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D'aucuns s'intérrogent sur l'opportunité de la
participation congolaise à la CAN, au vu de la situation de guerre infligée à notre pays, au vu du
manque total de préparation, au vu de la probable médiocre performance de nos
Simbas. Qu'allons-nous chercher dans cette galère, pendant que le pays est
endeuilli quotidiennement, se demandent certains. Et d'autres de renchérir:"pourquoi aller exposer notre
impréparation et nous ridiculiser, en confirmant à la face de l'Afrique que le pays est tombé bien bas dans
tous les domaines"?
Cette discussion est désormais sans objet étant donné que les Simbas sont déjà en Afrique de l'Ouest. Je
n'ose pas leur demander de ramener la Coupe étant donné le bricolage qui a caractérisé leur préparation
ou plutôt leur manque de préparation. Mais je leur demanderais deux choses: l'une sportive et l'autre
politique.
Sur le plan sportif, l'essentiel étant de participer, je leur recommanderais de faire de leur mieux, de
donner le meilleur d'eux mêmes, de tomber la tête haute!
Sur le plan politique, qui est le plus important, je leur demanderais de profiter du nombreux public qu'ils
auront grâce à la télévision pour lancer un message.
Tout d'abord, à défaut de porter des maillots noirs, ils pourront porter des bandeaux noirs autour du front
ou du bras en signe de deuil. Ensuite, il faudra qu'ils aient une pancarte annonçant qu'ils sont à la
CAN pour rappeler par leur participation que le Congo existe et qu'il est agressé, et que les congolais
veulent la paix. Pour marquer davantage les esprits,
il devront, après chaque but marqué, garder une minute de silence en mémoire des massacrés du Congo. Enfin,
ce message sur l'agression devra être répété à l'occasion de chaque interview.
L'histoire nous apprend que d'autres athlètes, à travers le monde, ont su profiter de ces grands
événéments sportifs et médiatiques pour faire passer des messages politiques.
La CAN offre une bonne occasion, si pas de gagner la coupe, au moins de gagner une bataille médiatique!
Tous Unis pour l'intégrité du Territoire National.
Pierre
Mangila |