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Intensification de la lutte contre la vente illicite des médicaments au Bénin

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Centre de documentation Oms Bénin

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Communiqué OMSBEN/28 6 septembre 1999

INTENSIFICATION DE LA LUTTE CONTRE LA VENTE ILLICITE DES MÉDICAMENTS AU BÉNIN : LA MINISTRE DE LA SANTÉ PUBLIQUE MONTE AU CRÉNEAU

Chaque jour, 10 personnes en moyenne consultent pour insuffisance rénale ou complications rénales au Centre national Hospitalier et Universitaire de Cotonou. Par ailleurs, 1 personne au moins meurt par jour surtout d'insuffisance rénale au CNHU due probablement à la prise de médicaments vendus sur le marché parallèle.

Les intoxications médicamenteuses pouvant conduire à des insuffisances rénales et hépatiques et des chocs imprévisibles (crise cardiaque, collapsus etc) augmentent au Bénin.

Ces chiffres sont certainement sous-évalués puisqu'ils ne prennent pas en compte, le nombre de décès survenus dans les formations sanitaires de l'intérieur du pays. Cependant, ils sont suffisamment inquiétants pour alerter les autorités sanitaires nationales qui ont pris des mesures radicales pour tenter d'enrayer le trafic illicite de médicaments. Récemment, la Direction des Pharmacies et Laboratoires (DPHL) a procédé à la saisie de plusieurs tonnes de médicaments vendus sur le marché de Dantokpa et les a brûlés.

Cette opération coup de poing réalisée de concert avec l'armée, la police et la gendarmerie a suscité d'importants remous au sein de la population et des vendeurs et vendeuses de ces produits prohibés. Le Professeur Marina d'Almeida Massougbodji, Ministre de la Santé publique est monté au créneau. Elle a organisé le vendredi 27 août 1999 à l'INFOSEC de Cotonou, une conférence de presse pour expliquer au public, les dangers des médicaments en général et en particulier, les risques que les médicaments illicites font courir aux populations.

La Ministre a indiqué qu'un médicament sous dosé est un poison qui entraîne des résistances des germes et fragilise l'organisme pour la vie, un médicament mal conservé devient toxique tandis qu'un médicament bien dosé est toujours efficace lorsqu'il est bien prescrit, bien pris et bien conservé. Madame Marina d'Almeida a clairement indiqué le circuit qu'effectue le médicament dans l'organisme humain, les ravages qu'il cause ainsi que de nombreux autres dégâts mal maîtrisés dont il peut être responsable. L'une des conséquences les plus graves causées par le médicament illicite est, selon la Ministre de la Santé publique, le blocage des reins qui conduit inévitablement à l'insuffisance rénale d'où l'hémodialyse.

Le foie aussi peut se bloquer et c'est la mort car rien ne remplace cet organe. Les déchets s'y accumulent et la personne intoxiquée meurt à petit feu.

Toujours au cours de sa conférence de presse, la Ministre a précisé les causes de la vente illicite des médicaments au Bénin. Il s'agit du vide juridique qui a permis le foisonnement de la vente illicite, de l'absence de politique et de stratégie spécifiques pour la lutte, de la non accessibilité aux médicaments.

En effet, ceux-ci coûtent cher et ne sont pas disponibles dans les villages, les communes et les villes, l'absence de laboratoire de contrôle de qualité des médicaments, la méconnaissance et la méfiance des populations et même de certains agents de santé vis à vis des médicaments génériques, les marchés parallèles dont profitent de "gros bonnets", la vente d'échantillons de médicaments etc.

Le Ministre béninois de la Santé publique a estimé que le vide juridique a permis l'impunité, la légitimation du phénomène de la vente illicite, la normalisation ou acceptation du fléau ou encore, l'ignorance totale des populations les plus démunies, et puis surtout, l'impuissance des media à utiliser les canaux d'information appropriés pour persuader les populations à rejeter les médicaments illicites.

À titre d'exemple pour faire face au blocage de rein, le MSP a signalé qu'une séance d'hémodialyse au Centre national Hospitalier et Universitaire(CNHU) de Cotonou est évaluée à 50.000 francs cfa à raison de 3 séances par semaine ce qui revient à 150.000 francs cfa en moyenne. Le Service des urgences est préoccupé par cette situation et l'unité d'hémodialyse où exerce le seul néphrologue de cet hôpital de référence nationale est dépourvu de moyens techniques et de personnels qualifiés en nombre suffisant pour prendre tous les cas en charge.

Au Bénin, les médicaments les plus demandés sont essentiellement, les antibiotiques, les antipaludéens et les vermifuges dont l'origine est douteuse. Les médicaments contrefaits et souvent sous-dosés proviennent en général du Nigéria, du Gabon et de certains pays d'Europe, d'Amérique du Nord et d'Asie selon une étude récente du LARES (1998).

Ce laboratoire indique que le Bénin importe chaque année pour 5 milliards de francs cfa de médicaments auxquels il faut ajouter environ 2,5 milliards de dons (estimations publiées par le LARES et tirées de données fournies par les Douanes béninoises et le Port autonome de Cotonou).

Les médicaments sous nom générique sont gérés au Bénin par la Centrale d'achat des médicaments et consommables médicaux (CAME) qui en assure la commande et la distribution aux centres de santé et formations sanitaires des secteurs publics et privés.

À propos du marché parallèle de médicaments au Bénin, le LARES estime qu'une étude menée dans 10 localités béninoises a dénombré environ 6000 vendeurs de médicaments (surtout des femmes). Près de 1500 de ces personnes opèrent sur les marchés tandis que plus de 3500 pratiquent le commerce ambulant encourageant ainsi l'automédication.

La Direction nationale de la Protection sanitaire (DNPS) estime que 85% des béninois s'approvisionnent au marché parallèle de médicaments.

En dehors des saisies de médicaments, les autorités sanitaires nationales ont initié au premier trimestre de l'année 1999 en collaboration avec l'OMS, une série de séances d'information et de formation destinées aux leaders de communautés des grandes villes du Bénin, sur les dangers des médicaments et leur vente illicite sur le marché. Il s'agit de chefs religieux, de commerçants, d'agents de santé, de gendarmes et de policiers, de préfets, de sous-préfets, de maires et de délégués ainsi que de jeunes diplômés sans emploi. Le Service d'Information, d'Éducation et de Communication du MSP a réalisé un film vidéo intitulé "AVLESSI et les médicaments" qui a mis en scène la lutte contre la vente illicite à travers ses conséquences au plan de la santé.

À cette occasion, les autorités sanitaires et les leaders d'opinion ont proposé plusieurs stratégies de lutte contre ce fléau dont: la répression effective des auteurs des circuits parallèles de médicaments; l'implication des ONG et autres structures communautaires déjà en place (COGEC, COGES) dans les activités de sensibilisation de la communauté; le renforcement des contrôles aux frontières; la surveillance des médicaments à leur sortie de la CAME; l'actualisation et la vulgarisation des lois répressives en vigueur; et l'implication des chefs religieux et autres leaders de communautés dans la lutte.

Enfin, le Ministère de la Santé publique a engagé une panoplie d'actions telles que des émissions radiotélévisées sur l'utilisation des médicaments et leurs conséquences sur la santé régulièrement diffusées sur les antennes nationales et privées du Bénin. Plusieurs acteurs (agents de santé, pharmaciens, vendeurs et vendeuses de médicaments, membres de différents ordres, juristes etc) participent à cette mobilisation générale contre la vente illicite du médicament.

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Pour plus d'informations, veuillez communiquer avec François Agossou, Conseiller chargé de l'Information et de la Promotion de la Santé (hipben@syfed.bj.refer.org)

ou au Centre de documentation (omsben@intnet.bj).

Téléphone : (229) 30.19.07. Télécopie : (229) 30.42.08. Adresse : B.P. 918, Cotonou, Bénin.

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