| Et si , pour une
fois , on donnait la parole au peuple congolais lui-même ,
directement et sans intermédiaire? Sans préalables ni palabres ?
Jamais , en effet , et même du temps de la dictature mobutienne , le
peuple aura vécu autant d'années sans même un semblant de
consultation directe . La démocratisation en marche depuis 1990 se
caractérise par le musèlement du peuple et l'éclosion et la
multiplication bruyante de représentants , défenseurs
autres libérateurs du même Peuple congolais. Une vaste escroquerie
se déroule au grand jour.
Qui donc a
jamais élu Kabila, Ilunga , Wamba , Bemba , Tshisekedi , Olenga et
tous les autres ? Il leur aurait donc suffi de se prévaloir de la
seule nationalité congolaise pour "représenter" le Peuple
congolais dans son étendue géographique , sa diversité culturelle
et son destin ? Ces gens se sont choisis eux-mêmes , autoproclamés
chefs de partis , libérateurs , chefs de file. Ils ont eux- mêmes ,
arrêté des programmes d'actions , des alliances , des trahisons. Ils
marchandent les ressources naturelles du pays. Ils génèrent espoirs
et causent la mort et répandent la misère. Voici que ce sont
exactement les mêmes qui envisagent de se rencontrer dans un
"dialogue national" ou "dialogue interne" et qui
se retrouveraient à la "consultation nationale" prônée
par des églises ou à toute autre "conférence nationale" .
A ce jour ,
la consultation du peuple congolais n'a été envisagée qu'au travers
d'élections " libres, transparentes et démocratiques"
visant à désigner des gouvernants , des chefs . La course au pouvoir
, à ses attributs et aux pulpeuses dividendes des excès et abus .
Est-ce parce que le Peuple n'est pas dans les starting blocks qu'il
doit juste se taire et subir ? Notre présent et notre avenir doit-il
rester assujetti à ces messies auto-proclamés que l'Histoire
congolaise révèle comme autant d'apprentis et de futurs dictateurs
et chapardeurs ; et leur premier larcin n'est pas moindre : ils ont
volé la parole au Peuple. Ils l'ont confisquée.
Pourtant ,
les réferendums existent et portent sur de bien nombreuses matières
, au-délà de la seule approbation d'un projet de Constitution. Le
mécanisme est plus
facile et plus rapide à organiser : on se souviendra des plébiscites
spontanés des peuples de l'ancienne URSS lorsqu'ils ont créé des
Etats qui furent aussitôt reconnus par la communauté internationale.
Le référendum accordera la légitimité , non à des individus ,
mais à tel ou tel projet de société . Les abus des politiciens et
autres spéculateurs seraient limités au cadre fixé par
référendum.
Mangila et
Clément et plusieurs autres soutiennent cette nécessité de redonner
maintenant et tout de suite , la parole au Peuple congolais pour qu'il
se prononce sur quelques questions fondamentales et fixe le cadre de
la Nation et des initiatives politiques et les limites des
débordements. Même entre les griffes de vautours , le Peuple ,
véritable arbitre , devrait indiquer à ces rapaces à quelle sauce
il veut être mangé .
Voici une
première mise à jour ( que j'invite à enrichir) d'un échantillon
de questions à soumettre à un référendum :
1° -
Accepte-t-on le recours à la violence armée comme voie d'accès au
pouvoir et à l'oligarchie et à l'autoritarisme comme forme de
gouvernement?
2° - Les
Rwandais et les Ougandais sont-ils nos alliés et des libérateurs du
peuple congolais?
3° - La
reconstruction nationale se fera-t-elle avec ceux qui ont géré le
passé et hypothéqué l'avenir de 1960 à 1997 ( période Mobutu) et
de 1997 à 2000( période kabila) ?
4° - le
Congo doit-il rester uni?
5° -
pouvons-nous céder , pour occupation , administration ou exploitation
, une partie du territoire national à des Etats étrangers ?
6° -
l'obligation des nouveaux dirigeants politiques n'est-elle pas de
mieux gérer et d'assurer davantage de bien être qu'au temps de ses
prédécesseurs , de Kabila , de Mobutu et des colonisateurs ?
A la
rechecrhe d'une seule question fondamentale
D'autres
questions maîtresses ou mieux formulées devraient être recherchées
en vue de n'exprimer et ne retenir qu'une seule question éminemment
vitale et à laquelle tout congolais , même villageois le plus
illétré , pourrait répondre . Ce référendum serait la première
pierre de l'édifice Nation congolaise.
Hilaire
Kashala |