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Le New York Times contient un article récent (10
Février) signé de Bunia par son envoyé spécial Ian Fischer. Cet article confirme les horreurs des
affrontements entre Lendus et Hemas (au moins deux mille victimes, près de 150,000 déplacés) ainsi que la
participation de l'armée ougandaise et de la prétendue rébellion dans les massacres contre les
Lendus. Le journaliste rapporte des témoignages poignants des personnes nommément citées. Il décrit le cas d'un
enfant de 8 ans (vous avez bien lu, huit ans) hospitalisé des suites des blessures à la machette à
la tête et au bras. Il cite les propos de cette mère éplorée dont trois de ces cinq enfants ont été tués.
Il rapporte les témoignages des Médecins sans Frontières qui indiquent que la plupart des cas
sérieux des blessures par balles qu'ils soignent sont des Lendus (ce qui, selon le journaliste, indique une
force de feu que seule une armée peut avoir). Il décrit le désespoir de ce chef coutumier qui ne
comprend pas pourquoi 'ils' (lisez les Ougandais) ont soutenu une des parties.
Il décrit aussi ce qu'il a vu de la vidéocassette produite par le Centre Médical Evangélique présentant
les victimes les plus récentes de ces massacres: "Enfants éventrés, femmes égorgées, victimes
auxquelles il manque le cerveau"!
Ian Fischer a pu parler à Jacques Depelchin (encore un professeur congolais), porte-parole du
RCD, qui reconnait que le bataillon Ougandais qui avait participé aux massacres a été remplacé en Novembre et
que depuis lors il arrive encore "occasionellement" que les militaires soutiennent une des parties, mais
que ce n'est pas la politique officielle du mouvement".
Messieurs les professeurs dirigeants du RCD, comment parvenez vous à dormir la nuit? Messieurs les
professeurs sympathisants du RCD, comment parvenez-vous, de vos bureaux climatisés, à soutenir
un tel mouvement?
Quelle sera votre défense le jour du jugement? Que vous ne saviez rien de ce qui se passait? Personne ne
vous croira: Depelchin a reconnu les faits dans le NYT et Wamba les a reconnus ailleurs. Que vous ne pouviez
rien faire, n'étant que des marionettes otages de vos commanditaires? Personne ne vous croira non plus, car
vous êtes AU MOINS coupables de complicité et de non-assistance à personne en danger.
Et même si vous parveniez à echapper à la justice des hommes, quelle sera votre défense lors du jugement
dernier?
Il n'est pas trop tard de renoncer à cette aventure meurtrière. S'il est humain de se tromper, perséverer
dans l'erreur est diabolique, selon l'adage latin.
Pierre
Mangila |