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CONFERENCE
DE PRESSE
CONGOLAIS DE CRISE (en exil),
Ce vendredi, 19 novembre 1999
à 11 heures précises.
Lieu:
I.P
.C.- International Presse Club
Sème étage - Salle de Conférence
1 ,
Bld Charlemagne,1 B-1041 Bruxelles
(Métro Schuman)
Contact et info :Tél./fax:
0032.71.543110 GSM: 075.746.283 Email: yumbu@mail.com
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs
de la Presse,
Distingués Invités,
Chers Compatriotes Congolaises et
Congolais.
“ La Belgique est la lucarne à
travers laquelle le reste du monde scrute 1'ex-colonie belge, le Congo
” aimait dire un ancien Premier ministre belge.
C'est
l'une des raisons pour laquelle nous avons choisi BRUXELLES pour présenter
officiellement notre Comité Gouvernemental de Crise (en exil), bien
que son noyau soit né aux Etats-Unis d'Amérique à l'issue des
Assises de la Conférence de Newark du 18 au 19 septembre 1999 sur la
Crise Congolaise qui a rassemblé les délégués de la majorité des
partis politiques congolais connus sur l'espace national et une bonne
partie d~ la Société civile venue de l'intérieur comme de l'extérieur
du Congo.
La
situation conflictuelle actuelle doit inspirer une attitude claire et
correcte de la part de tout acteur politique solidaire envers le
Peuple congolais. Une attitude de non compromission avec toute
nouvelle dictature au Congo et de non complaisance avec la crise de légitimité
de différents pouvoirs en confrontation sur le territoire congolais.
Nous,
Membres du Comité de crise, Forces patriotiques et Forces d'action,
dans la droite ligne des mouvements non armés, nous réprouvons le
divertissement du Gouvernement Kabila sur l'examen de conscience des
autres. D'autant plus que l'envahissement du Territoire congolais
n'est pas le seul fait de la révolte des Banyamulenge ainsi que d'une
revanche des éléments de l'ex-Forces Armées Zaïroises.
Ce
sont principalement, d'une part, le défi aux droits de l'homme (voir
notamment le Rapport Garreton sur les massacres du printemps 1997) et,
d'autre part, le refus de la concertation avec les groupements
politiques autres que la défunte Alliance des Forces Démocratiques
pour la Libération du Congo/Zaïre (AFDL) qui ont démobilisé
beaucoup de nationaux dans leur effort pour la reconstruction
nationale ; contraignant ainsi de nombreuses compétences nationales
à l'exil.
Le Congo est en décadence
continue. Nous refusons alors de croiser les bras ou de voiler
notre matière grise sous prétexte qu'il y aurait trop de
gouvernements pour un seul pays. Surtout sur un terrain déjà miné
comme celui du Congo politique.
En fait, il n ' y a pas encore de
gouvernement congolais digne de ce nom. Le seul que nous voulons,
c'est celui de femmes et d'hommes Nouveaux, compétents; patriotes et
visionnaires qui CBuvreraient pour un devenir digne pour nos enfants,
aujourd'hui apatrides dans leur propre pays.
Au
nom de quelle éthique politique ne faudrait-il pas bousculer ou
disqualifier tout court un gouvernement de fait si celui-ci brille au
fil des jours par la médiocratie politiquer la mégestion économique,
la gabegie financière, la violation massive des droits de l'homme ?
Surtout lorsque ce gouvernement excelle par des incohérences qui ne
laissent entrevoir aucun espoir de libérer l'espace politique
national pour une Transition concertée dans un processus de démocratisation
amorcé en son temps par la Conférence Nationale Souveraine.
Un
espace politique largement occupé par des amateurs politiciens,
c'est-à-dire “ la Diaspourrie Kabiliste ”, tetle est l'expression
populaire à Kinshasa pour commenter l'incompétence des ministres du
Président Kabila .
Un
espace politique également ébranlé par des Candidats politiciens et
des prédateurs de tout bord, tous des rescapés de l'ancien
Parti-Etat Mprien qui se coulent plus facilement dans un moule
autoritaire.
Nous
disons “ Candidats po1iticiens ” parce que, durant les 32 ans de
mobutisme, à l'exception près de Monsieur Etienne TSHISEKEDI, au
niveau intérieur, seul, Monsieur MOBUTU SESE SEKO s'était comporté
en politicien (bon ou mauvais est un autre débat), par surcroît “ le
Guide, Chef du Parti National, le Mouvement Populaire de la Révolution,
MPR, Parti-Etat ”. Tous ses collaborateurs, proches et lointains, n'étaient
que de simples exécutants dans le style des pions dans un jeu de
dames et rivalisant chacun dans ce qui était communément appelé le
militantisme.
Nous
étions de ceux-Ià, “ Olinga, olinga te ” disait le slogan
consacré. C'est-à-dire, de gré ou de force, tout Zaïrois subissait
le diktat du MPR, à moins d'avoir choisi l'exil comme le vénérable
Antoine GIZENGA et autres combattants assassinés ou morts en exil et
dont la mémoire collective en saura gré en son temps.
A notre avis, il faut juger tous ces
gouvernements à I'CBuvre, et, les disqualifier au besoin dans une
sorte de struggle for life et de sélection politique qui
aboutit à la survivance des plus aptes.
C'est l'option des Forces
patriotiques et de toutes les Forces d'action qui composent le Comité
gouvernemental de crise qui vous est présenté aujourd'hui.
Avec
votre permission, il serait superfétatoire de revenir ici sur de
nombreuses causes, internes et externes, proches et lointaines, de la
décadence du Congo/Zaïre. L'abondante littérature à ce sujet est
à la portée de tout le monde.
Néanmoins,
en marge du bilan négatif des gouvernements de fait en confrontation
sur le Territoire national congolais, il convient de préciser
davantage qu'à l'autopro clamation du Chef de guerre KABlLA comme
Chef de l'État, par décret 003 du 28 mai 1997, la Présidence de la
République prenait vie légale: le “ M'zee Kabila ”, était
intronisé d'office Président de la République en sa qualité de Président
de l'AFDL. Comme du temps du Maréchal Mobutu, Président du MPR,
Parti-Etat et d'office Président de la République du Zaïre.
Nous
sommes alors en face de la reproduction du modèle mobutiste.
Ainsi,
tout comme le 24 avril 1990, le Maréchal Mobutu cessait d'être un
Chef de l'État légal du Zaïre du fait de sa démission de ses
fonctions statutaires de Président du Parti-Etat, il en est de même
du M'zee Kabila depuisl d'une part, sa révocation de l'AFDL
par trois partis sur les quatre composant cette plate-forme et,
d'autre part, la décision du Président Kabila lui-même dissolvant
ce qu'il lui restait encore de l'AFDL pour créer les C.P .P .(Comités
de pouvoir populaire), agissant tels des relais du pouvoir de style JMPR-Parti-Etat.
De ce fait, est devenu caduc le décret
qui faisait de cette Alliance l'autorité légale de transition et
donc la seule source légale de légitimité du pouvoir suprême.
L'amateurisme
politique de la majorité des collaborateurs du Président Kabila, les
propres incohérences de ce dernier (hiatus entre le discours et les
actes), le refus de contact avec l'Opposition politique intérieure et
d'autres forces locales, les violations des droits de l'homme qui sont
loin d'être de simples bavures, la suspension des activités
politiques, etc, ont tôt fait de disperser les cendres de la légitimité
déjà émiettée du Président KABlLA, à qui est également imputée
la coresp0nsabilité des massacres de réfugiés Hutu commis par des
troupes commandées depuis Kigali (Cfr :Human Rights Watch : “ Ce que
cache Kabila ”, Bruxelles, juillet 1998).
Par
tous ces faits-Ià, Monsieur Kabila s'est replacé dans la mêlée,
sans aucun pouvoir légal, à l'image de son prédécesseur, sinon sa
seule survivance comme Chef de l'État “ de faib>. Pire, depuis
les Accords de Lusaka du 10 juillet 1999, Monsieur KABlLA est réduit
au niveau de Chef de faction comme les autres chefs rebelles de par le
statut égal reconnu aux trois belligérants, chacun gouvernant, en
petit chef de l'Etat, la partie nationale sous ses bottes militaires.
Dès
lors, plus rien ne peut contraindre quiconque à reconnaître
l'autorité, première et légale, que s'arroge le Président Kabila
et ou que l'on lui laisse, par ignorance ou par complaisance pour
orienter seul les négociations inter-congolaises au gré de ses intérêts
personnels sous la couverture d'un relent nationaliste.
Nous
n'oublions pas de rappeler aux deux autres gouvernements rebelles, RCD
et MLC, qu'ils doivent également se montrer mesurés dans la
justification de la légitimité de leur démarche armée contre le
pouvoir de Kinshasa. Car, il n'existe pratiquement pas des victoires
armées qui se transforment aussitôt en démocratie.
Devant
cette situation de crise aiguë, nous, les forces patriotiques et
forces d'action non armées, nous avons le devoir de mettre en place
un Comité de crise qui fasse le travail gouvernemental, urgent pour
sauver le pays du gouffre de la misère noire, de la prédation des
armées alliées et de l'humiliation que subit la Nation congolaise
face aux volontés du Président Ougandais, Monsieur MUSEVENI et du
Vice - Président Rwandais, Monsieur Paul KAGAME, deux chefs de
guerre, qui n'entendent pas retirer si tôt leurs troupes du Congo-Zaïre.
Le
droit de regard en matière de sécurité qu'on doit concéder à tout
Etat voisin au-delà de ses frontières n'est pas un droit de
poursuite illimité, ni dans le temps ni dans l'espace. Le
comportement regrettable des casques bleus en 1994, abandonnant les
populations civiles aux miriciens hutu, ne doit pas empêcher le
gouvernement de Kampala et de Kigali à réfléchir sur d'autres voies
et moyens de garantir leur sécurité territoriale.
Il
faut, par ailleurs, se rappeler que dans les années 60, le Rwanda a
eu à faire face à des rébellions venant de ses quatre voisins, mais
qu'il n'a jamais porté la guerre chez aucun d'entre eux. Bien au
contraire, il est parvenu à régler ces problèmes pacifiquement en
utilisant les voies diplomatiques.
Notre
Comité de travail Gouvernemental de crise est déjà penché sur
cette question ; d'autant plus que des groupes extrémistes, auteurs
du génocide, ne se trouvent pas seulement au Congo-Kinshasa : ils
sont nombreux dans les autres pays voisins, tels que la République
Centrafricaine, la Tanzanie, etc.
Par
ailleurs, des rapports des Nations unies nous interpellent sur le sort
des centaines de milliers de réfugiés congolais dans les pays
voisins ainsi que sur le sort des déplacés de l' Intérieur, au
Congo-Kinshasa.
Mesdames, Messieurs de la Presse,
Distingués Invités,
Chers Compatriotes .
Nombreux
sont ceux qui se disent “ acquis au changement ”. Mais, très peu
font un effort réel et sincère pour y parvenir. . . dans le sens
souhaité pour l'intérêt supérieur de la nation, pour la grandeur
du pays et la dignité du Peuple congolais.
Le changement réclamé par le
peuple est celui d'instaurer le Bien à la place du Mal, l'Amour à la
place de la Haine, la Vérité à la place du Mensonge, l'Humilité à
la place de l'Orgueil, la Tolérance à la place de l'Intolérance, le
Consensus à la place de l'Extrémisme, la Démocratie à la place du
Totalitarisme. C'est une exigence qui s'est imposée tout au long de
la Conférence Nationale Souveraine.
L'on
doit s'habituer à diriger par .consensus, à utiliser le droit et la
justice, à rechercher la vérité et à pratiquer l'amour du
prochain, dans le noble souci d'un changement véritable pour l'édification
d'un Etat de droit sur le sol africain où l'organisation et
l'exercice du pouvoir ne fassent pas de l'Etat lui-même la principale
source génératrice de violence.
La solution définitive à la crise
contemporaine en ROC ne passe pas par des schémas erronés tels que :
1°.0'abord
se ranger derrière le Président Kabila pour chasser les “
agresseurs ” et ensuite régler entre Congolais le cas KABlLA ;
2°.Adhésion
spontanée aux Accords de cessez-Ie-feu de Lusaka, quitte à corriger
les ambiguïtés plus tard.
Notre devoir sacré de décourager
la résurgence de la nébuleuse qui contraint de nombreuses compétences
nationales à l'exil nous interdit pareille complaisance.
En tout état de cause, ces Accords
sont loin d'être un jalon crédible de réconciliation nationale, si
l'on s'en tient à l'opinion des proches des belligérants.
Il
est important d'aller au-delà du fait immédiat de ces Accords
controversés et récusés par beaucoup de Congolais, surtout dans le
rang des mouvements non armés. L'essentiel, aujourd'hui, c'est, à la
fois, proposer de nouvelles pistes pour décanter rapidement la
situation conflictuelle du moment et sortir des sentiers battus pour
convaincre nos compatriotes ainsi que la Communauté internationale
d'une autre façon de projeter l'avenir du Peuple congolais.
Notre Comité Gouvernemental de
crise s'épanche sur quatre enjeux immédiats :
Primo
:la Souveraineté du Congo-Zaïre occupé par des forces armées étrangères
qui se pavanent aujourd'hui en terre conquise et en véritables
trafiquants des ressources nationales avec ou contre le gré des
compatriotes congolais qui ont sollicité leurs alliances
politico-militaires.
Secundo:
la procédure administrative et politique, acceptable et juste,
pour régler définitivement la question de nationalité et de résidence.
Tertio:
Comment garantir I'applicabilité des décisions qui seront prises
lors du Dialogue National dont principalement le Nouvel Ordre
politique attendu par tous !
Un
Dialogue National qui signifie pour nous une Table Ronde de
Reconstruction réunissant les Groupements politiques congolais,
seuls, suivant des critères précis, notamment un projet de société
clair et disponible à la portée de tout le monde. C'est déjà là
une première indication pour présager leur crédibilité.
Notre
vision tient compte du souhait d'un peuple meurtri par des plaies
d'origines diverses et qui souhaite une Transition concertée, courte
et pacifique, avec des personnes crédibles et dignes de la confiance
populaire, munies d'un casier judiciaire vierge ainsi que d'un
inventaire des biens qu'elles possèdent avant l'exercice de tout
mandat public. Elles doivent justifier aussi d'un métier ou d'une
profession. Car, la politique ne doit être pour personne une carrière
sans fin. Chacun doit pouvoir retourner à sa profession ou
entreprendre d'écrire ses mémoires, si le mandat public arrivait à
prendre fin.
C'est
entre autres de cette manière que nous pourrons façonner une Troisième
République Congolaise dirigée par des femmes et des hommes sains
d'esprit, des honnêtes gens à I'ceil nu. Une Troisième République
que le Peuple Congolais veut libre, démocratique et prospère.
Quarto:
l'impact positif de l'Opposition extérieure et constructive que
nous nous sommes constitués en ce jour, à Bruxelles, sous
l'inspiration de la démocratie universelle que nous vivons ici en
Europe et que nous structurons dans un organe
dénommé
Comité Gouvernemental de crise, en
vue notamment de faire
régulièrement
des observations et des recommandations sur la bonne gouvernance de la
Res publica sur tout le territoire national dont la partition
est consacrée par les
derniers
Accords de Lusaka au profit des trois
belligérants, à savoir, le
gouvernement
de Kinshasa, celui de Goma et celui de Gbadolite.
Notre
Opposition pour résoudre la crise multiforme qui frappe le
Congo-Zaire n'est donc pas celle de “ Otes-toi de là, que je m'y
mettes ”. Mais, celle qui agit pendant que le régime Kabila est
encore là, à travers nos remarques et recommandations, à court et
moyen termes; sans départir de notre exigence fondamentale d'une
Table Ronde pour un Nouvel Ordre politique, incontournable, dans un
Congo alors libéré, libre, uni et démocratique. C'est la réponse
que nous avons déjà transmis à Monsieur KABlLA lorsqu'il nous a
demandé de lui dire ce qui est faisable pour que le pays se démocratise
sans les dinosaures dont la mégestion a été décriée par le Peuple
congolais réuni en conférence nationale souveraine.
Nous
espérons bénéficier des appuis nécessaires, surtout de la TroTka
belgo-franco-américaine, pour réussir notre mission patriotique.
Pour redonner espoir et courage à cette catégorie des Africains dont
le destin a croisé celui des Belges depuis la Conférence
Internationale de Berlin en 1885.
Nous
sommes perplexes face notamment à des mesures kabilistes telle que
l'interdiction de la libre circulation des devises dans les rapports
marchands-consommateurs. Nous passons sous silence les commentaires
possibles sur la caution de 500.000 $ exigée aux commerçants étrangers,
dans une Economie délabrée et dans un pays sans garantie juridique réelle
pour les investisseurs. Bref, un pays à haut risque.
Tout
compte fait, nous disons au régime Kabila que l'on ne gouverne pas
cohtre les lois du marché, à l'époque de la mondialisation. Surtout
rorsque sa Banque Centrale est en faillite, son Territoire occupé par
sept armées étrangères et la Nation congolaise humiliée dans la
logique de Brennus, chef gaulois s'emparant de Rome vers 390 av. J.C.
: “ Vae Victis ”(Malheur aux vaincus qui doivent monnayer leurs
droits dans les conditions de l'occupant). Vous connaissez la petite
histoire.
Mesdames, Messieurs,
Après
de larges consultations entre Forces patriotiques et toutes les Forces
d'Action qui partagent notre préoccupation sur l'absence d'efforts
concertés pour arrêter l'aggravation de la crise actuelle, notre Comité
de crise, né par la force des choses et de la volonté de mieux
faire, nous le dénommons officiellement aujourd'hui : Comité
Gouvernemental Congolais de Crise (en exil), avec la ferme
volonté d'être toujours plus utile à la Nation congojaise.
En
fin de compte, pourquoi l'adjectif “ gouvernemental )) ?
Non
seulement parce que le Comité de crise va faire office de
gouvernement, c'est-à-dire de travail gouvernemental, dans tous les
domaines sensibles de la vie nationale, mais aussi parce que cela doit
réveiller et éveiller le monde entier, particulièrement les
Congorais qui doivent s'affranchir de cet africanisme primaire qui
consiste à dire: la rcause de nos malheurs, c'est l'Occident; donc
c'est à ce dernier de résoudre nos problèmes.
Notre
souhait est que les médias répercutent le message selon lequel
quelque part des Congolais, genre" “ Femmes et Hommes nouveaux
” veulent reconstruire de façon positive leur pays sinistré, en
mettant en exergue les compétences, le patriotisme, la modération,
l'esprit de justice et de conciliation, la raison, celle liée à 1a
non exclusion des compétences, du fait de leur appartenance ethnique
ou tribale, quand bien même cette compétence n'aurait rien à voir
avec la politique menée par son frère de tribu.
Ceci
étant, voici les membres du Comité Gouvernemental Congolais de Crise
chargés de différents domaines sensibles de la vie nationale :
1. Le Coordonnateur et Porte-Parole
du Comité et Commjssaire aux Relations 1 nternationales,
Monsieur Joseph YUMBU NDJO
MWANABO, écrivain
Résidant en Belgique au no14b, rue
des Clouteries, 6140 Fontaine-L 'Evêque, Tél./fax :0032.71.543110-
GSM :075.746.283 E-mail: yumbu@mail.com
2. Le Commissaire à
l'Administration du Territoire, Monsieur Paul BOSANGO BOKULAKA,
Résidant en Belgique ICharleroi
3. Le Commissaire à la Justice, Maître
Marie- Thérèse NLANDU, Résidante en Belgique IBruxelles
4. Le Commissaire au Plan et Budget
et Affaires Sociales, Monsieur Dar/y Gabrie/ KAD/MBA KAMUNGA
Résidant en Allemagne
5. Le Commissaire à l'Economie,
Mines et Energie, Professeur Berto/de NSUMBU TSAHE DJANGA, Résidant
en Belgique IBruxelles
6. Le Commissaire à l'Agriculture,
Pêche et Elevage, Docteur Emmanue/ MA T AD/ LOKWEK/M,
Résidant aux U.S.A./TEXAS - Dallas
7.
Le Commissaire aux P .M.E. et Commerce Extérieur, Monsieur Y von
DANGBELE NGOTUGA,
Résidant en France.
8. Le Commissaire aux Finances,
Monsieur Jean MUTEBA bin KAOZ/, Résidant en Belgique /Waterloo
9. Le Comm. à l'Education Nationale
et Recherche Scientifique, Docteur Alphonse BELOKO BELBESH,
Résidant en Belgique lTournai
10.
Le Commissaire aux Communications et Infrastructures, Monsieur Emery
OKUNDJI,
Résidant aux U.S.A./Charlotte1 N.C.
11. Le Comm. à la Fonction Publique
et à la Prévoyance Sociale, Monsieur Rocky MBAMBU NDOMANUENO,
Résidant en Allemagne
12. Le Commissaire à la Culture et
Arts, Sports et Loisirs, Monsieur Albert TSHISUAKA,
Résidant en Belgique ICharleroi
13. Le Commissaire à
l'Environnement et Tourisme, Monsieur PEPO MAZINGI,
Résidant aux U.S.A./Pittsburgh, PA
14. Le Commissaire à la Défense
Nationale,
Professeur François ABERI MOSKA,
capitaine ex-FAZ, Résidant en Belgique lLiège
Mesdames, Messieurs de la Presse,
Distingués Invités,
Chers Compatriotes Congolaises et
Congolais,
Rapidement,
un très bref aperçu sur notre programme politique axé sur les
quatre
enjeux immédiats que nous
venons d'évoquer, en attendant en dire
davantage
tout à l'heure, si vous le demandez ou incessamment lorsque nous publierons
notre projet de société, ministère par ministère. Puis, un bref
survol également de notre programme socio-économique correctif et
alternative de ce qui se passe actuellement sur toute l'étendue de
notre Pays. Dans un élan
patriotique
qui doit pouvoir soigner l'image d'une Opposition extérieure
désormais
constructive et responsable.
Concernant le Dialogue National,
Notre
Comité Gouvernemental de Crise soutient la tenue d'une T ABLE RONDE
DE RECONSTRUCTION (T.R.R.) Nous nous employons à convaincre davantage
les Instances internationales, tous les gouvernements du monde intéressés
aux enjeux congolais et les Formations politiques congolaises sur
l'urgence d'un Dialogue National intercongolais autour d'une Table
Ronde pour dégager un Consensus général au sujet du Nouvel Ordre
Politique réclamé par le Peuple congolais.
Des
critères de participation devront être clairs, en se disant bien que
le Dialogue National intercongolais, Table Ronde de Reconstruction, ne
doit pas signifier ipso facto l'impunité pour les crimes de sang et
les crimes économiques. Car , nulle part au monde, une vraie réconciliation
durable, qui ne soit pas un trompe-l'ceil, ne s'est faite sur de
telles bases.
Néanmoins,
nous suggérons déjà que chaque délégation de groupement politique
comporte au moins cinq dirigeants issus chacun de provinces différentes.
Une sorte de marge sécurisante contre le venin du tribalisme, du régionalisme,
de l'ethnisme, voir même de médiocrité.
Nous
sommes convaincus que seule la bonne tenue d'une table Ronde est à même
de réhabiliter rapidement la Nation congolaise dans sa dignité, de
lui restituer sa Souveraineté, de réhabiliter le Congolais dans ses
droits et libertés; et de régler au passage la question de
Nationalité, pierre d'achoppement du Peuple Congolais et cause avancée
pour expliquer les deux guerres qu'une tribu a imposées à une Nation
en moins de deux ans. On doit cesser de rigoler. Mais, en débattre sérieusement
avec la bonne assistance de vos spécialistes des questions
africaines.
Nous
porterons incessamment à votre connaissance notre projet détaillé
sur le calendrier des travaux d'une Table Ronde de Reconstruction, crédible
et porteuse d'espoir d'un tout un peuple désabusé par des ambitions
politiciennes d'une catégorie mal inspirée de ses dirigeants.
Concernant
notre programme socio-économique minimum, en ce moment où personne
n'a gagné des élections populaires pour imposer seul un quelconque
programme de développement ou sa ligne de conduite tout court, il est
juste de rappeler brièvement que sur 2 ans de pouvoir de Monsieur
KABlLA, nous assistons à la décadence continue des institutions dans
le pays.
Somme toute, aucun effort rationnel
n'est fait pour asseoir un pourvoir confiant. Tout se décide à la
carte par manque d'un Parlement ou d'une institution assimilée à
celle-ci. Quel gâchis pour un si grand pays I Cette situation a créé
une confusion politique dont les conséquences sont connues et cause
pour laquelle nous sommes rassemblés ici.
A
l'instar du mode de fonctionnement des institutions en Occident, notre
Comité Gouvernemental voudrait instituer une nouvelle culture
politique: celle qui consiste à Voir passer des Hommes et à garder
les institutions en place. La population ne devra plus constamment être
prise en otage à chaque changement de “ Guide ”. Cela suppose un
travail d'éducation politique de fond.
Nous
disons qu'il existe des bases sur lesquelles on peut relancer l'Economie
de Marché que notre Comité Gouvernemental choisit comme Système économique
de développement plus harmonieux à l'ère de la Mondialisation.
Notamment :
Remettre
en confiance le secteur privé: Petites et Moyennes Entreprises, les
grandes unités comme des brasseries, des cimenteries, des sucreries,
etc, en évitant de prendre des mesures pseudo-protectionnistes,
impopulaires et immatures, telles que l'interdiction de la libre
circulation des devises et la caution de 500.000$ dans un pays à très
haut risque ;
Etre
à l'écoute des institutions financières internationales (BM, FMI en
particulier) pour négocier un Programme d'ajustement structurel (en période
de Transition) qui n'écrase pas le citoyen déjà meurtri, mais qui
permet à la fois d'alléger le poids de la dette extérieure. En
d'autres termes, obtenir de continuer à payer la dette extérieure
dans les strictes proportions compatibles avec le financement d'un
programme socio-économique en période de transition, car, nous
n'allons pas nous priver de nos maigres ressources de relance économique
pour ne payer que la dette dans une situation de misère noire, malgré
le besoin de créer la confiance;
Réactiver
les outils économiques par la conclusion de réels pactes de
partenariat avec des pays du Nord (coopération Nord-Sud) et également
avec ceux de l'hémisphère sud (coopération Sud-Sud) ;
Créer des ressources nouvelles au
niveau des Mines, de l' Agriculture, Services ;
-
Assurer un approvisionnement régulier en intra et en additiifs pour
la production et le trajtement de l'eau potable “< l'eau n'est
pas nécessaire à la vie, mais elle est la vie même ” , pour
paraphraser A.de Saint-Exupery) ;
-
S'acquitter aussi, tant que faire se peut, de la dette intérieure: il
faut payer les entrepreneurs qui soutiennent l'activité économique
avec des effets d'entraînement généralement bénéfiques pour la
collectivité ;
Réhabilitation
programmée et rationnelle des infrastructures de base, telles que les
écoles, hôpitaux, les routes d'intérêt national; des routes de
desserte agricole(système de cantonnage initié par les belges du
temps de mon enfance) ;
Prendre
en responsable des mesures d'encadrement de la monnaie pour maintenir
réel le pouvoir d'achat du Consommateur et ne pas recourir
constamment et périlleusement à la planche à billets ;
Promouvoir
le droit d'ingérence financière pendant la Transition (contrôle de
l'assistance financière) un peu comme du temps de Mobutu avec
Blumenthal ;et renforcer aussi le droit d'ingérence humanitaire dans
l'intérêt bien compris des populations démunies.
Mesdames, Messieurs,
Quant à notre Projet de société
relatif à la Ille République, il sera exposé en son temps.
Naturellement .
Notre
dernier point de presse porte sur des Observations et Recommandations
au régime KABILA, notamment, dans la logique même d'une Opposition
responsable et constructive.
Nous
en ferons quatre aujourd'hui.
La
République Démocratique du Congo est de moins en moins connue sous
un beau visage en Occident où nous vivons. Cela, faute d'un Service
d'information et presse outillé dans une Ambassade réduite à la
seule vente des passeports, avec des formulaires incomparables avec ce
qui se passe dans d'autres chancelleries. Une Ambassade sous la
houlette d'un chargé d'affaire, réellement affairiste, mais sans étoffe
diplomatique aucune.
Le
Ministre de I'lnforrnation du Président KABlLA, ne comprend-il pas
toujours le rôle et l'importance d'un attaché de presse dans une
ambassade et d'une Agence Congolaise de Presse invisibles à
Bruxelles, capitale de l'Union Economique Européenne et centre névralgique
de la Diaspora congolajse ? L'intelligence des hommes de notre
profession dont il fait partie, chevalier de la plume comme nous, ne
doit pas être de la frime, car notre premier devoir de journaliste et
d'écrivain est de rétablir dans sa dignité le langage en tant
qu'instrument privilégié permettant de diffuser l'information et le
savoir .
S'il
pouvait aussi comprendre l'urgence de mettre sur pied la Commission
Justice et Presse tant attendue par les Journalistes relevant de
son ministère Ce serait une avancée démocratique appréciable.
Si
de nombreux Congolais admirent le dévouement et le patriotisme
manifestes chez le représentant permanent du Ministère de
l'Information de la RDC à Bruxelles, I'ceil observateur du Comité
Gouvernemental Congolais de Crise est gêné de constater la qualité
et les conditions avec lesquelles il doit traiter l'information pour
un grand Congo.
Il
ne revient pas à un Ministre des Mines de faire la navette Kasaï-Kinshasa,
nuitamment, pour retirer des colis des diamants. Le régime passé ne
s'était jamais comporté ainsi, même au plus fort de son déclin.
Le
COMIEX, petite société de l'Armée de Monsieur KABlLA, doit revoir
cette honteuse dépendance en terme de filiale d' Osleg Private
Limited de la Force armée zimbabwéenne chargée de négocier bois,
diamants.
Tout
comme KABlLA avait critiqué certaines pratiques mobutistes relatives
à la cession des droits nationaux aux étrangers sans contrepartie
d'intérêt national, le même KABlLA a concédé entre autres depuis
le 28 septembre dernier, à l'autorité zimbabwéenne pour le développement
agricole et rural (l'Organisation chargée de gérer les fermes
nationalisé~s après l'indépendance du Zimbabwe, en 1980) 600.000
hectares de terre allant de Mituaba à Muhila , aux environs de Moba,
dans la province du Katanga, pour y élever du bétail ou y cultiver
du maïs. Un domaine domanial datant de la période coloniale. Une espèce
de cheval de troie, n'est- ce pas, le mettant en porte-à-faux avec
son relent nationaliste !
Comble
de nationalisme, c'est son Gouvernement qui s'est encore engagé à
avancer le fonds de démarrage: quelques 315 millions de FF,
avons-nous pu relire dans Jeune Afrique d'Octobre dernier. La vérité
nous affranchira.
La
clochardisation du Personnel des ambassades du Congo dans le monde a dépassé
les limites du seuil du tolérable où le Régime MOBUTU l'avait laissé.
Des ballets touristiques des ministres congolais et leurs
commissionnaires apparentés en Europe et en Amérique doivent être
annulés dans la perspective de bonne affectation de ces fonds de
voyage, aux fins notamment de soulager la misère des diplomates
abandonnés à leur triste sort , en leur allouant ne fut-ce qu'une
partie de leur salaire, en attendant leur rapatriement dans la dignité.
Nous
pensons ainsi aux diplomates de carrière et non aux cousins et
beaux-frères parachutés par la force des choses, comme s'il y avait
péril en la demeure. Lorsqu'un ministre des Affaires Etrangères
n'impose déjà pas lui-même le look d'une grande personnalité, il
est compliqué pour lui de comprendre le sort des diplomates abandonnés
par le fait du prince Kabila mal conseillé dans ce dossier d'honneur
pour la Nation congolaise
Dans
le domaine de l'Énergie, par exemple, un compatriote vient récemment
de rendre publique sa trouvaille sur l'utilisation de l'énergie éolienne,
à moindre frais. C'était en septembre dernier à RochfortlNamur. Il
s'appelle KOMPANY. La presse locale en a fait écho. L'État congolais
doit penser à l'encadrer.
Mesdames, Messieurs ,
Ces
quelques quatre points évoqués sont quelques signaux de notre
Politique d'observation, remarques et recommandations dans la
perspective d'une Opposition politique extérieure, responsable et
constructive, à la manière des démocraties occidentales.
Avant
de vous céder la parole, mesdames et messieurs de la Presse, nous
devons vous avouer que le Comité de travail gouvernemental ainsi présenté
ne peut, seul, réaliser ce qui est attendu de lui. Votre appui médiatique
nous est d'un précieux concours pour réhabiliter le citoyen
congolais dans tous ses droits et libertés ainsi que la Nation
congolaise entière dans sa dignité.
Alors et alors seulement, nous
serons consolés d'avoir fait reuvre utile en mettant en place,
aujourd'hui, ce Comité Gouvernemental Congolais de Crise en Terre
d'exil.
J'ai dit et je vous remercie.
Fait à Bruxelles, le 19 novembre
1999
Pour la Coordination du Comité
Gouvernemental de Crise
Le
Coordonnateur
Joseph YUMBU NDJO MWANABO, écrivain.
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