Le scénario
du Dr Assani Ali Arkamose |
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Pierre Mangila |
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Le scénario décrit par Dr Assani résume de façon
analytique les péripéties de cette guerre et les enjeux stratégiques de chaque étape. Pour ce qui est
de la dernière étape, celle des négociations, Dr Assani note que le Président Kabila est "obligé de
recuser toute idée de partage de pouvoir".
Deux commentaires. 1) Si vraiment l'objectif des autres est d'obliger Kabila à partager le pouvoir, un
politicien habile prendrait plutôt l'initiative dans ce sens et n'attendrait pas que la communauté
internationale où une rébellion armée le lui impose. Tout acte qui indiquerait une récusation de la volonté
de partage du pouvoir renforcerait l'image de
dictateur anti-démocrate; par contre, tout acte qui traduirait une volonté d'ouverture politique réelle
enleverait aux autres des munitions stratégiques.
C'est pourquoi je suggérais dans une de mes livraisons antérieures la suppression des CPP, la libération des
prisonniers politiques, le respect de la liberté de la presse, la liberté de mouvement, y compris vers
l'étranger, des leaders de l'opposition; etc
2) Mais plus fondamentalement,s'agit-il réellement d'un problème de partage de pouvoir? Si tel est le
cas, alors le pauvre peuple congolais n'est pas sorti de l'auberge. Et surtout, alors les hommes politiques
congolais n'ont encore rien compris de ce que le peuple veut.
Plutôt que d'une question de partage de pouvoir, il me semble que l'enjeu des négociations devrait être
comment créer les conditions favorables pour une transition démocratique apaisée, le renforcement des
institutions et processus démocratiques, la réconciliation nationale pour la paix et la relance de
la reconstruction du pays.
L'opposition à Kabila (s'il s'agit d'une opposition d'idées ou sur des divergences de programmes) ne
devrait pas rechercher le partage du pouvoir, mais la conquête du pouvoir. En d'autres termes, sa lutte
devrait porter sur la mise en place des mécanismes
permettant un combat politique transparent pour aboutir éventuellement à la prise de pouvoir .
Il est vrai que certains sont dans l'opposition, non pas parce qu'ils sont contre les idées et pratiques de
Kabila et de son régime, mais parce qu'ils veulent en faire partie.
Certains théoriciens du leadership soutiennent que le vrai leader est celui qui suit son peuple, et non pas
celui qui guide son peuple. Cette affirmation ne signifie, bien entendu pas que le leader ne doit pas
avoir une vision; elle met plutôt l'accent sur la nécessité de connaitre les aspirations du peuple, et
de savoir les articuler dans une vision satisfaisant
ces aspirations.
Or que veut le peuple congolais aujourd'hui? La paix d'abord; ensuite, la création d'un environnement
favorable à l'amélioration de ses conditions de vie; en troisième lieu, un changement véritable dans les
moeurs politiques (que le gouvernement en place ne
soit ni dictatorial ni tribaliste, que l'opposition ne se résume pas à dire non au régime mais oui aux postes
ministériels ); enfin, le rétablissement de la fierté nationale, la projection d'un Congo grand et fier!
L'homme politique qui aura compris cela et oeuvrera dans ce sens sera un véritable homme d'Etat!
Pierre Mangila
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