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Réaction et proposition à la situation dramatique actuelle de la République Démocratique du Congo

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Nickédo Nkiawete Touzeyewo

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Nickédo Nkiawete Touzeyewo

Estavayer-le-Lac

Switzerland

Nickedo2000@yahoo.fr

 

Dédicace

A mon fils,

Michel-Emery Lumumba :

Pour l’expression de mon affection paternelle.

 

Réactions et propositions à la situation dramatique que traverse la République Démocratique du Congo

O. Préliminaires

Oui, chers compatriotes, nul n’ignore la situation dramatique face à laquelle notre pays se trouve être confronté ce dernier temps. L’expérience douloureuse que notre peuple expérimente montre que, plus qu’hier, aujourd’hui encore, la République Démocratique du Congo (RDC) est lamentablement transformée en un terrain d’occupation où les forces internes et externes se livrent gracieusement au pillage systématique de nos richesses respectives[1].

Pour accéder librement à nos richesses, les ennemis de notre peuple sont résolument décidés non seulement d’adopter des stratégies machiavéliques leur permettant de procéder à la partition de notre pays, sous le regard complaisant de la Communauté internationale, mais surtout ils sont déterminés à éliminer les filles et les fils de notre pays, en utilisant tous les moyens disponibles : armes, bombes… et le sida, afin d imposer leur domination. N’a-t-on pas parlé à juste titre d’un processus de recolonisation effective auquel notre peuple semble être soumis par des Africains interposés ?

Quelle que soit la distance géographique qui nous sépare de notre chère Patrie, nous nous sentons profondément touchés par cette situation préoccupante et tragique. En effet, malgré un semblant de quiétude que nous offre cet espace où nous vivons, nous ne pourrions jamais ignorer le fait que les nôtres endurent douloureusement dans leur esprit ainsi que dans leur chair, les souffrances cyniques et odieuses imposées par les forces de la mort qui nous assaillent de toute part.

Il est fort regrettable - pour ne pas dire humiliant – de constater que même ceux parmi certains peuples africains qui, pour préserver leur instinct  de survie, avaient naguère grandement besoin de l’attention et de la sollicitude particulières du Peuple congolais se révèlent cruellement à notre dépens être les ennemis de notre Peuple ! La note est piquante et surtout troublante. Pour le peuple congolais, il s’agit là d’une expérience cruelle. Celle-ci demeurera à jamais une échine sensible dans la chair et la profondeur de l’intimité de son être.

Mais, par effet de cohérence, ne faut-il pas admettre lucidement que ce qui s’avère aujourd’hui être la force et la capacité des ennemis du peuple congolais à compromettre gravement sa destinée – et Dieu sait pour combien de temps ! – n’est que la conséquence manifeste de notre incapacité à assumer nos responsabilités en tant que peuple souverain.

Tenir de tels propos ne signifie nullement prendre fait et cause pour les ennemis de notre peuple. Bien au contraire ! C’est plutôt s’armer du courage afin de dire la vérité qu’il convient de faire éclater en vue de penser notre libération totale.

Nous croyons, pour notre part, que cette vérité dite sans détour nous intime désormais l’ordre de faire l’apprentissage de la leçon suivante : « l’histoire d’un peuple comme le nôtre ne pourrait jamais se faire par procuration ». Il faut prendre sérieusement acte de cette leçon afin de penser créativement notre avenir avec optimisme, contre toutes les formes de fatalisme et de résignation.

C’est précisément ce que nous voulons esquisser dans cette réflexion en deux points, à savoir : les constats et les perspectives d’avenir avant de terminer par une brève conclusion.

1. Constats

1.1 Le combat pour la démocratie n’était définitivement gagné avec l’accession de notre pays à l’indépendance. Car, même sous la Première République, malgré l’existence du multipartisme, nous étions loin d’avoir intégré la démocratie dans notre pratique quotidienne. La preuve de cette assertion nous est donnée par les deux événements douloureux suivants :

a) La révocation illégale de Patrice Emery Lumumba (le 05.09.1960[2]), Premier ministre élu démocratiquement par notre peuple ;

b) Le premier coup d’état du colonel Mobutu qui installa le collège des commissaires généraux.

Oui, il nous faut clamer haut et fort que, quelles que soient ses motivations et ses justifications, l’insurrection même de velours, est une méthode de prise de pouvoir qui obéit aux impératifs d’une logique fondamentalement antidémocratique.

A partir des événements malheureux évoqués ci-dessus, notre pays a été pris dans une spirale de la violence qui a rythmé toutes les alternances au pouvoir. A chacun de ces moments de cristallisation de la vie politique de notre pays, malgré l’irresponsabilité de la quasi totalité de ses dirigeants, notre peuple n’a cessé de puiser dans les énergies de profondeur de son être afin de reprendre espoir, croyant en de lendemains meilleurs. Mais, hélas, au bout du compte, ce sont toujours de lendemains qui déchantent et des espérances trahies que notre peuple a connus.

Tous ces grands rendez-vous de notre Histoire ont été manqués lamentablement faute d’instauration de la démocratie véritable. Et pourtant, dans notre pays, les citoyens ont perçu à temps cette réalité fondamentale et se sont battus, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, pour l’instauration d’un nouvel ordre véritablement démocratique. Est-il encore besoin de rappeler que dans ce « combat pour la vie », certains ont payé de leur vie, d’autres ont goûté aux affres de la prison, d’autres enfin, ont été contraints à l’exil.

1.2 Alors que les filles et les fils du Congo avaient cru entrevoir, enfin, l’aboutissement du combat mené pendant tant d’années, en vue de l’instauration de la démocratie véritable – avec la fuite du dictateur et de la plupart des ses acolytes – le nouveau pouvoir ne paraît pas plus rassurant en terme de démocratie. Le constat est accablant ! Ainsi, par exemple, alors que les autorités acteulles de notre pays prétendent ouvrir le jeu politique d’un côté, tout en interdisant le fonctionnement des parits d’opposition, de l’autre côté, elles créent simultanément le Comité des Pouvoirs Populaires (C.P.P), un mouvement et/ou un parti politique qui, à bien des égards, rappelle douloureusement l’ancien Parti-état, à savoir le Mouvement Populaire de la Révolution (M.P.R)érigé par le dictateur, Mobutu Sese Seko. Comme naguère, aujourd’hui encore, on retrouve curieusement beaucoup de personnalités de l’ancien régime, non seulement au sein du gouvernement mais au sommet même du Comité des pouvoirs populaires (CPP). C’est notamment le cas de monsieur Dominique Sakombi Inongo, l’actuel conseiller principal du Président de République qui, on se souvient, fut l’idéologue le plus patenté du mobutisme ! Est-il, enfin, besoin de rappeler que monsieur Sakombi fut l’un des deux hommes à qui le maréchal dictateur finissant avait confié la création du M.P.R, fait privé en 1990[3]

Oh peuple congolais, cette situation est-elle de l’ordre de la fatalité ? Bien sûr que non. Réveillons nous pour que demain soit mieux qu’aujourd’hui.

1.3 Bien que le Congo ait connu le système de multipartisme de 1960 à 1965 et de 1990 à l’avènement de l’A.F.D.L ; ce système étant d’ailleurs la forme d’organisation qui semble la mieux à même de garantir la démocratie et les libertés fondamentales, nous devons malheureusement constater qu’il a échoué chez nous. Cet échec est la conséquence de la non- application de la démocratie. Celle-ci exige des citoyens formés, conscients de leurs responsabilités civiques et capables de se déterminer uniquement en fonction d’un projet de société et de la valeur des hommes et des femmes qui l’incarnent. C’est dans ce même souci que lors de leur assemblée plénière de novembre 1999, les évêques congolais ont dit:

« En ce qui concerne cette destinée, il nous apparaît important de reprendre notre doctrine sociale habituelle. Comme par le passé, nous soutenons que l’exercice du pouvoir dans notre pays doit être la mise en  application de la volonté du peuple. Celui-ci veut exercer son droit de contrôle sur les personnes qui acceptent de gérer la chose publique. Notre pays a besoin de dirigeants nouveaux qui mettent les intérêts supérieurs de la nation avant toute chose, mettent en pratique les principes de la bonne gouvernance, créent les meilleures conditions de vie pour le peuple et donnent à chacun l’occasion de travailler, de gagner honnêtement sa vie et de se prendre dignement en charge. Pour nous, le choix des personnes pour les responsabilités doit être dicté par les critères de compétence, de sens patriotique, de sens d’altruisme, de capacité de se sacrifier. Nous en appelons particulièrement à nos élites intellectuelles et sociales ; qu’elles cultivent en elles le sens du service pour le bien de la Nation et la prospérité de tous les fils et filles de notre pays »[4].

1.4 Relevons que chez nous, durant, l’expérience du multipartisme, le clivage politique n’ayant jamais reposé fondamentalement sur une différence des projets de  société explique pour une large part la pratique de l’achat des consciences. De là découle incontestablement certaines mentalités et pratiques rétrogrades : le refus de l’alternance politique, le clientélisme régit en système de gestion de pouvoir, l’intolérance, et comme si cela ne suffisait pas vient s’ajouter la violence brute qui n’épargne même pas la vie des innocents.

1.5 S’agissant par ailleurs de la médiocrité du système de parti unique, nous estimons que les séquelles du M.P.R, parti-état, sont encore trop fraîches dans la mémoire collective pour nous dispenser de nous y attarder trop longtemps. Néanmoins, nous soulignons que c’est un système dans lequel toute velléité d’alternance au pouvoir ne peut se concevoir que moyennant l’usage de la violence. Par ailleurs, l’attitude du pouvoir lui-même à l’égard de ses opposants déclarés ou supposés d’une part, et de tous ceux qui – à l’intérieur même des instances dirigeantes – ne sont pas en odeur de sainteté d’autre part, laisse à désirer.

En effet, dans le système de parti unique, vivant dans la psychose de la conspiration, le pouvoir  politique se dote d’un arsenal puissant de détection de ses prétendus opposants. C’est ainsi que fleurissent les polices politiques et parallèles sous l’ombre d’un même pouvoir, au point de se neutraliser. Elles se dotent de tous les moyens pour violer l’intimité des citoyens, en sécrétant à l’intérieur de la société un climat malsain de suspicion, de peur, etc. qui muselle la libre expression à tous les niveaux et amène les citoyens à se renfermer sur eux-mêmes. Malheureusement, cette triste expérience a montré que dans un tel contexte d’intimidation et de musellement, le peuple souverain se voit interdire de s’exprimer afin de pouvoir au besoin revendiquer légitimement ses droits fondamentaux.

C’est cette paralysie générale générée par la peur qui a été cyniquement interprétée sous la Deuxième république comme étant la « paix retrouvée », voire la « paix chèrement acquise », quand ce n’était pas la complicité entre le « guide » et son peuple. Dans un tel système, à l’intérieur du pouvoir, les parents, les copains[5] et les coquins sont propulsés à des postes stratégiques, en procédant méthodiquement à la liquidation systématique de tous ceux parmi les dirigeants suspectés de ne pas se soumettre à la dévotion du Chef déifié. De là à déduire que le système du parti unique contribue à mettre en place le mécanisme de sa propre destruction, il n’y a qu’un pas ; dans la mesure où il s’applique à détruire ses propres cadres, s’appuyant sur la médiocrité et préparant de ce fait les conditions de son autodestruction.

Pour combattre énergiquement toute tendance à reproduire ce schéma qui est à l’origine des grands malheurs dont souffre la République Démocratique du Congo (RDC), d’une part, et de pouvoir poser les bases solides d’un état démocratique d’autre part, il est indispensable de tenir compte de certaines exigences.

2. Perspectives d’avenir

Dans le prolongement de ce qui précède, afin de pouvoir ébaucher quelques points de repère sur les perspectives d’avenir, il va falloir préalablement tenir compte de deux remarques suivantes :

2.1 A propos de la convocation du dialogue national par le pouvoir

Vue de manière générale, il y a lieu d’admettre que l’initiative prise par le pouvoir actuel en convoquant le dialogue national, comme cadre réflexif de reconstruction nationale est d’une certaine manière, une idée positive en soi.

Cela est une évidence qu’aucun esprit responsable ne saurait nier sans nuance. Cependant, il va de soi que l’esprit d’exclusion manifestement caractéristique de ce dialogue ne nous semble pas répondre qualitativement aux aspirations profondes de notre peuple. Celui-ci envisage l’avenir dans un esprit de large concertation en tenant compte des sensibilités des uns et des autres afin de garantir l’espace politique.

Suite à ce constat, on pourrait se demander s’il n’est pas contradictoire de donner objectivement l’illusion de fonder l’avenir sur des valeurs démocratiques, d’une part, et de poser simultanément des gestes contraires à ce même esprit démocratique d’autre part ?

Sans toutefois dresser un tableau caricatural des intuitions fondamentales des responsables actuels de notre pays, telles qu’elles se livrent à l’observation, la réalité actuelle permet d’affirmer que le dialogue national organisé exclusivement par les tenants du pouvoir s’apparente plus à une réunion élargie de Comités des pouvoirs populaires (C.P.P).

2.2 Contrairement à l’esprit du pouvoir qui, tout en convoquant le « Dialogue national », ce que nous considérons déjà comme un acquis positif, table manifestement sur l’exclusion qui est foncièrement contraire aux idéaux véritablement démocratiques. Pour nous, un tel débat ne pourrait valablement avoir lieu que dans un cadre qui favoriserait (garantirait) à coup sûr une large participation de tous. Là dessus, notre pays n’est pas dépourvu des exemples historiques instructifs pouvant permettre d’éclairer considérablement le présent. A cet effet, les acquis de l’expérience des enseignements du Conclave de Lovanium tenu du 25 juin au 02 août 1961 pourraient éventuellement nous permettre de penser l’avenir de manière créative, en faisant valoir le débat contradictoire entre les différentes tendances en présence. Ceci par exemple, en accordant une amnistie générale aux politiciens et aux militaires à l’exception de ceux qui s’étaient rendus coupables de crimes de droit commun. Comme cela fut fait pour détendre les esprits en 1961. Plus proche de nous, nous pourrions aussi nous inspirer des travaux de la Conférence Nationale Souveraine (CNS), car tout n’était pas négatif.

C’est précisément pour éviter les incohérence flagrantes exposées ci-dessus que nous tenons à suggérer quelques pistes de réflexion au tour desquelles nous entendons initier le « Dialogue Inter-Congolais » de manière crédible, dans un esprit réconciliateur entre les filles et les fils de notre pays.

2.3. Transition

Aujourd’hui, force est de constater que la révolution que nous avions soutenue naguère est aux abois. L’essentiel étant par conséquent en cause, et n’ayant jamais été des adeptes de la pensée unique, nous disons aux libérateurs d’hier merci pour tout, mais nous devons changer de cap pour aller plus loin. D’ailleurs, c’est bien connu que la révolution mange parfois ses propres enfants. Voilà ce qui explique en substance notre prise de position critique, en formulant clairement quelques propositions en vue de la réussite nécessaire de la transition en République Démocratique du Congo (RDC).

Nos suggestions se structurent autour des points suivants :

2.3.1 Mise en place d’un organe de suivi et de contrôle de l’exécution des décisions du Dialogue Inter-Congolais. Nous proposons à cet effet l’élection, sur la base des critères rigoureux de probité morale, de compétence et d’expérience, d’un Haut conseil permanent-parlement de transition dont le mandat prendrait fin avec celui du gouvernement de transition, au lendemain des élections législatives.

2.3.2 Prévoir un cadre constitutionnel de la transition, afin de déterminer la répartition de pouvoir entre la Présidence de la République, le Gouvernement et le Haut-conseil permanent-Parlement de transition.

2.3.3 Au sujet du calendrier électoral, nous estimons que la durée de la transition doit être la moins longue possible. Evitons une transition qui durerait encore un septennat, c’est ridicule. Le pays doit se doter assez rapidement des institutions définitives afin de minimiser les effets de manque d’assurance souvent inhérent aux régimes de transition.

Elaboration de la loi électorale et fixation du calendrier des diverses élections. Pour les dépassionner, nous suggérons de commencer par les élections communales et finir par l’élection présidentielle en passant par l’élection des gouverneurs, députés et sénateurs.

2.3.4 Election du futur Premier ministre du gouvernement d’union nationale de transition.

2.3.5 Prendre une série des mesures afin de débarrasser les principaux organes de l’Etat de la mainmise de C.P.P. et donner ainsi des chances égales à tous les partis politiques dans le cadre de leur préparation aux échéances électorales.

2.3.6 Inventaire des avoirs de tous ceux qui, à des degrés divers, ont été mêlés à la gestion du patrimoine national et de l’Etat depuis le 30 juin 1960 jusqu’à l’ouverture du Dialogue Inter-Congolais.

Qu’on nous comprenne, il ne s’agit pas là de se livrer à une chasse aux sorcières. Il est plutôt question de prendre des mesures de nature non seulement à permettre le rentrée des fonds indispensables au développement de l’économie nationale et à la reconstruction du pays, mais aussi à dissuader les autorités de demain à commettre les mêmes forfaits.

2.3.7 Le Congo ne peut pas sempiternellement compter sur l’aide internationale pour sa reconstruction, alors que nous avons de dizaines des politiciens qui sont millionnaires, voire milliardaires en dollars US, pour avoir contribué au pillage systématique de la Nation.

2.3.8 Inventaire et restitution à l’Etat du patrimoine mobilier et immobilier arbitrairement attribués à certains partis politiques quand ce n’est pas aux membres de famille, aux copains et aux maîtresses, etc.

2.3.9 Pour une meilleure gouvernance, il faudrait éviter le cumul de mandats.

2.3.10 Si le nom du pays et l’hymne national ne posent pas problème, en s’occupant des institutions définitives, le «Dialogue Inter-Congolais » devra traiter le problème du drapeau car le drapeau actuel ne symbolise plus rien puisque le pays ne compte plus six provinces mais bien dix. A moins de revenir carrément sur cette répartition.

2.3.11 Elaborer la loi sur la presse. Le quatrième pouvoir étant devenu aujourd’hui incontournable dans toutes les démocraties qui se respectent. Rien ne sert donc de la museler ni même d’en faire une presse godillot. Il suffit d’une bonne loi qui garantirait son fonctionnement.

2.3.12 S’agissant de la coopération internationale, il importe de la redynamiser sur des bases fiables, en créant les conditions optimales pour attirer le capital privé. Une telle coopération devra être fondée effectivement sur la négociation équilibrée avec nos partenaires étrangers afin que leurs investissements soient orientés vers des secteurs susceptibles de maximiser la croissance par l’importance de leurs effets d’entraînement, et de contribuer à la reconstruction d’une économie développée et bien articulée.

2.3.13 Le développement de notre pays passe nécessairement par la démocratisation de la vie politique, la promotion de la libre entreprise… et le strict respect de la propriété privée. Celle-ci est le gage de la sauvegarde des intérêts des opérateurs économiques. Dans ce dynamisme, il va de soi que la mise en état de nos routes et de tous les moyens de communication figureront incontournablement parmi les priorités du gouvernement de transition.

3. Conclusion

Chers compatriotes, nous voici arrivés au terme de notre réflexion. Compte tenu du cheminement emprunté, avec tout ce que cela pourrait susciter comme réactions passionnelles ou critiques : quelle idée et/ou ligne de force retenir spécialement afin de mieux cerner le souci qui nous a conduit à aborder cette problématique ?

Pour faire bref, il convient de rappeler ici que le souci qui a motivé notre initiative se fonde à la fois sur une prise de conscience aiguë de la situation dramatique qui prévaut dans notre pays, d’une part, et d’autre part, le souci profond, c’est-à-dire la préoccupation de devoir apporter notre modeste contribution au débat en cours.

En effet, à moins de vouloir se positionner comme spectateur - ce qui serait fort regrettable -, en tant que citoyens congolais, nous sommes conviés, chacun selon ses charismes et ses aptitudes, à prendre entièrement part, de manière résolument engagée, à la reconstruction de notre beau et riche pays, la République démocratique du Congo (RDC). Une telle mobilisation est indispensable, dans la mesure où elle permet très précisément de libérer notre pays des pesanteurs qui handicapent sérieusement son développement intégral.

Comme on peut s’en rendre compte, pour répondre à cette exigence, nous avons opté deux démarches afin de permettre à notre pays à se « remettre débout ».

3.1 Constats

Ici, nous avons délibérément décidé de faire une relecture sans complaisance de notre histoire respective. Ce travail rétrospectif nous a permis entre autre de stigmatiser des failles que nous avons commises à titre individuel et/ou collectif. Il s’est avéré que, sans occulter les responsabilités du monde extérieur, nous sommes persuadés qu’en tant qu’acteurs et responsables premiers de notre développement, nous sommes pour beaucoup dans la crise multidimensionnelle que notre pays connaît. Parmi les causes fondamentales de cette crise, nous avons cité notamment :

- Le manque du respect de l’esprit démocratique ;

- La monopolisation du pouvoir ;

- L’institutionnalisation des partis uniques ;

      - L’exclusion.

Il faut reconnaître humblement qu’aussi difficile fut-elle, c’est cette capacité de diagnostiquer avec objectivité notre passé au sens d’anamnèse, qui a fort heureusement permis finalement de prendre conscience de nos aberrations excessives afin de nous donner les moyens efficaces de nous libérer de cette crise multiforme.

3.2 Perspectives d’avenir

Non Chers compatriotes : « Le Congo ne doit pas mourir, il ne veut absolument pas mourir ». Raison pour laquelle, contrairement au point précédent où nous avons effectué une descente aux enfers afin de re-découvrir véritablement nos failles et nos responsabilités dans cette situation catastrophique où le Congo sombre depuis son indépendance jusqu’à ce jour, il nous faut énergiquement regarder l’avenir avec optimisme. C’est ainsi que dans le deuxième point de cette modeste contribution, nous nous sommes donnés quelques moyens comme « socle » sur lequel il faudrait désormais, dans un esprit de Palabre africaine authentique, fonder impérativement le devenir d’une nation démocratique et prospère au cœur de l’Afrique, mère de l’Humanité.

Enfin, nous sommes persuadés que seule une pensée créatrice, féconde et ouverte sur autrui ; devant exorciser résolument les démons de tout genre, les querelles sclérosants et les divisions axphixiantes, est capable de forger une société humaine éclairée apte à relever tous les défis du 21ème siècle.

Notice bibliographique

-Diangitukwa F., Qui gouverne le Zaïre ? La République des copains. Essai, Editions l’Harmattan, Paris, 1997.

-Hochschild A., Les fantômes du roi Léopold II. Un holocauste oublié, Belfond, Paris, 1998.

-Nendaka Bika V., « Interview » cassette vidéo, Dialogue n° 7.

-« Sois sans crainte… » (LC 12, 32), « La situation dramatique actuelle et l’avenir de la République Démocratique du Congo », Déclaration des Evêques de la République Démocratique du Congo aux catholiques et à tous les Hommes de bonne volonté, Nairobi, 1999.

-Témoignage de « frère » Dominique Sakombi Inongo.

-Vangroenweghe D., Du sang sur les lianes, Coll. « Grands Documents », Didier Hatier, Bruxelles, 1986.

Table des matières

Dédicace. mel

O. Préliminaires................... 2

1. Constats.. 3

2. Perspectives d’avenir....... 6

2.1 A propos de la convocation du dialogue national par le pouvoir........ 7

2.3. Transition 8

3. Conclusion................. 10

3.1 Constats 11

3.2 Perspectives d’avenir..... 11

-Notice bibliographique................ 12

-Table des matières.... 13


[1] D. Vangroenweghe, Du sang sur les lianes, Coll. « Grands Documents », Didier Hatier, Bruxelles, 1986. Lire avec intérêt A. Hochschild, Les fantômes du roi Léopold II. Un holocauste oublié, Belfond, Paris, 1998.

[2] V. Nendaka Bika, « Interview », cassette vidéo, Dialogue n° 7.

[3] Témoignage de « frère » Dominique Sakombi Inongo.

[4] Cf. « La situation dramatique actuelle et l’avenir de la République Démocratique du Congo », « Sois sans crainte… » (LC 12, 32), Déclaration des Evêques de la R.D.C. aux catholiques et à tous les Hommes de bonne volonté, Nairobi, 1999, p. 5, point 13.

[5] Cf.F. Diangitukwa, Qui gouverne le Zaïre ? La République des copains. Essai, Editions l’Harmattan, Paris, 1997.

Nickédo Nkiawete Touzeyewo

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