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Le Chargé d'affaires de la RD. Congo au Canada: flic ou fonctionnaire?

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Ben Mwembia Kalambayi

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Le sommet de la francophonie qui s'est tenu à Moncton (Canada) n'aura pas cessé de nous reveler les faces cachées de la diplomatie congolaise. Il a permis à l'opinion internationale de découvrir le vrai visage du régime en place au Congo-Kinshasa et a permis à celle-ci de se faire une petite idée sur la façon dont ce régime, par son Président qui n'a pas eu froid aux yeux, se targue devant le monde et dans le pays de tradition démocratique d'être un modèle en matière de démocratie et de respect des droits de 
l'homme.

Les images diffusées par la télévision canadienne ont été suffisamment éloquentes. On a pu voir la compétence dont font montre les autorités congolaises lorsqu'il leur est donné de résoudre un problème politique, économique ou social: c'est par la brutalité et la violence que l'on retrouve même chez les "diplomates". Evidemment, ces derniers qui représentent le nouvel ordre établi à Kinshasa n'ont montré ni la noblesse ni le savoir-faire des fonctions qu'ils sont appelés à exercer, mais l'agitation et la nervosité. Ils n'ont pas pu contenir leur colère, de là à se poser la question de savoir s'il y a une politique étrangère cohérente au 
Congo, il n'y a qu'un pas. Je l'ai franchi et je ne me trompe pas en disant qu'il n'y en a pas une. Que font alors les personnes que l'actuel gouvernement envoient comme représentants du Congo à l'étranger pour exercer les fonctions diplomatiques? Je ne parlerai pas de toutes les missions diplomatiques congolaises mais je me limiterai plutôt à celle d'Ottawa où est arrivé un chargé d'affaires, monsieur Kanunu Leyans' Simbi Bertin. 
Celui-ci est à la tête de l'ambassade du Congo au Canada mais, force est de constater qu'il n'y représente pas tous les Congolais. Examinons-en les preuves :

1. Le livre de Justine Kasa-vubu Mpoyo intitulé "Douze mois chez Kabila" nous donne les premières indications. L'auteur raconte qu'à l'arrivée de monsieur Kanunu à l'ambassade du Congo à Bruxelles où elle venait d'être nommée ambassadrice et ministre plénipotentiaire, elle a eu la désagreable surprise de voir que dans les papiers d'affectation dont monsieur Kanunu était porteur, mission lui était confiée de mener des enquêtes dans tous les pays d'Europe où il devait se rendre fréquemment, dans le but de faire rapport à ses autorités sur tout et sur les banalités. 
Il devait signaler les activités de tous: qui fait quoi, qui est pour, qui est contre, qui critique le gouvernement, pourquoi et comment le neutraliser. Ce "diplomate" devait également renseigner son gouvernement sur les Congolais qui désirent ou non rentrer au pays et proposer les moyens d'infiltration des milieux de ceux qu'il considère comme opposants à son régime. Justine note dans son livre que tout de suite après l'arrivée de monsieur Kanunu à Bruxelles, les réunions des katangais ont commencé à se tenir et se sont intensifiées. Voilà, le spectre du régionalisme qui a commencé à prendre corps et âme. A-t-il reussi sa mission en Europe? 
Difficile de le savoir. Sa venue à Ottawa est-elle une promotion ou une affectation à un lieu où on connaît mal les activités dans lesquelles il excelle? On ne le saurait qu'à le voir à l'oeuvre.


2. Arrivé au Canada en qualité de chargé d'affaires, il s'est mis à decevoir un grand nombre de Congolais. Le représentant du gouvernement dit d'"union nationale" a préféré se faire revevoir uniquement par les membres et ardents défenseurs du "Katanga yetu". C'est dans ce cadre restraint qu'une réception a été organisé en son honneur. Comme à Bruxelles, il a multiplié les réunions des katangais. Qu'est-ce qui se trame dans ces réunions? Apparemment, selon les langues qui se délient, l'attisement de la haîne à l'endroit des ressortissants d'autres provinces du Congo. Comme au bon vieux temps du Maréchal Mobutu où des reseaux tribalo-éthniques ou des milices étaient mis sur pied ou formés pour traquer les membres de l'UDPS et suivre tous leurs faits et gestes, on voit surgir aujourd'hui des comités de pouvoir populaire (CPP). Ceux-ci sont déjà mis en place au Congo et, par des moyens détournés, on s'active à faire fonctionner leurs cellules à 
l'étranger. C'est ainsi que Dominique Sakombi Inongo, ex-chantre du mobutisme, aujourd'hui imbu des pouvoirs divins, était dépêché au Canada. Le "messager" et le "diplomate" poursuivaient des buts personnels. Le premier, tel un bon berger, voulait montrer à ses chefs qu'il avait la capacité de convertir et de rallier les Congolais du Canada au régime. Le deuxième voulait faire d'une pièrre deux coups: d'une part, montrer qu'il était dynamique dans ses nouvelles fonctions, et d'autre part prouver à ses autorités qu'il est parvenu, en peu de temps, à casser l'UDPS-Canada et à mettre sur pied des structures qui répondent aux désirs du Président fondateur des CPP de voir ceux-ci pousser comme des champignons dans le monde entier. Entreprises inutiles et illusions, puisque les évenements de Moncton ont prouvé le contraire.

3. À l'issue de la soi-disant "conférence publique" de Sakombi à l'université d'Ottawa, les Congolais qui s'étaient déplacés pour entendre le conférencier, se sont vite rendus compte du mensonge renové du chantre du mobutisme, mensonge qu'il livre sous forme des temoignages sur les activités paranormales qui troublent toute bonne conscience. Ils l'ont amené à se contredire. L'homme est tombé dans son propre piège. Son chargé d'affaires 
parlait de "conférence publique" et lui-même de "leçon publique". Qui était maître? Qui était écolier? Ensuite, au bout de quatre heures d'exposé magistral, monsieur Kanunu s'est mis débout pour dire à l'assistance médusée que la "conférence" était terminée. Il a demandé à chacun de reflèchir sur cet exposé et de préparer des questions à poser au conférencier méssianique à sa prochaine visite au Canada, probablement à la fin du mois d'août écoulé. Ce conférencier n'est plus revenu à Ottawa comme promis. Tout cela 
n'était qu'un montage, un mensonge tissé par le chargé d'affaires, probablement pour montrer à son Mzee qu'il est l'homme qu'il faut avoir en poste au Canada.

En faite, la visite de Sakombi au Canada est la tenue de sa "conférence publique" servait un but: celui d'installer les cadres et dirigeants des CPP-Canada; une installation ardemment souhaitée par monsieur Kanunu pour prouver à ses chefs qu'il a le contrôle de la situation sur toute l'étendue du Canada. En est-il réellement capable? Pas du tout. Dans 
sa précipitation, il s'est trompé de cible et il a lamentablement échoué dans ses plans de division et de fanfaronnade. Ainsi, n'a-t-il pas creusé sa tombe, celle de l'exhalté et chef de la sécurité rapprochée de Laurent Désiré Kabila et celles des certains miliciens des CPP?
Comment fait-il fonctionner l'ambassade du Congo à Ottawa? Probablement avec la même soif de pouvoir et la folie de grandeur dont il a fait montre à l'occasion du récent sommet de la francophonie. Il y a affiché un comportement qui n'était que la manifestation d'un excès de zèle. C'est peut-être l'instinct primaire qui a pris le dessus lorsqu'il a vu la 
manifestation des opposants qu'il croit avoir neutralisé comme il en aurait préalablement informé ses chefs.

On est en droit de se poser la question de savoir à quoi sert donc la mission de monsieur Kanunu au Canada. Si c'est pour attiser une fois de plus le feu de la division et du tribalisme au sein de la population congolaise déjà profondement divisée et martyrisée, cette mission est vouée à l'échec. 
Jusque-là, le chargé d'affaires ne montre pas qu'il est fonctionnaire. S'il l'était, son rôle en tant qu'agent public serait de servir le public. 
Puisque, dans notre pays la confusion est totale entre la politique et l'administration, monsieur Kanunu se met au service des politiciens de la division et de l'intolérance. Ensemble, ils tendent le piège dans lequel ils vont eux-même tomber.

De toute façon, la légitimité de pouvoir de Kinsahsa viendra des services que ce pouvoir peut rendre aux Congolais, mais non plus de toutes les tracasseries devenues des méthodes de travail en pretextant l'état de guerre. À cause de cette guerre, les Congolais ne peuvent pas dire qu'ils ont faim, qu'ils ont soif, qu'ils ont droit à l'éducation et à 
l'information. Tous les manquement du gouvernement, ses irrégularités et son arbitraire habituels deviennent "l'effort de guerre". Le malheur des uns fait le bonheur des autres, dit-on.

Ben Mwembia Kalambayi
UDPS Canada
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