mise à rude épreuve malgré la profession de foi faite à la rentrée solennelle de la Cour Suprême de Justice, l’an denier au Palais de la Nation.

Il est évident pour mois que le Ministre de la Justice est originaire du Katanga, le Procureur Général de République est aussi Katangais ; le Procureur Général qui a la pleinitude de l’action publique au près de qui la plainte a été déposée en bonne et du forme est également Katangais. Enfin Mr Bernard Ndala qui a agi à l ‘occasion de l’exercice de ses fonctions pour porter atteinte à ma liberté l’est de même. Mais j’ai foi en la loi pour autant que ma plainte dont copies mises à votre disposition est une voie légale la mieux indiquée pour obtenir réparation du préjudice moral, matériel et même affectif subi. Wait and  see, comme disent les anglais.

II. De l’accord de Lusaka pour un cessez-le- feu en RDC.

Nous tenons à clarifier d’avantage notre position à ce sujet et à manifester tout notre appui effectif à cet accord.

II.1. Du Dialogue Inter-Congolais

Nous réitérons sans équivoque notre soutien  à son excellence Quett Masire, ancien président du Botswana désigné  facilitateur du dialogue Inter-Congolais au regard de la probité morale et intellectuelle dont il jouit. Il mérite d’avantage la confiance des opérateurs politiques congolais , de la société civile et des autres forces vives de la nation et l’exhortons à se faire assister, face à ses lourdes responsabilités, de la Communauté Saint Egidio aux fins de mener à bon port sa mission définie dans l’accord de Lusaka.

En ce qui concerne cet accord, les FONUS entendent désormais vulgariser les termes de celui-ci auprès de ses combattants et autres compatriotes sympathisants pour décourager des personnes mal intentionnées qui tentent de le remettre en cause pour des raisons inavouées.

Ainsi que, vous le savez mesdames, messieurs, cet accord a été négocié entre Monsieur KABILA et ses alliés d’une part et nos frères rebelles et leurs alliés d’autre part. A l’issue des négociations qui ont conduit à sa signature, les sources concordantes présentes à Lusaka avaient fait état de la joie affichée ouvertement par les délégués de Monsieur KABILA avec en tête son ministre des Affaires étrangères qui, par ailleurs, avait mis le limogeage du Ministre Rwandais des Affaires étrangères à leur actif.

Dès lors que tout a été  négocié librement et que différentes signatures avaient été apposées au bas du document, on ne peut plus se lancer dans une aventure pour remettre en cause cet accord  de manière unilatérale. Que Monsieur KABILA le sache dès à présent, on n’improvise   pas des choses au sommet de l’Etat, bien au contraire, on planifie. Il ne peut plus se prévaloir de l’amateurisme ou de l’aventurisme de ses délégués pour renier son engagement.

L’opposition non-armée dans laquelle mon parti milite et qui incarne une culture pacifique n’avait pas été associée aux négociations préalables de la signature de cet accord. En principe, c’est cette opposition qui pouvait légitimement se permettre de le rejeter, mais qu’importe cette réalité, nous nous sommes impliqués sans réserve dans la mesure où cet accord constitue l’unique chance a saisir pour la paix en RDC.

Pour ce faire, nous ne tolérerons jamais que les termes de cet accord soient modifiés d’un seul iota, n’en déplaise aux chahuteurs qui militent pour sa révision ou son amendement. Que le tenant de cette thèse se mette à l’esprit que rien de tout cela ne sera fait. C’est ici pour nous l’occasion de l’affirmer et de dire à notre peuple que cet accord impersonnel, au même titre que l’Etat, ne peut faire l’objet des amendements personnalisés.

Nous ne pouvons terminer ce point sans rendre un hommage digne de grand mérite aux pays frères et amis du Congo, signataires de cet accord ainsi qu’aux amis traditionnels qui ne cessent de se déployer matériellement et financièrement à la faveur de la paix. Nous pensons particulièrement aux USA, à la France, à la Belgique, à la Grande Bretagne, à l’Allemagne, à l’Italie, au Canada, et autres pays de l’Union  Européenne, et aux pays du continent Africain en l’occurrence l’Afrique du Sud, la Zambie, le Gabon, le Congo Brazzaville, le Nigeria, l’Egypte, l’Algérie, le R.C.A, la Libye, bref l’ensemble des pays de l’O.U.A. Que toutes les personnes éprises de paix et de justice trouvent ici l’expression de notre profonde reconnaissance dans la mesure où le vœu de tout les cœurs honnêtes est la paix  et la concorde. A vous tous, nous demandons le soutien de cet accord dans sa version originaire à la date de sa signature.

Dans tous ces remerciements, le Conseil de Sécurité des Nations Unies mérite une attention particulière. En effet,  le Conseil de Sécurité  a compris la nécessité de tirer cet accord de ses origines africaines pour le hisser vers la plus grande institution de la planète et ainsi le couler sous forme d’une résolution. Cet acte est  pour nous une plus grande victoire compte tenue de l’attitude propre aux africains peu disposé à respecter ses engagements pris.  La dernière résolution du Conseil de Sécurité est à tout point de vue l’unique soupape de sécurité pour le respect de cet accord pour lequel le monde entier, pris à témoin, a été impliqué au travers le Conseil de Sécurité  qui est un organe d’une institution qui représente l’universalité des nations de la planète.

A tous  nos frères qui tentent de se soustraire où de renier leur engagement nous leur demandons de respecter  cette lettre sacrée intitulée  Accord de Lusaka pour l’avenir de notre pays. Puisse tous nos compatriotes s’impliquer dans la tâche exaltante de vulgarisation de cet accord ensemble avec la presse qui doit en faire autant ; qu’elle soit de gauche ou de droite, nous pensons que la moindre de  chose pour elle consiste à garder l’honnêteté pour ne pas distraire notre peuple sur le chemin de la paix  à retrouver avec l’appui des pays amis.

Nous devons éviter de « diaboliser » ces pays amis, car nul n’ignore que l’apport des autres est indispensable à l’heure de la mondialisation. Le Congo a toujours été l’ami du monde et le monde l’ami du Congo pour le raffermissement des échanges politiques, économiques et culturels. En conséquence , aimer son pays ne signifie nullement pas rejeter le monde, et aimer le monde ne veut pas dire renoncer à l’amour pour son pays.

Ne vous laissez pas distraire, chers frères et sœurs par les prétextes vite trouver par Monsieur KABILA en vue d’accréditer la thèse d‘une agression, cela est entièrement inacceptable car la simple rétrospective de la situation actuelle peut vous convaincre sur une vérité  têtue. La guerre d’occupation du pays date d’octobre 1996 et la guerre actuelle  n’est une nouvelle épisode de la première à la suite du retournement des alliances obscures et de messes noirs célébrées nulle part  ailleurs que sur le sol congolais. Ceux-là qu’on appelle agresseurs aujourd’hui sont dans  notre pays depuis octobre 1996. De quelle manière sont-ils venu ? Non, arrêtons de tromper le peuple. C’est vrai que l’on peut tromper une personne ou deux, mais l’on ne peut jamais longtemps tromper tout un peuple.

II.2. Du retrait des troupes étrangères

Nous demandons à toutes les troupes étrangères sans exception aucune, entre autres les troupes du Zimbabwe, du Rwanda, etc... à quitter  la RDC d’ici le 1er  avril 2000. Ce retrait s’entend aussi de leur départ de toutes les mines de diamant, d’or et d’autres coins d’exploitation de richesses du pays.

Il s’en suit de cet ultimatum qu’une fois ce délai de rigueur dépassé, nous nous assumerons par une opération « Ville morte » sur toute l'étendue du pays dans les 7 jours qui suivront l’expiration de ce délai. Cette opération aura valeur de référendum pour mobiliser la population à demander le départ de toutes les forces étrangères qui pillent nos richesses.

A ce sujet, le peuple congolais a déjà compris  que la RDC n’a  pas de vraie amis impliqués dans cette guerre mais plutôt d’exploiteur de nos richesses. Le peuple doit le comprendre et prendre conscience qu’au jour indiqué,  il doit se mobilier de l’Est à l’Ouest, du Nord au Sud pour exiger le départ des troupes étrangères et l’instauration de la démocratie. C’est à ce prix que le pays sera défendu le long de ses neuf frontières pour parler véritablement d’une patrie, d’une nation ou d’un Etat dans ses dimensions proches d’un continent..

Les intérêts nationaux sont en danger par cette présence étrangère, et nous devons éviter tout discours partisan et le danger de la naïveté. Qui ignore que depuis un temps  les grandes décisions de ce pays sont prises à Harare ou à Kigali, chose inacceptable et que les vrais présidents de la RDC se trouve au Zimbabwe, au Rwanda. Le nôtre qui prétendent diriger ne sont que de chargés de mission .

II.3. De la mission de l’ONU au Congo ( MONUC)

De prime à bord nous tenons a remercier le Secrétaire Général de Nations Unies qui a, à mainte fois trouver, son panafricanisme et sa capacité à mobiliser le monde  pour la cause de la paix en Afrique. Aussi nous saluons son Représentant Spécial au Congo à qui nous assurons tout notre soutien et toute notre confiance pour autant qu’il demeurera dans les limites de sa mission.

Tout le personnel de la MONUC peut être également assuré de notre soutien au regard de notre offensive politique généralisée pour l’an 2000 qui constitue pour nous une occasion rare et essentielle pour sensibiliser le peuple congolais afin qu’un accueil soit réservé aux forces qui seront déployées partout. Les FONUS mettent en garde  les prophètes de malheurs et promettent de le mettre hors état de nuire au cas ils entravaient la mission de l’ONU.

C’est face à cette garantie qu’offre les FONUS à la MONUC que nous demandons instamment à l’ONU de réunir les moyens nécessaires au déploiement des forces qui vont exercer la mission de maintien de la paix, de neutralisation des milices ou forces négatives qui se trouvent de part et d’autre,  de l’instauration de la démocratie et de la protection  des doits de l’homme..

Cette mission est fondamentale pour la simple raison que le gouvernement qui sortira du dialogue Inter-Congolais  ne pourra organiser les élections que dans un contexte de paix. Ainsi pensons-nous la MONUC devra contribuer à la mise en place d’une armée véritablement Républicaine et nationale qui tient compte de l’équilibre régionale et ethnique ainsi des compétences nationales. Pareille armée n’existe pas encore comme du reste les parties signataires de l’accord de Lusaka l’affirment sans complaisance.

En tout état de cause,  la mise en place d’une armée respectueuse de l’Etat de droit et garante des libertés publiques, l’organisation des élections démocratiques et transparentes  sont aux prix de la présence des forces de l’ONU qui jouissent d’une neutralité. Avec leur présence, nous bâtiront un véritable Etat Congolais qui n’existe pas à ce jour, à lors que du temps de MOBUTU, certes dictateur, nous avions un Etat, une Nation, et un Peuple uni. A ce jour nous manquons de tout cela, raison pour laquelle tout congolais responsable doit utiliser les moyens à sa disposition pour identifier l’origine du virus de la violence et les causes de sa persistance en vue de le faire partir.

III. DeS conséquences de la guerre

Ces conséquences sont multiples. Tenez : aucun Congolais n’est au courant depuis octobre 1996 jusqu’à ce jour de la gestion de son patrimoine outre que l’état de lieu de la Nation n’a jamais été fait au plan politique, économique, social et culturel. Les termes des accords qui sont à l’origine de la première guerre sont ignorés de  Congolais qui sont également dans l’impossibilité de saisir  la porté des engagements financiers pris vis à vis des alliés avant la présente guerre qui est une autre version de la première. De même, personne ne sait les termes des engagements de cette nouvelle épisode de la même guerre.

Nous pouvons tout ignoré sauf la gestion de notre patrimoine commun dans la mesure où nous constituons en Afrique , au triple plan démographique, sociologique et pédagogique , un taux très élevé d’intellectuels dans divers domaines et qui n’ont pas droit à l’aveuglement volontaire au risque d’en payer encore une fois le prix comme c’est le cas actuellement.

Encore plus grave, les conséquences de la guerre liées aux pertes en vie humaines que nous déplorons aujourd’hui se reproduiront autrement et à coup sûr plus tard, et même de la manière la plus grave à la suite de la propagation du virus du Sida .

Mesdames, Messieurs, 

Distingués invités,

Il est connu de tous  à base de statistique fiable que le taux des personnes atteintes par cette maladie est plus élevé au Zimbabwe que partout ailleurs dans le monde. D’autres Etats impliqués dans cette guerre viennent en ordre utile dans cette triste réalité.

Le militaire du Zimbabwe qui sont basé essentiellement dans les grandes villes, notamment Lubumbashi, Mbandaka et Kinshasa se livrent au grand jour à la prostitution sans que le gouvernement ne puisse s’émouvoir un seul instant pour mettre en garde la population face à ce danger et aucun précaution n’est prise quand bien même il apparaît que ces militaires sont plus dans les maisons de loisirs en compagnie des jeunes   filles congolaises qu’au front.

La conséquence est que le taux de mortalité  à éviter en mettant fin à la guerre sera rapporté demain avec une forte mortalité consécutive au virus du Sida. D’où la nécessité d’exiger à l’unisson le départ des forces étrangères.

Notre regard sur les conséquences de la guerre n ‘est pas non plus impuissant vis-à-vis des rebelles du RCD et de leurs  alliés qui se permettent d'enterrer vivante sur le sol de nos ancêtres nos compatriotes. Et pourtant en adoptant la Déclaration Universelle de Droits de l’homme, les nations civilisées  voulaient conjurer le retour à cette barbarie.

En somme tout ces danger ne peut être évité  que quand tous les étrangers impliqués dans cette guerre regagnerons leurs pays respectifs en précisant que quand on parle de Harare, il s’agit de tous les Zimbabwéens et quand on parle de Kigali, il s’agit bien évidemment de tous les Rwandais sans exception, Hutu ou Tutsi, Intérhamwe, ex-FAR, APR, etc...pour éviter de retomber dans les erreurs du passé lorsque les alliances vont se retourner, l’ Unique garantie, c’est  tous dehors.

Mesdames, Messieurs,

Distingués invités,

Posez-vous une seule fois cette question : qu’est-ce que nous avons connu de pire du temps de l’AFDL avec ses ex-alliés Rwandais et qui apparaît moindre aujourd’hui ? Examinons nos consciences.

Pour ne prendre que quelques exemples de temps présents, le népotisme et là à grande échelle. Il y a multiplicité des services de sécurité non pas au profit d’un Etat, mais d’un individu. Les Congolais  sont traités sur leur sol comme s’ils étaient étrangers et sont loin de sortir d’une nuit d’injustice insupportable. La crise économique est encore plus grave qu’elle ne l’était tout simplement parce que le moyen d’un Etat sont au profit d’un seul individu.

Nous en appelons à la conscience de nos compatriotes. Plutôt que de s’aligner, au jour le jour, de manière impressionnante devant les ambassades pour fuir le pays, restons-y pour écraser  cette minorité qui est auteur de nos souffrances et qui demeurent indifférente face à cette fuite de  capitaux humains. De la sorte nous ferons juste application de l’article 37 de l’acte constitutionnel de la Conférence Nationale Souveraine qui  nous recommande de combattre tout individu qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions dudit acte.

Le peuple Congolais qui a versé son sang pour le triomphe  des valeurs républicaines conçues par la CNS tire de cet acte la légitimé de combattre ce régime  qui cherche a effacer les autres ethnies au profit d’une famille biologique. Les illustrations du régionalisme sont légions à ne prendre que les cas des personnes qui occupent des postes clés au sommet de l’Etat:

- le Président de la République est Luba du Katanga

- le Ministre d’Etat en charge des Affaires Intérieurs est Luba du Katanga.

- le Ministre de la Justice est Luba du Katanga

- le Procureur Général de la République est Katangais.

- le Gouverneur de la Banque Centrale est Luba du Katanga.

- le Procureur de Général près la Cour d’Appel est Katangais.

- l’Inspecteur Général de la Police Nationale est Katangais.

- l’Administrateur Général de l’ANR est Katangais.

- l’un de chef d’Etat-Major des FAC, fils du président de la République,   est  Katangais.

- le Commandant de la 50ème  Brigade des FAC est Katangais.

- le Commandant de la GSSP est Katangais.

- l’Aide de Camp du Chef de l’Etat est Katangais.

- les Administrateurs des services spéciaux à Aéroport de N’djili et au Beach Ngobila à Kinshasa sont Katangais.

En définitive, nombre de Ministres (Sports, Mines, etc...) et des Officiers Généraux et Supérieurs des FAC à 95%, ainsi que quelques responsables d’Entreprises Etatiques, Para-étatiques ou d’Economie mixte sont originaires du Katanga, de surcroît de l’Ethnie luba comme le Chef de l’Etat.

C’est à raison que l’on peut se poser la question de savoir en quoi cela  ressemble  au nationalisme ? Lorsque le régime actuel s’est investi à mener les Ruandais, les Zimbabwéens, les Erythréens, les Ethiopiens, les Angolais, les Namibiens, les Soudanais, depuis octobre 1996, en quoi cela ressemble au nationalisme ; lorsque le Diamant du Kasaï est exploité au point de prendre la terre vers le Zimbabwe, en quoi cela ressemble au nationalisme ; et que dire des grandes concessions de la Miba, le long de la rivière Lubilanji, de la Gecamines qui sont sous contrôle du Zimbabwe ?

Chers Frères et sœurs, ne serait-ce que par honnêteté, en quoi cela ressemble vraiment au nationalisme ?

IV. DE LA CONSULTATION NATIONALE.

Quoique l’architecte de cette idée soit Monsieur Kabila et les maçons  les chefs de Confessions régleuses financés à 100 % par le trésor public, nous nous  permettons  par honnêteté intellectuelle de rendre un hommage mérité aux compatriotes qui, par leurs interventions objectives ont attiré la sympathie de plus d’un Congolais.

Les Chefs de Confessions religieuses l’ont compris à temps et  se sont efforcés dans la conduite du débat pour ne pas se jeter au même degré   de financement dans le bras du financier. Nous saluons par honnêteté cet effort.

Néanmoins, nous déplorons la contradiction flagrante  entre la profession de foi faite publiquement dans leurs discours d’ouverture et les résolutions finales transmises au Chef de l’Etat. C’est là une preuve que la consultation nationale s’est transformée en une section des CPP qui sont la « chorale politique » de Monsieur Kabila.

Par des égarements et des ambitions personnelles, la consultation a été transformé en un lieu de recherche d’emploi, et a abandonné sa philosophie tendant à nous ramener au dialogue Inter-congolais. Il est inacceptable de constater que les chefs de Confessions religieuses qui cherchent aussi un emploi à côté du « facilitateur » international reconnu puissent garder un attitude suspecte et inexplicable face à ceux qui demandent la révision de l’accord de Lusaka sans légitimité.

En outre, les chefs des Confessions religieuses sont apparu désunis et ont exposé leurs divergences au grand jour. C’est pourquoi, nous leur retournons la recommandation faite à l’opposition non armée car il est plus saint d’être uni devant Dieu et devant les hommes, un Dieu d’unité auprès de qui, ils devraient puiser la force nécessaire pour éviter la désunion qui les a caractérisés. Mais nous leur félicitons tout de même d’avoir reconnu publiquement que toute œuvre humaine est sujette à erreur. Si leur volonté était de nous réconcilier, nous ne cesserons jamais de prier pour eux.  

Mesdames, Messieurs,

Distingués invités,

Qu’il nous soit permis à cette occasion de lancer un message à la jeunesse et aux femmes congolaises, ainsi qu’à nos compatriotes du Katanga..

La jeunesse Congolaise, si généreuse et gardienne des valeurs sacrées, doit se garder d’adopter les attitudes négatives telles la perte de tout espoir et le messianisme. Elle doit aussi s’abstenir de s’enrôler dans l’armée pour verser son sang précieux pour une guerre dont elle connaît les causes réelles. La nation toute entière a encore besoin de cette jeunesse pour d’autres causes justes qui répondent à l’idéal d’une société véritablement démocratique.

Aux femmes congolaises, nous demandons une prise de conscience  plus accrue face aux responsabilités qui sont les leur dans l’éducation des jeunes qui passent plus de temps à leurs côtés dans différents foyers. Quel que soit le degré de leurs souffrances, les femmes congolaises doivent s’abstenir d’accomplir des sales besognes telles l’empoisonnement, les filatures dans les hôtels en vue de servir le diable comme les font celles qui se sont égarées pour des intérêts personnels dans le souci de s’enrichir sans cause.

Aux frères et sœurs Katangais  qui nous ont apporté leur soutien tant moral que matériel  lors de notre détention dans la sinistre prison de Buluwo, qu’ils trouvent ici l’expression de notre profonde gratitude et d’un souvenir à tout jamais inoubliable.

De tout ce qui précède,  nous affirmons sans risque d’être contredits qu’à 90%  Monsieur Kabila et sa suite sont responsables devant la nation et devant l’histoire de tout ce qui passe sur le territoire Congolais. Il est aussi responsable de tout ce qui adviendra  à la suite de son entêtement.

En conséquence, faute pour lui de donner au peuple des garanties d’un amendement sincère, les FONUS l’invite à démissionner immédiatement dans la mesure où il constitue un obstacle majeur sur le chemin de la paix, de l’unité du pays et de la démocratie.

On ne peut compter que sur un homme qui a la volonté de s’amender, plutôt que sur un homme qui se radicalise face aux nécessités du changement.

Au Peuple congolais, à vous tous, Mesdames, Messieurs, Distingués Invités, puissiez-vous exploiter intégralement notre pensée  de ce jour et méditer sur les passages Bibliques ci-après : Galates 5 : 1 ; I Jean 4 :18 «C’est pour la liberté que Christ nous a libérés. Demeurez donc  fermes , et ne vous remettez pas à nouveau sous le joug de l’esclavage » ; - «  La crainte n’est pas dans l’amour , mais l’amour parfait bannît la crainte ; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n’est pas parfait. » Ce dont je vous remercie.  

Tout pour le peuple,  rien que pour le peuple.

Joseph Olenghankoy

Président National
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