La presse semble avoir été vite en besogne en déclarant que l'arrêté du Ministre congolais des Mines avait mis fin à la convention conclue en faveur du zimbabwéen Billy Rautenbach et qu'il s'agit d'un "divorce".
Sans devoir être juriste , il est évident qu'un arrêté ministériel ne peut anéantir un décret présidentiel. La même presse nous avait rabattu les oreilles avec un texte de loi signé par Kabila à ce sujet , il y a deux ans. Et on criait à la "haute trahison".
Par ailleurs , il sera révélateur de savoir dans quelle mesure le successeur de Mobutu aura cautionné la mesure de son ministre . L'empressement de la presse qui en a fait les gros titres semble indiquer une précipitation calculée pour mettre le "Mzee" devant le fait accompli . Kabila se retrouverait prisonnier de l'opinion publique et ne saurait rien faire d'autre que "laisser faire"...
Mais ce dernier devra , en réalité , tenir compte de ses relations multiformes avec le Zimbabwe . Le dossier Ridgepointe est-il une affaire d'Etat ou un deal privé?
A ce stade des informations , il semble bien que Billy Rautenbach ne fasse pas partie des alliances militaro-minières , car il eût été impossible que sa convention soit , ne serait-ce que ébranlée . Le Zimbabwéen ne serait donc qu'un homme d'affaires comme un autre , avec l'avantage de sa nationalité qui guerroye aucôtés de Kabila , mais sans plus .
Cette circonstance pousse à considérer qu'il n' y a pas eu un "divorce" , mais bel et bien une "nationalisation" . Les installations vetustes de la Gecamines auraient été requinquées et , en ce cas , l'Etat s'approprierait de son outil de travail , sans autre forme de procès .
Hilaire
Kashala, rdc |