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15/10/99
Chers
Amis,
Je
suis très ému par les paroles chaleureuses et tellement sincères,
douces et fortes à la fois que vient de prononcer en votre nom notre
"Doyen" Joseph MBUNGU.
Avant
tout, merci pour cette idée que vous avez eue de m'inviter, accompagné
de "mama Nicole" et des quatre autres mamas : Martine, Ana,
Christiane et Yanna à ce délicieux déjeuner congolais en ce
restaurant au merveilleux parfum de cette Afrique qui nous manque
tellement.
La
rumeur congolaise a décidé depuis longtemps déjà de m'appeler "Mbuta" et je vois dans la "cérémonie"
de ce jour quelque chose comme un adoubement officiel ou mieux comme
l'octroi d'un doctorat "honoris causa" !
C'est
du fond du cœur que je vous dis merci.
Non
seulement j'accepte ce titre mais je me sens profondément honoré.
C'est
avec surprise et bonheur que je constate que certains ont gardé en mémoire
que mon engagement au service du Congo a débuté dès les années
40/50. Il n'est pas récent
!
En
1958, Joseph ILEO est venu
en Belgique à l'occasion de l'Exposition Universelle.
Il venait régulièrement dans notre famille à STOCKEL, généralement
seul, parfois avec d'autres amis.
Nous avons travaillé ensemble de longues heures à préparer
l'avenir.
Avec
André BO-BOLIKO, aux études
à Louvain/Heverlee, nous avons pu
nouer aussi des liens solides depuis très longtemps.
Parmi
les Belges, en plus de Jacques
LECOCQ, on se souvient aussi de Jean
BRUCK, de Carl MOERMAN et tant d'autres.
Les
souvenirs affluent et pour peu que nous cédions à la tentation, nous
pourrions passer la soirée à les évoquer.
Beaucoup
de travail pourtant nous attend.
La meilleure manière de conduire n'est pas de garder le regard
braqué sur le rétroviseur. Il
faut regarder en avant.
Le
Congo se trouve aujourd'hui à la croisée des chemins.
Pour la première fois depuis longtemps, l'on a le sentiment
que l'aurore commence à poindre.
Je
suis personnellement convaincu qu'une action systématiquement menée
en prenant en compte les
dynamiques en place, et en donnant la priorité exclusive aux choses
essentielles peut aujourd'hui conduire à la paix et ouvrir à nouveau
l'avenir.
Le
premier point non négociable c'est évidemment l'intangibilité des
frontières héritées de l'indépendance.
J'insiste : de l'indépendance et non
de la colonie, contrairement à ce que l'on peut fréquemment
lire, même sous la plume de nos plus proches amis.
Je
vous adjure de ne jamais oublier que le Congo était indépendant bien
avant d'être Belge. Il est indépendant depuis 1885.
Aucun autre pays d'Afrique Centrale ne dispose depuis plus d'un
siècle de frontières internationalement reconnues par toutes les
puissances du monde.
Ceci
permet aussi de comprendre que les relations entre le Congo et la
Belgique revêtent depuis toujours un caractère fraternel et sans équivalent
dans les autres pays d'Afrique. L'administration
Belge au Congo n'a pas laissé un mauvais souvenir.
Pour les Belges la deuxième indépendance, en 1960 était la
suite logique de la première et allait de soi.
Il n'a pas fallu la conquérir.
Certes,
les choses ne se sont pas déroulées ensuite comme nous l'avions espéré
de part et d'autre. Aujourd'hui
les temps nouveaux nous donnent une nouvelle chance.
Nous devons la saisir.
Le
passé, d'autre peuvent l'écrire, l'important c'est d'écrire
l'avenir.
Vous
comprendrez que je veuille terminer par un mot concernant cette démocratie
chrétienne à laquelle j'ai consacré le plus clair de mon temps de
vie.
Sans
nier le moins du monde l'importance et le rôle des autres forces
politiques représentées ici, que je remercie d'être là, je suis
convaincu que le PDSC est
appelé par la force des choses à jouer un rôle central dans la mise
en œuvre de la transition qui s'annonce.
Plus même, je suis convaincu que – par un
effet-retour –
le PDSC apportera ensuite
à la démocratie chrétienne tout court un enrichissement considérable.
Me
substituant à mes amis, je n'hésite pas à dire :
"Nous
les nègres, nous voulons que nos valeurs africaines fassent partie
intégrante du
capital-fondement
même de la Démocratie Chrétienne au plan mondial : la fraternité,
la patience, l'accueil, la joie, l'ouverture".
Merci
à tous !
Transmis
par M. Albert M'Peti |