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Présentation du comité gouvernemental

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Joseph Yumbu Ndjo Mwanabo

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CONFERENCE DE PRESSE  

CONGOLAIS DE CRISE (en exil),

Ce vendredi, 19 novembre 1999 à 11 heures précises.

 Lieu: I.P .C.- International Presse Club

Sème étage - Salle de Conférence 1 ,

Bld Charlemagne,1 B-1041 Bruxelles (Métro Schuman)

 

Contact et info :Tél./fax: 0032.71.543110 GSM: 075.746.283 Email: yumbu@mail.com

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs de la Presse,

Distingués Invités,

Chers Compatriotes Congolaises et Congolais.

“ La Belgique est la lucarne à travers laquelle le reste du monde scrute 1'ex-colonie belge, le Congo ” aimait dire un ancien Premier ministre belge.

C'est l'une des raisons pour laquelle nous avons choisi BRUXELLES pour présenter officiellement notre Comité Gouvernemental de Crise (en exil), bien que son noyau soit né aux Etats-Unis d'Amérique à l'issue des Assises de la Conférence de Newark du 18 au 19 septembre 1999 sur la Crise Congolaise qui a rassemblé les délégués de la majorité des partis politiques congolais connus sur l'espace national et une bonne partie d~ la Société civile venue de l'intérieur comme de l'extérieur du Congo.

La situation conflictuelle actuelle doit inspirer une attitude claire et correcte de la part de tout acteur politique solidaire envers le Peuple congolais. Une attitude de non compromission avec toute nouvelle dictature au Congo et de non complaisance avec la crise de légitimité de différents pouvoirs en confrontation sur le territoire congolais.

Nous, Membres du Comité de crise, Forces patriotiques et Forces d'action, dans la droite ligne des mouvements non armés, nous réprouvons le divertissement du Gouvernement Kabila sur l'examen de conscience des autres. D'autant plus que l'envahissement du Territoire congolais n'est pas le seul fait de la révolte des Banyamulenge ainsi que d'une revanche des éléments de l'ex-Forces Armées Zaïroises.

Ce sont principalement, d'une part, le défi aux droits de l'homme (voir notamment le Rapport Garreton sur les massacres du printemps 1997) et, d'autre part, le refus de la concertation avec les groupements politiques autres que la défunte Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo/Zaïre (AFDL) qui ont démobilisé beaucoup de nationaux dans leur effort pour la reconstruction nationale ; contraignant ainsi de nombreuses compétences nationales à l'exil.

Le Congo est en décadence continue. Nous refusons alors de croiser les bras ou de voiler notre matière grise sous prétexte qu'il y aurait trop de gouvernements pour un seul pays. Surtout sur un terrain déjà miné comme celui du Congo politique.

En fait, il n ' y a pas encore de gouvernement congolais digne de ce nom. Le seul que nous voulons, c'est celui de femmes et d'hommes Nouveaux, compétents; patriotes et visionnaires qui CBuvreraient pour un devenir digne pour nos enfants, aujourd'hui apatrides dans leur propre pays.

Au nom de quelle éthique politique ne faudrait-il pas bousculer ou disqualifier tout court un gouvernement de fait si celui-ci brille au fil des jours par la médiocratie politiquer la mégestion économique, la gabegie financière, la violation massive des droits de l'homme ? Surtout lorsque ce gouvernement excelle par des incohérences qui ne laissent entrevoir aucun espoir de libérer l'espace politique national pour une Transition concertée dans un processus de démocratisation amorcé en son temps par la Conférence Nationale Souveraine.

Un espace politique largement occupé par des amateurs politiciens, c'est-à-dire “ la Diaspourrie Kabiliste ”, tetle est l'expression populaire à Kinshasa pour commenter l'incompétence des ministres du Président Kabila .

Un espace politique également ébranlé par des Candidats politiciens et des prédateurs de tout bord, tous des rescapés de l'ancien Parti-Etat Mprien qui se coulent plus facilement dans un moule autoritaire.

Nous disons “ Candidats po1iticiens ” parce que, durant les 32 ans de mobutisme, à l'exception près de Monsieur Etienne TSHISEKEDI, au niveau intérieur, seul, Monsieur MOBUTU SESE SEKO s'était comporté en politicien (bon ou mauvais est un autre débat), par surcroît “ le Guide, Chef du Parti National, le Mouvement Populaire de la Révolution, MPR, Parti-Etat ”. Tous ses collaborateurs, proches et lointains, n'étaient que de simples exécutants dans le style des pions dans un jeu de dames et rivalisant chacun dans ce qui était communément appelé le militantisme.

Nous étions de ceux-Ià, “ Olinga, olinga te ” disait le slogan consacré. C'est-à-dire, de gré ou de force, tout Zaïrois subissait le diktat du MPR, à moins d'avoir choisi l'exil comme le vénérable Antoine GIZENGA et autres combattants assassinés ou morts en exil et dont la mémoire collective en saura gré en son temps.

A notre avis, il faut juger tous ces gouvernements à I'CBuvre, et, les disqualifier au besoin dans une sorte de struggle for life et de sélection politique qui aboutit à la survivance des plus aptes.

C'est l'option des Forces patriotiques et de toutes les Forces d'action qui composent le Comité gouvernemental de crise qui vous est présenté aujourd'hui.

Avec votre permission, il serait superfétatoire de revenir ici sur de nombreuses causes, internes et externes, proches et lointaines, de la décadence du Congo/Zaïre. L'abondante littérature à ce sujet est à la portée de tout le monde.

Néanmoins, en marge du bilan négatif des gouvernements de fait en confrontation sur le Territoire national congolais, il convient de préciser davantage qu'à l'autopro clamation du Chef de guerre KABlLA comme Chef de l'État, par décret 003 du 28 mai 1997, la Présidence de la République prenait vie légale: le “ M'zee Kabila ”, était intronisé d'office Président de la République en sa qualité de Président de l'AFDL. Comme du temps du Maréchal Mobutu, Président du MPR, Parti-Etat et d'office Président de la République du Zaïre.

Nous sommes alors en face de la reproduction du modèle mobutiste.

Ainsi, tout comme le 24 avril 1990, le Maréchal Mobutu cessait d'être un Chef de l'État légal du Zaïre du fait de sa démission de ses fonctions statutaires de Président du Parti-Etat, il en est de même du M'zee Kabila depuisl d'une part, sa révocation de l'AFDL par trois partis sur les quatre composant cette plate-forme et, d'autre part, la décision du Président Kabila lui-même dissolvant ce qu'il lui restait encore de l'AFDL pour créer les C.P .P .(Comités de pouvoir populaire), agissant tels des relais du pouvoir de style JMPR-Parti-Etat.

De ce fait, est devenu caduc le décret qui faisait de cette Alliance l'autorité légale de transition et donc la seule source légale de légitimité du pouvoir suprême.

L'amateurisme politique de la majorité des collaborateurs du Président Kabila, les propres incohérences de ce dernier (hiatus entre le discours et les actes), le refus de contact avec l'Opposition politique intérieure et d'autres forces locales, les violations des droits de l'homme qui sont loin d'être de simples bavures, la suspension des activités politiques, etc, ont tôt fait de disperser les cendres de la légitimité déjà émiettée du Président KABlLA, à qui est également imputée la coresp0nsabilité des massacres de réfugiés Hutu commis par des troupes commandées depuis Kigali (Cfr :Human Rights Watch : “ Ce que cache Kabila ”, Bruxelles, juillet 1998).

Par tous ces faits-Ià, Monsieur Kabila s'est replacé dans la mêlée, sans aucun pouvoir légal, à l'image de son prédécesseur, sinon sa seule survivance comme Chef de l'État “ de faib>. Pire, depuis les Accords de Lusaka du 10 juillet 1999, Monsieur KABlLA est réduit au niveau de Chef de faction comme les autres chefs rebelles de par le statut égal reconnu aux trois belligérants, chacun gouvernant, en petit chef de l'Etat, la partie nationale sous ses bottes militaires.

Dès lors, plus rien ne peut contraindre quiconque à reconnaître l'autorité, première et légale, que s'arroge le Président Kabila et ou que l'on lui laisse, par ignorance ou par complaisance pour orienter seul les négociations inter-congolaises au gré de ses intérêts personnels sous la couverture d'un relent nationaliste.

Nous n'oublions pas de rappeler aux deux autres gouvernements rebelles, RCD et MLC, qu'ils doivent également se montrer mesurés dans la justification de la légitimité de leur démarche armée contre le pouvoir de Kinshasa. Car, il n'existe pratiquement pas des victoires armées qui se transforment aussitôt en démocratie.

Devant cette situation de crise aiguë, nous, les forces patriotiques et forces d'action non armées, nous avons le devoir de mettre en place un Comité de crise qui fasse le travail gouvernemental, urgent pour sauver le pays du gouffre de la misère noire, de la prédation des armées alliées et de l'humiliation que subit la Nation congolaise face aux volontés du Président Ougandais, Monsieur MUSEVENI et du Vice - Président Rwandais, Monsieur Paul KAGAME, deux chefs de guerre, qui n'entendent pas retirer si tôt leurs troupes du Congo-Zaïre.

Le droit de regard en matière de sécurité qu'on doit concéder à tout Etat voisin au-delà de ses frontières n'est pas un droit de poursuite illimité, ni dans le temps ni dans l'espace. Le comportement regrettable des casques bleus en 1994, abandonnant les populations civiles aux miriciens hutu, ne doit pas empêcher le gouvernement de Kampala et de Kigali à réfléchir sur d'autres voies et moyens de garantir leur sécurité territoriale.

Il faut, par ailleurs, se rappeler que dans les années 60, le Rwanda a eu à faire face à des rébellions venant de ses quatre voisins, mais qu'il n'a jamais porté la guerre chez aucun d'entre eux. Bien au contraire, il est parvenu à régler ces problèmes pacifiquement en utilisant les voies diplomatiques.

Notre Comité de travail Gouvernemental de crise est déjà penché sur cette question ; d'autant plus que des groupes extrémistes, auteurs du génocide, ne se trouvent pas seulement au Congo-Kinshasa : ils sont nombreux dans les autres pays voisins, tels que la République Centrafricaine, la Tanzanie, etc.

Par ailleurs, des rapports des Nations unies nous interpellent sur le sort des centaines de milliers de réfugiés congolais dans les pays voisins ainsi que sur le sort des déplacés de l' Intérieur, au Congo-Kinshasa.

Mesdames, Messieurs de la Presse, Distingués Invités,

Chers Compatriotes .

Nombreux sont ceux qui se disent “ acquis au changement ”. Mais, très peu font un effort réel et sincère pour y parvenir. . . dans le sens souhaité pour l'intérêt supérieur de la nation, pour la grandeur du pays et la dignité du Peuple congolais.

Le changement réclamé par le peuple est celui d'instaurer le Bien à la place du Mal, l'Amour à la place de la Haine, la Vérité à la place du Mensonge, l'Humilité à la place de l'Orgueil, la Tolérance à la place de l'Intolérance, le Consensus à la place de l'Extrémisme, la Démocratie à la place du Totalitarisme. C'est une exigence qui s'est imposée tout au long de la Conférence Nationale Souveraine.

 L'on doit s'habituer à diriger par .consensus, à utiliser le droit et la justice, à rechercher la vérité et à pratiquer l'amour du prochain, dans le noble souci d'un changement véritable pour l'édification d'un Etat de droit sur le sol africain où l'organisation et l'exercice du pouvoir ne fassent pas de l'Etat lui-même la principale source génératrice de violence.

La solution définitive à la crise contemporaine en ROC ne passe pas par des schémas erronés tels que :

1°.0'abord se ranger derrière le Président Kabila pour chasser les “ agresseurs ” et ensuite régler entre Congolais le cas KABlLA ;

2°.Adhésion spontanée aux Accords de cessez-Ie-feu de Lusaka, quitte à corriger les ambiguïtés plus tard.

Notre devoir sacré de décourager la résurgence de la nébuleuse qui contraint de nombreuses compétences nationales à l'exil nous interdit pareille complaisance.

En tout état de cause, ces Accords sont loin d'être un jalon crédible de réconciliation nationale, si l'on s'en tient à l'opinion des proches des belligérants.

Il est important d'aller au-delà du fait immédiat de ces Accords controversés et récusés par beaucoup de Congolais, surtout dans le rang des mouvements non armés. L'essentiel, aujourd'hui, c'est, à la fois, proposer de nouvelles pistes pour décanter rapidement la situation conflictuelle du moment et sortir des sentiers battus pour convaincre nos compatriotes ainsi que la Communauté internationale d'une autre façon de projeter l'avenir du Peuple congolais.

Notre Comité Gouvernemental de crise s'épanche sur quatre enjeux immédiats :

Primo :la Souveraineté du Congo-Zaïre occupé par des forces armées étrangères qui se pavanent aujourd'hui en terre conquise et en véritables trafiquants des ressources nationales avec ou contre le gré des compatriotes congolais qui ont sollicité leurs alliances politico-militaires.

 Secundo: la procédure administrative et politique, acceptable et juste, pour régler définitivement la question de nationalité et de résidence.

 Tertio: Comment garantir I'applicabilité des décisions qui seront prises lors du Dialogue National dont principalement le Nouvel Ordre politique attendu par tous !

Un Dialogue National qui signifie pour nous une Table Ronde de Reconstruction réunissant les Groupements politiques congolais, seuls, suivant des critères précis, notamment un projet de société clair et disponible à la portée de tout le monde. C'est déjà là une première indication pour présager leur crédibilité.

Notre vision tient compte du souhait d'un peuple meurtri par des plaies d'origines diverses et qui souhaite une Transition concertée, courte et pacifique, avec des personnes crédibles et dignes de la confiance populaire, munies d'un casier judiciaire vierge ainsi que d'un inventaire des biens qu'elles possèdent avant l'exercice de tout mandat public. Elles doivent justifier aussi d'un métier ou d'une profession. Car, la politique ne doit être pour personne une carrière sans fin. Chacun doit pouvoir retourner à sa profession ou entreprendre d'écrire ses mémoires, si le mandat public arrivait à prendre fin.

C'est entre autres de cette manière que nous pourrons façonner une Troisième République Congolaise dirigée par des femmes et des hommes sains d'esprit, des honnêtes gens à I'ceil nu. Une Troisième République que le Peuple Congolais veut libre, démocratique et prospère.

 Quarto: l'impact positif de l'Opposition extérieure et constructive que nous nous sommes constitués en ce jour, à Bruxelles, sous l'inspiration de la démocratie universelle que nous vivons ici en Europe et que nous structurons dans un organe dénommé Comité Gouvernemental de crise, en vue notamment de faire régulièrement des observations et des recommandations sur la bonne gouvernance de la Res publica sur tout le territoire national dont la partition est consacrée par les derniers Accords de Lusaka au profit des trois belligérants, à savoir, le gouvernement de Kinshasa, celui de Goma et celui de Gbadolite.

Notre Opposition pour résoudre la crise multiforme qui frappe le Congo-Zaire n'est donc pas celle de “ Otes-toi de là, que je m'y mettes ”. Mais, celle qui agit pendant que le régime Kabila est encore là, à travers nos remarques et recommandations, à court et moyen termes; sans départir de notre exigence fondamentale d'une Table Ronde pour un Nouvel Ordre politique, incontournable, dans un Congo alors libéré, libre, uni et démocratique. C'est la réponse que nous avons déjà transmis à Monsieur KABlLA lorsqu'il nous a demandé de lui dire ce qui est faisable pour que le pays se démocratise sans les dinosaures dont la mégestion a été décriée par le Peuple congolais réuni en conférence nationale souveraine.

Nous espérons bénéficier des appuis nécessaires, surtout de la TroTka belgo-franco-américaine, pour réussir notre mission patriotique. Pour redonner espoir et courage à cette catégorie des Africains dont le destin a croisé celui des Belges depuis la Conférence Internationale de Berlin en 1885.

Nous sommes perplexes face notamment à des mesures kabilistes telle que l'interdiction de la libre circulation des devises dans les rapports marchands-consommateurs. Nous passons sous silence les commentaires possibles sur la caution de 500.000 $ exigée aux commerçants étrangers, dans une Economie délabrée et dans un pays sans garantie juridique réelle pour les investisseurs. Bref, un pays à haut risque.

Tout compte fait, nous disons au régime Kabila que l'on ne gouverne pas cohtre les lois du marché, à l'époque de la mondialisation. Surtout rorsque sa Banque Centrale est en faillite, son Territoire occupé par sept armées étrangères et la Nation congolaise humiliée dans la logique de Brennus, chef gaulois s'emparant de Rome vers 390 av. J.C. : “ Vae Victis ”(Malheur aux vaincus qui doivent monnayer leurs droits dans les conditions de l'occupant). Vous connaissez la petite histoire.

Mesdames, Messieurs,

Après de larges consultations entre Forces patriotiques et toutes les Forces d'Action qui partagent notre préoccupation sur l'absence d'efforts concertés pour arrêter l'aggravation de la crise actuelle, notre Comité de crise, né par la force des choses et de la volonté de mieux faire, nous le dénommons officiellement aujourd'hui : Comité Gouvernemental Congolais de Crise (en exil), avec la ferme volonté d'être toujours plus utile à la Nation congojaise.

En fin de compte, pourquoi l'adjectif “ gouvernemental )) ?

Non seulement parce que le Comité de crise va faire office de gouvernement, c'est-à-dire de travail gouvernemental, dans tous les domaines sensibles de la vie nationale, mais aussi parce que cela doit réveiller et éveiller le monde entier, particulièrement les Congorais qui doivent s'affranchir de cet africanisme primaire qui consiste à dire: la rcause de nos malheurs, c'est l'Occident; donc c'est à ce dernier de résoudre nos problèmes.

Notre souhait est que les médias répercutent le message selon lequel quelque part des Congolais, genre" “ Femmes et Hommes nouveaux ” veulent reconstruire de façon positive leur pays sinistré, en mettant en exergue les compétences, le patriotisme, la modération, l'esprit de justice et de conciliation, la raison, celle liée à 1a non exclusion des compétences, du fait de leur appartenance ethnique ou tribale, quand bien même cette compétence n'aurait rien à voir avec la politique menée par son frère de tribu.

Ceci étant, voici les membres du Comité Gouvernemental Congolais de Crise chargés de différents domaines sensibles de la vie nationale :

1. Le Coordonnateur et Porte-Parole du Comité et Commjssaire aux Relations 1 nternationales,

Monsieur Joseph YUMBU NDJO MWANABO, écrivain

Résidant en Belgique au no14b, rue des Clouteries, 6140 Fontaine-L 'Evêque, Tél./fax :0032.71.543110- GSM :075.746.283 E-mail: yumbu@mail.com

2. Le Commissaire à l'Administration du Territoire, Monsieur Paul BOSANGO BOKULAKA,

Résidant en Belgique ICharleroi

3. Le Commissaire à la Justice, Maître Marie- Thérèse NLANDU, Résidante en Belgique IBruxelles

4. Le Commissaire au Plan et Budget et Affaires Sociales, Monsieur Dar/y Gabrie/ KAD/MBA KAMUNGA

Résidant en Allemagne

5. Le Commissaire à l'Economie, Mines et Energie, Professeur Berto/de NSUMBU TSAHE DJANGA, Résidant en Belgique IBruxelles

6. Le Commissaire à l'Agriculture, Pêche et Elevage, Docteur Emmanue/ MA T AD/ LOKWEK/M,

Résidant aux U.S.A./TEXAS - Dallas

 7. Le Commissaire aux P .M.E. et Commerce Extérieur, Monsieur Y von DANGBELE NGOTUGA,

Résidant en France.

8. Le Commissaire aux Finances, Monsieur Jean MUTEBA bin KAOZ/, Résidant en Belgique /Waterloo

9. Le Comm. à l'Education Nationale et Recherche Scientifique, Docteur Alphonse BELOKO BELBESH,

Résidant en Belgique lTournai

 10. Le Commissaire aux Communications et Infrastructures, Monsieur Emery OKUNDJI,

Résidant aux U.S.A./Charlotte1 N.C.

11. Le Comm. à la Fonction Publique et à la Prévoyance Sociale, Monsieur Rocky MBAMBU NDOMANUENO,

Résidant en Allemagne

12. Le Commissaire à la Culture et Arts, Sports et Loisirs, Monsieur Albert TSHISUAKA,

Résidant en Belgique ICharleroi

13. Le Commissaire à l'Environnement et Tourisme, Monsieur PEPO MAZINGI,

Résidant aux U.S.A./Pittsburgh, PA

14. Le Commissaire à la Défense Nationale,

Professeur François ABERI MOSKA, capitaine ex-FAZ, Résidant en Belgique lLiège

Mesdames, Messieurs de la Presse,

Distingués Invités,

Chers Compatriotes Congolaises et Congolais,

Rapidement, un très bref aperçu sur notre programme politique axé sur les quatre enjeux immédiats que nous venons d'évoquer, en attendant en dire davantage tout à l'heure, si vous le demandez ou incessamment lorsque nous publierons notre projet de société, ministère par ministère. Puis, un bref survol également de notre programme socio-économique correctif et alternative de ce qui se passe actuellement sur toute l'étendue de notre Pays. Dans un élan patriotique qui doit pouvoir soigner l'image d'une Opposition extérieure désormais constructive et responsable.

Concernant le Dialogue National,

Notre Comité Gouvernemental de Crise soutient la tenue d'une T ABLE RONDE DE RECONSTRUCTION (T.R.R.) Nous nous employons à convaincre davantage les Instances internationales, tous les gouvernements du monde intéressés aux enjeux congolais et les Formations politiques congolaises sur l'urgence d'un Dialogue National intercongolais autour d'une Table Ronde pour dégager un Consensus général au sujet du Nouvel Ordre Politique réclamé par le Peuple congolais.

Des critères de participation devront être clairs, en se disant bien que le Dialogue National intercongolais, Table Ronde de Reconstruction, ne doit pas signifier ipso facto l'impunité pour les crimes de sang et les crimes économiques. Car , nulle part au monde, une vraie réconciliation durable, qui ne soit pas un trompe-l'ceil, ne s'est faite sur de telles bases.

Néanmoins, nous suggérons déjà que chaque délégation de groupement politique comporte au moins cinq dirigeants issus chacun de provinces différentes. Une sorte de marge sécurisante contre le venin du tribalisme, du régionalisme, de l'ethnisme, voir même de médiocrité.

Nous sommes convaincus que seule la bonne tenue d'une table Ronde est à même de réhabiliter rapidement la Nation congolaise dans sa dignité, de lui restituer sa Souveraineté, de réhabiliter le Congolais dans ses droits et libertés; et de régler au passage la question de Nationalité, pierre d'achoppement du Peuple Congolais et cause avancée pour expliquer les deux guerres qu'une tribu a imposées à une Nation en moins de deux ans. On doit cesser de rigoler. Mais, en débattre sérieusement avec la bonne assistance de vos spécialistes des questions africaines.

Nous porterons incessamment à votre connaissance notre projet détaillé sur le calendrier des travaux d'une Table Ronde de Reconstruction, crédible et porteuse d'espoir d'un tout un peuple désabusé par des ambitions politiciennes d'une catégorie mal inspirée de ses dirigeants.

Concernant notre programme socio-économique minimum, en ce moment où personne n'a gagné des élections populaires pour imposer seul un quelconque programme de développement ou sa ligne de conduite tout court, il est juste de rappeler brièvement que sur 2 ans de pouvoir de Monsieur KABlLA, nous assistons à la décadence continue des institutions dans le pays.

Somme toute, aucun effort rationnel n'est fait pour asseoir un pourvoir confiant. Tout se décide à la carte par manque d'un Parlement ou d'une institution assimilée à celle-ci. Quel gâchis pour un si grand pays I Cette situation a créé une confusion politique dont les conséquences sont connues et cause pour laquelle nous sommes rassemblés ici.

A l'instar du mode de fonctionnement des institutions en Occident, notre Comité Gouvernemental voudrait instituer une nouvelle culture politique: celle qui consiste à Voir passer des Hommes et à garder les institutions en place. La population ne devra plus constamment être prise en otage à chaque changement de “ Guide ”. Cela suppose un travail d'éducation politique de fond.

Nous disons qu'il existe des bases sur lesquelles on peut relancer l'Economie de Marché que notre Comité Gouvernemental choisit comme Système économique de développement plus harmonieux à l'ère de la Mondialisation. Notamment :

Remettre en confiance le secteur privé: Petites et Moyennes Entreprises, les grandes unités comme des brasseries, des cimenteries, des sucreries, etc, en évitant de prendre des mesures pseudo-protectionnistes, impopulaires et immatures, telles que l'interdiction de la libre circulation des devises et la caution de 500.000$ dans un pays à très haut risque ;

Etre à l'écoute des institutions financières internationales (BM, FMI en particulier) pour négocier un Programme d'ajustement structurel (en période de Transition) qui n'écrase pas le citoyen déjà meurtri, mais qui permet à la fois d'alléger le poids de la dette extérieure. En d'autres termes, obtenir de continuer à payer la dette extérieure dans les strictes proportions compatibles avec le financement d'un programme socio-économique en période de transition, car, nous n'allons pas nous priver de nos maigres ressources de relance économique pour ne payer que la dette dans une situation de misère noire, malgré le besoin de créer la confiance;

Réactiver les outils économiques par la conclusion de réels pactes de partenariat avec des pays du Nord (coopération Nord-Sud) et également avec ceux de l'hémisphère sud (coopération Sud-Sud) ;

Créer des ressources nouvelles au niveau des Mines, de l' Agriculture, Services ;

- Assurer un approvisionnement régulier en intra et en additiifs pour la production et le trajtement de l'eau potable “< l'eau n'est pas nécessaire à la vie, mais elle est la vie même ” , pour paraphraser A.de Saint-Exupery) ;

- S'acquitter aussi, tant que faire se peut, de la dette intérieure: il faut payer les entrepreneurs qui soutiennent l'activité économique avec des effets d'entraînement généralement bénéfiques pour la collectivité ;

Réhabilitation programmée et rationnelle des infrastructures de base, telles que les écoles, hôpitaux, les routes d'intérêt national; des routes de desserte agricole(système de cantonnage initié par les belges du temps de mon enfance) ;

Prendre en responsable des mesures d'encadrement de la monnaie pour maintenir réel le pouvoir d'achat du Consommateur et ne pas recourir constamment et périlleusement à la planche à billets ;

Promouvoir le droit d'ingérence financière pendant la Transition (contrôle de l'assistance financière) un peu comme du temps de Mobutu avec Blumenthal ;et renforcer aussi le droit d'ingérence humanitaire dans l'intérêt bien compris des populations démunies.

Mesdames, Messieurs,

Quant à notre Projet de société relatif à la Ille République, il sera exposé en son temps. Naturellement .

Notre dernier point de presse porte sur des Observations et Recommandations au régime KABILA, notamment, dans la logique même d'une Opposition responsable et constructive.

Nous en ferons quatre aujourd'hui.

La République Démocratique du Congo est de moins en moins connue sous un beau visage en Occident où nous vivons. Cela, faute d'un Service d'information et presse outillé dans une Ambassade réduite à la seule vente des passeports, avec des formulaires incomparables avec ce qui se passe dans d'autres chancelleries. Une Ambassade sous la houlette d'un chargé d'affaire, réellement affairiste, mais sans étoffe diplomatique aucune.

Le Ministre de I'lnforrnation du Président KABlLA, ne comprend-il pas toujours le rôle et l'importance d'un attaché de presse dans une ambassade et d'une Agence Congolaise de Presse invisibles à Bruxelles, capitale de l'Union Economique Européenne et centre névralgique de la Diaspora congolajse ? L'intelligence des hommes de notre profession dont il fait partie, chevalier de la plume comme nous, ne doit pas être de la frime, car notre premier devoir de journaliste et d'écrivain est de rétablir dans sa dignité le langage en tant qu'instrument privilégié permettant de diffuser l'information et le savoir .

S'il pouvait aussi comprendre l'urgence de mettre sur pied la Commission Justice et Presse tant attendue par les Journalistes relevant de son ministère Ce serait une avancée démocratique appréciable.

Si de nombreux Congolais admirent le dévouement et le patriotisme manifestes chez le représentant permanent du Ministère de l'Information de la RDC à Bruxelles, I'ceil observateur du Comité Gouvernemental Congolais de Crise est gêné de constater la qualité et les conditions avec lesquelles il doit traiter l'information pour un grand Congo.

Il ne revient pas à un Ministre des Mines de faire la navette Kasaï-Kinshasa, nuitamment, pour retirer des colis des diamants. Le régime passé ne s'était jamais comporté ainsi, même au plus fort de son déclin.

Le COMIEX, petite société de l'Armée de Monsieur KABlLA, doit revoir cette honteuse dépendance en terme de filiale d' Osleg Private Limited de la Force armée zimbabwéenne chargée de négocier bois, diamants.

Tout comme KABlLA avait critiqué certaines pratiques mobutistes relatives à la cession des droits nationaux aux étrangers sans contrepartie d'intérêt national, le même KABlLA a concédé entre autres depuis le 28 septembre dernier, à l'autorité zimbabwéenne pour le développement agricole et rural (l'Organisation chargée de gérer les fermes nationalisé~s après l'indépendance du Zimbabwe, en 1980) 600.000 hectares de terre allant de Mituaba à Muhila , aux environs de Moba, dans la province du Katanga, pour y élever du bétail ou y cultiver du maïs. Un domaine domanial datant de la période coloniale. Une espèce de cheval de troie, n'est- ce pas, le mettant en porte-à-faux avec son relent nationaliste !

Comble de nationalisme, c'est son Gouvernement qui s'est encore engagé à avancer le fonds de démarrage: quelques 315 millions de FF, avons-nous pu relire dans Jeune Afrique d'Octobre dernier. La vérité nous affranchira.

La clochardisation du Personnel des ambassades du Congo dans le monde a dépassé les limites du seuil du tolérable où le Régime MOBUTU l'avait laissé. Des ballets touristiques des ministres congolais et leurs commissionnaires apparentés en Europe et en Amérique doivent être annulés dans la perspective de bonne affectation de ces fonds de voyage, aux fins notamment de soulager la misère des diplomates abandonnés à leur triste sort , en leur allouant ne fut-ce qu'une partie de leur salaire, en attendant leur rapatriement dans la dignité.

Nous pensons ainsi aux diplomates de carrière et non aux cousins et beaux-frères parachutés par la force des choses, comme s'il y avait péril en la demeure. Lorsqu'un ministre des Affaires Etrangères n'impose déjà pas lui-même le look d'une grande personnalité, il est compliqué pour lui de comprendre le sort des diplomates abandonnés par le fait du prince Kabila mal conseillé dans ce dossier d'honneur pour la Nation congolaise

Dans le domaine de l'Énergie, par exemple, un compatriote vient récemment de rendre publique sa trouvaille sur l'utilisation de l'énergie éolienne, à moindre frais. C'était en septembre dernier à RochfortlNamur. Il s'appelle KOMPANY. La presse locale en a fait écho. L'État congolais doit penser à l'encadrer.

Mesdames, Messieurs ,

Ces quelques quatre points évoqués sont quelques signaux de notre Politique d'observation, remarques et recommandations dans la perspective d'une Opposition politique extérieure, responsable et constructive, à la manière des démocraties occidentales.

Avant de vous céder la parole, mesdames et messieurs de la Presse, nous devons vous avouer que le Comité de travail gouvernemental ainsi présenté ne peut, seul, réaliser ce qui est attendu de lui. Votre appui médiatique nous est d'un précieux concours pour réhabiliter le citoyen congolais dans tous ses droits et libertés ainsi que la Nation congolaise entière dans sa dignité.

Alors et alors seulement, nous serons consolés d'avoir fait reuvre utile en mettant en place, aujourd'hui, ce Comité Gouvernemental Congolais de Crise en Terre d'exil.

J'ai dit et je vous remercie.

Fait à Bruxelles, le 19 novembre 1999

Pour la Coordination du Comité Gouvernemental de Crise

Le Coordonnateur

Joseph YUMBU NDJO MWANABO, écrivain.

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