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Persona non grata, Mgr Kataliko, selon la déclaration des "autorités" des territoires occupés. Mgr Kataliko
aurait été empêché de retourner à Bukavu et serait présentement relegué à Butembo. Le Clergé Catholique
de Bukavu a signé un mémorandum qui mérite d'ailleurs d'être diffusé méthodiquement à toutes les
chancelleries, à toutes les agences de presse, à toutes les associations des droits de l'homme, et à
toutes les institutions religieuses.
Il est reproché à Mgr Kataliko d'inciter à la haine ethnique et au génocide, notamment en raison de son
profond et courageux message de Noêl dans lequel il dénonçait entre autres les violations des droits
humains, les vols, viols et massacres, la misère des populations et dans lequel il appelait au retrait des
troupes étrqngères et invitait les populations à garder espoir.
Cette accusation, malgré son absurdité et ridicule, dévoile cependant une fois de plus la stratégie des
Rwandais et des Ougandais à utiliser la menace du génocide comme épouvantail, à utiliser l'accusation
d'épuration ethnique comme accusation passe-partout,
et à jouer les éternelles victimes. Malheureusment pour ces apprentis-sorciers, les masques sont tombés.
Le mensonge est patent.
Plus grave encore est le fait de déclarer Monseigneur Kataliko persona non grata. En effet, même si cette
expression signifie littéralement "personne non agréable, non désirable, dont la présence n'est pas
souhaitée", en réalité, elle a un sens technique plus précis dans les relations internationales et en
diplomatie. Elle est normalement réservée à une personne étrangère,ayant généralement un statut
diplomatique, et qu'un Etat ne désire plus avoir sur
son territoire. Si les autorités des territoires occupés considèrent que Mgr Kataliko est étranger à
Bukavu et qu'ils peuvent le déclarer indésirable, c'est qu'ils considèrent que ces territoires
appartiennent à un Etat autre que celui dont Mgr est citoyen. L'annexion au quotidien.
Trop, c'est trop.
Je ne serais pas surpris que Mgr Kataliko retourne très bientôt à Bukavu, à la suite de l'action
courageuse entamée par le Clergé et l'Eglise Catholique et à la suite des pressions internationales
qui ne devraient pas tarder. Et je ne serais pas surpris que les "autorités" des territoires occupés
imputent cetté bévue à l'excès de zèle d'un subalterne.
Quelle que soit l'évolution de cette affaire, le seul fait qu'elle ait pu avoir lieu, est une illustration
de l'humiliation dont notre pays est l'objet. Persona non grata dans son propre pays! Quel comble!
Pierre
Mangila |