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Chers
amis,
Mon
attitude face à la grave situation actuelle de notre pays est simple
: être derrière le gouvernement de la république pour bouter les
ennemis pour que le Congo recouvre son intégrité et sa souveraineté.
Cette attitude signifie aussi, quel que soit l’endroit où l’on se
trouve, qu’il convient de dénoncer et de décourager tous les apôtres
du mensonge et de la manipulation, surtout ceux qui, sous le couvert
d’une pseudo-neutralité, sont fermement et activement engagés
contre les intérêts de notre pays. Les questions d’un jeune ici me
donnent l’occasion de tenter d’expliquer aux lecteurs de ce site,
surtout aux plus jeunes, comment, sous le couvert d’un intellectuel,
aux paroles mielleuses et parfois consensuelles, se cache en fait un véritable
ennemi de notre pays. Son travail est simple : se rendre d’abord
sympathique vis-à-vis de vous en proclamant sa neutralité, ensuite
vous convaincre de la similitude entre la rébellion de ce moment et
la lutte de libération de 96-97 et enfin de vous ramener doucement
dans son camp qui, en fait, n’est que celui des ennemis du Congo, en
utilisant souvent des slogans et des affirmations simplistes. Il
s’appuie, d’une manière générale, sur un anti-kabilisme
primaire qui n’a d’égal que son mobutisme du même degré.
Le
premier but de mes messages était de provoquer les réactions de
monsieur Corneille Kazadi. Mon objectif principal était, à partir
d’une longue observation
attentive, d’une série de questions et des patientes recherches menées
avec impartialité et un esprit critique doublé d’une logique médicale,
de relever et de décrire les
qualités humaines et civiques, mais aussi la moralité de cet
exceptionnel intellectuel, dans le but d’informer le lecteur et
d’aider la nouvelle génération (j’ai cinquante ans, moi),
celle qui est appelée à prendre la relève de la politique de notre
pays, à s’inspirer de bons exemples et à avoir un modèle à
suivre dans la pratique de l’activité politique nationale et
internationale, visant la paix, l’union et le bien-être social de
la population de notre pays.
Chers
amis, cette longue phrase n’est pas de moi : il ne s’agit qu’un
banal plagiat du livre du plus célèbre mathématicien de notre pays,
devenu conseiller en politique et éditeur et, aussi, propagandiste de
monsieur Emile Ilunga. Ce haut fait de la littérature francophone,
que j’avais lu il y a près de sept ans et que j’avais découvert
dans ma bibliothèque voici plus d’un an. Il est intitulé : Mukamba Kadiata Nzemba, Homme
d’Etat Zaïrois. Il a été imprimé en France en février
92 et édité, bien sûr par les Editions Pythagore, est écrit par
deux compatriotes :
Kazadi wa Mashinda, alias Corneille, et un autre dont nous ne
citerons pas le nom puisqu’il n’est pas concerné par notre problème.
De même, nos laisserons monsieur Mukamba tranquille, ce n’est pas
lui que nous combattons ici. En ce temps de conflit, il convient de
ranger tous les compatriotes de bonne volonté du côte des intérêts
de notre pays. On rappellera néanmoins, pour mémoire, surtout aux
plus jeunes que Mukamba K.N. alias Jonas fut l’un des
accompagnateurs, avec son collègue Ferdinand Kazadi, de notre premier
ministre Patrice Lumumba et ses deux amis Okito et Mpolo. C’est
celui-là même qui l’accompagnait dans l’avion de la tortue vers
son lieu d’assassinat. Nous en parlerons prochainement. Vous
remarquez déjà la raison de mon insistance d’obtenir à tout prix
sa réaction monsieur Corneille Kazadi (l’homonyme de l’autre) sur
le récent récit de Lumumba : je connaissais sa réponse, je voulais
qu’il vous la donne, et il l’a donnée, sans se méfier !
La
manière dont notre virtuose latiniste de la politique, supporter d’Emile
Ilunga, qu’il a présenté ici comme le Schweitzer des Belges, se présente
au dos de son ouvrage suffit à elle-même pour découvrir le
personnage. Retenez bien : nous sommes en 92. Cette présentation,
c’est tout un programme ! :
Kazadi
wa Mashinda
Docteur
en mathématiques de l’Université de Paris 7.
Membre
de la commission Internationale pour l’Etude et l’Amélioration de
l’Enseignement des Mathématiques.
En
dehors de l’enseignement, il s’intéresse à la politique.
Président
de l’ECRITOIRE, Association qui lutte contre l’illetrisme et
l’analphabétisme en France, il écrit pendant son temps libre.
Il
prépare actuellement quelques ouvrages dont :
-
L’Empire des femmes.
-
Mobutu, Le Léopard solitaire. Seul et toujours seul dans le nouveau
paysage politique zaïrois.
-
Les massacres de Bakwanga.
- L’Ecritoire. Lutte contre l’illetrisme, l’analphabétisme et la
misère en France.
Chers
amis, la plus simple honnêteté intellectuelle exige qu’on se présente
avec ce qu’on a fait ou écrit, pas ce qu’on va écrire. Parce que
demain est toujours un autre jour et ne sait pas de quoi il sera fait.
mais. Chez notre Pascal, l’intention de gonfler (mapeka) est irrésistible. Mais peut-être que quelqu’un parmi les
lecteurs a-t-il connaissance de la parution de ces livres, neuf années
plus tard ? Dans ce cas, je retire ce que je viens d’écrire. Vous
remarquerez aussi son projet d’écrire un livre à la gloire de
Mobutu à une des périodes les plus dures de l’histoire de ce pays,
celle de la CNS qu’il ne cesse de vanter pourtant. Il n’y avait
pas que des partis alimentaires : cherchons bien, il est possible
qu’il y ait des journaux et des éditions alimentaires, comme des
intellectuels du même nom!
Chers
amis, que monsieur Kazadi et ses amis me qualifient de « Kabiliste »
ne me gêne nullement, si cela signifie que je me range à côté du
Président Kabila pour chasser les ennemis du Congo et les combattre
eux dans leur travail de découragement. Après la guerre, on verra.
Beaucoup ont dû être choqués par les mots, les expressions, les
phrases que j’ai utilisées pour parler du Président Kabila. Il
s’agissait souvent de la provocation, bien souvent de la dérision.
La plupart de ces mots, la plupart de ces expressions, les phrases
entières (que j’ai utilisées parfois en les maquillant bien,
parfois en forçant un peu pour éveiller l’attention de cet
illustre intellectuel) sont de Kazadi Corneille soi-même dans ses éloges.
Ces mots, ces expressions, ces phrases qu’il a utilisées à la
gloire de son idole ainsi qu’à Mobutu - comme vous l’aurez
remarqué dans les projets d’ouvrages - lui ont donné, à lui ainsi
qu’à ses acolytes, des démangeaisons et provoqué leur ire. Ces
mots, ces expressions, ces phrases, que lui et ses amis ont utilisées
contre moi, peuvent être retournées contre eux-mêmes. Maintenant
que je les dévoile, reprenez mes textes et vous ne pourrez que les
relire avec délectation. Je vous demande, si vous en avez le courage,
de relire ensuite leurs injures et de penser qu’ils s’adressent à
eux-mêmes. Moi, je n’ai toujours injurié personne ! Ce genre
d’exercice vous permet de voir comment le ridicule peut vraiment
tuer et surtout que l’arrogance ne mène à rien, mais surtout
qu’elle rend aveugle.
Avec
Corneille Kazadi, je ne suis pas vraiment étonné (nombre de mes amis
qui lisaient chaque soir ces échanges, en en connaissant les
objectifs cause bien sûr sont du même avis) qu’un homme, dont
l’instruction laisse supposer qu’il ne peut être que raisonnable
et sensé, peut se prostituer de la sorte au point de le rendre méchant
et suffisant, vulgaire et intolérant. Il yen a d’autres. Et c’est
peut-être là aussi qu’il faut aller chercher l’origine de la
prostitution de ceux qu’on appelle « intellectuels » zaïrois
ou congolais. J’ai même parfois donné des clés qui lui auront
permis de s ’arrêter et de fouiller : non, l’intellectuel,
écrivain à ses heures perdues, est détenteur de la vérité et de
la moralité (?) universelle ; il doit sous-estimer les autres. Et
pourtant, vous me le concéderez, je l’ai averti, dès mon deuxième
message.
Mais
continuons notre démonstration en découvrant plus le nègre. Sur les
deux premières pages de notre bel ouvrage s’étend un joli préambule
qui fixe le contexte. Voici ce préambule de ce haut fait de la littérature
(page 6-7) :
Tout commence à l’hôtel Concorde, Porte Maillot, au 20ème niveau,
au dessus du fameux Palais des Congrès, à Paris. Ceci correspond
justement à la période où Robert Hossein et ses acteurs préparaient
la pièce « La liberté ou la mort » dans le cadre du bicentenaire de la révolution Française
1789-1989.
Dans
sa somptueuse et luxueuse chambre, MKN, très détendu comme nous
aimons bien le voir, amorce la conversation. Nous discutons de tout et
de rien, surtout de la politique française, car il est mordu du
paysage politique français. Subitement, nous dérapons comme chaque
fois quand nous nous rencontrons sur la politique zaïroise. Il est
tout aussi imbattable sur ce terrain là et il en sait pas mal de
choses, des vraies.
Pendant
dix minutes à peu près, M... s’en prend, à travers l’un
d’entre nous, aux jeunes zaïrois vivant en Europe, ceux bien sûr
qui n’étudient pas, qui ne travaillent pas, qui n’ont aucune
ressource et qui ne veulent pas rentrer au Zaïre, en un mot qui ont
pris du retard par rapport à ceux qui sont restés.
Les
dix minutes de sermon nous ont paru très longues et nous avons eu
l’impression de nous trouver devant un ministre de la jeunesse et
des affaires sociales.
Toutes
les vérités n’étant pas bonnes à dire, force est de reconnaître
que le coup asséné par ce diplômé ès sciences po est plutôt rude
: «Les jeunes zaïrois d’Europe n’ont aucune ambition».
Nous
voudrions que les propos de M... puissent marier le pessimisme au désir
de voir les zaïrois d’une façon générale, se réconcilier avec
le travail. D’autant qu’il a quelque naïveté à croire qu’un
coup de baguette magique ou simplement une prise de conscience,
pourrait nous galvaniser tous afin que les zaïrois trouvent en leur
sein suffisamment de foi, d’ardeur, et de vertu en somme, pour
combattre l’hydre de la paresse et la tentation de «gagner toujours
plus en travaillant moins».
Une
tentation qui n’est pas nouvelle mais qui a des effets dramatiques
depuis les années 60. Au plan intérieur comme au plan de la
concurrence internationale.
Comme
nous n’étions pas convaincus de ce bilan négatif de la jeunesse zaïroise
d’Europe, il finit... Ouf... en nous disant dans son langage clair
et un peu moqueur dont lui seul possède le secret :
«Il
faut être au Zaïre, sur le terrain, voir comment nous travaillons,
vous me semblez coupés de toutes les réalités zaïroises».
(NB : Corneille Kazadi est au Canada et prétend que la moitié de
Congolais soutiennent Emile Ilunga).
Peut-on
rater une telle invitation d’autant plus que l’un de nous est
parti du Zaïre, il y a bien une décennie passée. L’occasion était
trop belle pour la rater. Nous prîmes rendez-vous pour décembre
1988.
Nous
voici à Kinshasa, le 22 décembre 1988. Le lendemain, nous sommes à
Mbujimayi dans les bureaux du Président Administrateur Délégué,
PAD ou Président comme tout Mbujimayi aime bien l’appeler.
Mbujimayi, coquette petite ville que nous n’avons pas vue depuis
1964.
Les
choses vont vite, nous voici le samedi 24 décembre, dans la suite du
PAD M... à Kananga où le Président Mobutu passait les fêtes de Noël
avec toute sa famille.
Il
passera par la suite la Saint-Sylvestre à Mbujimayi, invité
parait-il par M... lui-même. Le voyage fut court mais très riche en
événements.
de
ce voyage et des autres qui suivront à Bruxelles, Londres, Paris,
Bombay, Hong-Kong est justement et simplement née l’idée de ce
modeste livre.
Deux
pages de préambule sont très étonnantes et décapantes. Monsieur a
donc écumé le monde (pendant cinq années) et accompagné le PAD de
la MIBA. Mais en quelle qualité ? Qui payait ses voyages ?
Monsieur
Kabundi, souligne l’indépendance d’esprit. Il dit de lui qu’il
est un homme honnête et objectif dans sa subjectivité (?). Il
n’est pas une marionnette, il n’a rien à gagner à flatter qui
que ce soit (politicien) et faire comme le mouton de Panurge ou le
chien de Pavlov pour danser le saka yonso ou se compromettre en
recevant des pots de vin (bière) des autorités politiques pour le
rendre silencieux et à la rigueur complice. C’est vrai, ça ?
Monsieur Kabundi connaît certainement mieux que nous son ami.
En
page 13 de son ouvrage, voici ce qu’il dit de son héros : «Nous
avons eu l’honneur et l’occasion de vivre dans la famille immédiate
de M... pendant plusieurs mois d’observations réciproques. Il nous
a approchés de lui, nous a parlé quotidiennement de sa vie privée
et publique...
Nous
avons eu la chance d’être dans la suite de M... et par ricochet du
Président de la république (Mobutu) à Tokyo, Hong Kong, Bombay,
Kananga et Mbuji-Mayi. Il a pu nous rapprocher de la haute sphère de
la politique zaïroise, de près en tout cas. Faut-il que nous
taisions ce que nous avions vu, tout ce que nous avons observé ?...
Dans
la vie, il y a des libertés qu’il faut prendre et bien, nous allons
oser celle-ci, celle d’écrire un livre sur un homme politique zaïrois
qui sort de l’ordinaire...
C’est un chef qui se veut distant sans l’être car, comme l’écrivait
Charles de Gaulle (le héros de monsieur de Tibeiro, lui-même, le
pied !) : «L’Autorité ne va
pas ans prestige, ni le prestige sans l’éloignement. »
M...
est l’étoffe de ces hauts personnages que le philosophe allemand,
Hegel, qualifiait de «Cosmo-historique et dont le rôle est de
prendre conscience de l’Universel, de comprendre que le monde
s’achemine nécessairement vers une nouvelle étape, de faire de
cela leur but et d’y consacrer leur énergie»...
Grand stratège, M... peut être compté parmi ces jeunes étudiants
congolais ayant côtoyé et conseillé ceux des grands hommes
politiques de première heure dans notre pays.... Ses exploits
politiques insuffisamment connus sont souvent mal interprétés, sinon
intentionnellement déformés par ses détracteurs politiques ».
N’est-ce pas ?
Madame
Libambu et monsieur Kabundi, ainsi que leurs compères Makaya Di
Makaya et le gaulliste de Tibeiro parlent de l’excellence de
Corneille Kazadi, à laquelle ils opposent notre médiocrité. Ces
passages du livre de notre virtuose, écrivain à ses heures perdues,
celui qui a les chevilles enflées, est plus qu’une exquise :
M...,
c’est le bon chic, bon genre, il doit être difficile à habiller.
Pour lui, nous pensons que l’élégance est à la fois une
obligation et une activité prenante.
Nous savons que ses couturiers, ceux qui lui font ses abacosts sont du côté
de Londres, de Bruxelles et Paris ; c’est chiquement bien fait.
Quant à ses chemises col-mao (Mao minuscule s.v.p !),
elles portent des griffes Yves Saint-Laurent, Pierre Cardin, Guy
Laroche et Marcel Lassance, le couturier de François Mitterrand et
des grands de ce monde.
Quand
on regarde certains hommes politiques, on peut constater que M.. fait
de la différence : les uns ont des abacosts bleu-noirs à boutons dorés
cousus à la hâte et mocassins, peu avant une réception au Mont
Ngaliema, et qui leur donne l’allure des dentistes.
Les autres avec des abacosts croisés à fines rayures, presque rafistolés,
avec mocassins au lieu de chaussures à lacets. La réintroduction du
costume et de la cravate (ah bon, c’était interdit ?)
n’a pas arrangé les choses non plus, elle nous fait voir certains
politiciens qui ont l’allure de Charlie Chaplin (merçi pour les
autres, tous des Charlots !).
Combien
M... dépense-t-il pour sa garde-robe ? Va-t-il nous faire des
confidences ? Bien sûr que oui ! Mais ça restera secret...
Et
ses chaussures ? il fait le choix de ses chaussures entre les Edward
Green du Prince Charles dont chaque paire est signée par l’ouvrier
attitré ou les John.
Certaines
de ses chaussures proviennent de la haute sphère, de chez Weston à
double ou triple semelle, chaussures du consensus, portées sans doute
par Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac. C’est le pied sûr
et intégral !
Pardon,
madame Libambu, monsieur Kabundi, la médiocrité est-elle du côté
de celui qui est décrit ou de celui qui écrit ?
Tout flatteur vit aux dépends de celui qui l’écoute... ce
n’est pas du Kazadi cela, c’est simplement de la Fontaine.
Ces
quelques extraits expliquent pourquoi monsieur Corneille Kazadi hait
le Président Kabila : celui-ci lui a enlevé, comme à d’autres, la
viande qu’il portait dans sa bouche. Et pour la récupérer, il est
capable de tout. Même perdre sa tête, dans tous les sens du terme.
Et pour cela, il s’attaque à tout, vicieusement d’abord, puis à
ciel ouvert. Tous les coups-bas sont permis pour lui. Il s’intéresse
même à sa vie privée dont il croît connaître les moindres détails.
C’est vrai que Kabila est un homme publique, on peut comprendre que
cela l’intéresse. Mais, moi pas. C’est pourquoi je lui promets de
ne jamais parler de sa vie privée, qu’il se tienne tranquille, nous
ne descendrons pas si bas. La suite, au prochain numéro...
Jacques
Mangalaboyi
PS
: Comme d’habitude, on excusera mes fautes et erreurs qu’il est
difficile d’éviter dans cette belle langue d’emprunt !
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