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REDECO: RENAISSANCE DEMOCRATIQUE
DU CONGO
46
Driehoek Germiston
Johannesburg
Cell
: 083 340 0175
Au Président De La République
Démocratique Du Congo
Monsieur
Laurent -Desiré Kabila
A
Kin
shasa
SUJET:
NI
LA GUERRE, NI LES ACCORDS DE LUSAKA, NI LE DIALOGUE
NATIONAL N’APPORTERONT LA PAIX ET LA SECURITE AU CONGO ET EN
AFRIQUE CENTRALE.
Monsieur
le Président de la République,
Dès le début de la guerre, vous
n’avez cessez de chercher à mobiliser toutes les forces sociales
pour défendre l’indépendance et la souveraineté de notre pays. La
renaissance démocratique du Congo (REDECO) se permet d’user de ses
droits et libertés politiques pour s’adresser à vous-même
directement dans sa quête des voies et moyens de la crise congolaise.
Le conflit congolais ayant un caractère national et regional, la
REDECO a jugé bon de donner à cette lettre une diffusion qu’elle
merite.
Monsieur
le Président de la République,
Les réflexions et les conclusions qui
suivent ne sont ni satiriques et encore moins un procès. Elles sont
simplement le résultat de nos travaux en assemblée générale
convoquée en session extraordinaire et des péoccupations de nos
populations de plus en plus martyrisées.
Monsieur
le Président de la République,
Nous
n’allons pas nous attarder sur les causes de la deuxième guerre au
congo démocratique car plusieurs memoradum et analyses politiques
s’y sont penchés dans la recherche des voies et moyens pour la paix
au Congo et en Afrique Centrale.
I.
DE LA GUERRE
Monsieur
le Président de la République,
L’internationalisation
de la guerre a sauvé votre régime, mais pas l’unité du Congo bien
qu’elle a démontré l’intérêt que toute
l’Afrique a pour l’unité et la stabilité de notre pays.
La
reprise de l’Est par la force,
par votre gouvernement s’avère plus difficile sinon
impossible car vos alliés ne sont pas prêts à s’aventurer plus en
avant dans l’Est du Congo où les rebellions sont soutenues par le
Rwanda et l’Ouganda, et où la géographie du terrain rend toute
intervention militaire délicate. Au plan humanitaire une telle action
militaire provoquera une conflagration dans les provinces occupées.
De plus, les insurgés sont convaincus que l’Angola et le Zimbabwe
ne viendront pas les affronter loin de leur bases afin de tenter de
reprendre pour votre compte la ville de Kisangani et les provinces de
l’Est.
La
puissance équilibrée de vos alliés et celle des rebelles soutenus
par leurs alliés favorise un enlisement
conduisant à la partition de fait de notre pays.
Si
votre gouvernement a demontré sa volonté de se débarrasser de ses
tuteurs Rwandais et Ougandais, il se trouve qu’il est encore sous le
contrôle de nouveaux tuteurs; les Angolais et les Zimbabwéens car
ceux-ci veulent faire de votre gouvernement un allié plus sûr et
plus docile.
Comment
comptez-vous persuader les Angolais et les Zimbabwéens de rentrer
chez -eux en cas de votre victoire et aussi comment les dirigeants de
rebellion comptent-ils convaincre leurs alliés de rentrer chez eux en
cas de leur victoire sinon qu’ils seront confrontés aux mêmes
problèmes d’indépendance , se souvainreneté et de légitimité
que vous avez connu vous-même avec vos anciens alliés, ennemis
aujourd’hui ainsi qu’avec le peuple congolais.
Le
conflit s’enlise et se voit critiqué de toutes parts. Jamais une
position politique au Congo n’aura été aussi impopulaire que celle
que mènent le Rassemblement Congolais pour la Démocratie(RCD) et le
Mouvement de Libération du Congo(MLC). Partout où elle peut
s’exprimer, l’opinion publique congolaise blâme les dirigeants de
ces rebellions pour l’aventure nilitaire dans laquelle ils se sont
engagés. Les habitants de deux kivu”de souche “ qui ne veulent
pas être assimilés aux mouvements de rebellions affirment au
contraire leur détermination de se battre contre les populations
immigrées qui n’ont jamais voulu s’intégrer et s’appuient à
present sur le pouvoir Rwandais pour faire valoir leur revendication
sur la nationalité. Cette même opinion publique à l’étranger
comme à l’intérieur du Congo s’inquiète et se trouve deçu par
votre absence de volonté politique, de réconciliation nationale, de
lucidité et de réalisme vis –à- vis des réalites nationales, régionales
et internationales. Alors que vous avez été l’espoir pour les
populations congolaises, vous leur semblez être aujourd’hui la
cause d’une prolongation de souffrances.
La
poursuite de la guerre est à banir à cause des afflux des réfugiés
qu’elle entraine. Elle représenterait une surrenchère dangereuse ;
le Congo ne deviendrait que ruine et misère. Votre gouvernement étant
incapable de protéger les frontières du Congo, ce dernier est devenu
un ventre mou, une nouvelle terre de conquête que vos alliés et ceux
de rebelles espèrent pouvoir piller un peu plus puisque le Congo se
defend si mal.
Ces
alliances militaires apparaissent contre nature. De votre côte, tout
d’ abord. Comment expliquer alliances plus hétèroclites entre un
corps expéditionnaire Zimbabwéen et celui de l’Angola sinon les
besoins de leurs dirigeants de se montrer sur la scène politique régionale
et d’accroître leurs intérêts politiques, sécuritaires et économiques.
Même dissonances dans le camps adverse des rebelles; si le Rwanda
veut coûte que coûte avoir durablement son influence sur l’Est de
la RDC, l’Ouganda semble moins disposé à s’engager plus en avant
dans le bourbier congolais. Cette divergence de stratégies se
conjugue avec une discordance de tactique
à adopter sur le terrain. La rivalité entre Kampala et Kigali
par mouvements rebelles interposés s’exprime de manière très
visible sur le champs de bataille. Si elle se poursuit, la lutte
d’influence entre les rebellions pourrait avoir , à terme, des conséquences
désastreuses pour les populations congolaises. Les affrontements de
Kisangani entre les troupes Rwandaises et Ougandaises ont causeé la
mort de dizaine de
personnes.
La
population civile congolaise totalement étrangère à cette guerre
absurde, paie un tribut de plus en plus lourd. Jusqu’à quel niveau
faudra-t-il que les morts, les réfugiés intérieurs et les déplacés
s’accummulent en RDC pour que la logique de la guerre prennent fin.
La
REDECO affirme à
l’attention de nos agresseurs que l’hypothèse d’une sorte de
confédération très lâche entre les provinces avec un pouvoir
central affaibli est vouée à l’échec, car la population
congolaise dans son immense majorité est hostile à l’idée d’un
démembrement et souhaite continuer à appartenir à un seul pays uni,
pacifique et prospère.
La
REDECO condamne les nombreuses exactions et les massacres perpetrés
à Kasiki, Makobola, Kalemi, Zongo, Libenge et c…et lance un appel
à toutes les parties engagées dans le conflit pour qu’elles
respectent le droit et le droit humanitaire international.
La
REDECO dénonce la manière dont les populations de l’Est subissent
les exactions horribles de la part de forces militaires
d’occupations.
La
REDECO appelle tous les
congolaises et conngolais à
ne pas assister avec résignation à la dégringolade de notre pays
qui se produit à une vitesse effrayante vers la misère totale, la
famine et la maladie.
II.
DES ACCORDS DE LUSAKA
Monsieur
le Président de la République,
Les
accords de cessez –le- feu de Lusaka sont caracterisés par pas mal
d’ambiguités et contiennent bien de lacunes et d’hypothèques
graves. Le chemin de la paix apparaît long et tortueux.
En
réalité, la signature des accords de Lusaka a été entravée par
une profonde méfiance qui subsiste entre vous-même et les rebelles;
d’une part, votre gouvernement et vos
alliés soupçonnent les rebelles de pratiquer la tactique “talk
and fight” qui consiste à négocier verbalement tandis
que sur le terrain la progression militaire se poursuit en direction
de Mbuji-Mayi, au Kasai, et d’autre part, les rebelles vous considérant
toujours comme un vieux maquisard doutent de votre bonne foi à
respecter les dits accords.
Ces
accords préparent aussi une troisième guerre qui se trouve être en
gestation et menée par les milices Mai-Mai qui ne sont pas prises en
compte par ces dits accords.
Le
cessez-le-feu décrété par les dits accords ne signifie pas non
reprise des hostilités. Si les accords de Lusaka obligent les
rebellions à revoir leur stratégie(dialogue national) ils
n’indiquent pas que la
guerre est terminée.
Ces
accords ne mettent pas fin à la partition du Congo, par contre , ils
la consacrent dans certaines de leurs dispositions. Ils autorisent que
les différentes groupes restent là où elles sont sans préciser si
les dirigeants continueront à administrer les régions où se
trouvent leurs armées. Dans ce cas, il est évident que si les
administrations “rebelles “ demeurent en place ou se renforcent,
le fait accompli de la partition du Congo sera de plus en plus à
combattre malgrès la
volonté du peuple congolais à vivre dans l’unité.
Se
dits accords ne prevoient ancune sanction pour les crimes économiques(pillage
et predation) et ceux de guerre. De plus, votre gouvernement n’a
obtenu aucune procedure de réparation pour les crimes économiques
systématique qui voient militaires rwandais et ougandais se partager
l’or et les diamants des provinces de l’Est.
Actuellement,
la guerre a trouvé sa
propre dynamique sinon ses propres ressources, et vos alliés et
certains de vos conseillers militaires, d’une part, et les leaders
militaires des rebellions, d’autre part, se montrent plus rétifs
aux accords de Lusaka. Cette position pourra être defendue aussi
longtemps que vos “parrains”
et ceux de RDC et MLC en Afrique et ailleurs vous garantiront
respectivement leurs soutiens.
Comment
la commission militaire conjointe (CMC) pourra-t-elle parvenir à désarmer,
caserner, puis rapatrier dans leurs propre pays les diverses milices
qui se trouvent au Congo, à moins de constituer une réelle force
militaire d’occupation qui
leur ferait la guerre.
La
guerre congolaise risque désormais d’être longue. Depuis lors,
vous vous accusez mutuellement de violer le cessez le feu en reprenant
les hostilités. Le conflit s’enlise dans la logique de guerre
longue.
Les
accords de Lusaka sont plutot une trêve passagère qu’une véritable
paix.
III.
DU DIALOGUE NATIONAL
Monsieur
le Président de la République,
Le
dialogue national(comme tous les autres pourparlers politiques) tel
qu’il est envisagé ne sera qu’une négociation pour le partage du
pouvoir politique excluant les intérêts du peuple congolais.
La
tâche du facilitateur s’annonce difficile tout au long de ce
dialogue national, car le Congo est devenu un champs de conflit
national et regional sur fond de querelles de leadership au mépris
des intérêts du peuple congolais.
En
revanche, le degrès de méfiance, d’intolérance et de mépris
entre vous et les rebelles, rendra difficile les perspectives de réconciliation
dans le cadre du dialogue national. Ce dernier sera caracterisé par
des luttes politiques, chacun de vous étant soumis aux injonctions et
directives de vos alliés avec leurs contradictions et leurs propres
conflits.
Un
gouvernement d’union nationale issu du dialogue national à la botte
du Rwanda ou de l’Ouganda serait mal vu du peuple congolais ou celui
à la solde de deux
groupes des pays alliés ne tardera pas a imploser.
Malgrès
les négociations qui avancent à pas de tortue, tout se passe comme
si dans les deux camps on esperait
encore pouvoir remporter la décision
finale par une victoire militaire décisive.
IV.
DES ÉLÉCTIONS
Monsieur
le Président de la République,
Maintenant
qu’il s’avère qu’aucune des coallitions militaires ne gagne la
guerre et que le dialogue national tergiverse et s’enlise à son
tour, il est nécessaire désormais, d’oeuvrer pour une solution
pacifique et démocratique: les éléctions.
Seules
les éléctions prendront en compte les intérêts de tout le peuple
congolais car depuis le déclenchement de la guerre, le sort
du Congo dépend largement de ce que décident vos alliés et
ceux de rebelles.
Seules
les éléctions permettront à notre peuple de se libérer de la
domination des puissances étrangères voisines.
Seuls
les dirigeants élus seront reconnus et légitimés par l’opinion
congolaise en donnant les gages d’indépendance.
La
sécurite réclamée à juste titre par les minorités de la région,
le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi ne sera jamais acquise ou imposée
par la force des armes, elle découlera d’un Congo uni , fort et
dirigé par ses dirigeants légitimes .
Toutes
les ouvertures de négociations politiques devraient conduire à des
pourparlers pour l’organisation des éléctions libres et équitables.
Les modalités d’organisation devraient être étudiées en
collaboration avec l’ONU , l’UE et l’OUA. Cela suppose que votre
gouvernement élargisse l’espace politique interne par la libéralisation
des activités politiques et qu’un gouvernement de technocrates
neutres soit formé pour la conduite du dit processus éléctoral. A
l’issu des éléctions, celles-ci auront partagé équitablement le
pouvoir entre les partis politiques en
fonction de leur force réelle sur le terrain.
Que
le gouvernement de technocrates neutres mène une diplomatie
persuassive en direction de l’ONU pour obtenir de celle-ci
l’obtention d’une résolution contraignante du conseil de sécurité
garantissant le respect des résultats éléctoraux.
Ce
gouvernement de technocrates neutres devrait aussi conduire une
diplomatie cohérente, constructive et réaliste vis-à-vis de l’ONU
, de l’UE et des partenaires traditionnels du Congo enfin que la
communaute internationale vienne en aide d’une manière décisive au
peuple congolais agressé et que cesse enfin cette diplomatie conflictuelle que
pratique votre gouvernement actuel.
Il
serait déplorable que tout en cherchant à libérer le peuple
congolais de la domination étrangère, vous soyez vous-même et votre
politique étrangère l’obstacle principal à cette noble mission.
Les
avantages de dirigeants élus sur le plan extérieur seraient notament
que la Banque et le Fond Monétaire International prendraient réellement
le tête d’une croisade en faveur d’un programme de redressement
sous la conduite d’un gouvernement responsable et légitime.
Les
éléctions sont la dernière issu à la crise congolaise. Pour que
nous sortions vainqueurs de cette guerre, il faut que notre peuple élise
ses dirigeants et qu’il cherche dans l’aveu de sa faiblesse
militaire, la protection temporaire d’une force internationale de
maintien de paix à l ‘abri de laquelle il pourra consacrer ses énergies
à la reconstruction nationale et à la sauvegarde de ses droits et
libertés sur la conduite de ses dirigeants qu’il se serait choisi démocratiquement.
EPILOGUE
Monsieur
le Président de la République,
Cette analyse froide démontre que la
crise est grave dans notre pays. En deux ans de régime sans partage,
entouré d’homme-seuls nommés par vous souvent ne représentant
qu’eux–mêmes, parfois étrangers à notre pays, vous nous amenez
dans un véritable gouffre. La pire conséquence de votre régime
serait qu’après vous, le pays risque de connaitre un chaos
politique et social plus grand que celui auquel votre avénement a
pretendu avoir mis fin, le peuple congolais ayant été privé du
processus démocratique lancé depuis le 24 Avril 1990.
Le
Congo démocratique appartient aux 50 millions de congolais. Ces
millions de congolais sont unanimes que seul un changement profond et
immédiat doit s’opérer par l’organisation des éléctions libres
et transparentes dans notre pays avant qu’il ne soit trop tard.
Pour
être crédible, ces éléctions ne peuvent intervenir qu’à
l’issu de pourparlers politiques sous le haut patronage de l’ONU,
de l’UE et de l’OUA, réunissant autour d’une table le pouvoir,
l’opposition non armée, les rebellions et la société civile.
Le
Président national de la REDECO
Robert
Kabuya Keta
Fait
à Johanesburg, Afrique du Sud, le 04 Janvier 2000 |