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Persona non grata

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Pierre Mangila

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Persona non grata, Mgr Kataliko, selon la déclaration des "autorités" des territoires occupés. Mgr Kataliko aurait été empêché de retourner à Bukavu et serait présentement relegué à Butembo. Le Clergé Catholique de Bukavu a signé un mémorandum qui mérite d'ailleurs d'être diffusé méthodiquement à toutes les chancelleries, à toutes les agences de presse, à toutes les associations des droits de l'homme, et à toutes les institutions religieuses.

Il est reproché à Mgr Kataliko d'inciter à la haine ethnique et au génocide, notamment en raison de son profond et courageux message de Noêl dans lequel il dénonçait entre autres les violations des droits humains, les vols, viols et massacres, la misère des populations et dans lequel il appelait au retrait des troupes étrqngères et invitait les populations à garder espoir. 

Cette accusation, malgré son absurdité et ridicule, dévoile cependant une fois de plus la stratégie des Rwandais et des Ougandais à utiliser la menace du génocide comme épouvantail, à utiliser l'accusation d'épuration ethnique comme accusation passe-partout,
et à jouer les éternelles victimes. Malheureusment pour ces apprentis-sorciers, les masques sont tombés. Le mensonge est patent.

Plus grave encore est le fait de déclarer Monseigneur Kataliko persona non grata. En effet, même si cette expression signifie littéralement "personne non agréable, non désirable, dont la présence n'est pas souhaitée", en réalité, elle a un sens technique plus précis dans les relations internationales et en diplomatie. Elle est normalement réservée à une personne étrangère,ayant généralement un statut diplomatique, et qu'un Etat ne désire plus avoir sur
son territoire. Si les autorités des territoires occupés considèrent que Mgr Kataliko est étranger à Bukavu et qu'ils peuvent le déclarer indésirable, c'est qu'ils considèrent que ces territoires appartiennent à un Etat autre que celui dont Mgr est citoyen. L'annexion au quotidien.

Trop, c'est trop.

Je ne serais pas surpris que Mgr Kataliko retourne très bientôt à Bukavu, à la suite de l'action courageuse entamée par le Clergé et l'Eglise Catholique et à la suite des pressions internationales qui ne devraient pas tarder. Et je ne serais pas surpris que les "autorités" des territoires occupés imputent cetté bévue à l'excès de zèle d'un subalterne.

Quelle que soit l'évolution de cette affaire, le seul fait qu'elle ait pu avoir lieu, est une illustration de l'humiliation dont notre pays est l'objet. Persona non grata dans son propre pays! Quel comble!

Pierre Mangila

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