Mgr Monsengwo écrit sur Mgr Jan Van Cauwelaert |
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Jean-Baptiste
Malenge Kalunzu |
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Un livre de monseigneur Monsengwo sur monseigneur Jan Van Cauwelaert
L’évêque émérite du diocèse d’Inongo, centre-ouest du pays, dans la province du Bandundu, le scheutiste Jan Van Cauwelaert, fut un missionnaire exemplaire. C’est le sens de l’ouvrage que viennent de lui consacrer monseigneur Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de Kisangani, et Basile Mpoto, docteur en philosophie, ancien séminariste scheutiste. Le 28 octobre, à Bruxelles, le livre a été présenté officiellement, lors d’une cérémonie organisée par l’éditeur, le Centre d’études politiques, économiques et sociales (CEPESS). Monseigneur Monsengwo et monseigneur Van Cauwelaert ont répondu aux questions de l’assistance.
Les deux auteurs du livre sont originaires du diocèse d’Inongo. Ils ont gardé des liens profonds avec le missionnaire. Jan Van Cauwelaert a envoyé le jeune Laurent Monsengwo au petit séminaire et l’a accompagné de ses conseils spirituels tout au long de son cheminement jusqu’à l’épiscopat. Le livre est un hommage rendu au missionnaire en guise de reconnaissance à l’occasion de ses quatre-vingt-cinq ans d’âge, soixante ans de vie sacerdotale et quarante-cinq ans d’épiscopat. Basile Mpoto restitue les détails les plus significatifs de la vie et de l’oeuvre pastorale, tandis que Laurent Monsengwo précise le cadre théologique ainsi que les implications doctrinales que postule une telle vie dans le contexte d’une Eglise en gestation. Le missionnaire fut l’un des quarate-huit premiers évêques qui inaugurèrent l’autonomie des Eglises locales du Congo après que Rome avait décidé de créer, en 1959, une hiérarchie locale : les vicaires apostoliques, délégués du Pape, devenaient évêques des diocèses. Le temps était mûr
Le geste prophétique le plus marquant du missionnaire fut sa démission en 1967, alors qu’il n’avait que cinquante-trois ans. Il laissa la place à un évêque africain, en l’occurence l’actuel évêque d’Inongo, monseigneur Léon Lesambo. Le geste prophétique correspondait bien au profil spirituel du missionnaire. Il se voulait un serviteur inutile. L’épiscopat n’était pas pour lui un pouvoir auquel s’accrocher. Sa simplicité est demeurée légendaire dans le diocèse qu’il a fondé à Inongo et auprès de ses confrères missionnaires du coeur immaculé de Marie, les scheutistes.
La vie de Jan Van Cauwelaert le présente comme un prêtre, un évêque, homme de Dieu et serviteur des hommes dans leur rapport avec Dieu. Né d’une famille noble en Belgique, il partit au Congo comme missionnaire en pleine guerre encore. Il restera sa vie durant comme un évêque militant des droits de l’homme :
l’auto-détermination des peuples, le développement, la justice et la paix. Rentré en Belgique depuis quelques années, l’évêque émérite d’Inongo poursuit courageusement son apostolat missionnaire. Il a été par exemple vice-président de Pax Christi. On l’aura vu à Bruxelles manifester avec une pancarte contre la répression des étudiants chinois. Et il est resté fort attaché à la réflexion sur l’avenir démocratique dans l’ex-Zaïre.
Jan Van Cauwelaert est un visionnaire pour les nombreuses initiatives d’avant-garde prises dans les perspectives qui ont conduit au concile Vatican II, notamment en matière de liturgie, de la place du laïcat dans l’Eglise. Comme missiologue, il considère la mission nécessaire pour aider
l’Eglise à vivre des rapports horizontaux entre frères de diverses origines dans le partage des biens spirituels. Et monseigneur Monsengwo de renchérir : à vrai dire, les pays de mission sont aujourd’hui sur tous les continents.
Le livre sera bientôt en vente en République Démocratique du Congo via le réseau des missionnaires de Scheut. L’éditeur promet un prix particulier pour le Sud.
(Mgr L. Monsengwo Pasinya, Basile Mpoto, Mgr Jan Van Cauwelaert. Pasteur et visionnaire, Préface de Maurice Cheza, Postface de François Houtart, CEPESS, Bruxelles 1999, 202 pages + photos)
Jean-Baptiste Malenge Kalunzu |
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