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A l'ONU, le Congo toujours otage du génocide rwandais

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Jean Kyalwe

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Le ministre belge des affaires étrangères , Louis Michel est présent à l'ONU où il a déposé, dans le cadre de l'examen de la situation en RDCongo , une note sur les problèmes par la présence au Congo des Interhamwe et des combattants des ex-Forces Armées Rwandaises , rapporte le Soir du 25 janvier. Il s'agirait , selon lui , d'une note très bien documentée , très pointue et très confidentielle. Le ministre belge a annoncé qu'il rencontrerait Kabila pour lui parler de la présence au Congo des Interhamwe et des ex-Far , qui empêchent le respect de l'intégrité territoriale du Congo. En clair , l'affaire congolaise réduite au génocide rwandais.

Ce raccourci est étonnant et , pour le moins inacceptable , lorsqu'on connaît la multitude et la répétition des massacres réciproques entre les Tutsis et les Hutus , tant au Rwanda qu'au Burundi et , surtout , la surexploitation des évènements de 1994 qui est devenu un fonds de commerce béat pour désservir concrètement la démocratie qu'on nous a enseignée : car aujourd'hui , aucun occidental n'a le courage d'exiger de Kigali d'appliquer la règle sacro-sainte de "un homme une voix" , pour la simple raison que les 15% minoritaires des Tutsis vont être submergés par les 80% majoritaires de Hutus.

Non content de sacrifier des millions de hutus à l'autel du génocide , voilà que le ministre belge y ajoute les populations congolaises contraintes à subir une seconde guerre de "libération" cruelle et meurtrière. Désormais , la chasse aux Hutus armés sur les terres congolaises vise désormais à consolider un régime minoritaire et mono-ethnique et en tous les cas anti-démocratique et non exemplaire. Et l'on voudrait encore faire à Kabila des leçons de démocratie , au grand dam des opposants et de la majorité silencieuse ?

Le Congo a tant de problèmes qui lui sont propres pour que leur examen et leurs solutions soient paralysés ou différés à cause des hantises hégémonistes et féodales des hommes au pouvoir à Kigali.

S'il suffisait d'être victime de génocide pour mériter considération , qu'attendons-nous , nous Africains , dont le Continent a été saigné par les esclavagistes pour prétendre à des dividendes politiques ? Et nous , Congolais , victimes de l'holocauste du négoce léopoldien de l'ivoire et du caoutchouc et des mains tranchées ? Que n'exploitons-nous donc pas la responsabilité historique de la Belgique pour avoir livré le Congo au chaos et , si cela se vérifie avec l'enquête parlementaire , pour l'assassinat de Patrice Lumumba?

Mais puisqu'on nous attache aux pieds les fers du génocide rwandais , alors que nous avons un passé et un présent de suppliciés , nous sommes peut-être les derniers au monde à pouvoir poser à nouveau , et sans complexes des questions troublantes sur ce fameux "génocide" de 1994:

1°- le drame Tutsi a été rendu crédible en y rattachant des Hutus "modérés" , mais sans considérer qu'il s'agissait de massacres réciproques survenus en cours de guerres ethniques? et de la part de peuplades sanguinaires.

Les Juifs qui ont fondé le concept de génocide , n'avaient jamais été en guerre avec les Nazis et , c'eût été le cas , nous aurions hérité d'une toute autre conception de l'éradication programmée et systématique des races.

2° - de ce million de morts , combien furent les victimes directes du génocide , à distinguer des massacres et autres crimes de guerre?

3° - combien de morts Tutsis et combien de morts Hutus "modérés"?

4° - si donc l'élimination des Tutsis a été décidée par les cercles de pouvoir Hutus , comment peut-on encore inclure dans le décompte du génocide des "Hutus" , alors que l'élimination de la race majoritaire n'a jamais été programmée?

Il n' a pu y avoir de génocide de Hutus . De quoi parle-t-on valablement? Le respect des morts et la validité de la leçon pour l'histoire , n'est-il pas de cerner correctement la réalité. Pour que cela ne se reproduise plus?

5° - actuellement , y a-t-il encore un génocide Tutsi en cours d'exécution au Congo ? ou des suites d'une guerre tribale? ou un challenge politique pour le pouvoir à Kigali ou le retour des émigrés chez eux?

6° - quelle est la différence entre la neutralisation des bandes armées Hutus et l'extermination d'opposants rwandais , systématiquement et platement qualifiés de "génocidaires" et identifiés et pourchassés sur base de la simple appartenance ethnique?

7° - quelles sont les limites du droit à la survie des Tutsis ? la déstabilisation du Congo ? l'imposition à Kinshasa d'un chef d'Etat que Kigali , bien avant les Congolais , aura accrédité ?

La réduction des problèmes congolais aux fantasmes du génocide rwandais et l'occultation qui en résulte sur les véritables problèmes congolais est une terrible méprise , comme celle de lier le sort du peuple congolais à celui personnel de Kabila.

Jean Kyalwe

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