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La démystification de Corneille Kazadi: I.- Le Nègre

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Jacques Mangalaboyi

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Chers amis,

Mon attitude face à la grave situation actuelle de notre pays est simple : être derrière le gouvernement de la république pour bouter les ennemis pour que le Congo recouvre son intégrité et sa souveraineté. Cette attitude signifie aussi, quel que soit l’endroit où l’on se trouve, qu’il convient de dénoncer et de décourager tous les apôtres du mensonge et de la manipulation, surtout ceux qui, sous le couvert d’une pseudo-neutralité, sont fermement et activement engagés contre les intérêts de notre pays. Les questions d’un jeune ici me donnent l’occasion de tenter d’expliquer aux lecteurs de ce site, surtout aux plus jeunes, comment, sous le couvert d’un intellectuel, aux paroles mielleuses et parfois consensuelles, se cache en fait un véritable ennemi de notre pays. Son travail est simple : se rendre d’abord sympathique vis-à-vis de vous en proclamant sa neutralité, ensuite vous convaincre de la similitude entre la rébellion de ce moment et la lutte de libération de 96-97 et enfin de vous ramener doucement dans son camp qui, en fait, n’est que celui des ennemis du Congo, en utilisant souvent des slogans et des affirmations simplistes. Il s’appuie, d’une manière générale, sur un anti-kabilisme primaire qui n’a d’égal que son mobutisme du même degré.

Le premier but de mes messages était de provoquer les réactions de monsieur Corneille Kazadi. Mon objectif principal était, à partir d’une longue observation attentive, d’une série de questions et des patientes recherches menées avec impartialité et un esprit critique doublé d’une logique médicale, de relever et de décrire les qualités humaines et civiques, mais aussi la moralité de cet exceptionnel intellectuel, dans le but d’informer le lecteur et d’aider la nouvelle génération (j’ai cinquante ans, moi), celle qui est appelée à prendre la relève de la politique de notre pays, à s’inspirer de bons exemples et à avoir un modèle à suivre dans la pratique de l’activité politique nationale et internationale, visant la paix, l’union et le bien-être social de la population de notre pays.

Chers amis, cette longue phrase n’est pas de moi : il ne s’agit qu’un banal plagiat du livre du plus célèbre mathématicien de notre pays, devenu conseiller en politique et éditeur et, aussi, propagandiste de monsieur Emile Ilunga. Ce haut fait de la littérature francophone, que j’avais lu il y a près de sept ans et que j’avais découvert dans ma bibliothèque voici plus d’un an. Il est intitulé : Mukamba Kadiata Nzemba, Homme d’Etat Zaïrois. Il a été imprimé en France en février 92 et édité, bien sûr par les Editions Pythagore, est écrit par deux compatriotes : Kazadi wa Mashinda, alias Corneille, et un autre dont nous ne citerons pas le nom puisqu’il n’est pas concerné par notre problème. De même, nos laisserons monsieur Mukamba tranquille, ce n’est pas lui que nous combattons ici. En ce temps de conflit, il convient de ranger tous les compatriotes de bonne volonté du côte des intérêts de notre pays. On rappellera néanmoins, pour mémoire, surtout aux plus jeunes que Mukamba K.N. alias Jonas fut l’un des accompagnateurs, avec son collègue Ferdinand Kazadi, de notre premier ministre Patrice Lumumba et ses deux amis Okito et Mpolo. C’est celui-là même qui l’accompagnait dans l’avion de la tortue vers son lieu d’assassinat. Nous en parlerons prochainement. Vous remarquez déjà la raison de mon insistance d’obtenir à tout prix sa réaction monsieur Corneille Kazadi (l’homonyme de l’autre) sur le récent récit de Lumumba : je connaissais sa réponse, je voulais qu’il vous la donne, et il l’a donnée, sans se méfier !

La manière dont notre virtuose latiniste de la politique, supporter d’Emile Ilunga, qu’il a présenté ici comme le Schweitzer des Belges, se présente au dos de son ouvrage suffit à elle-même pour découvrir le personnage. Retenez bien : nous sommes en 92. Cette présentation, c’est tout un programme ! :

Kazadi wa Mashinda

Docteur en mathématiques de l’Université de Paris 7.

Membre de la commission Internationale pour l’Etude et l’Amélioration de l’Enseignement des Mathématiques.

En dehors de l’enseignement, il s’intéresse à la politique.

Président de l’ECRITOIRE, Association qui lutte contre l’illetrisme et l’analphabétisme en France, il écrit pendant son temps libre.

Il prépare actuellement quelques ouvrages dont :

- L’Empire des femmes.

- Mobutu, Le Léopard solitaire. Seul et toujours seul dans le nouveau paysage politique zaïrois.

- Les massacres de Bakwanga.

- L’Ecritoire. Lutte contre l’illetrisme, l’analphabétisme et la misère en France.

Chers amis, la plus simple honnêteté intellectuelle exige qu’on se présente avec ce qu’on a fait ou écrit, pas ce qu’on va écrire. Parce que demain est toujours un autre jour et ne sait pas de quoi il sera fait. mais. Chez notre Pascal, l’intention de gonfler (mapeka) est irrésistible. Mais peut-être que quelqu’un parmi les lecteurs a-t-il connaissance de la parution de ces livres, neuf années plus tard ? Dans ce cas, je retire ce que je viens d’écrire. Vous remarquerez aussi son projet d’écrire un livre à la gloire de Mobutu à une des périodes les plus dures de l’histoire de ce pays, celle de la CNS qu’il ne cesse de vanter pourtant. Il n’y avait pas que des partis alimentaires : cherchons bien, il est possible qu’il y ait des journaux et des éditions alimentaires, comme des intellectuels du même nom!

Chers amis, que monsieur Kazadi et ses amis me qualifient de « Kabiliste » ne me gêne nullement, si cela signifie que je me range à côté du Président Kabila pour chasser les ennemis du Congo et les combattre eux dans leur travail de découragement. Après la guerre, on verra. Beaucoup ont dû être choqués par les mots, les expressions, les phrases que j’ai utilisées pour parler du Président Kabila. Il s’agissait souvent de la provocation, bien souvent de la dérision. La plupart de ces mots, la plupart de ces expressions, les phrases entières (que j’ai utilisées parfois en les maquillant bien, parfois en forçant un peu pour éveiller l’attention de cet illustre intellectuel) sont de Kazadi Corneille soi-même dans ses éloges. Ces mots, ces expressions, ces phrases qu’il a utilisées à la gloire de son idole ainsi qu’à Mobutu - comme vous l’aurez remarqué dans les projets d’ouvrages - lui ont donné, à lui ainsi qu’à ses acolytes, des démangeaisons et provoqué leur ire. Ces mots, ces expressions, ces phrases, que lui et ses amis ont utilisées contre moi, peuvent être retournées contre eux-mêmes. Maintenant que je les dévoile, reprenez mes textes et vous ne pourrez que les relire avec délectation. Je vous demande, si vous en avez le courage, de relire ensuite leurs injures et de penser qu’ils s’adressent à eux-mêmes. Moi, je n’ai toujours injurié personne ! Ce genre d’exercice vous permet de voir comment le ridicule peut vraiment tuer et surtout que l’arrogance ne mène à rien, mais surtout qu’elle rend aveugle.

Avec Corneille Kazadi, je ne suis pas vraiment étonné (nombre de mes amis qui lisaient chaque soir ces échanges, en en connaissant les objectifs cause bien sûr sont du même avis) qu’un homme, dont l’instruction laisse supposer qu’il ne peut être que raisonnable et sensé, peut se prostituer de la sorte au point de le rendre méchant et suffisant, vulgaire et intolérant. Il yen a d’autres. Et c’est peut-être là aussi qu’il faut aller chercher l’origine de la prostitution de ceux qu’on appelle « intellectuels » zaïrois ou congolais. J’ai même parfois donné des clés qui lui auront permis de s ’arrêter et de fouiller : non, l’intellectuel, écrivain à ses heures perdues, est détenteur de la vérité et de la moralité (?) universelle ; il doit sous-estimer les autres. Et pourtant, vous me le concéderez, je l’ai averti, dès mon deuxième message.

 Mais continuons notre démonstration en découvrant plus le nègre. Sur les deux premières pages de notre bel ouvrage s’étend un joli préambule qui fixe le contexte. Voici ce préambule de ce haut fait de la littérature (page 6-7) :

Tout commence à l’hôtel Concorde, Porte Maillot, au 20ème niveau, au dessus du fameux Palais des Congrès, à Paris. Ceci correspond justement à la période où Robert Hossein et ses acteurs préparaient la pièce « La liberté ou la mort » dans le cadre du bicentenaire de la révolution Française 1789-1989.

Dans sa somptueuse et luxueuse chambre, MKN, très détendu comme nous aimons bien le voir, amorce la conversation. Nous discutons de tout et de rien, surtout de la politique française, car il est mordu du paysage politique français. Subitement, nous dérapons comme chaque fois quand nous nous rencontrons sur la politique zaïroise. Il est tout aussi imbattable sur ce terrain là et il en sait pas mal de choses, des vraies.

Pendant dix minutes à peu près, M... s’en prend, à travers l’un d’entre nous, aux jeunes zaïrois vivant en Europe, ceux bien sûr qui n’étudient pas, qui ne travaillent pas, qui n’ont aucune ressource et qui ne veulent pas rentrer au Zaïre, en un mot qui ont pris du retard par rapport à ceux qui sont restés.

Les dix minutes de sermon nous ont paru très longues et nous avons eu l’impression de nous trouver devant un ministre de la jeunesse et des affaires sociales.

Toutes les vérités n’étant pas bonnes à dire, force est de reconnaître que le coup asséné par ce diplômé ès sciences po est plutôt rude : «Les jeunes zaïrois d’Europe n’ont aucune ambition».

Nous voudrions que les propos de M... puissent marier le pessimisme au désir de voir les zaïrois d’une façon générale, se réconcilier avec le travail. D’autant qu’il a quelque naïveté à croire qu’un coup de baguette magique ou simplement une prise de conscience, pourrait nous galvaniser tous afin que les zaïrois trouvent en leur sein suffisamment de foi, d’ardeur, et de vertu en somme, pour combattre l’hydre de la paresse et la tentation de «gagner toujours plus en travaillant moins».

Une tentation qui n’est pas nouvelle mais qui a des effets dramatiques depuis les années 60. Au plan intérieur comme au plan de la concurrence internationale.

Comme nous n’étions pas convaincus de ce bilan négatif de la jeunesse zaïroise d’Europe, il finit... Ouf... en nous disant dans son langage clair et un peu moqueur dont lui seul possède le secret :

«Il faut être au Zaïre, sur le terrain, voir comment nous travaillons, vous me semblez coupés de toutes les réalités zaïroises». (NB : Corneille Kazadi est au Canada et prétend que la moitié de Congolais soutiennent Emile Ilunga).

Peut-on rater une telle invitation d’autant plus que l’un de nous est parti du Zaïre, il y a bien une décennie passée. L’occasion était trop belle pour la rater. Nous prîmes rendez-vous pour décembre 1988.

Nous voici à Kinshasa, le 22 décembre 1988. Le lendemain, nous sommes à Mbujimayi dans les bureaux du Président Administrateur Délégué, PAD ou Président comme tout Mbujimayi aime bien l’appeler. Mbujimayi, coquette petite ville que nous n’avons pas vue depuis 1964.

Les choses vont vite, nous voici le samedi 24 décembre, dans la suite du PAD M... à Kananga où le Président Mobutu passait les fêtes de Noël avec toute sa famille.

Il passera par la suite la Saint-Sylvestre à Mbujimayi, invité parait-il par M... lui-même. Le voyage fut court mais très riche en événements.

de ce voyage et des autres qui suivront à Bruxelles, Londres, Paris, Bombay, Hong-Kong est justement et simplement née l’idée de ce modeste livre.

Deux pages de préambule sont très étonnantes et décapantes. Monsieur a donc écumé le monde (pendant cinq années) et accompagné le PAD de la MIBA. Mais en quelle qualité ? Qui payait ses voyages ?

Monsieur Kabundi, souligne l’indépendance d’esprit. Il dit de lui qu’il est un homme honnête et objectif dans sa subjectivité (?). Il n’est pas une marionnette, il n’a rien à gagner à flatter qui que ce soit (politicien) et faire comme le mouton de Panurge ou le chien de Pavlov pour danser le saka yonso ou se compromettre en recevant des pots de vin (bière) des autorités politiques pour le rendre silencieux et à la rigueur complice. C’est vrai, ça ? Monsieur Kabundi connaît certainement mieux que nous son ami.

En page 13 de son ouvrage, voici ce qu’il dit de son héros : «Nous avons eu l’honneur et l’occasion de vivre dans la famille immédiate de M... pendant plusieurs mois d’observations réciproques. Il nous a approchés de lui, nous a parlé quotidiennement de sa vie privée et publique...

Nous avons eu la chance d’être dans la suite de M... et par ricochet du Président de la république (Mobutu) à Tokyo, Hong Kong, Bombay, Kananga et Mbuji-Mayi. Il a pu nous rapprocher de la haute sphère de la politique zaïroise, de près en tout cas. Faut-il que nous taisions ce que nous avions vu, tout ce que nous avons observé ?...

Dans la vie, il y a des libertés qu’il faut prendre et bien, nous allons oser celle-ci, celle d’écrire un livre sur un homme politique zaïrois qui sort de l’ordinaire...

C’est un chef qui se veut distant sans l’être car, comme l’écrivait Charles de Gaulle (le héros de monsieur de Tibeiro, lui-même, le pied !) : «L’Autorité ne va pas ans prestige, ni le prestige sans l’éloignement. »

M... est l’étoffe de ces hauts personnages que le philosophe allemand, Hegel, qualifiait de «Cosmo-historique et dont le rôle est de prendre conscience de l’Universel, de comprendre que le monde s’achemine nécessairement vers une nouvelle étape, de faire de cela leur but et d’y consacrer leur énergie»...

Grand stratège, M... peut être compté parmi ces jeunes étudiants congolais ayant côtoyé et conseillé ceux des grands hommes politiques de première heure dans notre pays.... Ses exploits politiques insuffisamment connus sont souvent mal interprétés, sinon intentionnellement déformés par ses détracteurs politiques ». N’est-ce pas ?

Madame Libambu et monsieur Kabundi, ainsi que leurs compères Makaya Di Makaya et le gaulliste de Tibeiro parlent de l’excellence de Corneille Kazadi, à laquelle ils opposent notre médiocrité. Ces passages du livre de notre virtuose, écrivain à ses heures perdues, celui qui a les chevilles enflées, est plus qu’une exquise :

M..., c’est le bon chic, bon genre, il doit être difficile à habiller. Pour lui, nous pensons que l’élégance est à la fois une obligation et une activité prenante.

Nous savons que ses couturiers, ceux qui lui font ses abacosts sont du côté de Londres, de Bruxelles et Paris ; c’est chiquement bien fait. Quant à ses chemises col-mao (Mao minuscule s.v.p !), elles portent des griffes Yves Saint-Laurent, Pierre Cardin, Guy Laroche et Marcel Lassance, le couturier de François Mitterrand et des grands de ce monde.  

Quand on regarde certains hommes politiques, on peut constater que M.. fait de la différence : les uns ont des abacosts bleu-noirs à boutons dorés cousus à la hâte et mocassins, peu avant une réception au Mont Ngaliema, et qui leur donne l’allure des dentistes.

Les autres avec des abacosts croisés à fines rayures, presque rafistolés, avec mocassins au lieu de chaussures à lacets. La réintroduction du costume et de la cravate (ah bon, c’était interdit ?) n’a pas arrangé les choses non plus, elle nous fait voir certains politiciens qui ont l’allure de Charlie Chaplin (merçi pour les autres, tous des Charlots !).

Combien M... dépense-t-il pour sa garde-robe ? Va-t-il nous faire des confidences ? Bien sûr que oui ! Mais ça restera secret...

Et ses chaussures ? il fait le choix de ses chaussures entre les Edward Green du Prince Charles dont chaque paire est signée par l’ouvrier attitré ou les John.

Certaines de ses chaussures proviennent de la haute sphère, de chez Weston à double ou triple semelle, chaussures du consensus, portées sans doute par Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac. C’est le pied sûr et intégral !

Pardon, madame Libambu, monsieur Kabundi, la médiocrité est-elle du côté de celui qui est décrit ou de celui qui écrit ? Tout flatteur vit aux dépends de celui qui l’écoute... ce n’est pas du Kazadi cela, c’est simplement de la Fontaine.

Ces quelques extraits expliquent pourquoi monsieur Corneille Kazadi hait le Président Kabila : celui-ci lui a enlevé, comme à d’autres, la viande qu’il portait dans sa bouche. Et pour la récupérer, il est capable de tout. Même perdre sa tête, dans tous les sens du terme. Et pour cela, il s’attaque à tout, vicieusement d’abord, puis à ciel ouvert. Tous les coups-bas sont permis pour lui. Il s’intéresse même à sa vie privée dont il croît connaître les moindres détails. C’est vrai que Kabila est un homme publique, on peut comprendre que cela l’intéresse. Mais, moi pas. C’est pourquoi je lui promets de ne jamais parler de sa vie privée, qu’il se tienne tranquille, nous ne descendrons pas si bas. La suite, au prochain numéro...

Jacques Mangalaboyi

PS : Comme d’habitude, on excusera mes fautes et erreurs qu’il est difficile d’éviter dans cette belle langue d’emprunt !

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