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République
Démocratique du Congo
Rassemblement
congolais pour la démocratie Quartier Général de Kisangani
Les
propos du RCD Goma sous la direction de Kahara/Ilunga et les officiels
au pouvoir à Kigali montrent bien qu’on arriverait à ce que nous
sommes entrés de déplorer aujourd’hui. Du 07 au 08.08.99 à
Kisangani, les troupes du RCD Kisangani sous la direction du
professeur Wamba dia Wamba ont été contraintes malgré elles à
affronter militairement les troupes d’Ondekane encadrées par
l’armée ruandaise. Le conseil politique du RCD exprime sa profonde
douleur à la suite de ce malheureux événement, la douleur est
d’autant plus profonde qu’il s’agit des pertes en vie humaine de
jeunes Congolais ainsi que des Africains qui s’étaient dévoués
pour soutenir le retour à la stabilité politique du pays
aujourd’hui en guerre et en quête d’un Etat véritablement
responsable. Pour le groupe de Goma et le gouvernement de Kigali, il
ne reste qu’une chose pour torpiller le processus de paix au Congo,
empêcher par tous les moyens le RCD Kisangani de signer les accords
de Lusaka. Le conseil politique du RCD constate que le groupe de Goma
conseillé par le gouvernement ruandais bascule ouvertement vers les
positions et les pratiques extrémistes. Le jeudi 05.08.99, ce groupe
avait conduit à Kisangani la délégation de vérification. La
population de Kisangani a manifesté son
mécontentement de voir le groupe de Goma aux côtés de la délégation
zambienne. Le RCD Kisangani n’a pas développé aucune action de
nature à perturber leur mission. Le vendredi 6.8.99, jour où était
annoncée l’arrivée de la délégation zambienne et le président
du RCD, le professeur Wamba dia Wamba, les troupes de Ondekane
agissant sans le moindre scrupule ont ouvert le feu sur les véhicules
des combattants et officiels du RCD Kisangani, blessant gravement
l’un d’entre eux. A la fin de la journée, les mêmes troupes,
montées en bloc par leur chef, avaient poussé leur témérités
jusqu’à encercler le quartier général du RCD Kisangani et enlever
un des jeunes cadres politiques. Le même jour, sur les ondes de la
radio nationale sous contrôle de l’armée ruandaise, on ne semait
que la haine et l’incitation régionale.
De l’ultimatum à l’intimidation on est arrivé à la
sommation de la population. Les armes et les munitions étaient
distribuées aux soldats, toutes les émissions de la radio revenaient
invariablement sur l’interdiction faite à la population de sortir
de chez eux sous peine d’être tuée. Les attroupement de deux ou
trois personnes étaient interdits,
même l’enterrement ou l’organisation du deuil des personnes chères
étaient défendus en cette période. Toutes ces menaces avaient pour
objectif d’empêcher à l’équipe zambienne de constater par
elle-même le soutien populaire au processus de paix et surtout une
tentative désespérée tendant à démontrer que la direction de
Kisangani, l’une des
principales forces qui
revendique une paix immédiate et durable au Congo ne jouit pas d’un
soutien massif de la population. Le 07.08.99, à 9 heures, les troupes
d´Ondekane encadrées par l’armée ruandaise ont poussé la
provocation jusqu’à pénétrer dans le quartier général du RCD
Kisangani. C’est ainsi
qu’elles nous ont déclenché les hostilités et finalement, l’armée
ruandaise elle-même est entrée en action jusqu’au 08.08.99. Le
conseil politique du RCD tient une fois de plus le groupe de Goma et
le gouvernement de Kigali responsables de la perte des vies humaines
que nous avons enregistrée à Kisangani tant du côté de la
population civile que des troupes ougandaises, ruandaises et
congolaises. Le conseil politique du RCD est choqué de constater que,
le gouvernement ruandais veut aujourd’hui victimiser 50 millions de
Congolais sous l’argument de la chasse aux génocidaires. La
politique de terreur soutenue par le gouvernement ruandais à
Kisangani prend en otage 7 mille Congolaises et Congolais qui ne
peuvent s’organiser ni politiquement, ni socialement et ni économiquement
pour résoudre les problèmes cruciaux de leur survie. Pour le
conseil politique du RCD, deux facteurs principaux sont à
l’origine de la crise qui se déroule aujourd’hui dans notre pays;
la crise interne avec le blocage du processus de démocratisation et
la crise externe avec l’instabilité presque généralisée de la région
des grands Lacs. Le conseil politique du RCD soutient que notre
alliance avec le Rwanda était au départ basée sur la convergence
des intérêts sur deux contextes; le grief de l’Etat ruandais
contre Kabila auquel il reproche de soutenir les milices interhamwes
et ceux du RCD reprochant au même pouvoir d’être le frein au
processus de démocratisation. Au fil du temps, après plusieurs
faits, notamment le soutien direct de la ligne défectueuse et anti-démocratique
au sein du RCD, le conseil politique du RCD s’aperçoit
malheureusement que le gouvernement de Kigali ne tient pas compte des
intérêts fondamentaux de notre peuple, tout laisse paraître que la
coopération avec les Congolais signifie pour lui le rapport de
domination pure. Et l’impression qui se dégage et l’avis des
Congolais pour ce pouvoir ne vaut absolument rien. Comment sinon
expliquera-t-on la détermination de provoquer l’effusion du sang à
Kisangani sur une question de signature des accords entre les chefs
d’Etats de la région. Le conseil politique du RCD s’inscrivant
dans l’esprit de la recherche de la paix n’a pas voulu s’opposer
à la signature de Goma, alors qu’il a toutes les raisons pour le
faire. Il apparaît aux yeux de tous que le groupe de Goma n’a pas
de revendications politiques susceptibles d’entraîner l’adhésion
massive du peuple congolais. Il est coupé dans la pratique des
populations dans les territoires sous son contrôle. Finalement, il
fait de la question des interhamwes son problème politique
majeur au même titre que le gouvernement de Kigali. Il se fait que la
signature de Goma devient superflue, à partir du moment ou le
gouvernement ruandais a signé les accords de Lusaka.
Aujourd’hui
pour justifier les crimes qu’ils programment et exécutent contre
les Congolais du RCD Kisangani, le groupe de Goma et le pouvoir de
Kigali prétendent que nous avons des interhamwes dans nos camps
d’entraînement militaires. Désormais, tout Congolais qui n’obéirait
pas au dictat de Kigali devient collaborateur des interhamwes, donc un
ennemi à abattre. Le conseil politique tient à préciser qu’il y a
bien une différence entre les génocidaires (criminels à arrêter et
à traduire devant les tribunaux) et les citoyens congolais
d’origine hutu qui n’ont pas pris part au génocide de 1994.
Personne n’a le droit d’interdire à un Hutu congolais de jouir
pleinement de tous ses droits y compris celui de faire le service
militaire, comme tout autre jeune Congolais. Le conseil politique du
RCD en appelle à la communauté internationale, en particulier au
gouvernement des Etats-Unis, au secrétaire général de l’ONU et de
l’O.U.A. (Organisation de l’unité africaine) de tout faire, pour
mettre fin à l’instrumentation dangereuse que le pouvoir de Kigali
est entré de faire du génocide de 1994.
Le
conseil politique du RCD espère que nos frères de Goma et le pouvoir
de Kigali reviendront au bon sentiment de sortir l’Afrique de sa
crise séculaire, en soutenant le processus de paix durable en République
démocratique du Congo.
Fait
à Kisangani le 09.08.1999
Transmis
par Mukendi |