| Tres
entreprenant, c'est de cette maniere qu'on peut caracteriser l'homme.
Et l'homme, c'est Georges Forrest, autrefois Directeur de Marta
Forrest, devenu Forrest International. Il vient d'etre nomme President
Delegue-General de la Gecamines.
Au debut des
annees 70, il se debrouillait encore pour viabiliser une entreprise de
genie, en vue de l'execution des contrats de sous-traitance. On l'a vu
dans la refection des routes, bien sur peu performant au depart, mais
rapidement il parvint a recruter de bons techniciens et a acquerir des
engins appropries. Ceci lui permit de realiser de bons ouvrages comme
la refection de la route Likasi-Lubumbashi, la rute Lubumbashi-de
Kipushi et enfin celle qui va a la frontiere zambienne (a Kasumbalesa).
Dernierement, il faisait une incursion dans la metallurgie par
l'acquisition d'une petite fonderie (les Fonderies Africaines, FONDAF)
au quartier industriel de Lubumbashi. C'est un travailleur.
Il reste que
cette performance n'a ete possible qu'a la suite d'un lien tres rigide
avec la famille restreinte de Mobutu. Ceci lui assura un quasi
monopole des contrats importants au detriment de son concurrent,
pourtant mieux outilleux et serieux (Swanepoel de Likasi, une
entreprise aux capitaux sud-africains). Cette situation lui attira
beaucoup de critiques dans l'opinion de l'epoque, parce que, en
maintes reprises la grace de la famille presidentielle lui permit non
seulement de faire mal des travaux ou les terminer en retard sans
s'attirer des brumades. Car tous savaient qu'il se partageait l'argent
avec l'entourage restreint du dictateur. La complicite notoire de Mr
Forrest avec cette famille etait telle que lors des massacres des
etudiants a l'Universite de Lubumbashi (l'Operation ''Lititi Mboka''
de 1990), l'entreprise de Georges Forrest a ete largement mise en
cause comme ayant envoye des camions au campus au moment du drame pour
le transport des corps des victimes vers le lieu ou le commando devait
eliminer toute preuve.
La nomination
du Belge G. Forrest, apres le passage d'un emissaire du nouveau
gouvernement de Bruxelles, peut etre consideree comme un signal fort
d'un elan diplomatique d'un genre nouveau dans le systeme Kabila. Nous
avons besoin de cet elan. Cependant, la nomination d'un Belge ayant
une experience pertinente dans le domaine specifique de la Gecamines
n'aurait-elle pas pu faire l'Affaire? Ceux-la sont legion, certains,
encore vivants et actifs, comme Robert Crem y avaient laisse une
reputation de grands travailleurs et bons gestionnaires.
Apres une
malheureuse experience, previsible deja au depart, avec le Zimbabween
R. Bill, on aurait pu eviter d'associer encore des dinosaures dans la
gestion de ces ressources qui nous ont deja cause oh combien des
deboirs. Parachute de l'industrie de distribution automobile a
l'industrie miniere et metallurgique, et venu d'un pays qui ne compte
aucune entreprise de la taille de la Gecamines, Mr Bill ne pouvait pas
realiser un miracle. Les gens avises savaient a l'avance, a quel
resultat il devait aboutir. Mais dans ce Congo ou un intellectuel est
avant tout un fanatique d'un des nombreux ''sauveurs'' d'une nation
qui va de mal en pis avant d'aborder les questions d'interet national,
peu l'ont compris en ce temps-la. Aujourd'hui, c'est un de ceux qui
ont depece la Gecamines qui en prend les commandes. Allons-y. Oui, a
l'ouverture qui nous a tant manque depuis 1990, mais un peu plus
methodiquement.
Signe des
temps, les Congolais du pouvoir et ceux du maquis ne seraient-ils pas
entrain de propulser le mobutisme vers des nouveaux horizons? Hier ses
partisans et allies de toute nature etaient des chiens a traquer.
Aujourd'hui, les fanatiques du defunt marechal et ses garcons de
course se trouvent en bonne position dans tous les cercles politiques
et economiques. Ils fournissent la creme meme de toutes les factions
rebelles, ils sont rentres en force autour du president Kabila,
Toujours a Kinshasa, ils se disent de l'Opposition interne dans le MPR
et ont acquis le droit de celebrer officillement les ceremonies
d'hommage au Guide disparu. On les a encore vu constituer une
''Opposition supposement democratique exterieure. Dans cette
situation, il y a lieu de se demander quelle strategie est entrain de
porter fruit, celle de Kabila ou celle des Mobutistes? Mais,
apparemment, des mains exterieures prefereraient le retour des loups
dans la bergerie a l'ouverture envers des renards enrages de
l'Opposition democratique internerne. Et le Congolais moyen dans tout
cela?
Opula
Lambert, Quebec / Canada. |