GauHome.jpg (15896 octets) Droitebandeau.jpg (20729 octets)

Amnesty International, massacres et terreur

politi3.jpg (679 octets)

Pierre Mangila

politi3.jpg (679 octets)

Amnesty International vient de publier son rapport sur la situation des droits humains dans les territoires occupés par le RCD, le Rwanda et l’Ouganda , quelque temps après le rapport sur la situation dans le reste du territoire national.  La lecture et l’analyse de ces deux rapports est riche d’enseignements .

Le rapport consacré aux violations des droits de l’homme par le gouvernement a été rédigé à partir d’une visite en Août 1999 , soit un an après le début de l’invasion.  Ce rapport illustre avec précision des sérieuses violations des droits fondamentaux à la liberté d’expression et d’association.  Il cite notamment l’emprisonnement d’opposants non-violents du PALU ou de l’UDPS, le harcelèment des défenseurs des droits humains,  la détention des journalistes, etc .  Le Rapport indique qu’Amnesty International «  reconnait que dans les situations des conflits armés ou d’urgence nationale, certaines restrictions à la liberté d’expression sont permises en droit international ; notamment par l’article 19 de ICCPR, qui cite le cas de la protection de la sécurité nationale ou de l’ordre public, ainsi que le respect des droits et de la réputation des autres ».  Cependant, note le Rapport, les autorités n’ont jamais pu démontrer que les journalistes arrêtés mettaient en danger la sécurité nationale ou violaient les droits et la réputation d’autres personnes .  Par ailleurs, continue le Rapport , « les autorités n’ont jamais publié une loi  sur le genre d’informations qui seraient contraires à la sécurité nationale ».  Le Rapport termine par des recommandations sur la nécessité de donner des instructions aux services de sécurité pour le respect des droits humains, la libération des détenus ,etc.

Le Rapport daté du 17 Janvier ,consacré à la situation des droits de l’homme dans les zones occupées est, lui aussi, fort détaillé.  Il a été établi à la suite d’une visite de Amnesty en Novembre 1999 , c .à.d. il y a deux mois.  Le Rapport fourmille de détails (dates et nombre) sur les arrestations arbitraires, torture, « disparutions », pillages, viols, vols ; tout cela,  au quotidien «  on a daily basis ».  Le Rapport confirme les massacres de 50 civils au marché de Kahungwe le 23 Octobre par le RCD et ses alliés, l’éxécution publique d ‘une douzaine de femmes par le RCD à Mwenga, l’enterrement des femmes vivantes après les avoir violées, l’engagement des soldats ougandais et de leurs alliés du RCD aux côtés des Hemas pour le massacre des Lendus, la généralisation des arrestations arbitraires des journalistes, des défenseurs des droits humains et de toute personne résistant ou soupconnée de soutenir les Mai-Mai.  Amnesty cite des témoiganges directs de certaines victimes de ces abus.

Les deux rapports « parlent » d’eux mêmes, mais je ne peux m’empêcher de noter que toutes les violations imputées au gouvernement congolais portent sur la liberté d’expression et d’association , alors  que la plupart de celles imputées aux forces d’occupation et aux « rebelles » portent sur des massacres, viols, et pillages, EN PLUS  des violations à la liberté d’expression et d’association .  Il est reproché au gouvernement quelques cas bien documentés de MENACES de viols, et un seul cas de viol, alors que le rapport sur les forces d’occupation documente PLUSIEURS CAS DE VIOLS (et non de menaces de viols) .  Le rapport documente aussi le décès en prison d’un membre du PALU le 11 Octobre 1999 d’une maladie don’t il souffarit avant son arrestation, mais don’t le décès pouvait être évité s’il avait reçu les soins appropriés  alors que le Rapport sur les forces d’occupation fait référence à la mort de plusieurs centaines des civils..  Les sous-titres de ces rapports résument fort bien la  différence : Le gouvernement terrorise ses critiques (pour l’un) ; Les massacres des civils continuent sans relâche à l’Est (pour l’autre) .

Les massacres continuent sans relâche. Et pendant ce temps, certaines têtes bien faites se préoccupent de leurs candidatures à la présidence, annoncées soit d’Afrique du Sud soit d’Allemagne.  Oui, les massacres continuent sans relâche . Et pendant ce temps, certaines têtes bien faites affirment que le problème du Congo, c’est Kabila.

J’espère que le gouvernement saura faire référence à ce document de Amnesty International lors de la session spéciale du Conseil de Sécurité pour décrire le vrai visage de la « rébéllion » et qu’il saura réaffirmer son engagement à respecter la liberté d’association et d’expression, engagement récemment illustré par les libérations des détenus.

Tous Unis Pour l’Integrité du Territoire National

Pierre Mangila

Copyright Afriqu'Info asbl.