| HAKIZABERA
Christophe
Né en 1949 à Gitarama
Sorti Chef de la 9 ème
Promotion de I 'Ecole des Officiers au Rwanda avec le Grade de
Sous-Lieutenant en 1971
A fui en Ouganda en 1973 à
la suite du Coup d'Etat du Général-Major Habyarimana
A rejoint en Ouganda le Front
Patriotique Rwandais (FPR) en 1990
A fui le régime du Front
Patriotique Rwandais (FPR) en 1995
Vit en exil depuis
LETTRE ADRESSÉE A LA
COMMISSION DE L'ONU CHARGÉE D'ENQUETER SUR LA RESPONSABILITE DE L'ONU
DANS LE DRAME RWANDMS
Monsieur le Président de Ia
Commission,
C'est un grand plaisir pour
moi et pour tout le peuple rwandais d'apprendre que le Secrétaire
Général de l' ONU vient de mettre sur pied une comission chargée de
demontrer le rôle de l'ONU dans le génocide rwandais.
Etant un de ceux qui, dès le
début, ont commencé avec le FPR en Uganda, je considère que le FPR
qui continue à faire des tapages faisant endosser ses propres
responsabilités aux autres doit être dénoncé.
Je suis le seul ancien membre
du FPR survivant qui ait pu fuir le régime tortionnaire du FPR. Avant
que je ne sois tué par le commando du FPR comme ils en ont fait avec
M. LIZINDE Théoneste et M. SENDASHONGA Seth, je livre à Ia
commission de l'ONU mes mémoires sur le FPR. J'ose espérer que le
document éclairera la commission sur les méthodes utilisées par le
FPR pour mettre l'ONU dans un piège.
A mon avis, Ia meilleure
approche serait de
1. Créer une commission qui
enquêterait sur:
a) Ia tragédie rwandaise
depuis 1959 à nos jours et plus spécialement sur le rôle du FPR
dans Ie génocide;
b) la tragédie qui ravage la
Région des Grands Lacs et l'Afrique Centrale. Il faut que Ia
vérité, toute la vérité soit portée à la connaissance de toute
Ia communauté internationale.
2. Traduire en justice tous
ceux qui sont coupables des crimes contre l'humanité devant un
tribunal pénal international en toute impartialité.
3. Organiser une conférence
internationale sur Ia Région des Grands Lacs et prendre avec sagesse
et fermeté toutes les mesures nécessaires pour sortir le peuple
rwandais tout entier et ses voisins du cycle d'auto-destruction dans
lequel une clique de criminels l'ont plongé. Il est inacceptable de
continuer à se laisser berner par les mensonges du FPR qui veut
piéger la communauté internationale et la soumettre au chantage.
Veuillez trouver en annexe le
document que j'ai confectionné à l'intention de la Commission
d'Enquête de l'ONU intitulé << L'ONU dans l' étau des lobbies
du Front Patriotique Rwandais (FPR)).
Je reste à votre entière
disposition pour des renseignements complémentaires si les mesures
adequates sont prises pour assurer ma sécurité et celle de ma
famille.
Que Dieu nous protège
Fait à Cotonou, le 10 août
1999
HAKIZABERA Christophe
Signé
L'ONU DANS L'ETAU DES LOBBIES
DU FRONT PATRIOTIQUE RWANDAIS( FPR)
La communauté Internationale
s'est laissée manipuler par les Iobbies du FPR et aijourd'hui, l'ONU
doit en payer le prix. La naïvété, l'esprit partisan, la
légèreté et l'absence d'analyse et d'esprit critique de certains
fonctionnaires conduisent le Secrétaire Général à remettre le
systême des nations Unies en examen, en mettant en place une
commission chargée d'enquêter sur le rôle de l'ONU dans la tragedie
rwandaise
Si l'ONU avait était
perspicace dès le départ il n'aurait pas accepté le retrait de ses
forces au plus fort de la guerre et par conséquent elle aurait
évité Ia tragedie dont on ne connait pas, jusqu'à présent, les
victimes. Aujourd'hui l'on parle de 8OO.OOO morts tués, mais
j'affirme que ce nombre est très loin de Ia réaliité, car aucun
travail statistique de dénombrement n'a jamais été fait. Pourquoi
on minimise ce nombre? Pourquoi les autorités actuelles à Kigali ne
veulent pas procéder au recensement et au dénombrement des victimes?
Autant des questions qui laissent planer l'ombre sur les auteurs de la
tragédie rwandaise. Tant que ce travail n'aura pas « été fait Ie
FPR et ses lobbies continueront à faire endosser Ia responsabilité
sur L'ONU, Ia France et les INTERAHAMWE pour couvrir son rôle
prépondérant dans le génocide.
Dans Ia préparation de
l'attaque du Rwanda par le FPR, les membres fondateurs de cette
organisation savaient que les Tutsi en paieront les frais mais ils ne
s'attendaient pas aux massacres à si grande échelle. Tous les
pronostics faits par les gens du FPR en exil et ses sympathisants
s'accordaient pour affirmer que la guerre qu'ils comptaient engager
contre les HUTU du Rwanda allait se solder par une victoire rapide du
FPR TUTSI et que les victimes civils seraient moins de 500 personnes.
Ce sont ces arguments qui ont convaincu le Général Fred RWIGEMA qui
hésitait toujours à attaquer le régime Hutu de Kigali.
Compte tenu des stratégies
de départ du FPR, ces pronostics étaient vrais, mais ne tenait pas
compte d'une éventuelle intervention des troupes étrangères du
côté des Forces Armées Rwandaises et qui devrait faire traîner la
guerre. Quand le FPR a été repoussé par les forces Armées
Rwandaises aidées par les Zairois le 3 Octobre t990, il a fallu vite
penser au changement de stratégies et de méthodes. C'est ainsi que
nous avons abandonné l'idée d'une guerre classique au profit d'une
guérilla. Les nouvelles stratégies politiques furent discutées
longuement dans un séminaire organisé par le FPR à MBARARA au mois
de Janvier 1991.
Nous avons conclu que pour
s'assurer d'une victoire totale, ii fallait attaquer le régime
HABYARIMANA sur tous les fronts ( militaire, politique, diplomatique
et médiatique)
I. Stratégie adoptée sur le
plan militaire
Pour s'assurer d'une victoire
militaite tout en minimisant les pertes en vies humaines, le FPR opta
pour ce qui suit:
1.1 Former les cadres
politico - militaires et les envoyer sur tout le territoire pour
véhiculer l'idéologie du FPR chez les Tutsi sympathisants du FPR. La
première école de formation fut implantée à KABALE et MASAKA en
Ouganda;
1.2 Infiltrer de petits
groupes de 6 à 10 personnes bien formées militairement sur tout le
territoire rwandais avec pour mission de terroriser la popuolation,
semer la panique et le désarroi chez la population civile, semer le
chaos et Ie désordre dans le but de rendre le pays ingouvernable.
1.3 Installer sur tout le
territoire des brigades ( milices ) du FPR qui entreraient en action
le jour" J".
1.4 Par le biais de ces
brigades, apprendre à tout jeune Tutsi le maniement des armes à feu.
1.5 Rassembler le maximum
possible d' équipement militaire à repartir sur tout le territoire
rwandais sous forme de stocks.
1.6 Recruter le maximum de
combattants parmi les jeunes TUTSI qui protégeront les familles Tutsi
quand Ie FPR avancerait sur Kigali.
Stratégie adoptée sur le
plan politque.
La politique du FPR était de
diaboliser le régime HABYARIMANA et de se présenter comme une
alternative; pour cela il fallait faire ce qui suit:
2.1 Provoquer Ia colère des
HUTU en tuant un grand nombre de leurs congénères lors de chaque
attaque militaire;
2.2 Reveiller la haine
inter-éthnique en dressant les HUTU contre les TUTSI;
2~3 Créer les tensions
inter-éthniques en tuant les leadesr HUTU et en jetant les
responsabiIités sur le régime HABYARIMANA et son parti le MRND ;
2.4 Camoufler l'identité
éthnique du FPR en recrutant des HUTU de services qui adhèrent à
l'idéologie du FPR;
2.5 Chercher un HUTU à
mettre à la tête du FPR pour se faire passer pour un mouvement
rassembleur.
2.6 Créer les tensions entre
les partis politiques pour fragiliser l'opposition au régime
HABYARIMANA dans le but de réduire l'influence des partis sur la
scène politique rwandaise et de promouvoir ainsi un seul mouvement
uni qui est le FPR ;
2.7 Inflltrer et noyauter
tous les partis politiques;
2.8 Infiltrer toutes les
organisations de jeunesse de chaque mouvement;
2.9 Dresser l'opposition
politique HUTU contre le régime HABYARIMANA en organisant à travers
les partis politiques les manifestations qui devraient dégénérer en
troubles provoquant ainsi des mécontentement au sein de la population
et par conséquent justifier la nécessité d'un changement
de régime.
2.10 Calomnier l'Eglise
Catholique qui prêche l'égalité entre les hommes et ayant
contribué à l'éducation des masses populaires.
2.11 Liquider un grand nombre
du clergé HUTU afin de les faire remplacer plus tard par les TUTSI.
212 Terroriser les
missionnaires Cathoiiques pour qu'ils quittent le pays car ils sont
des témoins génant et obstacles à l'exécution du plan du FPR dans
tout son ensemble.
2.13 Tuer les anciens
missionnaires qui connaissent l'histoire du Rwanda parce qu'ils sont
responsable de ce qui s'est passé en 1959 quand les TUTSI ont perdu
le pouvoir au profit de l'élite HUTU formée par ces mêmes
missionnaires dans les petits Séminaires.
2.14 Menacer les troupes
étrangères qui voudront intervenir au Rwanda pour protéger les
TUTSI
2.15 A l 'arrivée de Ia
MINUAR il a été convenu de ce qui suit:
Manipuler la MINUAR à
travers le Général Dallaire à qui on doit chercher une jolie fille
TUTSI très intelligente et capable de l'influencer et le manipuler;
2.16 Utiliser les relations
personnelles de la Canadienne Mme Hélène NDASINGWA Landoald avec son
compatriote Dallaire dans le but d'avoir accès permanent à
l'information de la MINUAR et de la manipuler.
2.17 Informer constamment la
MINUAR des crimes commis au Rwanda en prenant soin d'incriminer le
MRND et les INTERAHAMWE ( alors que beaucoup de ces crimes étaient
commis par le FPR sur des populations civiles ); assassinat
politiques, attentats a l'explosif, massacres des civils;
2.18 Profiter de la colère
des HUTU pour les accuser de préparer un génocide contre les TUTSI.
3. Stratégie adoptée sur le
plan diplomatique et médiatique
Pour isoler le gouvernement
rwandais et discréditer le régime HABYARIMANA, le FPR a décidé de
faire ce qui suit:
3.1 Infiltrer les missions
diplomatiques étrangères accreditées à Kigali pour leur filer les
informations fabriquées par Ia tête pensante du FPR;
3.2 Informer les missions
diplomatiques sur toutes les actions commises sur tout le territoire
même celles qui sont perpétrées par le FPR en prenant soin de jeter
toute Ia responsabilité sur le MRND et aux INTERAHAMWE.
3.3 Mettre en place une
station radiodiffusion pour médiatiser l'idéologie du FPR et
diaboliser le régime HABYARIMANA et son parti MRND.
Cette radio fut baptisée
"MUHABURA" et fut placée sous Ia direction d' un
extrémiste TUTSI alors connu sous le norn de Commandant SHABANI RUTA
qui plus tard portera le nom du major RUTAYISIRE Wilison. La Radio
MUHABURA qui, a longueur des journées diffusait des propos
provocateurs à I'endroit du regime HABYARIMANA a été très néfaste
au peuple rwandais, car c'est en réaction des propos diffusées par
cette radio que les "extrémistes " Hutu' ont monté leur
propre radio indépendante, la Radio Television des Milles Collines
(RTLM) qui renseignait les HUTU sur la méchanceté des TUTSI et
demandait à ceux-ci d' être vigilant et de se defendre contre les
TUTSI. Par ailleurs c'est cette même radio MUHABURA qui a cassé
l'unité nationale en exacerbant l'éthnisme, le régionalisme et les
haines entre les partis politiques.
Toutes ces strategies ont
été mises en application par le FPR mais elles n'ont pas toutes
produit les effets escomptés. Bien que les strategies d'ordre
militaire furent une réussite totale, politiquement le FPR a recolté
un echec total et qu'il sera difficile à réparer. Tous les démons
propres à chaque éthnie se sont reveillés et ont semé la haine
dans les coeurs des TUTSI et des HUTU. Les deux éthnies bien que
faisant partie d'une même nation sont désormais devenus des ennemis
jurés et leur cohabitation sera, à mon avis très difficile. Bien
sur, le FPR a réussi a diviser les HUTU et à créer une opposition
farouche au régime HABYARIMANA et à son parti MRND, mais de l'autre
côté la politique de diabolisation de tout le parti MRND par le FPR
a permis à tous ceux qui n' étaient pas d'accord avec l'idéologie
du FPR de se rassembler en un mouvement appelé "POWER" pour
faire un front commun contre le FPR. Face à cet echec, le FPR a
élaboré un plan macabre qui devrait conduire le pays dans le chaos,
la mort du Président HABYARIMANA. Celui-ci était consideré comme un
obstacle majeur à la prise du pouvoir par Ia force. La premiere
réunion de planification de l'assassinat s'est tenue à KABALE dans
les locaux de l'évêché sous les auspices de l'Evêque HARERIMANA.
Plus tard, des réunions de ce genre se tiendront à MBARARA dans la
résidence du GénéraI Major Salim Saleh, demi-frere du Président
Ugandais Yoweri KAGUTA MUSEVENI, puis on sait pertinemment que Ia
décision de tuer le Président HABYARIMANA a été prise à
BOBO-DIOULASSO au BURKINA FASO en Mars 1994 et que le Major Paul
KAGAME a participé à cette reunion. Le plan d'assassinat du
Président HABYARIMANA a été révélé aux TUTSI de l'intérieur qui
ont mis KAGAME en garde contre des conséquences facheuses et
désastreuses d'un tel assassinat et ont demandé à KAGAME de ne pas
commettre une telle bêtise dont ils connaissaient à l'avance les
conséquences et le prix de sang à payer.
Mais KAGAME tablant sur une
victoire militaire éclair, la prise de Kigali endéans 3 jours et la
limitation des pertes en vies humaines à 500 victimes, bilan que le
FPR jugeait acceptable compte tenu des résultats escomptés: à
savoir la prise du pouvoir total à Kigali. Pour le FPR, seuls
comptaient les TUTSI de Ia diaspora tandis que Ia grande partie des
TUTSI de l'intéreur étaient considéré comme faisant partie de ceux
qui ont été corrompu par le régime HABYARIMANA Ceci explique
pourquoi la mort des milliers des TUTSI n'a affecté en rien le FPR
qui s' est servi de leur malheurs pour légitimer son coup d'état par
la force étrangère et même Onusienne qui interviendront au Rwanda
pour sauver qui que ce soit.
N'importe quelle intervention
aurait géné la prise du pouvoir par force par le FPR. Il est clair
que KAGAME avait besoin d'un marais de sang des TUTSI pour justifier
plus tard l'extermination planifiée des HUTU et crier haut et fort au
génocide qui aujourd'hui est devenu un fonds de commerce inépuisable
pour légitimer son régime.
En conclusion, le régime FPR
se presente aux yeux du monde entier comme Iibérateur, alors que non
seulement, il n'a rien fait pour protéger et sauver les TUTSI, mais
il a tout fait pour bloquer toute initiative visant à les protéger.
Aujourd'hui le FPR veut profiter au maximum de la mort des TUTSI en
endossant toutes les responsabilités à ses anciens alliés, dont
l'ONU qui a réussi à couvrir les crimes horribles commis par le FPR.
Cinq ans après la tragédie rwandaise, I'ONU est sur les bancs des
accusés pour avoir été complice du FPR, et quand les morts de
KIBEHO, des camps de refugiés du Burundi et au Za!re, de Tingi Tingi,
de Kisangani et de MBANDAKA se réveilleront pour réclamer justice,
que repondra la communauté Internationale, à la question qui lui
sera posée de savoir pourquoi on n'a pas ouvert les enquêtes contre
ces crimes?
L'ONU, qui par le biais de
son organe le HCR avait pour mission de protéger les refugiés, les a
volontairernent laissés pour être massacrés.
Aujourd'hui l,ONU est mise en
exarnen pour son rôle dans le génocide des TUTSI, demain elle devra
repondre du sang des HUTU versé par le FPR et le nombre des victimes
HUTU n'a aucune mesure avec celui des TUTSI qui ont été tués,
puisqu'au moins 2 millions de Hutu sont morts et ils continuent de
mourir maintenant sous Ia répression du FPR.
HAKIZABERA Christophe
Sé
Transmis par Roger Vumilia KIZUNGU
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