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A l'attention de Jean-Claude Mutombe Mbenza

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Maître Marie-Thérèse Nlandu

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A l 'ATTENTION DE JEAN-CLAUDE MUTOMBE MBENZA
De Gand/Belgique


Votre message et votre lot d'injures sur Internet ne méritent pas d'être considérés, car il est un de ces actes inutiles dont l'Humanité peut très bien faire l'économie. C'est un tissu de mensonges, de calomnies et de procès d'intention dont le seul but est de faire du mal gratuitement de la façon la plus ignoble.

Il ressort de vos écrits que vous n'êtes que le représentant patenté des forces congolaises de basse altitude qui cherchent à détruire gratuitement et à obstruer toute lumière qui veut retirer le peuple du bord du gouffre de misère. Mais, vous ne réussirez pas, à moins d'être plus fort que Dieu Tout - Puissant dont l'esprit guide mes pas et qui sortira un jour le Congo de l'obscurité dans laquelle vous voulez l'enfermer. Le mensonge et la calomnie ne vaincront jamais et vous emporteront tant que vous y demeurerez, malgré le fait que vous cachez votre vraie identité et adresse.

C'est aussi vous dire que mon adresse s'ouvre à ceux qui vous ont lu en s'indignant, faisant parvenir leurs réactions à mon mari et à moi-même, sans oublier ceux qui auraient éventuellement cru à vos mensonges, prophéties de malheur et des calomnies d'une cruauté égale à celle de vos semblables qui ont crucifié Jésus de Nazareth.

1° Quant au Général Kalumé.

Je ne connais pas personnellement ce Général ni sa famille ni ses amis ni sa pensée politique, s'il en a une. Je ne l'ai jamais rencontré ni en privé ni dans un cadre officiel. Autant de méchancetés gratuites à l'égard de la famille de l'intéressé ! Si, un jour, on s'arrêtait de détruire pour construire ! Des hommes et femmes honnêtes intellectuellement confirmeront cette vérité et comprendront que l'ennemi du Congo et du Peuple congolais
est souvent le Congolais lui-même.

2° Quant à mon cursus professionnel et politique.

Je ne suis pas que femme politique ; je suis juriste de formation et avocat de profession. Partout où j ' ai été, à partir de la Faculté de Droit de l'Université de Kinshasa, en passant par le Barreau près la Cour d'Appel de Kinshasa, la Présidence de la République, la Primature et, pour finir, en cette Terre d'asile, seule la dignité m'a guidée. Je défie tout homme honnête que j'ai croisé dans mon combat de me contredire en prenant Dieu à
témoin. Le combat politique est un apostolat. Il faut beaucoup de noblesse d'esprit pour le continuer.

3° Quant à mon Mari.

Il vous prie de noter qu'après 22 ans de mariage, il sait qui est la femme qu'il a épousée et n'a aucune leçon à recevoir de vous et il pense que le temps que vous passez à insulter son épouse serait mieux utilisé si vous le consacriez à votre propre épouse si vous en avez une et l'aimiez encore.

4° Quant à vous, adeptes des forces souterraines congolaises de basse altitude.

Je vous invite à vous ressaisir et à prendre finalement de la hauteur pour votre salut.
S'il est vrai que le combat politique pour un Etat de droit appelle beaucoup de courage pour un homme, il en faut davantage pour une maman. L'arme du sexe a toujours été brandie pour décourager la femme qui se bat, en passant sous silence les bonnes initiatives, contributions positives et sacrifices endurés par celle-ci. Ce qui justifie en partie la peur ou les hésitations de la Congolaise pour s'engager à fond dans le combat où sa place est quasi vide.

Dans cet esprit, la femme et l'enfant pourront continuer de subir des diktats des personnages obscurs comme vous. Et ma conviction par rapport à vos ténébreux propos est que les dictatures qui se sont succédées au Congo ne sont pas les seules causes de l'obscurité qui y règne actuellement. Le comportement mental, l'émission de pensées, paroles et écrits destructeurs comme les vôtres ont leur part de lion.

Cependant, je demeure une femme politique digne. Je lutterai toujours pour la sauvegarde de ma dignité et celle injustement bafouée de mes compatriotes et d'autres femmes de par le monde. Personne sur cette Terre ne m'ôtera le droit de parler au nom de la terre de mes ancêtres. Même la mort n ' y pourra rien, car mes idées survivront et porteront leur fruit. Mon combat est un combat d'idées dans la logique de la démocratie universelle.

Un pays n'est jamais construit par un individu. Mais, par chacune de ses composantes mues par la même foi et volonté d'œuvrer pour une cause noble : l'accès d'un peuple à la dignité universelle.

5° Massacres des chrétiens.

Je suis une chrétienne pratiquante ; et d'une éducation et tradition qui prennent l'être humain pour sacré. Il ne m'est pas encore donné de préméditer ou de participer directement ou indirectement à un massacre ou versement de sang de quelqu'un. Mon propre père a été tué sous le régime défunt. Je connais les souffrances que ce drame a entraînées longtemps pour ma famille et pour moi-même. Je déplore encore en ce jour cette mort tragique autant que toutes les morts tragiques dont celle des chrétiens, victimes de l'intolérance du pouvoir mâle congolais. Je n'aimerais en aucun cas que cela arrive à qui que ce soit, fusse - t - il mon détracteur.
Aujourd'hui encore, avez-vous une idée du nombre de victimes congolaises qui tombent sous les balles de l'intolérance du pouvoir mâle congolais ? Je suis une femme de paix et non de la Violence. Ceux qui me côtoient près le savent.

Mes écrits et mes déclarations sont là pour témoigner de ma soif de la paix. C'est là dessus que je peux être appréciée et non à la suite d'une action qui n'est pas mienne. Ce qui justifie en outre ma présence dans le Comité Gouvernemental Congolais de Crise, un instrument pacifique pour presser notamment les antagonistes congolais à un consensus général autour d'une Table Ronde de Reconstruction de la paix et de l'unité nationale en ce
moment de crise aiguë que traverse le Congo-Kinshasa : délabré, désemparé et humilié. Faut-il pour cela en être injurié ?

Il n'a pas existé, aujourd'hui encore, un chef de cabinet d'un ministère ou de la Primature qui ait détenu le pouvoir de commander les forces armées ou la sécurité militaire encore sous la dictature que vous connaissez et que j'ai eu aussi à combattre comme beaucoup d'autres dont l'Histoire saura gré.
Mon travail s'est limité à l'administration du cabinet. Nos réunions faisaient l'objet de procès verbaux. Ceux-ci existent. J'invite les conseillers avec qui j'ai travaillé, tout en prenant Dieu à témoin, de me contredire et de prouver une quelconque responsabilité pénale dans mon chef quant à ce. Votre légèreté et ignorance des faits et des acteurs vous auront ainsi été servies.

Je vous prie de chercher l'information vraie et objective. Cela vous affranchira et vous grandira. J'ai espéré arriver, à travers l'UFERI, à un Etat de droit au Congo. Ce rêve a fini par s'évanouir. J'ai eu à démissionner officiellement en 1992. La quasi totalité de journaux locaux en ont fait large écho. Pourquoi passez-vous cet événement sous silence ? Bien sûr, ce serait aller contre votre logique de destruction.

Je suis également dans le combat politique pour cet autre rêve : qu'un jour la vie humaine soit respectée chez nous en Afrique, pour que les droits et libertés trouvent leur place.
Ainsi, seule la recherche de la démocratie de paix guide mon action en dépit d'un environnement de violence et d ' exclusion, à l'instar de vos déclarations haineuses où la raison se fraie difficilement un chemin déjà fort obstrué par la médisance , un domaine où seuls de petits esprits sont capables de grandes choses, c'est-à-dire de la destruction gratuite de tout ce qui veut prendre de la hauteur.

Un jour, la vérité prendra le dessus, indépendamment de vos sentiments de basses altitudes et de haine. J'ai l'espoir qu'un jour la Commission de vérité s'érigera en institution au Congo pour établir les vraies responsabilités des uns et des autres et aussi des auteurs coupables de diffamation comme vous. Hier comme aujourd'hui, je combats la dictature. Si j'en avais seule la recette, le Congo aurait déjà réalisé mon rêve de toujours : un Etat de Droit où il ferait bon vivre pour le national, l'étranger et même des adversaires véreux comme vous. Le Congo est en mesure d'offrir à ses enfants le bien-être d'un des pays les plus riches de la planète, à condition d'y instaurer un cadre juridique consensuel, assorti
d'institutions républicaines à la tête desquelles se trouveraient des hommes et femmes d 'Etat. C'est à ce travail que je vous convie. Nos progénitures n'attendent que cela même la mienne sur laquelle vous venez de cracher en vous lisant.

Vous appelez mon Mari " ami ". Savez-vous ce que cela signifie ? Il n'existe pas d'ami qui cherche à détruire ce que l'ami a de plus cher au monde. Mon Mari est d'une telle élévation d'esprit qu'il ne peut être ami d'un esprit de basse altitude que vous êtes.
Occupez-vous de votre maisonnée qui doit avoir honte de vous après un tel langage.

Les Congolais subissent une guerre sui generis sur leur Territoire national. L'exil est ouvert pour beaucoup d'entre eux. Et vous-même, vous êtes en terre étrangère. Pourquoi errez-vous au lieu de retourner au Congo pour mettre fin à votre propre errance ? Pour ma part, ma famille n'erre pas. L'exil est provisoire comme pour beaucoup de congolais. Avec un esprit aussi tortueux que le vôtre, que pouvez-vous comprendre aux 27 ans
d'emprisonnement d'un Nelson Mandela, à la mort d'un Gandhi qui n'a pas vécu ce pourquoi il s'est battu ? Et nos pères de l'Indépendance du Congo, leur rêve est-il aujourd'hui une réalité ? N'est-ce pas un gros échec lorsque l'on sait que le pays vit encore aujourd'hui sous un autre terrorisme d'Etat ? Tout compte fait, toutes ces luttes ont porté et porteront leurs fruits pour les générations futures.

J'ai fait un an et demi au Cabinet de la Présidence de la République et l'ai quitté en 1990. Vous connaissez le résultat auquel on a abouti à la grande satisfaction du peuple : le discours du 24 avril 1990. Il faut être vous pour ne pas reconnaître la petite pierre que ce cabinet a apporté parmi tant d'autres acteurs de l'époque pour amorcer la démocratisation. Beaucoup de ces acteurs sont encore envie.

Avec tant d'autres compatriotes, dès 1990, nous avons bravé ouvertement le régime défunt dans les rues de Kinshasa, au risque de nos vies. Essayez de vous renseigner avant de vous lancer dans des affirmations gratuites. Mon combat en Terre d'asile est resté le même. Mes textes de conférences et autres publications existent.
Pour l'instant, je vous invite à lire mon " Plaidoyer pour le Congo et les Congolais " où même vous, vous êtes défendu. Vous trouverez cette opuscule si vous le cherchez.

Mutombe Mbenza, je vous invite à présenter sincèrement vos excuses publiques que les esprits nobles attendent lire par la même voie des ondes, et ce rapidement, afin d'éviter que " l'errance et la malédiction attirées par le mal que vous avez fait sciemment vous poursuivent toute votre vie ainsi que toutes vos œuvres "(Psaume 35).

Pour terminer, aussi vrai que le Dieu Tout Puissant est vivant, puisse cet Etre divin protéger et soutenir tout humain engagé dans le combat devant aboutir à asseoir la démocratie de paix au Congo-Kinshasa, confondre et empêcher tout celui qui obstrue son processus. Qu'il puisse, enfin, en ce début de Millénaire, bénir le Peuple congolais qui, dans sa lutte pour retrouver la paix et l'unité nationale, doit se dire à tout moment : Deo
iuvante, vincam ! (avec l'aide de Dieu, je vaincrai !). Ainsi se sera !

Bruxelles, le 27 décembre 1999

Maître Marie-Thérèse Nlandu
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