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Nickédo
Nkiawete Touzeyewo
Estavayer-le-Lac
Switzerland
Nickedo2000@yahoo.fr
A
mon fils,
Michel-Emery
Lumumba :
Pour
l’expression de mon affection paternelle.
Réactions
et propositions à la situation dramatique que traverse la République
Démocratique du Congo
Oui,
chers compatriotes, nul n’ignore la situation dramatique face à
laquelle notre pays se trouve être confronté ce dernier temps.
L’expérience douloureuse que notre peuple expérimente montre que,
plus qu’hier, aujourd’hui encore, la République
Démocratique du Congo (RDC) est lamentablement transformée en un
terrain d’occupation où les forces internes et externes se livrent
gracieusement au pillage systématique de nos richesses respectives.
Pour accéder
librement à nos richesses, les ennemis de notre peuple sont résolument
décidés non seulement d’adopter des stratégies machiavéliques
leur permettant de procéder à la partition de notre pays, sous le
regard complaisant de la Communauté
internationale, mais surtout ils sont déterminés à éliminer
les filles et les fils de notre pays, en utilisant tous les moyens
disponibles : armes, bombes… et le sida, afin d imposer leur
domination. N’a-t-on pas parlé à juste titre d’un processus de
recolonisation effective auquel notre peuple semble être soumis par
des Africains interposés ?
Quelle
que soit la distance géographique qui nous sépare de notre chère
Patrie, nous nous sentons profondément touchés par cette situation
préoccupante et tragique. En effet, malgré un semblant de quiétude
que nous offre cet espace où nous vivons, nous ne pourrions jamais
ignorer le fait que les nôtres endurent douloureusement dans leur
esprit ainsi que dans leur chair, les souffrances cyniques et odieuses
imposées par les forces de la mort qui nous assaillent de toute part.
Il
est fort regrettable - pour ne pas dire humiliant – de constater que
même ceux parmi certains peuples africains qui, pour préserver leur
instinct de survie,
avaient naguère grandement besoin de l’attention et de la
sollicitude particulières du Peuple congolais se révèlent
cruellement à notre dépens être les ennemis de notre Peuple !
La note est piquante et surtout troublante. Pour le peuple congolais,
il s’agit là d’une expérience cruelle. Celle-ci demeurera à
jamais une échine sensible dans la chair et la profondeur de
l’intimité de son être.
Mais,
par effet de cohérence, ne faut-il pas admettre lucidement que ce qui
s’avère aujourd’hui être la force et la capacité des ennemis du
peuple congolais à compromettre gravement sa destinée – et Dieu
sait pour combien de temps ! – n’est que la conséquence
manifeste de notre incapacité à assumer nos responsabilités en tant
que peuple souverain.
Tenir
de tels propos ne signifie nullement prendre fait et cause pour les
ennemis de notre peuple. Bien au contraire ! C’est plutôt
s’armer du courage afin de dire la vérité qu’il convient de
faire éclater en vue de penser notre libération totale.
Nous
croyons, pour notre part, que cette vérité dite sans détour nous
intime désormais l’ordre de faire l’apprentissage de la leçon
suivante : « l’histoire d’un peuple comme le nôtre ne
pourrait jamais se faire par procuration ». Il faut prendre sérieusement
acte de cette leçon afin de penser créativement notre avenir avec
optimisme, contre toutes les formes de fatalisme et de résignation.
C’est
précisément ce que nous voulons esquisser dans cette réflexion en
deux points, à savoir : les constats et les perspectives
d’avenir avant de terminer par une brève conclusion.
1.1
Le combat pour la démocratie n’était définitivement gagné avec
l’accession de notre pays à l’indépendance. Car, même sous la
Première République, malgré l’existence du multipartisme, nous étions
loin d’avoir intégré la démocratie dans notre pratique
quotidienne. La preuve de cette assertion nous est donnée par les
deux événements douloureux suivants :
a)
La révocation illégale de Patrice Emery Lumumba (le 05.09.1960), Premier
ministre élu démocratiquement par notre peuple ;
b)
Le premier coup d’état du colonel Mobutu qui installa le collège
des commissaires généraux.
Oui,
il nous faut clamer haut et fort que, quelles que soient ses
motivations et ses justifications, l’insurrection même de velours,
est une méthode de prise de pouvoir qui obéit aux impératifs
d’une logique fondamentalement antidémocratique.
A
partir des événements malheureux évoqués ci-dessus, notre pays a
été pris dans une spirale de la violence qui a rythmé toutes les
alternances au pouvoir. A chacun de ces moments de cristallisation de
la vie politique de notre pays, malgré l’irresponsabilité de la
quasi totalité de ses dirigeants, notre peuple n’a cessé de puiser
dans les énergies de profondeur
de son être afin de reprendre espoir, croyant en de lendemains
meilleurs. Mais, hélas, au bout du compte, ce sont toujours de
lendemains qui déchantent et des espérances trahies que notre peuple
a connus.
Tous
ces grands rendez-vous de notre Histoire ont été manqués
lamentablement faute d’instauration de la démocratie véritable. Et
pourtant, dans notre pays, les citoyens ont perçu à temps cette réalité
fondamentale et se sont battus, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur,
pour l’instauration d’un nouvel ordre véritablement démocratique.
Est-il encore besoin de rappeler que dans ce « combat pour la
vie », certains ont payé de leur vie, d’autres ont goûté
aux affres de la prison, d’autres enfin, ont été contraints à
l’exil.
1.2 Alors
que les filles et les fils du Congo avaient cru entrevoir, enfin,
l’aboutissement du combat mené pendant tant d’années, en vue de
l’instauration de la démocratie véritable – avec la fuite du
dictateur et de la plupart des ses acolytes – le nouveau pouvoir ne
paraît pas plus rassurant en terme de démocratie. Le constat est
accablant ! Ainsi, par exemple, alors que les autorités
acteulles de notre pays prétendent ouvrir le jeu politique d’un côté,
tout en interdisant le fonctionnement des parits d’opposition, de
l’autre côté, elles créent simultanément le Comité
des Pouvoirs Populaires (C.P.P), un mouvement et/ou un parti
politique qui, à bien des égards, rappelle douloureusement
l’ancien Parti-état, à savoir le Mouvement
Populaire de la Révolution (M.P.R)érigé par le dictateur,
Mobutu Sese Seko. Comme naguère, aujourd’hui encore, on retrouve
curieusement beaucoup de personnalités de l’ancien régime, non
seulement au sein du gouvernement mais au sommet même du Comité des pouvoirs populaires (CPP). C’est notamment le cas de monsieur Dominique Sakombi Inongo, l’actuel
conseiller principal du Président de République qui, on se souvient,
fut l’idéologue le plus patenté du mobutisme ! Est-il, enfin,
besoin de rappeler que monsieur Sakombi fut l’un des deux hommes à
qui le maréchal dictateur finissant avait confié la création du
M.P.R, fait privé en 1990
Oh peuple
congolais, cette situation est-elle de l’ordre de la fatalité ?
Bien sûr que non. Réveillons nous pour que demain soit mieux
qu’aujourd’hui.
1.3
Bien que le Congo ait connu le système de multipartisme de 1960 à
1965 et de 1990 à l’avènement de l’A.F.D.L ; ce système étant
d’ailleurs la forme d’organisation qui semble la mieux à même de
garantir la démocratie et les libertés fondamentales, nous devons
malheureusement constater qu’il a échoué chez nous. Cet échec est
la conséquence de la non- application de la démocratie. Celle-ci
exige des citoyens formés, conscients de leurs responsabilités
civiques et capables de se déterminer uniquement en fonction d’un
projet de société et de la valeur des hommes et des femmes qui
l’incarnent. C’est dans ce même souci que lors de leur assemblée
plénière de novembre 1999, les évêques congolais ont dit:
« En
ce qui concerne cette destinée, il nous apparaît important de
reprendre notre doctrine sociale habituelle. Comme par le passé, nous
soutenons que l’exercice du pouvoir dans notre pays doit être la
mise en application de la
volonté du peuple. Celui-ci veut exercer son droit de contrôle sur
les personnes qui acceptent de gérer la chose publique. Notre pays a
besoin de dirigeants nouveaux qui mettent les intérêts supérieurs
de la nation avant toute chose, mettent en pratique les principes de
la bonne gouvernance, créent les meilleures conditions de vie pour le
peuple et donnent à chacun l’occasion de travailler, de gagner honnêtement
sa vie et de se prendre dignement en charge. Pour nous, le choix des
personnes pour les responsabilités doit être dicté par les critères
de compétence, de sens patriotique, de sens d’altruisme, de capacité
de se sacrifier. Nous en appelons particulièrement à nos élites
intellectuelles et sociales ; qu’elles cultivent en elles le
sens du service pour le bien de la Nation et la prospérité de tous
les fils et filles de notre pays ».
1.4 Relevons
que chez nous, durant, l’expérience du multipartisme, le clivage
politique n’ayant jamais reposé fondamentalement sur une différence
des projets de société
explique pour une large part la pratique de l’achat des consciences.
De là découle incontestablement certaines mentalités et pratiques rétrogrades :
le refus de l’alternance politique, le clientélisme régit en système
de gestion de pouvoir, l’intolérance, et comme si cela ne suffisait
pas vient s’ajouter la violence brute qui n’épargne même pas la
vie des innocents.
1.5 S’agissant
par ailleurs de la médiocrité du système de parti unique, nous
estimons que les séquelles du M.P.R, parti-état, sont encore trop
fraîches dans la mémoire collective pour nous dispenser de nous y
attarder trop longtemps. Néanmoins, nous soulignons que c’est un
système dans lequel toute velléité d’alternance au pouvoir ne
peut se concevoir que moyennant l’usage de la violence. Par
ailleurs, l’attitude du pouvoir lui-même à l’égard de ses
opposants déclarés ou supposés d’une part, et de tous ceux qui
– à l’intérieur même des instances dirigeantes – ne sont pas
en odeur de sainteté d’autre part, laisse à désirer.
En
effet, dans le système de parti unique, vivant dans la psychose de la
conspiration, le pouvoir politique
se dote d’un arsenal puissant de détection de ses prétendus
opposants. C’est ainsi que fleurissent les polices politiques et
parallèles sous l’ombre d’un même pouvoir, au point de se
neutraliser. Elles se dotent de tous les moyens pour violer
l’intimité des citoyens, en sécrétant à l’intérieur de la
société un climat malsain de suspicion, de peur, etc. qui muselle la
libre expression à tous les niveaux et amène les citoyens à se
renfermer sur eux-mêmes. Malheureusement, cette triste expérience a
montré que dans un tel contexte d’intimidation et de musellement,
le peuple souverain se voit interdire de s’exprimer afin de pouvoir
au besoin revendiquer légitimement ses droits fondamentaux.
C’est
cette paralysie générale générée par la peur qui a été
cyniquement interprétée sous la Deuxième
république comme étant la « paix retrouvée »,
voire la « paix chèrement acquise », quand ce n’était
pas la complicité entre le « guide » et son peuple. Dans
un tel système, à l’intérieur du pouvoir, les parents, les
copains
et les coquins sont propulsés à des postes stratégiques, en procédant
méthodiquement à la liquidation systématique de tous ceux parmi les
dirigeants suspectés de ne pas se soumettre à la dévotion du Chef déifié.
De là à déduire que le système du parti unique contribue à mettre
en place le mécanisme de sa propre destruction, il n’y a qu’un
pas ; dans la mesure où il s’applique à détruire ses propres
cadres, s’appuyant sur la médiocrité et préparant de ce fait les
conditions de son autodestruction.
Pour
combattre énergiquement toute tendance à reproduire ce schéma qui
est à l’origine des grands malheurs dont souffre la
République Démocratique du Congo (RDC), d’une part, et de
pouvoir poser les bases solides d’un état démocratique d’autre
part, il est indispensable de tenir compte de certaines exigences.
Dans
le prolongement de ce qui précède, afin de pouvoir ébaucher
quelques points de repère sur les perspectives d’avenir, il va
falloir préalablement tenir compte de deux remarques suivantes :
Vue
de manière générale, il y a lieu d’admettre que l’initiative
prise par le pouvoir actuel en convoquant le dialogue national, comme
cadre réflexif de reconstruction nationale est d’une certaine manière,
une idée positive en soi.
Cela
est une évidence qu’aucun esprit responsable ne saurait nier sans
nuance. Cependant, il va de soi que l’esprit d’exclusion
manifestement caractéristique de ce dialogue ne nous semble pas répondre
qualitativement aux aspirations profondes de notre peuple. Celui-ci
envisage l’avenir dans un esprit de large concertation en tenant
compte des sensibilités des uns et des autres afin de garantir
l’espace politique.
Suite
à ce constat, on pourrait se demander s’il n’est pas
contradictoire de donner objectivement l’illusion de fonder
l’avenir sur des valeurs démocratiques, d’une part, et de poser
simultanément des gestes contraires à ce même esprit démocratique
d’autre part ?
Sans
toutefois dresser un tableau caricatural des intuitions fondamentales
des responsables actuels de notre pays, telles qu’elles se livrent
à l’observation, la réalité actuelle permet d’affirmer que le
dialogue national organisé exclusivement par les tenants du pouvoir
s’apparente plus à une réunion élargie de Comités
des pouvoirs populaires (C.P.P).
2.2
Contrairement à l’esprit du pouvoir qui, tout en convoquant le
« Dialogue national », ce que nous considérons déjà
comme un acquis positif, table manifestement sur l’exclusion qui est
foncièrement contraire aux idéaux véritablement démocratiques.
Pour nous, un tel débat ne pourrait valablement avoir lieu que dans
un cadre qui favoriserait (garantirait) à coup sûr une large participation
de tous. Là dessus, notre pays n’est pas dépourvu des exemples
historiques instructifs pouvant permettre d’éclairer considérablement
le présent. A cet effet, les acquis de l’expérience des
enseignements du Conclave de
Lovanium tenu du 25 juin au 02 août 1961 pourraient éventuellement
nous permettre de penser l’avenir de manière créative, en faisant
valoir le débat contradictoire entre les différentes tendances en présence.
Ceci par exemple, en accordant une amnistie générale aux politiciens
et aux militaires à l’exception de ceux qui s’étaient rendus
coupables de crimes de droit commun. Comme cela fut fait pour détendre
les esprits en 1961. Plus proche de nous, nous pourrions aussi nous
inspirer des travaux de la Conférence
Nationale Souveraine (CNS), car tout n’était pas négatif.
C’est
précisément pour éviter les incohérence flagrantes exposées
ci-dessus que nous tenons à suggérer quelques pistes de réflexion
au tour desquelles nous entendons initier le « Dialogue
Inter-Congolais » de manière crédible, dans un esprit
réconciliateur entre les filles et les fils de notre pays.
Aujourd’hui,
force est de constater que la révolution que nous avions soutenue
naguère est aux abois. L’essentiel étant par conséquent en cause,
et n’ayant jamais été des adeptes de la pensée unique, nous
disons aux libérateurs d’hier merci pour tout, mais nous devons
changer de cap pour aller plus loin. D’ailleurs, c’est bien connu
que la révolution mange parfois ses propres enfants. Voilà ce qui
explique en substance notre prise de position critique, en formulant
clairement quelques propositions en vue de la réussite nécessaire de
la transition en République Démocratique
du Congo (RDC).
Nos
suggestions se structurent autour des points suivants :
2.3.1
Mise en place d’un organe de suivi et de contrôle de l’exécution
des décisions du Dialogue Inter-Congolais. Nous proposons à cet
effet l’élection, sur la base des critères rigoureux de probité
morale, de compétence et d’expérience, d’un Haut conseil
permanent-parlement de transition dont le mandat prendrait fin avec
celui du gouvernement de transition, au lendemain des élections législatives.
2.3.2
Prévoir un cadre constitutionnel de la transition, afin de déterminer
la répartition de pouvoir entre la Présidence de la République, le
Gouvernement et le Haut-conseil permanent-Parlement de transition.
2.3.3
Au sujet du calendrier électoral, nous estimons que la durée de la
transition doit être la moins longue possible. Evitons une transition
qui durerait encore un septennat, c’est ridicule. Le pays doit se
doter assez rapidement des institutions définitives afin de minimiser
les effets de manque d’assurance souvent inhérent aux régimes de
transition.
Elaboration
de la loi électorale et fixation du calendrier des diverses élections.
Pour les dépassionner, nous suggérons de commencer par les élections
communales et finir par l’élection présidentielle en passant par
l’élection des gouverneurs, députés et sénateurs.
2.3.4
Election
du futur Premier ministre du gouvernement d’union nationale de
transition.
2.3.5
Prendre une série des mesures afin de débarrasser les principaux
organes de l’Etat de la mainmise de C.P.P. et donner ainsi des
chances égales à tous les partis politiques dans le cadre de leur préparation
aux échéances électorales.
2.3.6
Inventaire des avoirs de tous ceux qui, à des degrés divers, ont été
mêlés à la gestion du patrimoine national et de l’Etat depuis le
30 juin 1960 jusqu’à l’ouverture du Dialogue Inter-Congolais.
Qu’on
nous comprenne, il ne s’agit pas là de se livrer à une chasse aux
sorcières. Il est plutôt question de prendre des mesures de nature
non seulement à permettre le rentrée des fonds indispensables au développement
de l’économie nationale et à la reconstruction du pays, mais aussi
à dissuader les autorités de demain à commettre les mêmes
forfaits.
2.3.7 Le
Congo ne peut pas sempiternellement compter sur l’aide
internationale pour sa reconstruction, alors que nous avons de
dizaines des politiciens qui sont millionnaires, voire milliardaires
en dollars US, pour avoir contribué au pillage systématique de la
Nation.
2.3.8 Inventaire
et restitution à l’Etat du patrimoine mobilier et immobilier
arbitrairement attribués à certains partis politiques quand ce
n’est pas aux membres de famille, aux copains et aux maîtresses,
etc.
2.3.9 Pour
une meilleure gouvernance, il faudrait éviter le cumul de mandats.
2.3.10
Si le nom du pays et l’hymne national ne posent pas problème, en
s’occupant des institutions définitives, le «Dialogue
Inter-Congolais » devra traiter le problème du drapeau car le
drapeau actuel ne symbolise plus rien puisque le pays ne compte plus
six provinces mais bien dix. A moins de revenir carrément sur cette répartition.
2.3.11
Elaborer la loi sur la presse. Le quatrième pouvoir étant devenu
aujourd’hui incontournable dans toutes les démocraties qui se
respectent. Rien ne sert donc de la museler ni même d’en faire une
presse godillot. Il suffit d’une
bonne loi qui garantirait son fonctionnement.
2.3.12 S’agissant
de la coopération
internationale, il importe de la redynamiser sur des bases
fiables, en créant les conditions optimales pour attirer le capital
privé. Une telle coopération devra être fondée effectivement sur
la négociation équilibrée avec nos partenaires étrangers afin que
leurs investissements soient orientés vers des secteurs susceptibles
de maximiser la croissance par l’importance de leurs effets
d’entraînement, et de contribuer à la reconstruction d’une économie
développée et bien articulée.
2.3.13 Le
développement de notre pays passe nécessairement par la démocratisation
de la vie politique, la promotion de la libre entreprise… et le
strict respect de la propriété privée. Celle-ci est le gage de la
sauvegarde des intérêts des opérateurs économiques. Dans ce
dynamisme, il va de soi que la mise en état de nos routes et de tous
les moyens de communication figureront incontournablement parmi les
priorités du gouvernement de transition.
Chers
compatriotes, nous voici arrivés au terme de notre réflexion. Compte
tenu du cheminement emprunté, avec tout ce que cela pourrait susciter
comme réactions passionnelles ou critiques : quelle idée et/ou
ligne de force retenir spécialement afin de mieux cerner le souci qui
nous a conduit à aborder cette problématique ?
Pour
faire bref, il convient de rappeler ici que le souci qui a motivé
notre initiative se fonde à la fois sur une prise de conscience aiguë
de la situation dramatique qui prévaut dans notre pays, d’une part,
et d’autre part, le souci profond, c’est-à-dire la préoccupation
de devoir apporter notre modeste contribution au débat en cours.
En
effet, à moins de vouloir se positionner comme spectateur - ce qui
serait fort regrettable -, en tant que citoyens congolais, nous sommes
conviés, chacun selon ses charismes et ses aptitudes, à prendre entièrement
part, de manière résolument engagée, à la reconstruction de notre
beau et riche pays, la République démocratique du Congo (RDC). Une telle mobilisation est
indispensable, dans la mesure où elle permet très précisément de
libérer notre pays des pesanteurs qui handicapent sérieusement son développement
intégral.
Comme
on peut s’en rendre compte, pour répondre à cette exigence, nous
avons opté deux démarches afin de permettre à notre pays à se
« remettre débout ».
Ici,
nous avons délibérément décidé de faire une relecture sans
complaisance de notre histoire respective. Ce travail rétrospectif
nous a permis entre autre de stigmatiser des failles que nous avons
commises à titre individuel et/ou collectif. Il s’est avéré que,
sans occulter les responsabilités du monde extérieur, nous sommes
persuadés qu’en tant qu’acteurs
et responsables premiers de
notre développement, nous sommes pour beaucoup dans la crise
multidimensionnelle que notre pays connaît. Parmi les causes
fondamentales de cette crise, nous avons cité notamment :
-
Le manque du respect de l’esprit démocratique ;
-
La monopolisation du pouvoir ;
-
L’institutionnalisation des partis uniques ;
- L’exclusion.
Il
faut reconnaître humblement qu’aussi difficile fut-elle, c’est
cette capacité de diagnostiquer avec objectivité notre passé au
sens d’anamnèse, qui a fort heureusement permis finalement de
prendre conscience de nos aberrations excessives afin de nous donner
les moyens efficaces de nous libérer de cette crise multiforme.
Non
Chers compatriotes : « Le Congo ne doit pas mourir, il ne
veut absolument pas mourir ». Raison pour laquelle,
contrairement au point précédent où nous avons effectué une
descente aux enfers afin de re-découvrir véritablement nos failles
et nos responsabilités dans cette situation catastrophique où le
Congo sombre depuis son indépendance jusqu’à ce jour, il nous faut énergiquement regarder l’avenir avec optimisme.
C’est ainsi que dans le deuxième point de cette modeste
contribution, nous nous sommes donnés quelques moyens comme « socle »
sur lequel il faudrait désormais, dans un esprit de Palabre
africaine authentique, fonder impérativement le devenir d’une
nation démocratique et prospère au cœur de l’Afrique, mère de l’Humanité.
Enfin,
nous sommes persuadés que seule une pensée créatrice, féconde et
ouverte sur autrui ; devant exorciser résolument les démons de
tout genre, les querelles sclérosants et les divisions axphixiantes,
est capable de forger une société humaine éclairée apte à relever
tous les défis du 21ème siècle.
-Diangitukwa
F., Qui gouverne le Zaïre ?
La République des copains. Essai, Editions l’Harmattan, Paris,
1997.
-Hochschild
A., Les fantômes du roi Léopold
II. Un holocauste oublié, Belfond, Paris, 1998.
-Nendaka
Bika V., « Interview » cassette vidéo, Dialogue n° 7.
-« Sois
sans crainte… » (LC 12, 32), « La situation dramatique
actuelle et l’avenir de la République Démocratique du Congo »,
Déclaration des Evêques de la République Démocratique du Congo aux
catholiques et à tous les Hommes de bonne volonté, Nairobi, 1999.
-Témoignage
de « frère » Dominique Sakombi Inongo.
-Vangroenweghe
D., Du sang sur les lianes,
Coll. « Grands Documents », Didier Hatier, Bruxelles,
1986.
Dédicace. mel
O.
Préliminaires...................
2
1.
Constats..
3
2.
Perspectives d’avenir.......
6
2.1
A propos de la convocation du dialogue national par le pouvoir........
7
2.3.
Transition
8
3.
Conclusion.................
10
3.1
Constats
11
3.2
Perspectives d’avenir.....
11
-Notice bibliographique................
12
-Table des matières....
13
[1]
D. Vangroenweghe, Du sang
sur les lianes, Coll. « Grands Documents », Didier
Hatier, Bruxelles, 1986. Lire avec intérêt A. Hochschild, Les
fantômes du roi Léopold II. Un holocauste oublié, Belfond,
Paris, 1998.
V. Nendaka Bika, « Interview », cassette vidéo,
Dialogue n° 7.
Témoignage de « frère » Dominique Sakombi Inongo.
Cf. « La situation dramatique actuelle et l’avenir de la République
Démocratique du Congo », « Sois sans crainte… »
(LC 12, 32), Déclaration des Evêques de la R.D.C.
aux catholiques et à tous les Hommes de bonne volonté, Nairobi,
1999, p. 5, point 13.
Cf.F. Diangitukwa, Qui
gouverne le Zaïre ? La République des copains. Essai,
Editions l’Harmattan, Paris, 1997.
Nickédo
Nkiawete Touzeyewo
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