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Mesdames,
Messieurs ;
Distingués
invités
C’est
au nom de la liberté, de la démocratie et des droits de l’homme
que nous prenons aujourd’hui la parole aux fins de partager avec
vous quelques idées qui traduisent tout à la fois notre devoir en
tant qu’homme politique et notre attachement aux intérêts du
peuple congolais.
Aussi,
nous saluons en ce lieu la présence très remarquée et remarquable
des personnes invitées à rehausser de leur présence cette
importance conférence de presse. De même, aussi étonnant que cela
puisse paraître, nous rendons à cet instant précis un hommage
solennel et mérité aux responsables des services spéciaux,
particulièrement aux ceux de l’Agence Nationale de Renseignements
(ANR) et de la Police Nationale Congolaise (PNC) qui ont daigné dépêcher
quelques agents déguisés et confondus avec l’assistance pour
accomplir tout naturellement une mission, peut être obscure.
Mais
nous pensons, bien au contraire, que cette présence quoique suspecte
leur permettra de « convoyer » nos idées et de les
transmettre fidèlement au dictateur. Comme autrefois, à l’époque
d’une autre dictature, une présence pareille constitue toujours un
moyen de transmission de la force de nos idées aux dictateurs.
Nous
nous en voudrions de ne pas féliciter les journalistes, les
responsables des Eglises du réveil spirituel, les dirigeants des
structures de bases des F0NUS, les forces vives de la société Civile
et la majorité silencieuse de notre peuple pour leur présence très
significative. En effet, cette présence est l’expression de la détermination
de tout un peuple, plus que jamais, décidé à affronter le nouveau
dictateur qui lui a arraché sa liberté.
Mesdames,
Messieurs,
Distingués
invités,
Venons
en au vif de notre propos de ce jour tout en précisant que nous
aborderons plusieurs points dont notamment les droits et libertés des
citoyens congolais, l’accord de Lusaka pour un cessez-le-feu en République
Démocratique du Congo, le retrait de troupes étrangères, la présence
de la MONUC, les conséquences de la guerre, la consultation nationale
et autres.
I.
DES DROITS ET LIBERTES DES CITOYENS
Un
ancien Secrétaire Général de l’ONU, Mr. Boutros Boutros Ghali
pour ne pas le citer, disait que les droits de l’homme sont la quintessence des valeurs par lesquelles
nous affirmons que sommes une seule communauté humaine.
Cependant
Monsieur KABILA n’a pas encore saisi la pertinence de cette pensée
et il n’est un secret pour personne que le gouvernement qu’il
dirige , plutôt que d’être garant ultime de la protection des
droits de l’homme, passe pour l’auteur principal de leurs
violations.
En
combattant la dictature de Monsieur MOBUTU, notre souci, en ce qui
concerne les droits de l’homme, était de conjurer le retour à la
barbarie. Mais hélas, ce que nous ne voulions pas à aucun prix
revient plus qu’à aucun autre moment dans le passé. Ainsi que vous
pouvez vous en rendre compte, les droits les plus élémentaires sont
méprisés. Ce qui constitue un démenti cinglant des déclarations de
Monsieur KABILA faites à différentes occasion au pays et à l’extérieur.
Par
des violations massives et spectaculaires des droits de l’homme sous
le régime KABILA, certains compatriotes ont payé de leur vie,
d’autres de leur intégrité physique, et d’autres encore de leur
profession. Depuis le
17 mai 1997, pas un jour qui ne nous parle des atteintes aux libertés
le plus fondamentales, de l’intolérance et de ses excès.
Cette
intolérance et ses excès se matérialisent par effacement de ses
semblables consécutif au manque de respect qu’il a pour le respect
de la vie humaine. L’effacement des hommes politiques corroborent
aussi à l’évidence de l’intolérance d’un homme qui veut ériger
un Etat où ses semblables sont réduit juste au rôle des « choristes »
politiques qui doivent tout suivre.
Les
cas de violations des droits de homme sont multiples, et devant ces hommes, ces femmes, ces enfants qui souffrent
dans leur corps et dans leur esprit de voir Monsieur KABILA et son
gouvernement bafouer leur droit et leur dignité, il appartient aux
ONG de droit de l’homme ici présente de tout mettre en ouvre pour
actionner les mécanismes de plainte devant
le Comité de Droits de l’homme. Il vous appartient, chers
militants de Droits de l’homme de pénétrer
les endroits les plus obscurs pour sauver les victimes du régime
KABILA qui a tout perdu, même la sensibilité humaine. Et pourtant,
on peut tout perdre dans la vie, sauf bien entendu la sensibilité
humaine, car le droit à
la vie est le plus important ; il est la condition de tous les
autres.
Mesdames,
Messieurs,
Distingués
invités,
Il
n’est pas aisé de parler de soi, certes, mais de par ma qualité d’homme politique de notoriété publique il
est plus important de relever un cas de violation de droits de
l’homme dont nous avons été victime, il y a de cela une semaine à
peine.
Il
vous souviendra qu’en date de 8 mars 2000, une grave atteinte était
porté notre liberté d’aller et de venir garantie par nos textes de
lois et réglementaires ainsi que différents instruments juridiques
internationaux ratifiés par la RDC, particulièrement l’article 13
de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme qui stipule :
« toute
personne a le droit de quitter tout
pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays »
Ce
jour là, proclamée journée internationale de la Femme, nous
entendions rendre hommage à une autre femme, celle-là décédée,
notre mère, en nous rendant à Brazzaville, réceptionner les matériaux
devant servir à l’érection d’une œuvre de haute facture sur sa
tombe, aux Cimetières de la Gombe.
Nonobstant
toutes les formalités accomplies et l’information portée aux
autorités du pays pour leur faire part de ce voyage, Monsieur Bernard
Ndala , Administrateur d’uns de services spéciaux œuvrant au Beach
va nous en empêcher d’effectuer la traversé .
En
tant qu’homme politique éclairé et légaliste, nous savons que la
paix durable n’a d’autre base que la justice qui repose sur des
principes. C’est pourquoi, nous avons estimé opportun de porter
plainte auprès des instances judiciaires compétentes pour atteinte
aux droits garanties aux particuliers, infraction prévue et punie par
l’article 180 du code pénal Congolais, Livre deuxième.
Ces
faits sont mis à charge de Monsieur Bernard Ndala et des personnes
non autrement identifiées sous son commandement et agents de l’ANR et de la DGM de service à la date précitée.
L’indépendance
de la justice que ne cesse de clamer Monsieur KABILA est un vain mot
comme vous aller vous en rendre compte plus tard . J’atteste que le
Magistrat qui aura la charge d’instruire ce dossier se rendra à
l’évidence que cette indépendance est toujours mise à rude épreuve
malgré la profession de foi faite à la rentrée solennelle de la
Cour Suprême de Justice, l’an denier au Palais de la Nation.
Il
est évident pour mois que le Ministre de la Justice est originaire du
Katanga, le Procureur Général de République est aussi Katangais ;
le Procureur Général qui a la pleinitude de l’action publique au
près de qui la plainte a été déposée en bonne et du forme est également
Katangais. Enfin Mr Bernard Ndala qui a agi à l ‘occasion de
l’exercice de ses fonctions pour porter atteinte à ma liberté
l’est de même. Mais j’ai foi en la loi pour autant que ma plainte
dont copies mises à votre disposition est une voie légale la mieux
indiquée pour obtenir réparation du préjudice moral, matériel et même
affectif subi. Wait and see,
comme disent les anglais.
II.
De l’accord de Lusaka pour un cessez-le- feu en RDC.
Nous
tenons à clarifier d’avantage notre position à ce sujet et à
manifester tout notre appui effectif à cet accord.
II.1.
Du Dialogue Inter-Congolais
Nous
réitérons sans équivoque notre soutien
à son excellence Quett Masire, ancien président du Botswana désigné
facilitateur du dialogue Inter-Congolais au regard de la probité
morale et intellectuelle dont il jouit. Il mérite d’avantage la
confiance des opérateurs politiques congolais , de la société
civile et des autres forces vives de la nation et l’exhortons à se
faire assister, face à ses lourdes responsabilités, de la Communauté
Saint Egidio aux fins de mener à bon port sa mission définie dans
l’accord de Lusaka.
En
ce qui concerne cet accord, les FONUS entendent désormais vulgariser
les termes de celui-ci auprès de ses combattants et autres
compatriotes sympathisants pour décourager des personnes mal
intentionnées qui tentent de le remettre en cause pour des raisons
inavouées.
Ainsi
que, vous le savez mesdames, messieurs, cet accord a été négocié
entre Monsieur KABILA et ses alliés d’une part et nos frères
rebelles et leurs alliés d’autre part. A l’issue des négociations
qui ont conduit à sa signature, les sources concordantes présentes
à Lusaka avaient fait état de la joie affichée ouvertement par les
délégués de Monsieur KABILA avec en tête son ministre des Affaires
étrangères qui, par ailleurs, avait mis le limogeage du Ministre
Rwandais des Affaires étrangères à leur actif.
Dès
lors que tout a été négocié
librement et que différentes signatures avaient été apposées au
bas du document, on ne peut plus se lancer dans une aventure pour
remettre en cause cet accord de
manière unilatérale. Que Monsieur KABILA le sache dès à présent,
on n’improvise pas
des choses au sommet de l’Etat, bien au contraire, on planifie. Il
ne peut plus se prévaloir de l’amateurisme ou de l’aventurisme de
ses délégués pour renier son engagement.
L’opposition
non-armée dans laquelle mon parti milite et qui incarne une culture
pacifique n’avait pas été associée aux négociations préalables
de la signature de cet accord. En principe, c’est cette opposition
qui pouvait légitimement se permettre de le rejeter, mais
qu’importe cette réalité, nous nous sommes impliqués sans réserve
dans la mesure où cet accord constitue l’unique chance a saisir
pour la paix en RDC.
Pour
ce faire, nous ne tolérerons jamais que les termes de cet accord
soient modifiés d’un seul iota, n’en déplaise aux chahuteurs qui
militent pour sa révision ou son amendement. Que le tenant de cette
thèse se mette à l’esprit que rien de tout cela ne sera fait.
C’est ici pour nous l’occasion de l’affirmer et de dire à notre
peuple que cet accord impersonnel, au même titre que l’Etat, ne
peut faire l’objet des amendements personnalisés.
Nous
ne pouvons terminer ce point sans rendre un hommage digne de grand mérite
aux pays frères et amis du Congo, signataires de cet accord ainsi
qu’aux amis traditionnels qui ne cessent de se déployer matériellement
et financièrement à la faveur de la paix. Nous pensons particulièrement
aux USA, à la France, à la Belgique, à la Grande Bretagne, à l’Allemagne,
à l’Italie, au Canada, et autres pays de l’Union
Européenne, et aux pays du continent Africain en
l’occurrence l’Afrique du Sud, la Zambie, le Gabon, le Congo
Brazzaville, le Nigeria, l’Egypte, l’Algérie, le R.C.A, la Libye,
bref l’ensemble des pays de l’O.U.A. Que toutes les personnes éprises
de paix et de justice trouvent ici l’expression de notre profonde
reconnaissance dans la mesure où le vœu de tout les cœurs honnêtes
est la paix et la
concorde. A vous tous, nous demandons le soutien de cet accord dans sa
version originaire à la date de sa signature.
Dans
tous ces remerciements, le Conseil de Sécurité des Nations Unies mérite
une attention particulière. En effet,
le Conseil de Sécurité a
compris la nécessité de tirer cet accord de ses origines africaines
pour le hisser vers la plus grande institution de la planète et ainsi
le couler sous forme d’une résolution. Cet acte est
pour nous une plus grande victoire compte tenue de l’attitude
propre aux africains peu disposé à respecter ses engagements pris.
La dernière résolution du Conseil de Sécurité est à tout
point de vue l’unique soupape de sécurité pour le respect de cet
accord pour lequel le monde entier, pris à témoin, a été impliqué
au travers le Conseil de Sécurité
qui est un organe d’une institution qui représente
l’universalité des nations de la planète.
A
tous nos frères qui
tentent de se soustraire où de renier leur engagement nous leur
demandons de respecter cette
lettre sacrée intitulée Accord
de Lusaka pour l’avenir de notre pays. Puisse tous nos compatriotes
s’impliquer dans la tâche exaltante de vulgarisation de cet accord
ensemble avec la presse qui doit en faire autant ; qu’elle soit
de gauche ou de droite, nous pensons que la moindre de
chose pour elle consiste à garder l’honnêteté pour ne pas
distraire notre peuple sur le chemin de la paix
à retrouver avec l’appui des pays amis.
Nous
devons éviter de « diaboliser » ces pays amis, car nul
n’ignore que l’apport des autres est indispensable à l’heure de
la mondialisation. Le Congo a toujours été l’ami du monde et le
monde l’ami du Congo pour le raffermissement des échanges
politiques, économiques et culturels. En conséquence , aimer son
pays ne signifie nullement pas rejeter le monde, et aimer le monde ne
veut pas dire renoncer à l’amour pour son pays.
Ne
vous laissez pas distraire, chers frères et sœurs par les prétextes
vite trouver par Monsieur KABILA en vue d’accréditer la thèse
d‘une agression, cela est entièrement inacceptable car la simple rétrospective
de la situation actuelle peut vous convaincre sur une vérité
têtue. La guerre d’occupation du pays date d’octobre 1996
et la guerre actuelle n’est
une nouvelle épisode de la première à la suite du retournement des
alliances obscures et de messes noirs célébrées nulle part
ailleurs que sur le sol congolais. Ceux-là qu’on appelle
agresseurs aujourd’hui sont dans
notre pays depuis octobre 1996. De quelle manière sont-ils
venu ? Non, arrêtons de tromper le peuple. C’est vrai que
l’on peut tromper une personne ou deux, mais l’on ne peut jamais
longtemps tromper tout un peuple.
II.2.
Du retrait des troupes étrangères
Nous
demandons à toutes les troupes étrangères sans exception aucune,
entre autres les troupes du Zimbabwe, du Rwanda, etc... à quitter la RDC d’ici le 1er
avril 2000. Ce retrait s’entend aussi de leur départ de
toutes les mines de diamant, d’or et d’autres coins
d’exploitation de richesses du pays.
Il
s’en suit de cet ultimatum qu’une fois ce délai de rigueur dépassé,
nous nous assumerons par une opération « Ville morte »
sur toute l'étendue du pays dans les 7 jours qui suivront
l’expiration de ce délai. Cette opération aura valeur de référendum
pour mobiliser la population à demander le départ de toutes les
forces étrangères qui pillent nos richesses.
A
ce sujet, le peuple congolais a déjà compris
que la RDC n’a pas
de vraie amis impliqués dans cette guerre mais plutôt d’exploiteur
de nos richesses. Le peuple doit le comprendre et prendre conscience
qu’au jour indiqué, il
doit se mobilier de l’Est à l’Ouest, du Nord au Sud pour exiger le
départ des troupes étrangères et l’instauration de la démocratie.
C’est à ce prix que le pays sera défendu le long de ses neuf
frontières pour parler véritablement d’une patrie, d’une nation
ou d’un Etat dans ses dimensions proches d’un continent..
Les
intérêts nationaux sont en danger par cette présence étrangère,
et nous devons éviter tout discours partisan et le danger de la naïveté.
Qui ignore que depuis un temps les
grandes décisions de ce pays sont prises à Harare ou à Kigali,
chose inacceptable et que les vrais présidents de la RDC se trouve au
Zimbabwe, au Rwanda. Le nôtre qui prétendent diriger ne sont que de
chargés de mission .
II.3.
De la mission de l’ONU au Congo ( MONUC)
De
prime à bord nous tenons a remercier le Secrétaire Général de
Nations Unies qui a, à mainte fois trouver, son panafricanisme et sa
capacité à mobiliser le monde pour
la cause de la paix en Afrique. Aussi nous saluons son Représentant
Spécial au Congo à qui nous assurons tout notre soutien et toute
notre confiance pour autant qu’il demeurera dans les limites de sa
mission.
Tout
le personnel de la MONUC peut être également assuré de notre
soutien au regard de notre offensive politique généralisée pour
l’an 2000 qui constitue pour nous une occasion rare et essentielle
pour sensibiliser le peuple congolais afin qu’un accueil soit réservé
aux forces qui seront déployées partout. Les FONUS mettent en garde
les prophètes de malheurs et promettent de le mettre hors état
de nuire au cas ils entravaient la mission de l’ONU.
C’est
face à cette garantie qu’offre les FONUS à la MONUC que nous
demandons instamment à l’ONU de réunir les moyens nécessaires au
déploiement des forces qui vont exercer la mission de maintien de la
paix, de neutralisation des milices ou forces négatives qui se
trouvent de part et d’autre, de
l’instauration de la démocratie et de la protection
des doits de l’homme..
Cette
mission est fondamentale pour la simple raison que le gouvernement qui
sortira du dialogue Inter-Congolais
ne pourra organiser les élections que dans un contexte de
paix. Ainsi pensons-nous la MONUC devra contribuer à la mise en place
d’une armée véritablement Républicaine et nationale qui tient
compte de l’équilibre régionale et ethnique ainsi des compétences
nationales. Pareille armée n’existe pas encore comme du reste les
parties signataires de l’accord de Lusaka l’affirment sans
complaisance.
En
tout état de cause, la
mise en place d’une armée respectueuse de l’Etat de droit et
garante des libertés publiques, l’organisation des élections démocratiques
et transparentes sont aux
prix de la présence des forces de l’ONU qui jouissent d’une
neutralité. Avec leur présence, nous bâtiront un véritable Etat
Congolais qui n’existe pas à ce jour, à lors que du temps de
MOBUTU, certes dictateur, nous avions un Etat, une Nation, et un
Peuple uni. A ce jour nous manquons de tout cela, raison pour laquelle
tout congolais responsable doit utiliser les moyens à sa disposition
pour identifier l’origine du virus de la violence et les causes de
sa persistance en vue de le faire partir.
III.
DeS conséquences de la guerre
Ces
conséquences sont multiples. Tenez : aucun Congolais n’est au
courant depuis octobre 1996 jusqu’à ce jour de la gestion de son
patrimoine outre que l’état de lieu de la Nation n’a jamais été
fait au plan politique, économique, social et culturel. Les termes
des accords qui sont à l’origine de la première guerre sont ignorés
de Congolais qui sont également
dans l’impossibilité de saisir
la porté des engagements financiers pris vis à vis des alliés
avant la présente guerre qui est une autre version de la première.
De même, personne ne sait les termes des engagements de cette
nouvelle épisode de la même guerre.
Nous
pouvons tout ignoré sauf la gestion de notre patrimoine commun dans
la mesure où nous constituons en Afrique , au triple plan démographique,
sociologique et pédagogique , un taux très élevé d’intellectuels
dans divers domaines et qui n’ont pas droit à l’aveuglement
volontaire au risque d’en payer encore une fois le prix comme
c’est le cas actuellement.
Encore
plus grave, les conséquences de la guerre liées aux pertes en vie
humaines que nous déplorons aujourd’hui se reproduiront autrement
et à coup sûr plus tard, et même de la manière la plus grave à la
suite de la propagation du virus du Sida .
Mesdames,
Messieurs,
Distingués
invités,
Il
est connu de tous à base
de statistique fiable que le taux des personnes atteintes par cette
maladie est plus élevé au Zimbabwe que partout ailleurs dans le
monde. D’autres Etats impliqués dans cette guerre viennent en ordre
utile dans cette triste réalité.
Le
militaire du Zimbabwe qui sont basé essentiellement dans les grandes
villes, notamment Lubumbashi, Mbandaka et Kinshasa se livrent au grand
jour à la prostitution sans que le gouvernement ne puisse s’émouvoir
un seul instant pour mettre en garde la population face à ce danger
et aucun précaution n’est prise quand bien même il apparaît que
ces militaires sont plus dans les maisons de loisirs en compagnie des
jeunes filles
congolaises qu’au front.
La
conséquence est que le taux de mortalité à éviter en mettant
fin à la guerre sera rapporté demain avec une forte mortalité consécutive
au virus du Sida. D’où la nécessité d’exiger à l’unisson le
départ des forces étrangères.
Notre
regard sur les conséquences de la guerre n ‘est pas non plus
impuissant vis-à-vis des rebelles du RCD et de leurs
alliés qui se permettent d'enterrer vivante sur le sol de nos
ancêtres nos compatriotes. Et pourtant en adoptant la Déclaration
Universelle de Droits de l’homme, les nations civilisées
voulaient conjurer le retour à cette barbarie.
En
somme tout ces danger ne peut être évité
que quand tous les étrangers impliqués dans cette guerre
regagnerons leurs pays respectifs en précisant que quand on parle de
Harare, il s’agit de tous les Zimbabwéens et quand on parle de
Kigali, il s’agit bien évidemment de tous les Rwandais sans
exception, Hutu ou Tutsi, Intérhamwe, ex-FAR, APR, etc...pour éviter
de retomber dans les erreurs du passé lorsque les alliances vont se
retourner, l’ Unique garantie, c’est
tous dehors.
Mesdames,
Messieurs,
Distingués
invités,
Posez-vous
une seule fois cette question : qu’est-ce que nous avons connu
de pire du temps de l’AFDL avec ses ex-alliés Rwandais et qui
apparaît moindre aujourd’hui ? Examinons nos consciences.
Pour
ne prendre que quelques exemples de temps présents, le népotisme et
là à grande échelle. Il y a multiplicité des services de sécurité
non pas au profit d’un Etat, mais d’un individu. Les Congolais
sont traités sur leur sol comme s’ils étaient étrangers et
sont loin de sortir d’une nuit d’injustice insupportable. La crise
économique est encore plus grave qu’elle ne l’était tout
simplement parce que le moyen d’un Etat sont au profit d’un seul
individu.
Nous
en appelons à la conscience de nos compatriotes. Plutôt que de
s’aligner, au jour le jour, de manière impressionnante devant les
ambassades pour fuir le pays, restons-y pour écraser
cette minorité qui est auteur de nos souffrances et qui
demeurent indifférente face à cette fuite de
capitaux humains. De la sorte nous ferons juste application de
l’article 37 de l’acte constitutionnel de la Conférence Nationale
Souveraine qui nous
recommande de combattre tout individu qui prend le pouvoir par la
force ou qui l’exerce en violation des dispositions dudit acte.
Le
peuple Congolais qui a versé son sang pour le triomphe
des valeurs républicaines conçues par la CNS tire de cet acte
la légitimé de combattre ce régime qui cherche a effacer les autres ethnies au profit d’une
famille biologique. Les illustrations du régionalisme sont légions
à ne prendre que les cas des personnes qui occupent des postes clés au
sommet de l’Etat:
-
le Président de la République est Luba du Katanga
-
le Ministre d’Etat en charge des Affaires Intérieurs est Luba du
Katanga.
-
le Ministre de la Justice est Luba du Katanga
-
le Procureur Général de la République est Katangais.
-
le Gouverneur de la Banque Centrale est Luba du Katanga.
-
le Procureur de Général près la Cour d’Appel est Katangais.
-
l’Inspecteur Général de la Police Nationale est Katangais.
-
l’Administrateur Général de l’ANR est Katangais.
-
l’un de chef d’Etat-Major des FAC, fils du président de la République,
est Katangais.
-
le Commandant de la 50ème
Brigade des FAC est Katangais.
-
le Commandant de la GSSP est Katangais.
-
l’Aide de Camp du Chef de l’Etat est Katangais.
-
les Administrateurs des services spéciaux à Aéroport de N’djili
et au Beach Ngobila à Kinshasa sont Katangais.
En
définitive, nombre de Ministres (Sports, Mines, etc...) et des
Officiers Généraux et Supérieurs des FAC à 95%, ainsi que quelques
responsables d’Entreprises Etatiques, Para-étatiques ou d’Economie
mixte sont originaires du Katanga, de surcroît de l’Ethnie luba
comme le Chef de l’Etat.
C’est
à raison que l’on peut se poser la question de savoir en quoi cela
ressemble au
nationalisme ? Lorsque le régime actuel s’est investi à mener
les Ruandais, les Zimbabwéens, les Erythréens, les Ethiopiens, les
Angolais, les Namibiens, les Soudanais, depuis octobre 1996, en quoi
cela ressemble au nationalisme ; lorsque le Diamant du Kasaï est
exploité au point de prendre la terre vers le Zimbabwe, en quoi cela
ressemble au nationalisme ; et que dire des grandes concessions
de la Miba, le long de la rivière Lubilanji, de la Gecamines qui sont
sous contrôle du Zimbabwe ?
Chers
Frères et sœurs, ne serait-ce que par honnêteté, en quoi cela
ressemble vraiment au nationalisme ?
IV.
DE LA CONSULTATION NATIONALE.
Quoique
l’architecte de cette idée soit Monsieur Kabila et les maçons
les chefs de Confessions régleuses financés à 100 % par le
trésor public, nous nous permettons
par honnêteté intellectuelle de rendre un hommage mérité
aux compatriotes qui, par leurs interventions objectives ont attiré
la sympathie de plus d’un Congolais.
Les
Chefs de Confessions religieuses l’ont compris à temps et
se sont efforcés dans la conduite du débat pour ne pas se
jeter au même degré de
financement dans le bras du financier. Nous saluons par honnêteté
cet effort.
Néanmoins,
nous déplorons la contradiction flagrante
entre la profession de foi faite publiquement dans leurs
discours d’ouverture et les résolutions finales transmises au Chef
de l’Etat. C’est là une preuve que la consultation nationale
s’est transformée en une section des CPP qui sont la « chorale
politique » de Monsieur Kabila.
Par
des égarements et des ambitions personnelles, la consultation a été
transformé en un lieu de recherche d’emploi, et a abandonné sa
philosophie tendant à nous ramener au dialogue Inter-congolais. Il
est inacceptable de constater que les chefs de Confessions religieuses
qui cherchent aussi un emploi à côté du « facilitateur »
international reconnu puissent garder un attitude suspecte et
inexplicable face à ceux qui demandent la révision de l’accord de
Lusaka sans légitimité.
En
outre, les chefs des Confessions religieuses sont apparu désunis et
ont exposé leurs divergences au grand jour. C’est pourquoi, nous
leur retournons la recommandation faite à l’opposition non armée
car il est plus saint d’être uni devant Dieu et devant les hommes,
un Dieu d’unité auprès de qui, ils devraient puiser la force nécessaire
pour éviter la désunion qui les a caractérisés. Mais nous leur félicitons
tout de même d’avoir reconnu publiquement que toute œuvre humaine
est sujette à erreur. Si leur volonté était de nous réconcilier,
nous ne cesserons jamais de prier pour eux.
Mesdames,
Messieurs,
Distingués
invités,
Qu’il
nous soit permis à cette occasion de lancer un message à la jeunesse
et aux femmes congolaises, ainsi qu’à nos compatriotes du Katanga..
La
jeunesse Congolaise, si généreuse et gardienne des valeurs sacrées,
doit se garder d’adopter les attitudes négatives telles la perte de
tout espoir et le messianisme. Elle doit aussi s’abstenir de s’enrôler
dans l’armée pour verser son sang précieux pour une guerre dont
elle connaît les causes réelles. La nation toute entière a encore
besoin de cette jeunesse pour d’autres causes justes qui répondent
à l’idéal d’une société véritablement démocratique.
Aux
femmes congolaises, nous demandons une prise de conscience
plus accrue face aux responsabilités qui sont les leur dans
l’éducation des jeunes qui passent plus de temps à leurs côtés
dans différents foyers. Quel que soit le degré de leurs souffrances,
les femmes congolaises doivent s’abstenir d’accomplir des sales
besognes telles l’empoisonnement, les filatures dans les hôtels en
vue de servir le diable comme les font celles qui se sont égarées
pour des intérêts personnels dans le souci de s’enrichir sans
cause.
Aux
frères et sœurs Katangais qui
nous ont apporté leur soutien tant moral que matériel
lors de notre détention dans la sinistre prison de Buluwo,
qu’ils trouvent ici l’expression de notre profonde gratitude et
d’un souvenir à tout jamais inoubliable.
De
tout ce qui précède, nous
affirmons sans risque d’être contredits qu’à 90%
Monsieur Kabila et sa suite sont responsables devant la nation
et devant l’histoire de tout ce qui passe sur le territoire
Congolais. Il est aussi responsable de tout ce qui adviendra
à la suite de son entêtement.
En
conséquence, faute pour lui de donner au peuple des garanties d’un
amendement sincère, les FONUS l’invite à démissionner immédiatement
dans la mesure où il constitue un obstacle majeur sur le chemin de la
paix, de l’unité du pays et de la démocratie.
On
ne peut compter que sur un homme qui a la volonté de s’amender,
plutôt que sur un homme qui se radicalise face aux nécessités du
changement.
Au
Peuple congolais, à vous tous, Mesdames, Messieurs, Distingués Invités,
puissiez-vous exploiter intégralement notre pensée de ce jour et méditer sur les passages Bibliques ci-après :
Galates 5 : 1 ; I
Jean 4 :18 «C’est
pour la liberté que Christ nous a libérés. Demeurez donc
fermes , et ne vous remettez pas à nouveau sous le joug de
l’esclavage » ; - « La crainte n’est pas dans
l’amour , mais l’amour parfait bannît la crainte ; car la
crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n’est pas
parfait. » Ce dont je vous remercie.
Tout
pour le peuple, rien que
pour le peuple.
Joseph
Olenghankoy
Président
National |