GauHome.jpg (15896 octets) Droitebandeau.jpg (20729 octets)

Sans titre

politi3.jpg (679 octets)

Hilaire Kashala

politi3.jpg (679 octets)
Et si , pour une fois , on donnait la parole au peuple congolais lui-même et sans intermédiaire? Les référendums existent pourtant . Je reviens en effet de RDC. Et , une fois de plus , je constate le goufre qui sépare notre pays du reste du monde et des réalités du terrain.

Beaucoup de choses ont été dites et , davantage encore , reste à dire sur les solutions , les priorités à la question congolaise. Cette année nouvelle 2000 marquera le dixième anniversaire du déliement des langues avec l'annonce , par le dictateur en place en 1990 de la "démocratisation". Le bilan est là : une guerre civile télécommandée de Kigali et Kampala , un Kabila qui a hérité la garde robe des attributs du mobutisme , des éternels opposants vieillissants et dont on ne peut rien attendre pour l'avenir , une population qui a perdu ses répères , même en se réfugiant massivement dans la bible et des veillées de prières.

La mode et l'ordre du jour sont au "dialogue national" sous l'ombrelle des accords de Lusaka. D'aucuns proclament que Lusaka est le seul baobab à l'ombre duquel pourra débuter la palabre. Le cadre peut-il supplanter le tableau qu'il entoure? La volonté et la sincère volonté ne sont-elles pas les véritables conditions de dialoguer? Rien n'empêche les congolais de se retrouver sans délais ni conditions pour se concerter sur de véritables questions et arrêter de vrais solutions, sauf leur dépendance à des échéanciers extérieurs , aux créanciers pour lesquels ils ont hypothéqué le pays , à leurs cupidités de tous genres. C'est un peu comme dans les sociétés primitives où l'on donnait en mariage les filles à naître : on obtient hommes et armes pour se tailler un espace politique et , avant toutes choses , un siège au fameux dialogue interne. Personne ne s'interroge sur le passé prédateur de Jean Pierre Bemba et sa mise sur orbite par la fusée ougandaise. Dites-moi combien vous massacrez de gens , et je vous donnerais un quota proportionnel

au dialogue inter-congolais...Et lorsque Jean Pierre Bemba se glorifie d'avoir tué , dans des embuscades des centaines d' "hommes à Kabila" , la réalité est que Kabila n'a jamais été élu par ces tués et qu' il ne pourrait être question d'hommes de Kabila , mais de congolais et de compatriotes dont le sang coule. Qui a donc donné à Bemba et à tous les autres le droit de tuer et détruire pour libérer le pays? Qui a jamais voté pour l'actuel Tshisekedi ou Olenga Nkoy et tous les autres ?

Qui a jamais pu vérifier leur représentativité réelle ? Ils se sont choisis eux-mêmes , autoproclamés chefs de partis , libérateurs , chefs de file. Ils ont eux mêmes arrêté leurs programmes d'actions , leurs alliances. Le peuple n'existe que comme sujet et objet . La démocratisation a comme conséquence abérrante qu'elle condamne le souverrain primaire au silence. Même du temps du Mobutisme , on n'a jamais passé dix années sans même un semblant de consultation populaire...

Déjà à la Conférence Nationale , les prétendus représentants et délégués s'étaient autoproclamés représentants du peuple qui ne les avait jamais choisis ni mandatés. Ils nous ont imposé , par imposture , une légitimité factice. Dix années plus tard , on veut recommencer la farce , parfois avec les mêmes acteurs , à ce point imbus de leurs propres ambitions qu'ils n'ont pas de comptes à rendre .Dans quelle démocratie un chef de parti étérnellement perdant aurait survécu , comme Tshisekedi et se proclamer chef de file sans un rétroviseur qui lui aurait révélé que ses compagnons ont déserté les rangs ?

N'est-il pas temps , enfin , de donner la parole , non à des Congolais , mais à tous les congolais en organisant un référendum sur deux à trois questions majeures sur le présent et l'avenir du pays? Quelques exemples de points sur lesquels même le dernier des villageois pourrait se prononcer. Accepte-t-on le recours à la violence armée comme voie d'accès au pouvoir et à l'oligarchie et à l'autoritarisme comme forme de gouvernement? Les rwandais et les ougandais sont-ils nos alliés et libérateurs du peuple congolais? La construction nationale se fera-t-elle avec ceux qui ont géré le passé et hypothéqué l'avenir de 1960 à 1997 et de 1997 à 2000?

Oui , je pense et je crois que c'est au peuple de s'exprimer directement et clairement sur des questions fondamentales et ainsi déblayer le terrain accaparé par nos multiples libérateurs.

Je reviens du Pays .La majorité silencieuse existe. Mais elle est reste muselée

et aucun "libérateur" ne se manifeste pour donner la parole au peuple lui-même. Il n' y a pas que des éléctions , les référendums , cela existe .

Hilaire Kashala

Copyright Afriqu'Info asbl.