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Quel sens donner au non de J. Chirac?

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Odiho Lambert Opula

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Mon cher Keita,

Je viens de lire ta question concernant la position combien ambigue de Jacques Chirac, sur l'expulsion eventuelle des pays irrespectueux des droits de l'homme, du sommet de la Francophonie a Moncton (Nouveau Brunswick, Canada).

Ci-apres mon humble avis.

Le sommet de la francophonie, un peu comme celui du Commonwelth, n'est rien d'autre qu'un forum de marketing pour les puissances economiquement dominantes de ce regroupement politico-linguistique. Les membres proeminents du Club comme la France, le Canada, la Belgique et la Suisse prennent a leur charge un bon nombre des depenses de fonctionnement, sachant tres bien qu'il s'agit d'un investissement dont les retombees economico-commerciales sont certaines.

Ceci explique, par exemple, la contradiction entre l'attitude de la France envers la Serbie, ou elle exigeait de Melocevich le respect des droits elementaires des Kosovards, faute de quoi les armes ont parle, et les attermoiments qu'elle developpe sur la necessite d'afficher une attitude simillaire vis-a-vis de ses ''partenaires'' africains, qui eux, sont membres, manipulables a merci, de la Francophonie.

A l'heure ou les Etats-Unis d'Afrique (pardon) d'Amerique font leur incursion aux frontieres de son pre-carre africain, la France qui comme d'autres puissances, a plutot des interets et non des amis sur le continent noir, n'a naturellement pas de raison d'intimider ses clients politiques reels ou potentiels, malgre la terreur et la misere qu'ils font regner chez-eux.

C'est ici qu'apparait au grand jour le jeu subtile auxquel se livrent les puissances occidentales en Afrique. Hier, c'est la France qui soutenait le Hutu Habiarimana, dans son refus d'autoriser le retour des refugies tutsis accules a l'exile depuis 1959. A la mort de Habiarimana, la France a fermement soutenu ses partisans au moment fort du genocide. Un million des morts! Lorsque les bandes armees tutsies acculent les protegies de la France a la fuite, Paris lance l'Operation Turquoise pour les proteger dans leur reduit au Sud du Ruanda, avant de convaincre Mobutu a les accueillir dans son ex-propriete privee le ''Zaire, avec armes et bagages.

Ayant perdu le Ruanda au profit des puissances anglophones, la meme France servira de bouclier pour Mobutu, contre son opposition interne afin de garder pieds et bras au Congo-Kinshasa.

L'offensive de l'armee ruandaise contre les milices ethniques de Mobutu sera ainsi ressentie par les Français comme un autre coup des Anglophones contre son pre-carre. Ce qui expliqua la cacophonie entretenue par Paris et Washington tout au long de la premiere guerre de l'Est (1996-97).

L'imprevisible Kabila s'etant porte absent a l'appel de son allie de circonstance (les Usa), celui-ci a de nouveau fait intervenir ses nouveaux bras mecaniques (l'Ouganda et le Ruanda) pour le punir. Cette imprudence de Washington a suscite, contre ses attentes, un nouvel interet du vaincu d'hier, la France.

La puissance de feu des ''tueurs sans frontieres'' mandes par Kigali est aujourd'hui en bute avec les armees zimbabweennes equipees lourdement grace aux facilites leurs accordees et garanties par Paris.

Ici, l'equation simple de depart se tranforme en une equation a quatre inconnues: la France, premiere puissance francophone, se sert d'un Etat anglophone, le Zimbabwe, pour soutenir Kabila, son ennemi congolais d'hier, face au Ruanda dont elle a forme les combattants jusqu'a la mort de Habiarimana en 1994. Mais le delicat calcul ne se limite pas la. Car, tout en equipant les allies de Kabila, et l'armee de celui-ci, la France ne desespere pas a la possibilite de reinserer dans son giron, des territoires, autrefois peripheriques de l'Hexagone, que lui ont alienes les nouveaux prefets (Kagame et Buyoya). Ainsi, ne pêut-elle pas souscrire a la proposition d'exclure les emissaires des irreverencieux susmentionnes, moins encore les concernes eux-memes, malgre la clameur publique que justifient les tueries perpetrees par les rescapes du genocide, non seulement sur leurs anciens boureaux (les hutu), mais aussi sur les innoncents congolais qui n'ont commis comme peche que d'accueillir tant les Hutus que les Tutsis aux moments de leurs infortunes respectives.

Desir de garantir la possibilite de dialogue sous l'egide de la France, afin que celle-ci apparaisse comme la metropole protectrice, la puissance a vocation africaine par excellence? Arriere-pensee de recuperation, tout en se passant comme sauveur du congolais Kabila en vue de s'introduire dans le capital de la fameuse industrie miniere congolaise?

Comme quoi, le sourire d'une puissance d'argent ne coincide jamais avec les aspirations du faible qui croit vivre de son aumone.

J'ignore cher ami Keita, si tu trouveras ici une poussiere de reponse a ta preoccupation.

Bien a toi,

Opula Lambert.

-----Message d'origine-----

De : ousmane keita <ou.keita@lemel.fr>

À : Multiple recipients of list GUINEA-STUDENTS <guinea-students@olymp.wu-wien.ac.at>

Date : Jueves 2 de Septiembre de 1999 01:57 PM

Objet : [lesamisdafrique] Utilite des Organisations-Sommets

Bonjours a tous,

 

Demain s'ouvre la conference de la Francophonie au Canada.D'apres la presse Canadienne (source rfi)la Francophonie n'est qu'une Organisation symbolique, par ce qu'elle ne fait pas face aux problemes des droits de l'homme des quelques pays membres.La reaction du President Francais Chirac fut ainsi:"La Francophonie n'est pas une sorte de Conseil de Securite".A quoi sert en fait la Francophonie, les Sommets France-Afrique, le Commolwelth(je m'excuse pour l'anglais,je suis faible)si nos pays ne font aucun signe de progres et cela dans tous les sens?

Quelqu'un peut-il m'eclaircir les choses?

Bien a Vous.

Ousmane

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