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Le pacte UDPS-rébellion est déjà scellé. I. L’alliance.

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Dr Assani A.A.

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    Depuis l’indépendance de notre pays, l’arène politique congolaise a toujours ressemblé à un cirque où bouffons et clowns se personnifient en politiciens de génie, en défenseurs attitrés de valeurs démocratiques, en libérateurs du peuple, en pères fondateurs, en guides éclairés, en héros mythiques, etc. Le spectacle serait amusant s’il ne se déroulait pas dans un décor de misère indescriptible de la population, du délabrement des infrastructures, de l’inversion des valeurs morales… et bientôt de la désintégration inexorable du territoire national.

   Dans cette mise en scène pathétique, la lutte pour le pouvoir a été et restera  la préoccupation exclusive des acteurs. Tous les moyens sont bons pour accéder au pouvoir. Au diable l’éthique politique. Au diable les intérêts du peuple qu’on prétend défendre. La fin justifie les moyens. On n’hésite donc pas à nouer des alliances même avec le grand satan en personne. La dernière alliance <contre nature>  en date est celle qui a été conclue entre l’UDPS et la rébellion.            

I. Les preuves de l’alliance entre l’UDPS et la rébellion.

1.      De nombreux compatriotes se sont déjà offusqués de l’attitude presque conciliante adoptée par les représentants et les dirigeants de l’UDPS envers la rébellion. Ces représentants ont toujours adressé les critiques les plus virulentes à Mr  Kabila.  Depuis belles lurettes, ils ne se donnent même plus la peine de condamner les massacres perpétrés quotidiennement par la rébellion dans les territoires qu’elle occupe.  Paradoxalement , la défense des intérêts du peuple a été toujours le leitmotiv de la politique populiste de l’UDPS.      

2. Dans son interview accordée au mois de décembre à RFI, interrogé sur les liens que l’UDPS entretenait avec la rébellion,  le porte- parole national, Mr Kapita a déclaré : < A partir du moment où elle a pris des armes contre un pouvoir que nous avons été les premiers à combattre, nous allons lui faire confiance. Mais comme vous savez, nous avons vécu une expérience avec Mr Kabila, nous craignons fort que nos frères rebelles fassent de même, mais je crois que dans la rébellion aujourd’hui, il y a des gens en qui nous pouvons suffisamment faire confiance >. Habitué aux prises de position intempestives de certains dirigeants de l’UDPS, je n’ai pas accordé  beaucoup d’importance à cette déclaration. J’ai même invité les gens à ne pas tirer des conclusions hâtives. En effet, Mr Kapita venait d’être libéré après un séjour de plus de dix mois dans les geôles kabilistes. Dans cette interview, il a jugé cette expérience très éprouvante qu’elle le marquera à jamais. J’ai conclu que sa déclaration pouvait être versée dans le compte de la haine féroce qu’il éprouvait pour Mr Kabila. Donc, elle ne pouvait  engager que lui-même. Hélas ! je me suis trompé. Elle reflétait effectivement la position de son parti. La confirmation est venue du leader maximo lui-même.     

3. Dans une interview accordée à une chaîne cablée en Afrique du Sud, interrogée aussi sur les liens de son parti UDPS avec la rébellion, Mr Tshisekedi a déclaré, sans détours,  < n’avoir jamais été en contact personnel avec les chefs rebelles ; néanmoins, a-t-il souligné, les représentants de son parti dans les territoires occupés et à l’étranger sont en contact avec eux. La position de son parti   vis-à-vis de la rébellion est que c’est une rébellion des fils authentiques du pays grandement soutenue par l’Ouganda et le Rwanda. Leur lutte et celle de l’UDPS est la même car il s’agit de contraindre Mr Kabila à démocratiser le pays >.

     La raison avancée par le leader maximo pour justifier son alliance avec les rebelles ne résiste pas à l’épreuve des faits.

1.      Mr Tshisekedi sait pertinemment que cette rébellion, à l’instar de celle de Kabila, n’a pas comme objectif la démocratisation du pays. Car, cette démocratisation nuirait ipso facto aux intérêts des parrains rwando-ougandais et de leurs commanditaires occidentaux.

2.      Mr Tshisesekedi sait pertinemment que les parrains rwando-ougandais affichent clairement leur intention d’occuper une partie du territoire de notre pays.

3.      Mr Tshisekedi sait pertinemment que les parrains rwando-ougandais se livrent aux pillages systématiques des richesses du pays. Les rwandais se sont permis de percevoir toutes les taxes et autres impôts au Kivu.

4.      Mr Tshisekedi sait pertinemment que les parrains rwando-ougandais se livrent à une violation à grande échelle des droits de la personne. C’est chaque jour qu’on déplore les assassinats, les viols, les arrestations arbitraires, les intimidations, etc.

5.      Mr Tshisekedi sait pertinemment que, malgré la promesse de la démocratisation du pays que fait miroiter la rébellion, celle-ci reste très impopulaire. Même un piètre stratège, frappé par la cécité intellectuelle, va vite se rendre compte qu’il est très dangereux  de lier son sort avec un tel partenaire si on veut subsister dans le paysage politique.     

Tous les actes posés par la rébellion dans les territoires occupés sont à l’antipode des valeurs prêchées par l’UDPS. Par conséquent, il n’y a aucun point de rapprochement possible entre la rébellion et l’UDPS.  

   A mon avis, la question importante n’est pas de savoir pourquoi l’UDPS et la rébellion ont-elles noué une alliance malgré le fossé béat qui les sépare mais plutôt celle de savoir quelle promesse que la rébellion  a fait miroiter à Tshisekedi au point que celui-ci s’est permis de fouler aux pieds  les valeurs défendues par son parti et en hypothéquer son avenir politique ? C’est à cette question que nous allons tenter de  répondre dans notre prochaine livraison. 

 

Mes salutations patriotiques.

Dr Assani A.A.

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