Démission de
Kabila: est-ce une invention de Bilolo |
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Clement Malou |
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Cher Dr. Bilolo,
Il y a plus d'une annee que les rebelles et leurs partenaires disent que la solution aux problemes dans les grands lacs c'est KABILA.
Donc, ce que vous ecrivez aujourd'hui (apres des contacts a Bruxelles, comme vous
l'avez souligne) n'est pas nouveau.
Par contre j'ai quelques preoccupations:
1. Croyez-vous qu'il existe un souverain primaire congolais qui puisse
vous legitimer comme President? Ne faites-vous pas la ce que Kabila a fait, c'est-a-dire
tirer sa legitimite de l'etranger?
2. Selon vos reponses a Kikwebati, si Kabila demissionnait, les Rwandais et Ougandais
n'auront pas un autre alibi pour rester au Congo. Soit. Donc, chaque fois que les Rwandais
ne seront pas contents d'un President, ils peuvent venir, s'installer au Congo, envoyer quelques
emissaires a Bruxelles rencontrer un autre Congolais et lui dire "faire partir Bilolo, car c'est lui
le probleme. C'est cela que vous proposez a vos compatriotes?
Pour etre plus concret, le message que les congolais envoient a la face du monde dans ces temps difficiles
est tres tres simple: "nous sommes murs et nous savons choisir, si on nous laisse tranquilles". C'est cela
qui ressort des differents messages des ONG qui vivent les atrocites de cette guerre. C'est le message transmis
par les chefs des confessions religieuses. C'est cela la base de la resistance dans les zones occupees.
Ce message n'exclut pas que le peuple demande l'appui des autres peuples amis. Et ce peuple, que vous voulez bien
defendre vous dit "reflechissez avec nous, au lieu de reflechir pour nous". Le peuple est fatigue des "hommes-solutions".
Monsieur Dr. Bilolo, l'ONU nous a habitue lorsqu'elle designe un responsable d'une crise de voter des sanctions contre
celui-ci. Elle vient de designer UNITA comme responsable de la crise congolaise et les sanctions s'en ont suivi. Dans le cas du Congo,
nous voulons au moins que l'ONU reprenne le courage et nous designe un responsable. L'equisistance qu'elle observe n'est pas
de nature a resoudre le probleme. Les juristes nous disent que l'on ne peut pas etre en meme temps JUGE et PARTIE. Je vous confesse la main
sur le coeur que je ne suis pas juriste. Mais les accords que nous voulons bien defendre on dit a peu pret ceci:"les belligerents
doivent s'occuper de controler le cessez-le-feu, et aussi desarmer les milices". On les invite a etre JUGE et PARTIE. Vous ne trouvez pas que c'est rare cette
histoire?
Dans les termes de guerre, Monsieur Bilolo, quelle difference y-a-t-il entre "rebelles et milices". Regardez que je pose la question en profane, mais en puisant dans l'exemple.
Dans la fonctionnalite, les rebelles agissent comme une milice, Monsieur Bilolo. Par contre dans le cas qui nous concerne, on parle bien
des armees Rwandaises, Burundaises, Ougandaises, Congolaises, Namibiennes, etc... Ce qui se passe au Congo n'est pas une rebellion. Car on
ne peut pas avoir a la tete d'une rebellion "un chef d'Etat major d'une armee etrangere" (lisez l'histoire de toutes les rebellions).
Bonne lecture.
Clement Malou |
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