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Cher
Monsieur Clément,
Vous
avez raison d’insister sur la nécessité du renouvellement de la
classe politique, non seulement par son rajeunissement, mais aussi ,
et peut être surtout, par le renouvellement des idées et des
pratiques. Tout comme il est impératif de s’assurer que ceux qui
parlent au nom du peuple sont véritablement représentatifs du peuple
et que ce qu’ils disent et font correspond aux attentes véritables
et aux intérêts de ce même peuple.
Pour
ce qui est des rencontres de New York, une préparation minutieuse,
une participation active et
des contacts dans les coulisses s’imposent en effet . La sérénité
devrait également être de rigueur.
Tout éclat intempestif (de rire ou de colère) risque de
distraire du message essentiel que nous devons faire passer.
Il est important que notre pays engage une bataille
diplomatique tous azimuths pour neutraliser les images et stéreotypes
qui sont véhiculés sur le Congo et sur le président Kabila. Le
Congo a besoin d’amis et d’alliés. La sagesse populaire luba résume
bien cette nécéssité : « Vous vous disputez avec le coq,
vous vous disputez avec l’oiseau mbonkodi et vous jettez des mottes
de terre au moineau ; mais nous verrons qui vous annoncera la levée
du jour » .
La
thèse de l’ingouvernabilité du Congo ne tient pas debout ;
des références historiques et actuelles, par rapport au Congo ou à
d’autres pays, peuvent aisément démonter cette thèse et démontrer
sa fausseté. Il importe de comprendre les non-dits de cette thèse
pour la contrecarrer de manière efficace.
L’engagement
à la démocratisation non seulement en paroles, mais en actes, devra
évidemment faire partie du message de la délégation qui peut
d’ailleurs l’illustrer par les récentes libérations des
prisonniers, les rencontres politiques, le dynamisme de la société
civile, notamment des confessions religieuses, etc
Je
sais que certains milieux accordent peu d’importance à
l’efficacité des réunions de ce genre et se méfient de
l’objectivité des Nations Unies dans le traitement de cette guerre.
Prenons garde qu’une telle attitude ne nous amène à bacler
cette réunion, confirmant de la sorte l’impression générale
d’amateurisme, de bricolage et d’insouciance irresponsable qui se
dégage parfois de certains comportements. Toute occasion de
faire passer le message du Congo doit être saisie.
Les deux personnes que vous proposez (et que je connais
personnellement pour avoir travaillé avec elles dans la même
université dans les années 70) me semblent des références utiles.
Meilleures
salutations
Pierre
Mangila |