Les églises annoncent la Consultation Nationale pour le 24 janvier 2000 |
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Transmis par
Raphaël Kashala |
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Conférence de presse du cardinal Etsou .
Reportée mardi dernier, la conférence de presse des chefs de confessions religieuses en République démocratique du Congo a eu lieu
finalement hier à 14 heures 30’ au centre Lindonge dans la commune de Limete. Au nom de ses paires, le Cardinal Etsou, Archevêque de
Kinshasa a annoncé la tenue à partir du 24 janvier 2000 des travaux de la Consultation Nationale. Ces travaux qui réuniront 800 participants
venus de tous les coins du pays, se tiendront à la Cathédrale Protestante du Centenaire, a déclaré Frédéric Cardinal Etsou.
Lors du débat qui a suivi cette déclaration, les chefs des confessions religieuses ont tenu à préciser que cette Consultation Nationale n’est ni
une Conférence Nationale bis, ni le dialogue inter-congolais.Car ce denier est programmé en faveur de l’avènement d’un nouvel ordre politique.
Tandis que la CNS a montré ses limites du fait qu’après il y a eu le conclave. Cependant, notent-ils, les travaux de ce forum restent un acquis et
que présentement il est question de prendre ce qui est positif pour débloquer cette crise congolaise.
La Consultation Nationale a comme objectifs : identifier tous les obstacles à la cohésion et à la concorde nationale, amener les Congolais à
échanger librement et sincèrement sur la situation que traverse leur pays, identifier les causes réelles de la guerre et proposer des solutions qui
appellent une action immédiate. Cela explique les différents contacts que ces chefs des confessions religieuses ont eus avec les personnalités
politiques. Avant l’ouverture du secrétariat ainsi que du Présidium de ces travaux prévu le 05 janvier 2000, ces ministres de Dieu vont
poursuivre leurs contacts auprès de la société civile et des autres confessions religieuses.
Les travaux seront financés par la conférence de toutes les Eglises d’Afrique (CETA), a précisé le secrétaire exécutif de cette conférence, le
pasteur Mulunda Ngoy.Le CETA, a-t-il ajouté, a un programme de 5 ans pour la paix en RDC. Et un crédit a été alloué à ce projet. Outre les chefs
de confessions religieuses, le Cardinal Frédéric Etsou pour l’Eglise catholique ; Mgr Marini Bodho pour l’Eglise du Christ au Congo ; le Pasteur
Grégoire Mbuy-Kana pour l’Eglise Kimbanguiste ; Mgr Timothéos K. Kontomerkos pour l’Eglise Orthodoxe et El Hadji Mudilo-wa-Malemba
pour la communauté islamique, on a noté la présence du secrétaire général de la Conférence Episcopale Nationale du Congo l’abbé Urbain
Kabuya et du secrétaire exécutif de la CETA. Voici la déclaration :
Communiqué de presse des chefs des confessions religieuses
Nous, les chefs des confessions religieuses en République Démocratique du Congo, c’est-à-dire l’Eglise catholique, l’Eglise du christ au Congo
(union de 62 dénominations protestantes), l’Eglise kimbanguiste, l’Eglise orthodoxe et la Communauté islamique vous remercions d’avoir
répondu à notre invitation. A cause de la situation trop grave que traverse le pays, nous avons décidé de mettre la nation et la communauté
internationale au courant de ce que nous comptons apporter comme contribution à l’établissement de la concorde nationale.
Les chefs des confessions religieuses, voyant la situation dans la quelle le pays est plongé depuis la guerre d’agression qui a débuté en août
1998 et l’échec de plusieurs tentatives pour ramener la paix, avons fait le constat suivant : le non-respect de l’accord de Lusaka ; la continuation
de la guerre ; l’impossibilité d’organiser un vrai dialogue inter-congolais aussi longtemps que les Congolais ne se parlent pas ; le débat national
dans son déroulement actuel qui n’apporte aucun espoir ; le manque de concorde et de cohésion nationale ; la misère déjà excessive, mais
toujours grandissante et traumatisante de la population ; le nombre grandissant de la criminalité et des atrocités commises sur nos populations ;
les effets négatifs des calamités naturelles ; le manque de coopération entre les différentes familles politiques dans la recherche des solutions à
la crise que traverse le pays.
Face à l’état de la nation ci-haut décrit, les chefs des confessions religieuses affirment qu’en tant que force morale, les Eglises chrétiennes et la
communauté islamique doivent proposer une nouvelle voie face à cette situation grave qui se dégrade au jour le jour. A cet effet, les chefs des
confessions religieuses se proposent d’organiser et de convoquer incessamment une CONSULTATION NATIONALE qui regroupera tous les
enfants de ce pays quelles que soient leur tendance politique et sociale.
Les buts de la consultation nationale :
* identifier tous les obstacles à la cohésion et à la concorde nationales ;
* amener les Congolais à échanger librement et sincèrement sur la situation que traverse notre pays ;
* identifier les obstacles à la paix ;
* identifier les causes réelles de la guerre ;
* proposer des solutions qui appellent une action immédiate.
Pour s’assurer que la Consultation nationale se passerait comme ils le désirent, les chefs des confessions religieuses ont eu des entretiens avec
le chef de l’Etat auquel ils ont demandé ce qui suit :
1.autoriser et encourager les chefs des confessions religieuses à organiser et
convoquer la Consultation nationale ;
2.bien vouloir garantir la sécurité des participants avant, pendant et après la
Consultation nationale surtout à ceux qui viendraient de territoires occupés et de l’extérieur;
3.bien vouloir autoriser les médias officiels à couvrir la Consultation nationale pour
permettre à toute la nation et à la communauté internationale de suivre le
déroulement des travaux ;
4.autoriser le gouvernement de salut public et toutes ses institutions nationales et provinciales à participer activement à la rencontre ;
5.accepter que les chefs des confessions religieuses invitent les participants et observateurs de leur choix de l’intérieur comme de l’extérieur ;
6.accepter de prendre en considération et agir en faveur des recommandations qui sortiront de la Consultation nationale ;
7.Que les conditions soient réunies pour que les participants s’expriment librement.
En échange, les chefs des confessions religieuses ont promis ce qui suit au chef de l’Etat :
1.ils dirigeront eux-mêmes la Consultation nationale avec un présidium qui sera constitué des chefs des confessions religieuses avec la
modération du Secrétaire exécutif, aux affaires internationales de la CETA qui est un Congolais ;
2.ils maintiendront la discipline pour éviter tout écart de langage et tout débordement ;
3.la Consultation sera organisée dans une structure de l’Eglise.
Les chefs des confessions religieuses sont heureux de vous informer que le chef de l’Etat a donné son accord et celui du gouvernement de
salut public. En outre, les chefs des confessions religieuses ont déjà contacté les personnalités politiques suivantes : Etienne Tshisekedi, Nzuzi
wa Mbombo, Christophe Lutundula, Boboliko Lokonga, Olenghankoy et Justin Bomboko. Lors de chaque visite, les chefs des partis politiques
étaient assistés par leurs collaborateurs. Les contacts avec d’autres dirigeants politiques et des membres de la société civile vont se poursuivre.
Ils sont heureux d’informer l’opinion tant nationale qu’internationale que la majorité des dirigeants des familles politiques consultés ont
répondu favorablement à l’initiative des chefs des confessions religieuses et les ont enrichi avec leurs idées et propositions.
Les chefs des confessions religieuses veulent annoncer ce jour que les travaux de la consultation nationale se tiendront à partir du 24 janvier
2000 à la cathédrale protestante du Centenaire sur l’avenue du 24 novembre. Le secrétariat ainsi que le bureau du présidium seront ouverts à
partir du 05 janvier 2000 dans l’enceinte de la cathédrale du centenaire. Pour encourager les compatriotes qui sont à l’étranger de venir apporter
leur contribution à cette rencontre, les chefs des confessions religieuses vont organiser dans les jours qui viennent des équipes qui vont aller
dans différents pays pour les rencontrer et mobiliser la Communauté internationale. Ils annoncent aussi qu’ils vont visiter l’opposition armée.
Les participants :
1.le gouvernement de salut public
2.les partis politiques d’opposition
3.les confessions religieuses (Evêques, prêtres, pasteurs, imams, sœurs, et laïcs)
4.les composantes de la société civile dans toutes ses tendances
5.les mouvements des femmes
6.les représentants de l’armée
7.les étudiants
8.les chefs coutumiers
9.les Congolais de la diaspora, étudiants et diplômés
10.les mouvements des jeunes et les associations
11.les professeurs d’université
12.les hommes d’affaires
13.la presse.
Le nombre des participants ne dépassera pas 800 personnes.
Les observateurs :
1.les églises africaines indépendantes
2.les ambassades et missions diplomatiques accréditées à Kinshasa
3.les églises traditionnelles d’outre mer et d’Afrique
Pour terminer, les chefs des confessions religieuses veulent préciser que cette consultation nationale, n’est ni une autre conférence nationale,
car celle-ci a déjà eu lieu. Le peuple a payé de sa vie pour l’avoir et reconnaît que celle-ci a mis le pays sur le chemin de la démocratisation. Cette
consultation ne remplace pas le dialogue inter-congolais programmé en faveur de l’avènement d’un nouvel ordre politique en République
Démocratique du Congo.
La Consultation nationale, comme il est bien dit dans ses objectifs, veut amener la concorde nationale et la réconciliation entre les enfants de ce
pays. Les chefs des confessions religieuses invitent leurs fidèles chrétiens et musulmans à la prière fervente pour la réussite de la Consultation
nationale et pour la préparation d’un retour à la paix rapide et durable dans notre pays.
Les chefs des confessions religieuses vous souhaitent une bonne et heureuse année 2000 et un bon et heureux millénaire.
Fait à Kinshasa, le 28/12/1999
Les chefs des confessions religieuses
Pour l’Eglise catholique
Son Eminence Frédéric Cardinal
Etsou Nzabi Bamungwabi
Mr l’Abbé Urbain Kabunga, secrétaire
général de la C.E.N.C. ;
Pour l’Eglise du Christ au Congo
Mgr Pierre Marini Bodho ;
Pour l’Eglise Kimbanguiste
Pasteur Grégoire Mbuy-Kana ;
Pour l’Eglise Orthodoxe
Archevêque Mgr Timothéos K.
Kontomerkos
Pour la Communauté Islamique
El Hadj Mudilo wa Malemba S.
Transmis par Raphaël
Kashala |
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