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Le mois de l'Afrique à l'ONU est-il raté d'avance pour
le Congo? Je réponds:"non", ou plus exactement:"pas encore", mieux:"pas nécéssairement".
A quelques conditions:
1° que nous nous préparions très bien
2° que nous ne tombions pas dans le piège de nous laisser enfermer exclusivement dans une discussion sur
l'application des Accords de Lusaka et les accusations et contre-accusations sur sa violation.
3° que nous ne limitions pas notre campagne d'information et de sensibilisation à l'enceinte du
Conseil de Sécurité, mais que nous soyions aussi en contact avec les autres représentations, les
medias, les lobbies politiques américains, les organisations afro-américaines, les leaders afro-américains, les
organisations religieuses, les organisations des droits de l'homme, les organisations des femmes. Même
Jessie Jackson que nous avions ridiculisé dans notre amateurisme infantile et naif doit être amené à
écouter NOTRE vérité. Des dépliants, des dossiers de presse simples et "reader-friendly" doivent être
préparés et distribués.
4° que nous nous assurions de faire passer l'essentiel de notre message à chaque fois que nous avons droit à
la parole. Par exemple, il est fort probable que les agresseurs insisteront sur les violations des Accords
de Lusaka. Après avoir rapidement démontré que c'est eux qui les violent, nous devons vite orienter
l'information sur les autres violations qui doivent faire partie de l'essentiel de notre message
(deflection strategy).
Parmi les éléments que doit contenir notre message, je voudrais souligner:
.La violation de l'intégrité territoriale nationale
.La violation des droits humains dans les territoires occupés avec des témoignages non-gouvernementaux
(MISNA, COJESKI, Mgr Kataliko, Zahidi Ngoma, etc)
. Les effets de cette guerre sur les efforts de reconstruction nationale et de démocratisation du pays
ainsi que sur le bien être des populations, en particulier des femmes et des enfants.
. Les efforts du gouvernement pour le respect des droits humains et la démocratisation du pays, MALGRE
le contexte de la guerre.
Précision, concision, faits, chiffres, analyses, argumentation.
Mois perdu? Pas encore. Et quoiqu'il arrive, il ne sera pas totalement perdu, si nous parvenons à faire
passer notre message. J'entends certains dire:"peine perdue; ces gens des Nations savent déjà tout celà".
Pas tout à fait vrai. Ce qu'ils savent, c'est ce que la machine de propagande Rwandaise et Ougandaise
distille. Et de toutes les façons, il ne sera jamais peine perdue de répeter notre vérité: "notre pays est
victime d'une agression que la communauté internationale a le devoir de condamner clairement et
d'aider à terminer."
Merci, Monsieur Ngoy, d'avois attiré l'attention de tous, sur le risque réel que ce mois de l'Afrique ne
soit une occasion manquée -une de plus- pour notre pays!
Meilleures salutations.
Pierre
Mangila |