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Amnesty
International vient de publier son rapport sur la situation des droits
humains dans les territoires occupés par le RCD, le Rwanda et l’Ouganda ,
quelque temps après le rapport sur la situation dans le reste du
territoire national. La
lecture et l’analyse de ces deux rapports est riche
d’enseignements .
Le
rapport consacré aux violations des droits de l’homme par le
gouvernement a été rédigé à partir d’une visite en Août 1999 ,
soit un an après le début de l’invasion.
Ce rapport illustre avec précision des sérieuses violations
des droits fondamentaux à la liberté d’expression et
d’association. Il cite
notamment l’emprisonnement d’opposants non-violents du PALU ou de
l’UDPS, le harcelèment des défenseurs des droits humains,
la détention des journalistes, etc .
Le Rapport indique qu’Amnesty International «
reconnait que dans les situations des conflits armés ou d’urgence
nationale, certaines restrictions à la liberté d’expression sont
permises en droit international ; notamment par l’article 19 de
ICCPR, qui cite le cas de la protection de la sécurité nationale ou
de l’ordre public, ainsi que le respect des droits et de la réputation
des autres ». Cependant, note le Rapport, les autorités n’ont jamais pu
démontrer que les journalistes arrêtés mettaient en danger la sécurité
nationale ou violaient les droits et la réputation d’autres
personnes . Par
ailleurs, continue le Rapport , « les autorités n’ont jamais
publié une loi sur le genre d’informations qui seraient
contraires à la sécurité nationale ».
Le Rapport termine par des recommandations sur la nécessité
de donner des instructions aux services de sécurité pour le respect
des droits humains, la libération des détenus ,etc.
Le
Rapport daté du 17 Janvier ,consacré à la situation des droits de
l’homme dans les zones occupées est, lui aussi, fort détaillé.
Il a été établi à la suite d’une visite de Amnesty en
Novembre 1999 , c .à.d. il y a deux mois.
Le Rapport fourmille de détails (dates et nombre) sur les
arrestations arbitraires, torture, « disparutions »,
pillages, viols, vols ; tout cela,
au quotidien « on a daily basis ». Le Rapport confirme les massacres de 50 civils au marché de
Kahungwe le 23 Octobre par le RCD et ses alliés, l’éxécution
publique d ‘une douzaine de femmes par le RCD à Mwenga,
l’enterrement des femmes vivantes après les avoir violées,
l’engagement des soldats ougandais et de leurs alliés du RCD aux côtés
des Hemas pour le massacre des Lendus, la généralisation des
arrestations arbitraires des journalistes, des défenseurs des droits
humains et de toute personne résistant ou soupconnée de soutenir les Mai-Mai.
Amnesty cite des témoiganges directs de certaines victimes de
ces abus.
Les
deux rapports « parlent » d’eux mêmes, mais je ne peux
m’empêcher de noter que toutes les violations imputées au
gouvernement congolais portent sur la liberté d’expression et
d’association , alors que
la plupart de celles imputées aux forces d’occupation et aux
« rebelles » portent sur des massacres, viols, et
pillages, EN PLUS des
violations à la liberté d’expression et d’association .
Il est reproché au gouvernement quelques cas bien documentés
de MENACES de viols, et un seul cas de viol, alors que le rapport
sur les forces d’occupation documente PLUSIEURS CAS DE VIOLS (et non
de menaces de viols) . Le
rapport documente aussi le décès en prison d’un membre du PALU le
11 Octobre 1999 d’une maladie don’t il souffarit avant son
arrestation, mais don’t le décès pouvait être évité s’il
avait reçu les soins appropriés alors que le Rapport sur les
forces d’occupation fait référence à la mort de plusieurs
centaines des civils.. Les
sous-titres de ces rapports résument fort bien la
différence : Le gouvernement terrorise ses critiques
(pour l’un) ; Les massacres des civils continuent sans relâche
à l’Est (pour l’autre) .
Les
massacres continuent sans relâche. Et pendant ce temps, certaines têtes
bien faites se préoccupent de leurs candidatures à la présidence,
annoncées soit d’Afrique du Sud soit d’Allemagne.
Oui, les massacres continuent sans relâche . Et pendant
ce temps, certaines têtes bien faites affirment que le problème du
Congo, c’est Kabila.
J’espère
que le gouvernement saura faire référence à ce document de Amnesty
International lors de la session spéciale du Conseil de Sécurité
pour décrire le vrai visage de la « rébéllion » et
qu’il saura réaffirmer son engagement à respecter la liberté
d’association et d’expression, engagement récemment illustré par
les libérations des détenus.
Tous
Unis Pour l’Integrité du Territoire National
Pierre
Mangila |