|
17
mars 1978 - 17 mars 2000
22ÈME
COMMÉMORATION DE L'ODIEUX MEURTRE POLITIQUE DES PATRIOTES CONGOLAIS,
LES PERSONNALITÉS CIVILES, MATANDA, MBURIABA, MBANGAMA ET MAKANI,
AINSI QUE LES OFFICIERS MILITAIRES SUPERIEURS KUDIA‑KUBANZA,
PANUBULE, BIAMWENZE, KALONDA, KALUME, MWEPU, TSHUNZA, MWEHU, FUNDI.
lachement assassisnes a kinshasa, le 17 mars 1978 sous
la conduite du general ultra-mobutiste, likulia bolongo agissant en
parfaite intelligence avec le sanguinaire dictateur mobutu.
Ce 17 mars
2000, des patriotes congolais et bien d'autres sœurs et frères
humains sont de cœur avec nous pour célébrer dans le recueillement
et la prière et aussi la réflexion politique, -cette 22ème
Commémoration de la nuit du 16 au 17 mars, date de l'odieux
assassinat politique perpétré par la Dictature criminelle des
mobutistes contre d'autres patriotes congolais ; En l'occurrence : les
personnalités civiles, François-Xavier MATANDA MA TEMU, mon défunt
père, MBURIABA, MBANGAMA, MAKANI
ainsi que des officiers supérieurs militaires Patrice KUDIA-KUBANZA,
BIAMWENZE, KALONDA, PANUBULE, KALUME, MWEPU,
TSHUNZA, MWEHU, FUNDI.
Par
la même occasion, tous ensemble, nous rendons un hommage pieux au
martyr de plusieurs millions d'autres hommes, femmes et enfants
congolais arrachés à la vie du seul et unique fait de l'absence dans
notre pays, des infrastructures médicales, sanitaires, sociales, économiques,
judiciaires, administratives, scolaires et autres.
Lesquelles
infrastructures ont été totalement détruites par les extravagances
mobutistes de septembre 1960-1997.
De
mai 1997 à ce jour, le pouvoir AFDL, toutes tendances confondues,
n'ayant rien fait d'autre que, d'une part, hériter de cette situation
d'un Congo transformé en un enfer et mouroir mobutiste et d'autre
part, aggraver ces destructions à leurs extrêmes limites.
C'est
pourquoi, - en ma double qualité d'une part, de fils de feu François-Xavier
MATANDA MA TEMU, supplicié de la nuit du 16 au 17 mars 1978, et
d'autre part, de Patriote congolais, combattant de la liberté pour
notre Patrie, - je considère qu'il est pour moi un devoir sacré de
souvenir, de mémoire, d'amour filial et aussi "amour du
prochain" de commémorer ces faits sous le signe de l'EXIGENCE DE
VERITE, DE JUSTICE ET AUSSI DE RECONCILIATION NATIONALE.
D'emblée
j'aimerais déjà à ce stade de mon propos, en appeler à la
perspicacité des Patriotes congolais, -et les inviter à ne point entériner
l'approche extrêmement réductrice qui tend à faire de cette Réconciliation
nationale une simple affaire d’arrangements politiciens pour le
partage du "gâteau-pouvoir".
La
réhabilitation des cinquante millions de populations congolaises dans
leurs droits et devoirs de Souveraineté nationale et dans leur
Humanité, -devrait être l'objectif principal de cette Réconciliation
nationale : dans cette perspective seule la VERITE et la JUSTICE
pourront constituer un gage de sérieux et de viabilité à cette
incontournable Réconciliation nationale.
En
tout état de cause, il s'impose à tous, d'avoir sans cesse présent
à l'esprit cette réalité inéluctable : tôt ou tard, l'État de
Droit, la démocratie et la véritable liberté de presse seront
effectivement restaurés dans notre pays, la dite République Démocratique
du Congo. Ce jour-là, près de cinquante millions d'hommes, de femmes
et d'enfants congolais exigeront que cette VERITE et cette JUSTICE
soient rendues à la Nation et au peuple congolais.
En
effet, depuis la confiscation des Institutions et de l'appareil de l'État
congolais par les régimes mobutistes le 14 septembre 1960, jusqu'à
ce jour, - les deux régimes totalitaires qui se sont succédés au
pouvoir dans notre pays, ont fait de l'ignorance politique des
populations congolaises, le principe moteur de leurs règnes.
Aussi,
ces quarante dernières années d'obscurantisme politique
constituent-elles la cause première de la persistance de l'état
d'extrême pauvreté et de réelle servitude où se sont trouvées réduites
les cinquante millions de populations congolaises.
Les
deux ailes dissidentes et belligérantes de la défunte multinationale
AFDL, maîtresses de l'Appareil de l'État, -ont, elles aussi, fait de
l'ignorance politique du peuple le fondement de leur Pouvoir. Les mêmes
causes produisant les mêmes effets, l'extrême pauvreté des
populations atteint aujourd'hui son paroxysme.
Tout
au long de ces quarante dernières années de l'histoire
post-coloniale de notre pays, la dite République Démocratique du
Congo, - seule la pensée unique du "dictateur" ou des
"dictateurs" régnant déterminait et détermine encore, la
vie de la Nation et du Peuple congolais.
Plongé
dans cet état d'obscurantisme total, le peuple congolais n'a jamais
eu pleinement conscience de son extraordinaire capacité à réduire
à néant ces épouvantails : hier, la Dictature criminelle des
mobutistes, aujourd'hui, celle (Dictature criminelle) des diverses
tendances des ailes dissidentes et belligérantes de la défunte
multinationale AFDL.
C'est
dans ce contexte général qu'il s'impose de placer les avis et considérations
que m'inspire aujourd'hui cette 22ème Commémoration de
l'assassinat politique perpétré, dans la nuit du 16 au 17 mars 1978,
par LIKULIA BOLONGO et ses complices mobutistes opérant en parfaite
intelligence avec leur maître le sanguinaire dictateur MOBUTU.
Pour
l'essentiel, la perpétration de cet assassinat politique de la nuit
du 16 au 17 mars 1978 avait débuté par la conclusion de la mise en
scène radio-télévisée d'un procès politique dans la pure
tradition mobutiste.
Ce
soir là, les caméras de l'organe de la mobilisation et de la
propagande mobutiste omniprésents à cette parodie de procès, -
avaient omis de montrer aux téléspectateurs congolais les marques
d'abominables tortures infligées aux suppliciés par LIKULIA BOLONGO
et ses complices.
En
effet, tout au long des deux mois de détention, d'instruction et de
parodie de procès, - LIKULIA BOLONGO et ses complices avaient soumis
les suppliciés à des traitements dégradants et inhumains et aux
pires tortures destinées à contraindre les accusés à passer aux
aveux.
Plus
tard, dans la soirée du 16 mars 1978, le Général ultra mobutiste
LIKULIA BOLONGO, jouant pleinement son rôle de cruel tortionnaire,
conduira personnellement les « opérations » de la mise à
mort des suppliciés de la nuit du 16 au 17 mars 1978, à savoir
: les officiers militaires supérieurs, KUBIA-KUBANZA, BIAMWENZE,
KALONDA, PANUBULE, KALUME, MWEPU,
TSHUNZA, MWEHU, FUNDI, ainsi
que les personnalités civiles MATANDA, MBURIABA, MBANGAMA ET MAKANI.
Dans
le cas précis de mon défunt père François-Xavier MATANDA-MA-TEMU
et de son "ami" et "jeune frère" Patrice
KUDIA-KUBANZA, l'histoire retiendra combien le Général ultra
mobutiste LIKULIA BOLONGO avait excellé dans sa cruauté et sa
monstruosité pour servir son maître, MOBUTU.
Pour
des raisons liées aux pratiques cannibales et fétichistes des ultra
mobutistes, notamment les membres de la PRIMA-CURIA MOBUTISTE, - les
meurtres politiques de mon père et de son frère Patrice
KUDIA-KUBANZA s'étaient opérés au moyen de plusieurs coups de baïonnettes
assénées sur ordre de LIKULIA BOLONGO.
Après
avoir perpétré leur monstrueux forfait, ces monstres à visages
humains avaient procédé au prélèvement de certains organes vitaux
des corps agonisant de mon défunt père François-Xavier
MATANDA-MA-TEMU et de son frère Patrice KUDIA-KUBANZA.
Le
Général ultra mobutiste LIKULIA BOLONGO procédera, séance tenante,
à la remise de ces organes vitaux aux marabouts-féticheurs présents.
Ces organes humains extraits des corps agonisant de mon défunt
père François-Xavier MATANDA-Ma-TEMU et de son frère Patrice
KUDIA-KUBANZA avaient servi à des rituels fétichistes et cannibales
traditionnelles caractéristiques du régime mobutiste.
C'est
dans ces circonstances extrêmement macabres que furent mises à terre
les dépouilles de mon défunt père et des ses compagnons de
supplices.
Poussant
leur monstruosité jusqu'à son paroxysme, LIKULIA BOLONGO, son maître
MOBUTU et leurs complices avaient interdit, de manière catégorique,
aux membres de famille de rendre un dernier hommage aux leurs, et
encore moins de connaître le lieux où, - ces pères, époux, fils,
frères, oncles, cousins, grands-parents, amis, collègues reposaient
pour l'éternité.
Mieux
: non satisfait de leurs exploits en criminalités et barbaries,
-LIKULIA BOLONGO, son maître MOBUTU et leurs complices mobutises procéderont,
ce même 17 mars 1978, à la "saisie et confiscation" de la
totalité des biens meubles et immeubles ayant appartenus à ces
martyrs du mobutisme criminel. Il s'agissait de punir très sévèrement
les membres de famille survivants en les privant de toutes ressources,
de tous moyens de subsistance, les condamnant véritablement à la
perdition totale ou même à une mort certaine. Ce qui arriva
d'ailleurs dans de très nombreux cas.
Je
n'ose aborder en détail les conditions brutales et inhumaines dans
lesquelles le Général ultra-mobutiste LIKULIA BOLONGO, son maître
MOBUTU et leurs complices avaient procédé à l'expulsion des
enfants, des épouses et autres membres de la famille hors de leurs
habitations.
En
même temps que les expulsions consécutives aux "saisies et
confiscations" ordonnées, - les MOBUTU, LIKULIA, ATUNDU et leurs
complices avaient déclenché une très vaste opération visant à
chasser des forces armées nationales, tous les brillants officiers et
sous-officiers militaires originaires des provinces auxquelles
appartenaient les personnes assassinées. Seuls quelques très rares
exceptions avaient échappé à cette épuration.
Issus
des meilleures académies militaires du monde où ils avaient acquis
une excellente formation militaire conclue du reste par d'excellentes
mentions, ces brillants officiers supérieurs et subalternes ainsi que
ces sous-officiers étaient en outre dotés d'une très solide expérience
: des parfaits chefs militaires dont le seul malheur était d'être
issus des provinces du Bandundu, du Katanga, de Nord et Sud Kivu, du
Kasai-oriental, du Kasai-occidental, du Maniema, du Bas-Congo.
Provinces
ou régions maudites ?
La
mise en œuvre de cette politique d'épuration, exclusions et
assassinats systématiques des originaires de ces provinces dites
maudites, -se poursuivra jusqu'au 17 mai 1997, date de la chute de la
Dictature criminelle des mobutistes : soit près de 20 années durant.
Vingt
années durant lesquelles LIKULIA BOLONGO et ses paires, anciens Chefs
de la GESTAPO mobutiste dont ATUNDU LIONGO, -ont rivalisé
d'excellence dans la conception, l'élaboration et la mise en exécution
des actions de désintégration et de déliquescence des Forces armées
nationales congolaises.
Parallèlement
à leur vaste action de désintégration et de déliquescence des
Forces armées nationales congolaises, - le Général ultra-mobutiste
LIKULIA BOLONGO et ses complices dont ATUNDU LIONGO, NGBANDA ZAMBOKO
et consorts évolueront vers la mise en place des milices
ethno-tribales armées, censées défendre mieux que quiconque la vie
du Chef incontesté de la Dictature criminelle des mobutistes.
C'est
dans cette perspective que les Baramoto,
Nzimbi, Ondekane, Zing-Zong, alias le "Roi des bêtes"
seront extraits de leur travail de manutentionnaires au port de l'Onatra
à Lisala pour être purement et simplement parachutés à la tête de
cette cohorte des milices ethno-tribales armées sensées constituer
le socle du dispositif de défense de l'intégrité du territoire
national.
Déjà
en septembre 1991, ces mêmes milices ethno-tribales censées assurer
la sécurité des biens et des personnes dans notre pays, -s'étaient
accordées quatre journées de pillage et de destructions systématiques
des biens dont elles étaient appelées à assurer la protection. Une
année plus tard, elles récidivaient à la plus grande joie des
MOBUTU, LIKULIA, ATUNDU, NGBANDA, BARAMOTO, NZIMBI, ZING-ZONG, alias
le "Roi des Bêtes" !
Quant
à la protection des personnes établies sur le territoire national
congolais, ces milices ethno-tribales mises en place par les LIKULIA
BOLONGO, ATUNDU LIONGO, LE ROI DES BETES et Consorts constituaient les
seules et uniques causes d'absence de protection des biens et des
personnes en territoire national congolais.
Même l’ambassadeur
de France à Kinshasa sera victime de ces milices tribales armées.
Enfin,
en septembre 1996, quand la coalition des armées composées de vingt
mille soldats rwando-ougandaises et burundaises interviendra sur le
territoire national congolais, et plus particulièrement dans les
Provinces du Nord et du Sud Kivu, les cent cinquante mille éléments
de ces milices ethno-tribales seront tout à fait incapables d'opposer
une quelconque résistance.
L'arrivée
en renfort des Dix mille unités de la Gendarmerie katangaise en
provenance de l'Angola et soutenus par la coalition des armées
namibiennes, angolaises et zimbabwéennes, -permettra d'accélérer la
fin de la phase finale du processus de l'auto-destruction totale des
Forces armées nationales congolaises déclenché par les Mobutu,
LIKULIA, ATUNDU.
Ces
dix mille combattants issus des troupes congolaises de l'ancienne
Gendarmerie katangaise, -ont jadis fait partie d'une très importante
fraction de nos Forces armées. Cependant, ils avaient été
contraints à l'exil en Angola en 1966 - 1967 - 1968 ; il s'agit de l'époque
où la Dictature criminelle des mobutistes avait décimé près de dix
mille hommes des troupes de cette Gendarmerie katangaise.
En
effet, à l'époque, plusieurs milliers d'entre ces gendarmes
katangais avaient été embarqués sans armes à bord d'avions
militaires et jetés sans parachute à plusieurs milliers de mètres
d'altitude. D'autres avaient été sommairement abattus. D'autres
encore dont le Colonel Tshimpola, le Major Monga ont vécu l'odieuse
expérience de la mise en scène de procès suivie de l’exécution
de la peine de mort.
Je
n'ose revenir sur la tragédie vécue par les officiers supérieurs
militaires impliqués dans la parodie du procès dit « Coup monté
et manqué » des Fallu, OTSHUDI, Omba
et autres. Dans cette malheureuse
affaire, le refus du Général Masiala
d'envoyer ces dignes fils du Congo à une mort injuste - lui avait coûté
la vie. Dès la fin du procès et le prononcé du verdict par Masiala,
les LIKULIA BOLONGO et ses complices avaient tendu un traquenard qui
avait conduit le Général à la mort.
Nous
passons sous silence le calvaire vécu par des dizaines de milliers
d'autres officiers, sous-officiers et soldats tués froidement, dans
l'anonymat, par les pelotons d'exécutions obéissant aux ordres de la
Dictature criminelle des mobutistes dont les LIKULIA BOLONGO, ATUNDU
LIONGO et Consorts.
Dans
le contexte national congolais actuel, il faudrait un ouvrage pour
mieux exprimer les avis et considérations que m’inspirent cette 22ème
Commomération de ce meurtre politique perpétré dans la ville de
Kinshasa dans la nuit du 16 au 17 Mars 1978 par la dictature
criminelle des mobutistes.
Je
préfère en arrêter là pour aujourd’hui en me réservant encore
et toujours le loisir de faire usage de ce droit et devoir sacrés de
mémoire, d’amour filiale, d’amour du prochain.
En
effet, aujourd’hui, plus de soixante années après la perpétration
des crimes nazi, le droit et devoir sacrés de mémoire oblige la
Communauté Internationale à témoigner et à exiger sans cesse que Vérité
et justice soient faites :
je ne demande ni plus ni moins que cela.
Pour
le souvenir, la vérité, la justice et aussi la réconciliation
nationale en République Démocratique du Congo.
Jacques
Matanda-ma-Mboyo
Patriote
congolais.
|