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A propos de la conférence de Mr Olenghakoy, Président des FONUS

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Dr Assani A.A.

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Monsieur le président,

            Vous êtes incontestablement le politicien le plus populaire issu de la jeune génération née après l’indépendance du pays. Vous cristallisez sans doute l’espoir de toute cette jeunesse déboussolée par l’amateurisme et l’aventurisme de nos aînés. Vous vous êtes surtout illustré par votre pugnacité, votre témérité, votre franc parler dans la dénonciation de la dictature. Vous vous êtes aussi révélé comme un véritable tribun capable de galvaniser les foules. Ces qualités, certes nécessaires pour le contexte politique actuel, ne suffisent pas encore pour vous hisser au rang d’un vrai leader politique. Pour accéder à ce statut, d’autres qualités sont requises : la maturité politique, la rigueur dans l’argumentation, la dépersonnalisation du débat politique, l’objectivité dans l’analyse des faits, la culture politique et scientifique, la maîtrise de soi, la maîtrise des problèmes de la société, etc. Hélas ! toutes ces qualités ne me semblent pas transparaître dans votre conférence de presse.  C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de réagir à certaines idées ou affirmations que vous avez défendues dans cette conférence. Je m’excuse d’avance pour tous les écrits outrageants ou diffamatoires qui échapperaient à ma vigilance.        

            Dans votre conférence, vous avez abordé deux principaux thèmes : la gouvernance du Mzee Kabila d’une part et les accords de Lusaka et ses corollaires, d’autre part. 

I. LA GOUVERNANCE DU MZEE KABILA. 

            Sur ce chapitre, vous n’avez apporté aucun nouvel élément qui aurait éveillé l’attention de votre auditoire. C’est la même rengaine qu’on ressasse à longueur des journées sur les nets, dans les quotidiens de presse et d’autres médias. Vos griefs sur la gouvernance du Mzee Kabila ont porté sur les sujets déjà bien documentés suivants :

1.      Les violations de droits de la personne. J’étais surpris de votre silence sur les violations perpétrées quotidiennement dans les territoires occupés par les rebelles et leurs alliés.

2.      Le caractère dictatorial du régime du Mzee. Ceci n’est plus à démontrer.

3.      Le népotisme. Cependant, votre argumentation a été très peu convaincante. Vous vous êtes borné à citer quelques noms de katangais qui occupent de postes de responsabilité. Pour étayer  votre  accusation, en tant qu’un leader politique, vous devriez démontrer que    

- Sur le plan quantitatif, la proportion des katangais qui occupent les hautes fonctions est plus élevée que celle des non katangais réunis ;  

      - Sur le plan qualitatif, les katangais qui occupent ces postes ne sont pas à la hauteur de leurs tâches. Ils seraient moins bons que les non katangais.

4.      La mainmise des alliés de deux camps sur la politique et l’économie de notre pays.

5.      Le risque de la propagation du sida que font peser les soldats étrangers sur nos populations. Mais, il s’agit ici plus d’une hypothèse que d’un fait avéré. Personne ne dispose des données fiables qui permettent d’évaluer correctement la proportion des soldats étrangers malades du sida ou séropositifs.  Un politicien avisé s’abstiendrait de balancer à son auditoire des affirmations non scientifiquement prouvées. C’est un manque patent de rigueur.

II. ACCORDS DE LUSAKA ET SES COROLLAIRES.

            Sur ce chapitre, vous avez lancé un scoop qui aurait certainement éveillé l’attention de votre auditoire. Mais malheureusement, ce chapitre est émaillé par des nombreuses contradictions qui jettent un doute très sérieux sur votre statut de leader  politique et qui réduisent en néant l’intérêt médiatique qu’aurait suscité cette nouvelle. En voici quelques unes. 

Première contradiction :

-         Vous proclamez votre attachement inconditionnel aux accords de Lusaka en ces termes : < Nous tenons à clarifier davantage notre position à ce sujet et à manifester tout appui effectif à cet accord >. Vous vous opposez ainsi à toute modification de cet accord en ces termes < Pour ce faire, nous ne tolérerons jamais que les termes de cet accord soient modifiés d’un seul iota, n’en déplaise aux chahuteurs qui militent pour sa révision ou son amendement >.

- Voici votre propre contradiction : Dans la foulée, vous annoncez comme scoop : < Nous demandons à toutes les troupes étrangères sans exception aucune, entre autres les troupes du Zimbabwe, du Rwanda, à quitter la RDC d’ici le 1er avril 2000 >. Cet ultimatum est tout à fait contraire aux accords de Lusaka qui n’ont fixé aucune date butoir aux troupes étrangères de quitter notre territoire. Les accords prévoient le départ de ces troupes après le dialogue intercongolais. Ce départ doit être ordonné et sous aucun ultimatum de la part des congolais. Donc, en lançant votre ultimatum, vous êtes en train de modifier ces accords. D’autre part, les accords de Lusaka ne prévoient aucun mouvement de révolte contre les troupes étrangères. Pourquoi alors les menacer par l’opération ville morte pour les forcer de déguerpir au lieu d’attendre l’application intégrale des accords de Lusaka comme vous le préconisez ?       

Deuxième contradiction.

- La devise de votre parti est : < tout pour le peuple et rien que pour le peuple >. Pour votre parti, c’est l’intérêt du peuple qui prime avant tout.

- Voici votre propre contradiction. En proclamant votre attachement inconditionnel aux accords de Lusaka et en vous opposant à toute modification, vous vous opposez tout simplement aux intérêts du peuple congolais. Car, comme chacun le sait, les accords de Lusaka, élaborés sous l’instigation des américains, sont entièrement à l’avantage des  pays agresseurs. Ils ne tiennent pas compte des intérêts du peuple congolais. Pour preuve : les accords de Lusaka ne prévoient aucune sanction à l’endroit de ces pays agresseurs ni aucun dédommagement pour le peuple congolais victime de cette occupation.   Pour la petite histoire, en 1940, après la défaite de la France, le général Pétain avait signé la capitulation des forces françaises et leur enjoignit de déposer les armes. Mais, pour l’intérêt suprême de la nation française, le général de Gaulle à désobéir aux ordres de son supérieur malgré son serment militaire, en proclamant à partir de Londres la poursuite de la guerre.  L’Histoire nous apprend que de Gaulle a fini par libérer la France avec l’aide des alliés.         

Troisième contradiction.

-         Vous étiez le premier politicien congolais à monter au créneau pour dénoncer courageusement l’impérialisme rwando-ougandais au lendemain de la prise du pouvoir de l’AFDL. Vous n’avez pas hésité à les traiter d’étrangers. Cette prise de position courageuse vous a valu la prison. 

-          Voici votre propre contradiction. Dans votre conférence de presse, vous traitez aujourd’hui les mêmes rwandais et ougandais des frères et amis. Voici le passage : < Nous ne pouvons terminer ce point sans rendre un hommage digne de grand mérite aux pays frères et amis du Congo, signataires de cet accord ainsi qu’aux amis traditionnels qui ne cessent de se déployer matériellement et financièrement à la faveur de la paix. Nous pensons particulièrement aux USA, à la France, à la Belgique, à la Grande Bretagne, à l’Allemagne, à l’Italie, au Canada et autres pays de l’Union Européenne, et autres pays du continent Africain en l’occurrence l’Afrique du sud, la Zambie, le Gabon, le Congo Brazzaville, le Nigeria, l’Egypte, l’Algérie, le RCA, la Lybie…>.       

Quatrième contradiction.

-         Au paragraphe 10 du point II.1, vous demandez au peuple congolais de ne pas diaboliser ces pays amis. Dans votre conférence de presse, vous avez en effet dit ceci : < Nous devons éviter de diaboliser ces pays amis, car nul n’ignore que l’apport des autres est indispensable à l’heure de la mondialisation. Le Congo a toujours été l’ami du monde et le monde l’ami du Congo pour le raffermissement des échanges politiques, économiques et culturels. En conséquence, aimer son pays ne signifie nullement pas rejeter le monde, et aimer le monde ne veut pas dire renoncer à l’aimer pour son pays>.

-         Voici votre propre contradiction. Au paragraphe 3 du point II.1, vous êtes le premier à les diaboliser : < A ce sujet, le peuple congolais a déjà compris que la RDC n’a pas de vraie amis impliqués dans cette guerre mais plutôt d’exploiteurs de nos richesses >. Vous enchérissez au paragraphe 4 : < Les intérêts nationaux sont en danger par cette présence étrangère >.

Je m’arrête à ce niveau pour aujourd’hui et à la prochaine.

N.B. C’est moi qui ai souligné le texte.

Dr Assani A.A.

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