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Encore un mot, monsieur Corneille Kazadi

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Jacques Mangalaboyi

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Cher monsieur Corneille Kazadi,

Par rapport à mes trois malheureux paragraphes, vous avez été bien prolixe. Vous avez donc retrouvé votre punch habituel, ce qui vous permettra donc - et tout le plaisir sera aux lecteurs de ce site - de répondre sur le fond aux questions que ce sympathique jeune homme vous a posées et que tout naturellement, assoiffé d’apprendre, je vous ai rappelées simplement. Je ne peux comprendre donc votre ire. Néanmoins, votre honnêteté d’intellectuel - qualificatif que je ne revendique pas par ailleurs - vous oblige de répondre. Notre droit le plus simple est d’apprendre de ceux qui possèdent le savoir. Consentir à cette obligation ne peut être qu’un honneur pour vous.

Je ne suis pas étonné que, entre Kabila et Mobutu, votre choix se porte sur ce dernier. Il y a un an - autant que je m’en rappelle - vous disiez à mon ami Bernard Ilunga à peu près ceci : vous n’aviez aucune raison d’en vouloir à Mobutu puisque, au cours de son règne et de son régime, vous n’avez pas vécu malheureux. Vos propos, vos affirmations et vos certitudes laissent supposer d’ailleurs que, entre Mobutu et Lumumba, votre choix ne sera d’ailleurs pas différent. Vous auriez bien l’amabilité de rectifier mon sentiment, si je me trompe. A la base de ce sentiment, votre absence de réaction, votre silence face à ce récit dramatique concernant l’assassinat de Patrice Lumumba que nous rapporte mon ami Olivier Badibanga - que je remercie au passage pour ces efforts d’information, surtout à ceux qui ne comprennent un mot de flamand comme moi. Je tiens quand même à connaître vos sentiments, si cela ne vous dérange pas.

Concernant mon choix, je confirme qu’il se porte sur Kabila et, même si je connais bien et ai apprécié, en son temps, la connaissance de Wamba, je mets celui-ci dans le même sac qu’Ilunga. Entre les deux, je ferais le choix contraire aux Rwandais et cie : je prendrai celui qu’ils détestent et qu’ils ont écarté, car nos intérêts sont divergents. Quoique vous en pensiez, mon sentiment est que, pour la majorité de Congolais, Ilunga est aussi un traître. L’intéressé n’a d’ailleurs lui-même pas caché l’impopularité de son mouvement dans un récent interview à la Voix de l’Amérique, interview repris sur ce site dans la rubrique « Politique ».

Quant au Président Kabila, je suis convaincu qu’il s’agit d’un vrai battant, un gagneur. On l’a vu, pendant cette guerre, sillonner l’Afrique pour défendre la cause du Congo : c’est un travailleur infatigable qui a déjoué les pires pronostics. Certes, comme cela est arrivé à d’autres et à d’autres époques, il s’agit pour lui des années dures de politique, mais celles-ci ne peuvent altérer son sens de travail, son humeur, sa loyauté envers la nation et sa puissance de travail. Kabila, avec lui tous les Congolais, a résisté à tous. Il sait se battre. Il vaincra parce qu’il ne se laisse aucunement et inutilement effrayer par Ilunga et ses acolytes Rwando-Ougando-Burundais. Il vise la victoire et son objectif est d’abattre ses adversaires. Cette victoire, ne vous en déplaise, est certaine, le temps étant aussi notre allié. La victoire de Kabila et du peuple Congolais entier sera le couronnement, l’apothéose de ce combat bien mené.

Je réitère mes excuses à monsieur Kabundi, même si je pense que ce bon monsieur aura excusé mon oubli, puisque j’ai bien pris la peine de le faire à l’avance. Qu’il sache ici qu’il n’y a aucun mépris de ma part. Il ne sert donc à rien, cher monsieur Kazadi, d’ameuter tout le village de Moncton (je ne suis pas si sûr, l’âge certainement y est pour quelque chose !) sur mon cas : vous avez vécu à Léo et, si mes souvenirs sont exacts, vous y avez dû casser du bois dur, du bois vert ou de je ne sais quelle couleur. Mais bon, une volée de bois vert de plus ne me fait pas peur, au contraire : j’ai fait bien d’autres combats !

Monsieur Corneille Kazadi, j’en terminerai en vous confiant une certitude : vous sous-estimez beaucoup vos interlocuteurs - non pas vos adversaires - et, dans mon cas, vous avez bien tort d’autant que j’ai une très bonne qualité (c’est la seule chose dont je me félicite tout seul, mes chevilles gonflent un peu !) : je suis d’une patience infinie. Depuis que je vous lis, je ne sais pas ce qui vous rend si sûr de vous même. C’est un peu une déception de voir dans vos textes l’amalgame de l’essentiel, du superficiel et du superflu. J’ai toujours pensé que votre formation de mathématicien (et non vos diplômes) et votre fonction d’enseignant étaient une assurance de précision et de concision, mais surtout de prudence et d’humilité. Mais il se fait que l’humilité n’est malheureusement pas enseignée à l’école, elle peut cependant s’apprendre à l’école de la vie qui, elle, est faite de victoires et d’échecs, de bonheur et de malheur (avec notre espérance de vie, il vous reste encore quelques dizaines, on peut donc encore espérer). A notre âge, on devrait se garder d’un langage emprunt d’une certaine légèreté. Et l’étalage de connaissances ne peut que dévaluer l’intellectuel que vous vous réclamez : elle n’a jamais été une preuve d’érudition, ni surtout d’intelligence.

J’attends vos réponses avec impatience.

Jacques Mangalaboyi.

PS : Que les lecteurs me pardonnent des fautes et erreurs que je n’ai point vues : je ne suis pas parfait !
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