La Gecamines de Rautenbach ou de Forrest? |
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Jean Paul Kashala |
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Faut-il laisser la Gecamines à Billy Rautenbach ou à Georges Forrest?
La question est d'une cruelle actualité . Il est évident que les gestionnaires congolais ont brillé par leur mégestion et l'absense aïgu du sens des affaires , à l'exception de leurs propres affaires, faites de détournements et de commissions juteuses.
Mais comme les Autorités de Kinshasa ont opté pour une gestion étrangère, il convient de juger le tandem Rautenbach-Forrest.
Je ne connais de Rautenbach que tout le mal qu'on a dit de lui. Je place cela sur le compte de la propagande , car il est impossible qu'un véritable aventurier , de surcroît africain ( même s'il a la peau blanche) ait pu créer et abandonner à ses créanciers l'empire Hyundai-Volvo évalué à près de 200 millions de dollars. Personne ne l'accuse de faillite frauduleuse , mais tout le monde se moque de lui en disant "voilà ce petit malin , le voilà planté".
Mais je connais un peu mieux Forrest . Nos chemins se sont croisés au campus de Lubumbashi où j'étudiais lors des massacres de 1990. Tout le monde était convaincu que ce sont ses camions qui avaient évacué les corps.
Quelques années plus tard , je me suis retrouvé employé à Shabair au moment où Forrest en avait pris la gestion . Il s'est livré à une véritable guerre avec ses associés Stavros et Negleman. La paix a été scellée avec la liquidation de la société . Nos décomptes n'ont pas été payés . Et lorsque nous avions saisi les créances de la compagnie aérienne Shabair à Gecamines , il nous fut répondu que Forrest s'était déjà servi...
Je n'aime pas cet homme. Et je reconnais volontiers ma totale subjectivité.
Mais tout de même , les autorités devraient ouvrir les yeux. Forrest représente officiellement des intérêts miniers étrangers dont l'objectif est de reprendre tout ou partie de la Gecamines . Est-ce raisonnable de confier la gestion et la négociation des plans de relance ou de liquidation au chef de file des repreneurs? On ne pourra pas condamner Forrest s'il fait ce qui est naturel pour tout homme d'affaires , c'est-à-dire s'il brouille les cartes en habillant la future mariée Gecamines de bijoux de pacotille , mais en la sabotant suffisamment pour que le prix de la dot soit le moins élevé possible.
Vous voilà prévenu , Monsieur Kabila.
Jean Paul Kashala |
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