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UNION
POUR LA DEMOCRATIE ET LE PROGRES SOCIAL (UDPS)
REPRESENTATION
AU BELUX
COMMUNIQUE
DE PRESSE
REACTION
AUX CONTRE-VERITES SUR LIKULIA
(Cfr
Article de Monsieur Jean-Dominique GESLIN dans Jeune Afrique, n° 2020
du 28 septembre 1999, p. 27)
Réf.:
RBL/UDPS/DE/161/99
Nous
avons lu avec intérêt l_article de M. Jean-Dominique GESLIN paru
dans l_hebdomadaire Jeune Afrique, n° 2020 du 28 septembre 1999, p.
27 et intitulé: "RD Congo. Dernier Premier ministre de
Mobutu, le général Likulia est de retour à Kinshasa, où il
pourrait jouer un rôle clé. Un joker pour Kabila?".
Dans
son article, l_auteur affirme notamment que Likulia n_a pas laissé de
mauvais souvenirs sur la population; qu_il est proche de l_Opposition
démocratique; qu_il s_était tenu à l_écart du pillage généralisé
du pays par les gouvernants mobutistes avant leur fuite; qu_il présente
un profil idéal pour jouer un rôle politique de premier rang; qu_il
a la confiance des Occidentaux; qu_il avait, lors de son bref passage
à la primature, laissé l_image d_un réformateur courageux apprécié
par les étudiants; et qu_il recueillerait l_adhésion populaire s_il
devenait président du parlement de Transition ou premier ministre de
Kabila.
Nous
n_avons pas adressé notre réaction directement à Monsieur
Jean-Dominique GESLIN, car il ne mérite aucune considération de
notre part pour trois raisons:
*
Le minimum de bon sens et de respect pour notre Peuple suffisait à M.
Geslin pour ne pas se livrer à de telles affirmations sur, non
seulement l_un des piliers et penseurs du mobutisme, un homme qui a
exercé de hautes responsabilités dans l_armée, le gouvernement et
les services de sécurité durant plus de deux décennies dans le régime
de Mobutu, mais également l_une des vipères en qui le vénin
mobutiste se trouve condensé avec le maximum de densité et qui, par
conséquent, ne crée autour de lui que vide, désolation et deuil.
Affirmer qu_un esclave peut être heureux et qu_il peut même
ovationner son bourreau et souhaiter son retour au pouvoir est, non
seulement une contradiction dans les termes, mais aussi une insulte et
un mépris pour notre Peuple.
*
Quelles que soient les raisons qui ont poussé ce journaliste à
diffuser de telles contre-vérités sur Likulia, nous estimons qu_il y
a tout de même un seuil en dessous duquel tout homme qui y descend
perd toute dignité et ne mérite que le mépris.
*
Ce journaliste est l_un de ceux qui veulent prolonger la tragédie de
notre Peuple: au lieu de devenir notre correspondant, il doit être dénoncé
devant l_opinion tant nationale qu_internationale et tout doit être
mis en Suvre pour le mettre hors d_état de nuire.
Pour
démontrer ces contre-vérités, nous ne parlons pas nous-mêmes, nous
livrons ici le témoignage de deux autres mobutistes qui ont vu
Likulia à l_Suvre au sein de leur appareil commun mobutiste, et à
ce jour, témoignage non démenti par Likulia qui confirme ce que
nous savions déjà sur lui.
*
Le témoignage de N_gbanda Nzambo, dans son livre intitulé "Ainsi
sonne le glas ! Les derniers jours du Maréchal Mobutu" (éditions
Gideppe, 1998)
*
Likulia et la guerre des généraux
Nous
savions que l_arbitraire était le seul fondement et la seule
justification de tout ce que Mobutu concevait et entreprenait. Ainsi
avait-il construit sa force publique sur base ethnique, régionale,
tribale et clanique. Tous les meilleurs soldats et officiers étaient
systématiquement chassés de l_armée ou physiquement éliminés à
cause de leur origine ethnique ou pour conflits de pouvoir,
d_influence et d_enrichissement par des généraux et des membres de
famille de Mobutu. Les médiocres étaient arbitrairement promus sur
base ethnique ou de soumission à tel ou tel général. Likulia a été
parmi les hauts responsables de l_armée congolaise durant plus de
deux décennies dans le régime de Mobutu. Il a été l_un des idéologues
de l_esprit mobutiste et l_a appliqué à fond au sein des FAZ.
Mais
comment expliquer que l_armée congolaise, avec ses potentialités
humaines et matérielles, n_ait jamais gagné aucune guerre sur son
territoire? N_gbanda se pose cette question et l_explique par la
guerre des Généraux à laquelle Likulia a très activement participé:
"La
gangrène qui a rongé l_armée zaïroise et l_a rendue inopérante
des années durant, malgré tout le potentiel humain et matériel dont
elle disposait, réside dans la guerre d_influence, de positionnement
et d_enrichissement que se sont menée jusqu_au bout les officiers généraux
des Forces Armées Zaïroises. Cette guerre des Généraux apparut
dans toutes ses dimensions lorsque le Président Mobutu décida la
restructuration de l_armée. Il nomma à sa tête le général Bumba
Moasso comme "Capitaine général", lisez commandant en chef
des Forces Armées Zaïroises. Dès cet instant apparut "la
guerre des clans" autour des Généraux. Ainsi, le général
Bumba connut-il une opposition interne du Général Babia entouré et
appuyé principalement par les Généraux Molongya, Boteti et Likulia.
_ ce dernier était à l_époque Auditeur général des FAZ. Pour y
faire face, le "Capitaine général" procéda à la
promotion rapide des officiers mbudja et au recrutement massif de
jeunes gens dans son fief ethnique de Bumba. Ce fut le début du
western des Généraux. Et la naissance des clans et des parrains.
"Le
clan Babia évince le clan Bumba et installe ses hommes au
commandement. Bumba réapparaît, contre-attaque et passe le flambeau
au Général Eluki qui fait monter en force les autres jeunes
officiers, dont le Général Mahele, son propre cousin qu_il a élevé
sous son toit. Le clan Babia reprend du poil de la bête, mais le Général
Likulia émerge et élimine un à un ses "parrains", dont le
Général Babia et prend le leadership. De sa position d_Auditeur général
des FAZ, ce nouveau Général utilisa les atouts puissants dont il
disposait pour "casser" ses rivaux. Des complots fictifs
furent inventés dans le but d_éliminer des concurrents dangereux.
Citons en passant le procès le plus macabre de 1978, à l_issue
duquel furent exécutés des officiers supérieurs dont Kalume et
Kudia Kubanza alias Kuku Jean De Dieu. (&)
"Tous
les ministres de la défense, Généraux de l_armée, ont eu chacun,
à la tête de l_armée ou dans l_entourage du Président Mobutu, son
"opposant" qu_ils devaient combattre ou dont ils devaient se
défendre: Bumba subit les assauts de Molongya; Singa affronta les
attaques de Lomponda; Likulia fit avaler des couleuvres à Eluki;
Mahele en fit voir de toutes les couleurs à Eluki; tandis que Singa
revenu à la Défense subit les coups de maître que lui a portés
Likulia comme secrétaire d_Etat au ministère de la Défense. La
liste est longue".
"C_est
la guerre des Généraux qui engendra au sein des FAZ le phénomène néfaste
du clanisme, du tribalisme, du régionalisme et du clientélisme. Car,
le besoin stratégique de chaque chef militaire de renforcer sa propre
position face à ses rivaux le forçait naturellement à procéder au
recrutement massif des jeunes de sa "base" clanique, tribale
ou régionale durant son mandat, si court soit-il, à la tête de
l_armée. De même, chaque Général ministre de la défense se préoccupait-il
d_abord des promotions et des envois sélectifs des officiers de sa
tribu ou de sa région natale en formation ou en stage de spécialisation
à l_étranger. Les critères objectifs de compétence, de bravoure et
d_ancienneté furent complètement bannis au sein des FAZ. On imagine
aisément les conséquences à moyen terme pour la qualité et
l_efficacité de certains officiers.
"L_armée
zaïroise fut complètement paralysée au sommet et les conséquences
se sont vite manifestées à la base, au niveau des troupes, par
l_indiscipline: le soldat zaïrois obéissait plus à son
"parrain" qu_aux autorités hiérarchiques"
(pp. 46-48).
1.2.
Pillage du trésor public de l_Etat
Nous
savions que les soldats étaient mal payés, mal nourris et mal encadrés
au profit de leurs chefs qui gonflaient abusivement l_effectif de
l_armée, et détournaient impunément son budget de fonctionnement
ainsi que de nombreux avantages que Mobutu accordait habituellement
aux hommes de troupes, en dehors du budget du ministère de la défense
nationale:
"Il
s_agissait d_une vaste mafia et d_une affaire de gros sous: l_effectif
administratif des FAZ présenté par l_état-major général était en
fait le double de l_effectif réel des troupes sur le terrain. Ainsi,
à la fin de chaque paie se déroulait ce que les soldats impuissants
et dégoûtés, avaient baptisé "Opération aller-retour",
ce qui résume la nature de cette fraude. Les officiers de paie débarquaient
dans les garnisons militaires avec des malles d_argent perçu à la
Banque du Zaïre selon l_effectif fictif, et repartaient, après la
paie de l_effectif réel, avec le surplus pour une destination
inconnue, sous les yeux ahuris des soldats qui s_entendaient dire le
lendemain qu_il n_y a pas assez d_argent pour leur nourriture, ni pour
leurs soins médicaux, ni pour leur habillement" (p. 51).
1.3.
Likulia et les services secrets de l_Etat: règlement des comptes et
incompétence
"Comme
dans l_armée, les conflits internes firent leur apparition tout au
long du processus du développement des services spéciaux zaïrois.
Des conflits souvent violents et pernicieux handicapèrent le
fonctionnement harmonieux des services, portant ainsi atteinte à
l_objectivité, à l_honnêteté et à l_efficacité qui doivent
caractériser nécessairement les services secrets de tous les Etats
du monde. Or, comme dans l_armée, chaque chef des services zaïrois
devait faire face à au moins deux fronts: le front de l_opposition
interne animé par son ou par ses rivaux qui le combattent par toutes
sortes de sabotages et de mensonges auprès du Président Mobutu pour
obtenir son éviction rapide, et les objectifs qui constituent les préoccupations
traditionnelles de tous les services secrets des Etats modernes.
"Ainsi,
l_histoire des services spéciaux zaïrois est émaillée de conflits
de chefs et de " camp " : Mokolo contre Seti, Seti contre
Nkema et Atenda (ses adjoints), Nkema contre Atundu (son adjoint),
Seti contre N_gbanda, Nkema contre Mokolo, Seti contre Pelendo,
N_gbanda contre le duo Goga-Atundu (ses adjoints), Likulia contre
N_gbanda, Goga contre Atundu, Atundu contre Leta, et Leta contre la
clique des Généraux Mavua, Baramoto et Nzimbi& (&) Le pays
tout entier et beaucoup de cadres innocents en ont payé de très
lourds tributs" (p. 59).
Après
le discours du 24 avril 1990, Mobutu nomma Likulia à la tête des
services secrets de l_Etat:
"Le
nouveau chef des services secrets, le Général Likulia, n_avait dans
ce domaine aucune expérience professionnelle ni aucune technicité
requise. Et qui plus est, il était loin de répondre au souci de
neutralité que recherchait le Maréchal Mobutu. Le nouveau patron des
services secrets profita plutôt de ses nouvelles fonctions pour mener
la guerre à ses collègues généraux, en se servant des puissants
instruments des services secrets désormais entre ses mains pour mieux
anéantir ses rivaux, tant dans l_armée que dans la politique.
(&)
"Tout
le personnel de l_ancien cabinet fut mis dehors, sans ménagement, et
remplacé par les officiers fidèles collaborateurs du Général
Likulia (...). C_est justement pendant ce chambardement et cette
chasse aux sorciers que le malheureux événement de Lubumbashi se
sont déclenchés. Conséquence : les nombreux messages du Redoc
(responsable régional des services de sécurité) et du gouverneur de
région demandant des directives et des interventions urgentes pour
faire face à la tension qui naissait, sont restés plusieurs jours
sans suite. Personne au cabinet n_y accordait une moindre importance.
La conséquence de cette situation est connue de tous. (&) Si les
responsables des services de sécurité à Kinshasa avaient rapidement
réagi dès le signalement du début des malaises au campus
universitaire, rien de grave ne se serait passé. Les procès verbaux
d_audition des responsables régionaux du Shaba en témoignent
suffisamment"
(pp. 62-64).
*
Le témoignage du général Ilunga Shamanga, dans son livre intitulé
"La chute de Mobutu et l_effondrement de son armée",
Canon One Stop Shop, 1998.
2.1.
Intrigues et élimination physique des officiers et concurrents
militaires
"Je
n_arrive pas à me défaire de la conviction que le général Likulia
a largement contribué à fragiliser les forces armées zaïroises
pour des raisons que lui seul connaît. Le général Likulia a été
le procureur dans tous les grands procès de tous les vrais-faux
complots militaires des années 1975 et 1978 qui ont traumatisé et
meurtri pour la vie toute une génération d_excellents officiers.
C_est le général Likulia Bolongo qui a géré les destinées de la défense
nationale de 1985 à 1990 promettant de monter une armée de cent
mille hommes qu_il a transformée en une horde de gueux. C_est encore
le général Likulia qui distribue généreusement prébendes et
grades à quelques hommes de main et accessoirement aux frères de
tribu du président Mobutu pour recevoir en retour leur soutien dans
le clan en vue de son maintien au poste ministériel. Tout considéré,
c_est le général Likulia Bolongo qui a démontré avoir été,
pendant les trente-deux ans de pouvoir du président Mobutu, le
champion militaire toutes catégories des intrigues et des coups
tordus" (pp.124-125).
Rappelons
que, lors de ces procès, Likulia était l_auditeur général des
forces armées, et "l_auditeur général était le seul patron de
la justice militaire. Contrairement aux usages en matière
d_organisation judiciaire, les magistrats du siège aussi dépendaient
de lui, comme ceux du parquet"
(p.30).
*
Pendant la guerre dite de "libération" de l_AFDL
*
Likulia, ministre de la défense
*
usurpation de pouvoir, incompétence militaire, détournements des
deniers publics et trafic des armes
Quand
Mobutu rentra à Kinshasa le 17 décembre 1996 pendant la guerre menée
par l_AFDL, il nomma Mahele chef d_état-major général des FAZ et
Likulia ministre de la défense. Voici le témoignage d_Ilunga
Shamanga sur Likulia, , pp. 108-110:
"Avec
le général Likulia Bolongo au ministère de la défense nationale,
nous passons du vide au tro-plein de prises de positions et déclarations
de matamore dans la presse. Il réclame d_être appelé ministre de la
guerre et promet au peuple zaïrois "la contre-offensive
foudroyante" dans la guerre de l_est (&.) qui après coup,
s_est révélée n_être qu_un pétard mouillé!
"Le
ministre de la défense veut gérer la guerre à son niveau. Il est
pressé d_avoir des résultats. Certains de ses conseillers font des déclarations
de presse sur des radios étrangères dans une honteuse cacophonie.
Pendant ce temps, le général Mahele se tait. C_est dans cette
atmosphère que le chef d_état-major général des FAZ apprendra par
voie de presse, comme le commun des Zaïrois, qu_un raid aérien des
FAZ a été lancé sur Goma et Bukavu. Opération directement ordonnée
par le ministre de la défense. Quel bénéfice les FAZ tireront-elles
de ce raid aussi stupide qu_inutile? Ce raid a donné l_occasion à
l_adversaire de prendre conscience que nous étions en mesure de la
frapper jusqu_à Goma et Bukavu en utilisant les pistes de Kindu et
Kalémie. La réplique ne se fera pas attendre.
"Quelques
jours plus tard, le dimanche 26 janvier 1997 dans l_après-midi, nous
recevions rapport d_une action simultanée des armées ugandaise,
ruandaise et burundaise sur les axes de Béni, Walikale et Kalémie.
Pour gêner ces mouvements ennemis effectués de jour et soulager nos
hommes au contact, il fallait une intervention aérienne immédiate
qui n_est jamais venue& Pourquoi? Manque de munitions pour les
avions et des maillons pour les munitions des mitrailleuses de bord
des hélicoptères de combat Mi-8 et Mi-24. C_était à pleurer de
rage.
"
Au sein du gouvernement, nous apprenons que c_est la guerre entre le général
Likulia, ministre de la défense, et ses collègues chargés des départements
financiers. Au cours des discussions, les ministres civils voudraient
que leur soit expliquée l_utilisation faite des moyens qui ont été
déboursés jusqu_à présent par le gouvernement pour le compte des
FAZ. Le général Likulia s_énerve, profère des menaces à des collègues
comme le ministre des finances, monsieur Marco Banguli N_sambwe, et
celui de l_économie, monsieur Edouard Mambu ma Khenzu"
(pp. 108-110).
*
Trafic illicite des armes
Malgré
l_embargo qui pesait sur le Zaïre, le général Nzimbi de la Division
Spéciale Présidentielle (DSP) acheta, au mois de janvier 1997, des
armes en Corée du Nord avec des documents attestant que le Zaïre était
la destination finale sans pour autant que les forces armées zaïroises
en soient les destinataires. C_était le business, en pleine guerre.
Le pourvoyeur des fonds pour l_achat de ces armes était M. Imad Bacri,
sujet libanais propriétaire des établissements Byblos à Kinshasa.
Nzimbi mit au point un affrètement maritime pour acheminer tout le
matériel sur le port de Matadi. Voici ce qu_en écrit Ilunga dans son
livre:
"Vers
la fin février 1997, nous apprenons que la cargaison en provenance de
Corée du Nord est arrivée au port de Matadi. Quand le lundi 03 mars
1997 en début d_après-midi, arrive en gare ferroviaire de Kinshasa
un train chargé de près de cinq cents tonnes d_armes et de
munitions, le chef d_état major général des FAZ, le général
Mahele, envoie des hommes pour mettre la main dessus tandis que Nzimbi
avait déjà positionné ses sbires pour en assurer la garde. La
tension monte entre les deux groupes. On frôle l_échange de coups de
feux entre les hommes régulièrement envoyés par le chef d_état-major
général et ceux qui sont en mission illégale de protection d_un
trafic. Le mot "illégalité" a-t-il encore un sens pour des
hommes qui se croient tout permis?
"Le
général Mahele recevra un ordre expres du général Likulia Bolongo,
ministre de la défense, lui demandant de laisser Nzimbi et ses hommes
prendre possession et disposer de la cargaison tant convoitée. Ainsi
se dénoue sans effusion de sang zaïrois une des plus grosses opérations
de trafic d_armes opérée sans gêne, en plein jour, au vu et au su
de tout le monde. Que l_on ne vienne pas me dire après que le président
de la République n_était pas au courant!"
(p. 114).
2.2.
2. Likulia, premier ministre
Le
8 avril 1997, Mobutu nomma Likulia son premier ministre. Le 11 avril
1997, Likulia publiait la liste de ses "ministres" parmi
lesquels Ilunga était ministre de l_Intérieur et de la Sécurité du
territoire. Voici le témoignage d_Ilunga sur Likulia premier
ministre:
2.2.2.1.
Cacophonie, règlement de compte et souci de promotion individuelle (égocentrisme)
"Le
8 avril 1997, quand le général Likulia devient Premier ministre de
la république ou de ce qu_il en reste, il n_aura pas encore oublié
les comptes qu_il avait à régler avec ses anciens responsables du
secteur économico-financier du dernier gouvernement Kengo& Ils
seront interdits de sortie du territoire national et jetés en pâture
au public pour justifier le blocage des fonds destinés à l_effort de
guerre. Ils s_en défendront avec documents à l_appui arguant du
caractère revanchard et vindicatif des mesures prises à leur
encontre par le général Likulia. Pendant que les responsables
gouvernementaux se battent pour déterminer à qui il faut donner de
l_argent pour la guerre, l_ennemi continue d_avancer." (p.
110).
L_auteur
poursuit plus loin:
"Le
nouveau gouvernement, dit de salut national, dirigé par le général
Likulia Bolongo se met en place le samedi 12 avril 1997. Trois jours
plus tard, le mardi 15 avril 1997, une déclaration du ministre de
l_information, monsieur Kin-Kiey Mulumba, reprise par les médias
locaux et étrangers, annonce que monsieur Kengo wa Dondo a fui le
pays. La même déclaration met gravement en cause d_autres membres du
gouvernement précédent. Cette déclaration du ministre de
l_information, qui n_a jamais fait l_objet d_une concertation ou même
de discussion en conseil des ministres, n_engage donc que son auteur.
D_aucuns n_hésitent pas à accuser le Premier ministre lui-même d_en
être l_instigateur ou le manipulateur de monsieur Kin-Kiey Mulumba.
"Informé
de ce premier couac du gouvernement de salut national, le président
Mobutu exigea du général Likulia Bolongo, Premier ministre, qu_un démenti
officiel soit fait dans les plus brefs délais. L_affaire avait déjà
fait des vagues, deux des anciens ministres cités dans la déclaration
de monsieur Kin-Kiey Mulumba montent au créneau pour se défendre au
cours d_une conférence de presse dont la tenue ne sera jamais autorisée.
(&) Visiblement, l_accession au poste de Premier ministre était,
pour le général Likulia Bolongo, l_occasion de poursuivre la
campagne de promotion de son image dans l_opinion et, accessoirement,
de régler certains comptes personnels avec quelques individus. Pour
la promotion de son image, ce ne sont pas les thuriféraires qui ont
manqué. Certains ont été plutôt bien payés en retour, finissant
par décrocher un maroquin, même de façon éphémère comme ce fut
le cas pour la plupart d_entre nous.
"Une
des premières instructions que le Premier ministre me donne c_est
d_interdire la sortie du territoire à tous les anciens et actuels
gestionnaires et mandataires de l_état. Seul le ministre de l_intérieur
est habilité à donner des autorisations de sortie à ceux qui en
exprimeront la demande. Je pris donc un arrêté dans ce sens. Il y
aura, bien entendu, certains gestionnaires d_entreprises publiques qui
sortiront du territoire avec la seule autorisation directe du Premier
ministre, sans que je n_en sois même informé officiellement".
(pp.135-137).
2.2.2.2.
Manipulation et corruption
Il
s_agit du fameux soutien des étudiants que Likulia aurait reçu quand
il était premier ministre de Mobutu et dont Monsieur Geslin parle
dans son article:
"Nous
étions en période d_état d_urgence. Les manifestations publiques étaient
donc interdites pour tout le monde. Le vendredi 9 mai 1997, pendant
que nous étions en conseil des ministres, nous avons été alertés
par des coups de Klaxon et des cris dans le voisinage de l_hôtel du
conseil. Renseignement pris, il s_agissait d_un groupe de jeunes qui
avaient organisé une manifestation " spontanée " de
soutien au Premier ministre Likulia Bolongo. Ce groupe de jeunes qui
est venu " spontanément " à l_hôtel du conseil était
habillé en chemise uniforme, brandissant des drapelets aux couleurs
nationales tout en chantant en scandant " papa Likulia tikala
libela! (en lingala, cela signifie: "Que papa Likulia demeure à
jamais au poste".
"Quelle
ne fut pas la surprise des membres du gouvernement de voir le Premier
ministre interrompre la réunion du conseil pour aller personnellement
recevoir la motion de soutien des jeunes gens. Grotesque et ridicule!
Plus personne n_était dupe. Le lendemain de cet incident, j_adressais
au Premier ministre une lettre à laquelle je n_ai jamais reçu de réponse
ou un accusé de réception" (pp.. 137-138).
Dans
sa lettre, Ilunga rappelait à Likulia que le gouvernement avait
interdit toutes les manifestations publiques à caractère politique;
qu_il était surpris de voir le 9 mai 1997, non seulement un groupe de
jeunes manifester devant l_hôtel du conseil, mais également le
Premier ministre Likulia interrompre la réunion pour aller rencontrer
ces jeunes, cautionnant ainsi des activités en marge de la loi. Il
terminait la lettre par faire remarquer à Likulia que cette manière
de procéder ouvrait une brèche dans les dispositions prises par le
gouvernement en vue d_empêcher ce genre de manifestations et
inconfortait le ministère de l_Intérieur et de sécurité du
territoire face à d_éventuelles mais impossibles groupes analogues
dont les revendications et prises de position seraient dirigées
contre le gouvernement (cfr livre de l_intéressé, op.cit., p. 242,
annexe25).
2.2.2.3.
Répression contre l_Opposition démocratique et dictature dans la
prise des décision par le gouvernement
"Le
mardi 13 mai 1997, le Premier ministre réunit autour de lui les
ministres de l_intérieur, de la justice, de l_information, le
directeur général de la sûreté nationale, le vice-ministre à la défense,
le gouverneur de la ville de Kinshasa et le secrétaire général aux
affaires étrangères. Un seul point à l_ordre du jour :
l_instauration ou non du couvre-feu sur la ville de Kinshasa en réaction
aux trois journées "ville morte" programmées par les
partis de l_opposition et les nombreux sympathisants de l'arrivée
rapide de l'AFDL dans la capitale.
"C_était
encore une vraie-fausse réunion. Le Premier ministre demande l_avis
des participants sur l_opportunité de la mesure. Chacun y va
franchement de son exposé. A la fin, nous nous entendons dire par le
Premier ministre que de toute manière la mesure devait être
rapidement annoncée car c_était la volonté exprimée du président
de la République. Une fois de plus, il me revenait de prendre l_arrêté
d_exécution de cette décision qui a pris les Kinois de court surtout
à cause de l_heure décrétée de début du couvre-feu: vingt heures"
(pp.138).
C_est
ce Likulia-là que Monsieur Geslin présente comme proche de
l_Opposition démocratique.
Conclusion
*
Les deux témoignages précités sur Likulia démentent les
affirmations de Monsieur Jean-
Dominique
Geslin sur Likulia, et démontrent que ce dernier a même été l_un
des plus grands porte
-étendards
et catalyseurs de l_esprit mobutiste et l_un des centres les plus
actifs de la perfidie dans
l_appareil
mobutiste et dans la société congolaise.
*
Les auteurs cités ont également occupé de hautes fonctions dans
l_appareil mobutiste. N_gbanda a été, pendant plusieurs années le
cerveau même du mobutisme et de Mobutu lui-même. Nous savons bien ce
qu_ils ont fait même s'ils n_en parlent pas eux-mêmes dans leurs écrits.
Notre référence à leurs écrits ne les exorcise ni les cautionne.
Nous avons tout simplement voulu démontrer que d_autres que nous ont
révélé les vérités connues de nous depuis longtemps et qui
contredisent les affirmations de Monsieur Jean-Dominique Geslin sur
Likulia. La création et la lutte de l_UDPS contre le régime et
l_esprit mobutiste depuis 1980 est la preuve que nous nous étions
bien rendu compte de tout le mal que le mobutisme faisait contre notre
Patrie et contre notre Peuple.
*
Les auteurs cités n_ont pas tiré, à la fin de leurs ouvrages, l_une
des conclusions fondamentales sur le régime mobutiste, conclusion qui
devrait, en même temps, être une leçon pour eux-mêmes, pour tous
les autres mobutistes, et pour Kabila, le RCD, le MLC et tous leurs
adeptes et parrains: le contenu de leurs livres est inhérent à tout
système arbitraire, et tout système arbitraire secrète les germes
de sa propre auto-destruction et finit par emporter ses propres géniteurs
et même ses piliers.
*
Quant à Kabila qui s_apprête à nommer Likulia comme premier
ministre de son gouvernement, il ne nous surprendra pas, car il a déjà
suffisamment démontré ses limites morales, politiques et
intellectuelles pour comprendre ce que le Peuple Congolais et tous les
démocrates du monde attendaient de lui et y répondre adéquatement:
*
Les partis politiques sont toujours interdits. Kabila maintient
toujours son décret-loi n° 194 qui tue les partis politiques dans
leur essence et en fait des succursales de son Parti-Etat (cfr
interview dans Le Soir du lundi 11 octobre 1999, p. 7). Le nombre des
prisonniers politiques ne fait qu_augmenter. L_UDPS, qui avait osé
braver, les mains nues, le sanguinaire Mobutu au plus fort de sa
gloire et de sa puissance (1980), est la cible de prédilection de
Kabila. Depuis le mois d_août dernier, les membres du Comité fédéral
de l_UDPS/Katanga ont été arrêtés et amenés à l_ANR à Kinshasa
où ils sont privés de toute visite et de tout mouvement. Il s_agit
de MM. Kabu Kalala, Tshivuadi et le professeur Kambaji wa Kambaji.
Menacé de mort, M. Kabalu, président du Comité Fédéral/Katanga a
dû quitter le Congo. M. Joseph Kapika, le porte-parole de l_UDPS et
M. Mbala, combattant très actif de l_UDPS/Matete à Kinshasa, sont en
prison depuis le 30 janvier 1999.
*
Chaque jour, Kabila enrichit l_arsenal des piliers et penseurs du
mobutisme autour de lui. Qui se ressemblent, s_assemblent. Les CPP ont
été institutionnalisés en tant que Parti-Etat en août dernier.
*
La mise en place des institutions démocratiques et légitimes est
toujours bloquée. Pendant la période transitoire actuelle comprise
entre la fin de la dictature mobutiste et l_organisation des élections
libres et démocratiques, un pouvoir ne peut être démocratique et légitime
que s_il est l_émanation d_un cadre juridique, démocratique et
consensuel, négocié et adopté par toutes les forces politiques et
sociales du pays. Alors qu_il avait signé les Accords de Lusaka le 10
juillet 1999, Accords qui prévoientt l_organisation d_un dialogue
intercongolais d_où sortira un nouvel ordre politique au Congo,
Kabila déclare après coup qu_il ne sera nullement question de la légitimité
de son pouvoir et de son régime au dialogue intercongolais et que lui
et son gouvernement régneront jusqu_aux élections. Il bloque, comme
le RCD et le MLC, l_application des Accords de Lusaka et vient
d'organiser "son" dialogue national.
*
Pour maintenir son régime dictatorial et répressif en place, Kabila
est prêt garder éternellement les troupes étrangères au Congo sans
se soucier de l_intégrité de notre territoire ni des atrocités de
la guerre sur le pays et sur la population, à conclure n_importe
quelle alliance et à signer tous les contrats léonins possibles
bradant le patrimoine stratégique minier national (diamant, or,
cuivre, pétrole&) avec ses parrains et hypothéquant ainsi l_indépendance
et la souveraineté nationales.
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Il importe que les Congolais et les vrais amis du Peuple Congolais
traquent tous ceux (Congolais et étrangers) qui oeuvrent pour
encourager la tyrannie, la domination et le pillage du Congo par une
minorité de Congolais en compagnie de leurs parrains étrangers.
Fait
à Bruxelles, le 18 octobre 1999
Pour
le Bureau de Représentation de l_UDPS/BELUX
Dr
François Tshipamba Mpuila,
Représentant
Adresses
de contact
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Représentant: Dr François Tshipamba Mpuila 8 Pachthof, 3010 Leuven,
Tél.32-16-259781, GSM +32.75-338934
*
Représentant-Adjoint: Ir Victor Nzuzi Kabamba 16A Rue de Moscou, 1060
Bruxelles, Tél.32-2-5390536,
GSM
+32.496-347356
*
Directeur du Cabinet : Dr Ir Grégoire Mbuyi Kamba 48/301 Verte Voie,
1348 Louvain-La-Neuve, Tél.32-10-452212
*
Conseiller: Ir Raphaël Kashala Mutambayi Fabiolalaan 6 3200 Aarschot
Tél. 32-16-572262, Fax 32-16-563670, GSM 32.477 68 08 77
*
E-mail: r.kashala@skynet.be
*
Fax 32-10-453382
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E-mail: repre.udps.belux@pophost.eunet.be
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Site: http//www.udps.org
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Compte: 001-2916880-69
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